Réveil ce matin dès 5:30. Il me reste environ une heure trente avant de me rendre à mon client, dans la ville de Muskegon, MI. Je n'y suis jamais allé. Nous avons plusieurs clients dans les environs de Grand Rapid, vu la forte concentration industrielle. Mais Muskegon, encore jamais vu.
Je poursuis donc la 96 jusqu'à la ville de Grand Rapid, justement, et même au-delà. Un peu plus loin, l'autoroute se termine à la US-31. Moi, je prends la US-31 Bus (pour Business, qui rentre en ville) qui m'amène au cœur de Muskegon. Je tourne à gauche sur le boulevard. En fait, comme c'est souvent le cas au Michigan, on passe droit, il y a ensuite un virage en U dans le terre-plein, on revient sur nos pas, et on finit par tourner à droite.
Quelques longueur sur le boulevard, à gauche sur la rue du client, et m'y voilà. J'arrive donc chez mon client à 8:15. Je vais m'informer au bureau. On me dit de prendre l'un des deux quais. Ce que je fais, en reculant mes essieux et en y mettant les cales. Je suis déchargé ensuite assez rapidement. Car après être retourné chercher mes papiers signés à l'intérieur, puis avancé la remorque, lui fermer les portes et replacer les essieux, je constate qu'il ne s'est écoulé que quarante-cinq minutes depuis mon arrivée! Rapide.
Entre temps, j'ai reçu mon message pour la suite: ce sera Vicksburg, MI. Juste au sud de Kalamazoo, MI. À voir sur la carte, je crois que je suis déjà allé chez ce client. Et ça c'était très bien déroulé.
En sortant de Muskegon, je trouve que la ville à l'air d'une ville de vacanciers, de tourisme. Elle aurait sa place sur la Route 66. On y trouve des vieux motels, des vieux restaurants, des salons de quilles, et beaucoup de vieilles enseignes style néon. Très jolies, à visiter plus tard!
La route me ramène à l'autoroute 96 est. Environ une demi-heure plus loin, je prends la US-131 sud. Je traverse Grand Rapid, MI. Puis je continue toujours vers le sud. À Schoolcraft, MI, presque arrivé à la frontière de l'Indiana, je tourne sur la route W vers l'est. Une quinzaine de minutes plus loin, j'arrive chez mon client.
Effectivement, c'est bien celui que je pensais; je suis déjà venu. Je prend donc place au quai, puis j'entre dans l'entrepôt. Il faut sonner en entrant, alors je m'exécute avant d'entrer dans le bâtiment. Un homme finit par arriver dans la pénombre. Il me demande ce que je veux. Je lui montre mon numéro de commande. Il part au loin, et finit par revenir. Il saute sur le chariot-élévateur et commence. Je signe les papiers et je peux partir enfin. Le gars était bête comme ces deux pieds. Bête, mais semble-t'il efficace! Alors tant qu'il est efficace, moi... Comme disait ma grand-mère, c'est pas moi qui couche avec!
Je sors ensuite de la cour pour aller chez le voisin, un genre de dépanneur avec pompes pour camions qui peut presque faire office de relais. En tout cas, le temps que je mange mon dîner, ça fera l'affaire. Le voisin étant une meunerie, il y a beaucoup de camions qui circulent à cette intersection.
Je suis donc prêt à partir à treize heures. Il fait beau, je suis à une journée et demi environ de la maison, rien ne presse (en tout cas, il semble...) pour la livraison. Ça ira bien pour le retour. Je prend donc la route vers le nord qui m'amène directement à la 94, que je prend vers l'est, vers Détroit, MI, pour joindre le pont Ambassador. Il y a environ trois heures de route à faire pour m'y rendre. Pour varier, et parce que c'est un poil plus court, je prend la MI-14, qui coupe vers la 96. En approchant du pont, je me gourre, une deuxième fois, et je sorts à la 94 est. En fait, j'aurais dû continuer une ou deux sorties pour prendre la 75... Mais j'ai toujours de la misère à figurer où sortir en arrivant par la 94 ou 96...
Je sors donc un peu plus loin pour revenir par la M-10, qui traverse la ville et arrive juste à l'est du pont. De là, je retricotte vers le pont. J'entre du côté de la boutique hors-taxe, où l'on peut se stationner. Et j'ai une illumination: je n'ai pas eu mon avis du bureau que le voyage est accepté aux douanes. Ouf! Une chance que je ne me suis pas présenté directement aux douanes... Il est quinze heures trente. Lorsqu'on se présente aux douanes canadiennes avec un voyage qui n'est pas pré-dédouané, il faut retourner aux États-Unis, donc repayer le passage du pont, pour y retourner, et en revenir à nouveau (donc 45$ en surplus) et régulariser la situation. Donc attendre... Autant attendre par moi-même, ça ne coûte rien!
J'envoie un message à Lori afin de savoir. Parfois, ce sont eux qui ont vérifié il y a plus longtemps, donc ne le savent pas encore. D'autres fois, c'est vraiment pas traité encore. Quelques minutes plus tard, Lori m'indique que cette fois, il n'est pas accepté encore. Je dois donc attendre. Là, le téléphone a de la difficulté à trouver dans quel pays il se trouve. Il se branche donc parfois au Canada, parfois aux États-Unis. Lorsque c'est le Canada, en fait, le signal est faible, alors ça fonctionne, mais pas vraiment. Bref, certaines fonctions peuvent mal-fonctionner. J'ai pensé à ça après un temps. Et je devais aller aux toilettes. Je suis donc sorti du camion pour me rendre à la boutique. Je me suis dit que si c'était le cas, alors en bougeant le message finirait par entrer. À mi-chemin, le téléphone sonna le son de la messagerie. Voilà, j'aurais gagé. Je consulte: effectivement, mon voyage est maintenant accepté. Message envoyé il y a trente minutes! Merde, j'aurais pu partir...
J'ai donc pu partir dès mon retour. Tout d'abord, passé le péage, où l'on ne paie plus grâce à la puce. Le passage a été bien facile. C'était le changement de douanier, mais j'ai été chanceux: alors que mon voisin devait attendre, de mon côté je suis passé mais je crois que j'ai été le dernier à passer. Lorsque le douanier change, alors la barrière tombe et reste ainsi pendant environ cinq minutes, le temps que le douanier qui termine sorte et que le suivant s'installe.
Je me rend donc ensuite jusqu'à Comber, ON.C'est là que je fais le plein, et ensuite je me stationne pour souper. Un confrère vient me jaser de son problème de poids. Je ne comprend pas trop. Il part pour appeler au bureau, puis revient me dire que tout est ben correct. Je n'ai pas trop compris ce qu'il avait comme problème... mais au moins, il est venu me voir!
La noirceur tombe tranquillement, et je commence à me dire que ce serait bien de dormir ici, mais là, ce ne serait pas trop payant. Un peu de courage, et voilà, on repart! J'ambitionne de traverser Toronto; on verra bien. Je pars donc sur la route. Allez mon Jeff...
Je m'arrête à la halte de Woodstock, ON. C'est la pause café et muffin.Quelques minutes plus tard, on repart... Et arrive Toronto. En ce début de soirée, ça va bien. Très bien même. À voir le ciel, on se demande si il va neiger. Ce genre de temps. La météo annonce même plutôt le contraire. Des températures bien en haut de zéro.
Je m'arrête tout d'abord à la halte ONroute de Port Hope, ON. Vu l'heure qu'il est, c'est plein, au point que trois imbéciles sont stationnés dans l'entrée. À la vitesse où l'on arrive, il m'a été presque difficile de m'arrêter et de m'aligner afin de passer dans le peu de jeu qu'il restait entre eux. Calisse... Et il y avait, comme toujours, ben de la place plus loin, là où nous arrivons au ralenti! Après quelques tours autour du stationnement, j'ai constaté que personne n'était là que pour quelques minutes. Impossible donc de m'insérer quelque part pour la nuit. J'ai fini par décider de reprendre la route jusqu'au relais Ultramar de Port Hope, ON, quelques kilomètres plus loin. Là encore, pas vraiment de place, enfin, quelques unes inaccessibles car les zoufs se stationnent à la manière J Volant (c'est à dire bien trop avancé parce qu'ils ont tellement peur de se faire accrocher, tellement qu'ils font tout pour!)... Mais au moins, la possibilité de me stationner quelque part sans trop de nuisance pour la circulation.
Il était temps, il était rendu une heure du matin...
Aucun message portant le libellé Relais routiers. Afficher tous les messages
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8 mars 2013
2 mars 2013
On rentre au bercail
Pour faire changement, je me suis réveillé de tôt matin. Aussi tôt que la loi me le permettait en réalité. Il me restait à déjeuner, mais pas pour les autres repas. Je me suis donc exécuter. J'ai ensuite évalué que j'avais le temps en masse de me rendre à Boucherville pour ma livraison. J'étais curieux de savoir où j'irais ensuite... autant que possible directement au garage, mais ça, on ne le saurait qu'une fois livré sur place.
Mais auparavant, il fallait commencer par rouler. Je suis donc parti de Kingston dans un temps de neige légère. En route, j'ai rencontré quelques véhicules ayant quitté le chemin. Pourtant, le temps n'était pas si mal, en tout cas si on le compare à seulement la veille au soir. De mon côté, la routine. Si ce n'est que des gens qui refusent d'apprivoiser l'hiver, rien à signaler ou digne de ralentissement... Enweye en bas!
J'ai fait un arrêt à la halte de Rivière-Baudette, en entrant au Québec. Je me suis stationné à l'endroit, contrairement à tous les autres camions, comme d'habitude. Mais là, quelque chose que je n'avais encore jamais vu: deux camions, dont un que j'ai eu le temps de prendre en photo, à suivre sur ma page Facebook, stationné non seulement à l'envers eu aussi, mais dans la rue, enfin la voie qui sépare la section camion et autobus (ou Wannabago, VR et autres automobiles avec remorques). Le plus drôle, c'est que le premier, qui était face à moi, mais dans un espace sur ma gauche, me regardait avec le même air que si j'étais arrivé en soucoupe volante. Allo mon Joe, non seulement je ne suis pas dans l'erreur, même si tous les autres camions pourraient laisser croire le contraire, mais toi, tu es dans la rue! J'ai déjà eu les menottes pour bien moins que ça dans le Michigan!
Je suis donc rentrer à l'intérieur me chercher un café. Je me suis dit que ça irait tellement mieux ainsi pour l'heure qui me restait, ainsi que le retour... Alors que je déambulais, je me suis dit que je pourrais bien essayer la nouvelle autoroute 30, moins le pont (payant... pour eux), donc via Sallaberry-de-Valleyfield, QC. C'est bien la première fois que je pouvais m'en servir et en tirer un quelconque avantage.
J'ai donc repris la route. À la sortie 14, j'ai pris la 201 vers l'est. De l'autre côté de la ville, j'ai continué sur la nouvelle 530. Cette portion d'autoroute nous amène à la 30, juste de l'autre côté du pont payant, qui lui relie Vaudreuil-Dorion et la 40, en passant par la 20. J'ai donc roulé à belle autoroute toute neuve pendant un bon moment, jusqu'à ce qu'elle rejoigne l'ancienne partie, puis l'ancienne nouvelle partie, qui nous amène à la 15. Je l'ai prise vers le nord, et elle devient la 132, longeant la Voie Maritime du Saint-Laurent, avec le port de Montréal, et la ville, juste de l'autre côté de l'eau.
Encore quelques minutes plus loin, j'ai sorti pour la 20 est. Et quelques sorties plus loin, arriva ma sortie, soit pour la rue Nobel. J'ai tourné à droite. Mon client était en fait la deuxième bâtisse après le premier coin de rue. Passe l'entrée des automobiles. Arrive une deuxième entrée. Il y a une affiche: Camions, entrer par en arrière, via l'autre rue dans l'autre sens! Bon, c'est bien le temps de me le dire! J'ai donc tourné du mauvais côté à la sortie...
Je poursuis donc en avant, prend la première rue sur ma droite, à la recherche d'une cour pour pouvoir me tourner de sens. Peine perdue J'ai donc continué jusqu'au bout, pris à gauche, à la lumière, encore à gauche, pour revenir devant mon client, pour passer la sortie, pour prendre à gauche à la lumière. Et dans le coin de la rue, une entrée. Ah! C'est la même cour que nos amis, où on ne semble plus aller incidemment.
J'entre donc. Des indications m'envoient là où je dois aller. Il y a au moins trois compagnies dans cet entrepôt. Mon client est à la porte 12, sur la droite. Je roule en suivant un autre camion. Nous contournons le bâtiment. Arrive, presque de retour sur la rue Nobel, ladite porte 12. Je vais voir au bureau. Je serai déchargé à la porte 10, tout de suite après l'autre camion. Pas mal, mon rendez-vous étant à treize heures, et il est maintenant dix heures.
Une heure plus tard, le premier camion est terminé. Je prend donc la place. Ça va un peu lentement, mais bon, comme je suis bien avant mon temps, qui va s'en plaindre. Puis, ça ne bouge plus. Vers midi trente, alors que ça fait bien une trentaine de minutes qu'il ne se passe plus rien, je vais voir à l'intérieur. Mes papiers, signées, m'attendent sur le comptoir. Bon, moi qui croyais avoir vu quelqu'un sortir pour les apporter au camion précédant. Aurais-je rêvé à ça?
J'ai donc envoyé un message à Martin, disant que j'étais vide, et de ne pas oublier que j'allais au garage pour terminer. Puis j'ai avancé le camion et suis sorti pour aller refermer les portes de la remorque. Après mure réflexion, j'ai fini par décider d'aller diner au Voyageur, à l'autre bout du Parc Industriel, à la sortie De Mortagne. Très bon petit restaurant fréquenté par les routiers et bien d'autres types de... voyageurs! On y mange d'ailleurs très bien. Beau, bon, pas cher, comme on dit.
À mon arrivée, la réponse de Martin entrait: je vais porter la vide à Montréal-Est, de l'autre côté du tunnel Louis-H.-Lafontaine, à notre cour, puis retour au garage de TJB. Parfait, ce sera vite fait, bien fait, et la semaine sera terminer!
Je suis donc rentrer pour manger. Et comme j'avais dû me stationner en double (façon de parler), j'ai choisi ma table en fonction de pouvoir observer mon camion, au cas où l'un des autres camions ne pourrait pas repartir. Je me suis commandé une salade jambon fromage digne d'un roi! Tout en écoutant Gilles Proulx à la nouvelle radio Internet du Journal de Montréal. Il est tout à fait intéressant, le vieux routier de la radio...
Avec tout ça, deux heures plus tard, je retournais au camion. Oui, toute une heure de diner, me dirai-vous. Mais une fois les obligations remplies, on prend ça plus relaxe... DES messages du bureau avaient rentré en mon absence. Et un appel manqué. Je lis les messages de Martin: il y aura une remorque à ramener au garage, à prendre à notre cour où je vais laisser la mienne. Y'a rien là, pas de panique! Hihi...
Je suis donc parti en traversant le lac, littéralement, sur la partie sortante du stationnement. Je vous dit, mes roues de remorque était tellement immergées qu'on ne voyait plus le pneu! La partie du bas, s'entend.
En quelques clics, j'étais de retour sur la 20, vers l'ouest maintenant. Puis, elle devient la 25 nord en entrant dans le tunnel. Plus loin, la 40 est pour deux sorties. Passons près de la raffinerie, tournons à gauche, puis au bout, à droite. Nous voici chez TJB, version Cour de Montréal-Est.
J'y laisse ma remorque, non sans peine. Le sol, sous les remorques, est en sable mou, dégel oblige! Au devant, c'est maintenant asphalté. J'ai donc eu toute la misère du monde à réussir à sortir de sous ma remorque vide. Et tout autant à entrer sous la remorque pleine. J'ai fini par réussir!
Restait à accrocher la nouvelle remorque. Ben, croyez-le ou non, ce fut aussi difficile! Malgré qu'elle était chargée, celle-là, et donc qu'elle ajoutait du poids sur les roues du camion, ce qui aurait dû, hors dégel, leur donner plus de mordant. Quelques saints sont descendus du ciel, je dois dire...
J'ai fini par réussir. J'ai donc ramassé les enveloppes du courrier interne pour les ramener au garage. Et ce fut le temps de repartir. J'ai donc pris la route vers le tunnel, dont la circulation s'était passablement alourdie depuis mon passage en sens inverse. Mais ça allait quand même relativement bien malgré tout.
Je suis arrivé au garage quinze minutes avant dix-sept heures. Tout le monde s'est sauvé en me voyant... Ou était-il déjà l'heure pour eux de partir? J'ai eu, encore une fois, tout la misère du monde pour décrocher ma remorque. Il faut dire que les mécaniciens doivent inverser mes pneus, entre l'essieu avant, motorisé, et celui arrière, mort. Car ceux à l'avant ont perdu de leur mordant... Ça devrait aller mieux la prochaine fois. Au pire, ce sera parce que la neige aura fondue!
Je n'ai donc pas vu voir personne du bureau. Sauf Martin et Patricia... Martin fût tout surpris lorsque je lui ai dit que je repartirais dès samedi. Ben, depuis toujours que je prend le reste de la journée où j'arrive plus une journée complète de congé, non? Alors voilà, le temps de faire mes rapports, d'amener ça au bureau, avec les enveloppes des autres, de transférer les choses pour la maison dans la limousine, de rencontrer un confrère que je connais peu mais qui lui me connaissait (vive Facebook!), et j'étais parti.
Outre un arrêt pour souper au P'tit Québec de Saint-Constant, je me suis rendu directement à la maison...
Mais auparavant, il fallait commencer par rouler. Je suis donc parti de Kingston dans un temps de neige légère. En route, j'ai rencontré quelques véhicules ayant quitté le chemin. Pourtant, le temps n'était pas si mal, en tout cas si on le compare à seulement la veille au soir. De mon côté, la routine. Si ce n'est que des gens qui refusent d'apprivoiser l'hiver, rien à signaler ou digne de ralentissement... Enweye en bas!
J'ai fait un arrêt à la halte de Rivière-Baudette, en entrant au Québec. Je me suis stationné à l'endroit, contrairement à tous les autres camions, comme d'habitude. Mais là, quelque chose que je n'avais encore jamais vu: deux camions, dont un que j'ai eu le temps de prendre en photo, à suivre sur ma page Facebook, stationné non seulement à l'envers eu aussi, mais dans la rue, enfin la voie qui sépare la section camion et autobus (ou Wannabago, VR et autres automobiles avec remorques). Le plus drôle, c'est que le premier, qui était face à moi, mais dans un espace sur ma gauche, me regardait avec le même air que si j'étais arrivé en soucoupe volante. Allo mon Joe, non seulement je ne suis pas dans l'erreur, même si tous les autres camions pourraient laisser croire le contraire, mais toi, tu es dans la rue! J'ai déjà eu les menottes pour bien moins que ça dans le Michigan!
Je suis donc rentrer à l'intérieur me chercher un café. Je me suis dit que ça irait tellement mieux ainsi pour l'heure qui me restait, ainsi que le retour... Alors que je déambulais, je me suis dit que je pourrais bien essayer la nouvelle autoroute 30, moins le pont (payant... pour eux), donc via Sallaberry-de-Valleyfield, QC. C'est bien la première fois que je pouvais m'en servir et en tirer un quelconque avantage.
J'ai donc repris la route. À la sortie 14, j'ai pris la 201 vers l'est. De l'autre côté de la ville, j'ai continué sur la nouvelle 530. Cette portion d'autoroute nous amène à la 30, juste de l'autre côté du pont payant, qui lui relie Vaudreuil-Dorion et la 40, en passant par la 20. J'ai donc roulé à belle autoroute toute neuve pendant un bon moment, jusqu'à ce qu'elle rejoigne l'ancienne partie, puis l'ancienne nouvelle partie, qui nous amène à la 15. Je l'ai prise vers le nord, et elle devient la 132, longeant la Voie Maritime du Saint-Laurent, avec le port de Montréal, et la ville, juste de l'autre côté de l'eau.
Encore quelques minutes plus loin, j'ai sorti pour la 20 est. Et quelques sorties plus loin, arriva ma sortie, soit pour la rue Nobel. J'ai tourné à droite. Mon client était en fait la deuxième bâtisse après le premier coin de rue. Passe l'entrée des automobiles. Arrive une deuxième entrée. Il y a une affiche: Camions, entrer par en arrière, via l'autre rue dans l'autre sens! Bon, c'est bien le temps de me le dire! J'ai donc tourné du mauvais côté à la sortie...
Je poursuis donc en avant, prend la première rue sur ma droite, à la recherche d'une cour pour pouvoir me tourner de sens. Peine perdue J'ai donc continué jusqu'au bout, pris à gauche, à la lumière, encore à gauche, pour revenir devant mon client, pour passer la sortie, pour prendre à gauche à la lumière. Et dans le coin de la rue, une entrée. Ah! C'est la même cour que nos amis, où on ne semble plus aller incidemment.
J'entre donc. Des indications m'envoient là où je dois aller. Il y a au moins trois compagnies dans cet entrepôt. Mon client est à la porte 12, sur la droite. Je roule en suivant un autre camion. Nous contournons le bâtiment. Arrive, presque de retour sur la rue Nobel, ladite porte 12. Je vais voir au bureau. Je serai déchargé à la porte 10, tout de suite après l'autre camion. Pas mal, mon rendez-vous étant à treize heures, et il est maintenant dix heures.
Une heure plus tard, le premier camion est terminé. Je prend donc la place. Ça va un peu lentement, mais bon, comme je suis bien avant mon temps, qui va s'en plaindre. Puis, ça ne bouge plus. Vers midi trente, alors que ça fait bien une trentaine de minutes qu'il ne se passe plus rien, je vais voir à l'intérieur. Mes papiers, signées, m'attendent sur le comptoir. Bon, moi qui croyais avoir vu quelqu'un sortir pour les apporter au camion précédant. Aurais-je rêvé à ça?
J'ai donc envoyé un message à Martin, disant que j'étais vide, et de ne pas oublier que j'allais au garage pour terminer. Puis j'ai avancé le camion et suis sorti pour aller refermer les portes de la remorque. Après mure réflexion, j'ai fini par décider d'aller diner au Voyageur, à l'autre bout du Parc Industriel, à la sortie De Mortagne. Très bon petit restaurant fréquenté par les routiers et bien d'autres types de... voyageurs! On y mange d'ailleurs très bien. Beau, bon, pas cher, comme on dit.
À mon arrivée, la réponse de Martin entrait: je vais porter la vide à Montréal-Est, de l'autre côté du tunnel Louis-H.-Lafontaine, à notre cour, puis retour au garage de TJB. Parfait, ce sera vite fait, bien fait, et la semaine sera terminer!
Je suis donc rentrer pour manger. Et comme j'avais dû me stationner en double (façon de parler), j'ai choisi ma table en fonction de pouvoir observer mon camion, au cas où l'un des autres camions ne pourrait pas repartir. Je me suis commandé une salade jambon fromage digne d'un roi! Tout en écoutant Gilles Proulx à la nouvelle radio Internet du Journal de Montréal. Il est tout à fait intéressant, le vieux routier de la radio...
Avec tout ça, deux heures plus tard, je retournais au camion. Oui, toute une heure de diner, me dirai-vous. Mais une fois les obligations remplies, on prend ça plus relaxe... DES messages du bureau avaient rentré en mon absence. Et un appel manqué. Je lis les messages de Martin: il y aura une remorque à ramener au garage, à prendre à notre cour où je vais laisser la mienne. Y'a rien là, pas de panique! Hihi...
Je suis donc parti en traversant le lac, littéralement, sur la partie sortante du stationnement. Je vous dit, mes roues de remorque était tellement immergées qu'on ne voyait plus le pneu! La partie du bas, s'entend.
En quelques clics, j'étais de retour sur la 20, vers l'ouest maintenant. Puis, elle devient la 25 nord en entrant dans le tunnel. Plus loin, la 40 est pour deux sorties. Passons près de la raffinerie, tournons à gauche, puis au bout, à droite. Nous voici chez TJB, version Cour de Montréal-Est.
J'y laisse ma remorque, non sans peine. Le sol, sous les remorques, est en sable mou, dégel oblige! Au devant, c'est maintenant asphalté. J'ai donc eu toute la misère du monde à réussir à sortir de sous ma remorque vide. Et tout autant à entrer sous la remorque pleine. J'ai fini par réussir!
Restait à accrocher la nouvelle remorque. Ben, croyez-le ou non, ce fut aussi difficile! Malgré qu'elle était chargée, celle-là, et donc qu'elle ajoutait du poids sur les roues du camion, ce qui aurait dû, hors dégel, leur donner plus de mordant. Quelques saints sont descendus du ciel, je dois dire...
J'ai fini par réussir. J'ai donc ramassé les enveloppes du courrier interne pour les ramener au garage. Et ce fut le temps de repartir. J'ai donc pris la route vers le tunnel, dont la circulation s'était passablement alourdie depuis mon passage en sens inverse. Mais ça allait quand même relativement bien malgré tout.
Je suis arrivé au garage quinze minutes avant dix-sept heures. Tout le monde s'est sauvé en me voyant... Ou était-il déjà l'heure pour eux de partir? J'ai eu, encore une fois, tout la misère du monde pour décrocher ma remorque. Il faut dire que les mécaniciens doivent inverser mes pneus, entre l'essieu avant, motorisé, et celui arrière, mort. Car ceux à l'avant ont perdu de leur mordant... Ça devrait aller mieux la prochaine fois. Au pire, ce sera parce que la neige aura fondue!
Je n'ai donc pas vu voir personne du bureau. Sauf Martin et Patricia... Martin fût tout surpris lorsque je lui ai dit que je repartirais dès samedi. Ben, depuis toujours que je prend le reste de la journée où j'arrive plus une journée complète de congé, non? Alors voilà, le temps de faire mes rapports, d'amener ça au bureau, avec les enveloppes des autres, de transférer les choses pour la maison dans la limousine, de rencontrer un confrère que je connais peu mais qui lui me connaissait (vive Facebook!), et j'étais parti.
Outre un arrêt pour souper au P'tit Québec de Saint-Constant, je me suis rendu directement à la maison...
30 janvier 2013
Allons à Québec
Après deux grosses semaines de travail, avec des voyages doubles, voici que je suis sur une lancée de voyages "via Sault-Sainte-Marie". Ceci implique de rouler en terre franco-ontarienne, via la route 17. J'adore cette route, j'adore ces contrées. Mon bon ami Louis aussi... Nous ne sommes pas nombreux, plusieurs camionneurs préférant les autoroutes, qui leur semblent plus rapides!
Bref, revenant du Minnesota, je suis arrivé au garage dimanche peu après le diner. En passant dans le village, j'ai croisé Jocelyn, mon patron, qui sortait du dépanneur. Il a évidemment reconnu un de ses camions... et j'imagine moi, vu que nous ne sommes que deux camions Peterbilt dans la compagnie. Peu de temps après, j'arrivais au garage, que j'ai baptisé dans mon statut Facebook le Hâvre de Paix. La belle Julie m'a répondu que ce n'était pas toujours comme ça... Pour les employé-e-s du bureau, évidemment que non; eux, ils travaillent! Probablement que c'est la même chose pour les mécaniciens. Mais pour nous, chauffeurs, une visite au garage est toujours reposante. Nous y sommes en congé, pour une période plus ou moins longue, de quelques heures entre deux voyages, à quelques jours pour nos quelques valeureux qui habitent leur camion à temps complet.
Mon assignation suivante était donc, pour débuter dans les faits ma semaine suivante, d'aller livrer du placage de porte à Saint-Henri-de-Lévis, près de Québec. Par la suite, bien que floue à ce moment-là, je devais me rendre possiblement à La Tuque pour y ramasser des grands rouleaux de papier pour mon voyage de la semaine suivante. À ramener chez moi pour mon congé.
Tout d'abord, je me suis délester de ma remorque de bocaux de verre. Ceux-ci seront livré par un chauffeur de ville à Boisbriand je-ne-sais-trop-quand. Ensuite, j'ai mis de l'ordre dans mes papiers, mettant un terme officiellement à ma semaine de travail. Le tout déposé dans une grande enveloppe, elle-même déposée dans ma case au bureau. Ça permettra à mon patron d'être payé... et par le fait même à moi aussi. Au passage, je rammasse mes récents relevés de paye et mon assigation suivante. La version officiel et imprimée, car en fait, je le savait déjà.
Par la suite, j'ai débarqué les tapis de caoutchouc que j'accumulais depuis plusieurs voyages. Ces tapis servent à empêcher les rouleaux de papier de bouger pendant le voyage. Et comme j'oublie souvent de les débarquer, et qu'en plus je ne vais pas très souvent au garage, j'en avais tout une pile! Voilà, maintenant, j'ai de l'espace de disponible sous mon matelas.
Ensuite, je me suis rendu au conteneur nouvellement installé pour faire le plein de DEF. Il s'agit d'urée qui sert au système anti-pollution des moteurs diesel récents, comme le mien. C'était la première fois pour moi. J'ai donc dû chercher et "improviser" afin de trouver "comment ça marche"! Mais bon, une feuille d'instruction a été installé, donc même moi j'ai pu réussir! Il aurait peut-être juste fallu mettre les instructions sur comment trouver la feuille des instructions! L'endroit est chauffé et éclairé, facilitant d'autant l'opération.
Dernière étape, trouver et accrocher ma remorque, en faire l'inspection, et en route vers "on verra ben où se terminera la journée"! Un petit tour au fond de la cour, dans la section des remorques. Je prend le numéro sur ma feuille, et je le cherche sur les dizaines de remorques qui sont là. Je finis par la trouver. Au moment d'accrocher, je me rend bien compte qu'elle est un peu haute. Je sors donc afin de la baisser un peu. Pas trop difficile cette fois, malgré le poids maximum à l'intérieur. Ensuite, accrochage et vérification que c'est effectivement accroché. Ensuite, retour à l'extérieur pour brancher l'air pour les freins et l'électricité. Un petit tour pour constater que tout est en ordre. Et voilà, nous sommes prêt à repartir!
Déjà trois heures se sont écoulées! Une chance que personne n'était présent... À l'heure qu'il est, le premier arrêt sera pour le souper.
Je me rend donc au Pétro-T de Kahnawake. Beau relais neuf et pas tout à fait terminer. Mais le Tim Hortons est ouvert, ainsi que les pompes à diesel, pour ceux qui en ont besoin. Soupe et sandwich au menu, comme d'habitude. En terminant, un appel de ma fille. Elle voulait connaitre mes allées et venues des prochains jours. Heureusement, mon congé de mardi correspond à l'une de ses deux journées pédagogiques cette semaine.
Il est déjà 19:00 quand je suis prêt à reprendre la route. Je décide de me rendre jusqu'où j'en serai capable. Je dois livrer entre 7 et 9:00. Et à l'heure de mes réveils précédents, si je suis loin, je serai amplement capable de me réveiller en conséquence et être là à temps.
Avec un bon café et l'aide de la musique, qui était particulièrement bonne ce soir-là, j'ai fini par me rendre jusqu'à Saint-Nicolas. Des fois, je me surprend moi-même! Bon repos, bien mérité...
Le lendemain matin, il ne me restait qu'environ 30 minutes de route pour rejoindre mon client. Une dizaine de kilomètres sur la 20, puis la 173 sud. J'ai traversé tout d'abord Pintendre, puis arrive Saint-Henri-de-Lévis. À gauche au rond-point, encore à gauche, et me voici arrivé. Un camion est déjà installé à la rampe. Une seule rampe d'ailleurs. Je cherche "quelqu'un"... et finis par trouver. L'homme me retourne à mon camion pour être déchargé aussitôt l'autre terminé. Je m'en doutais un peu, évidemment...
Ce fut un peu long. Une fois déchargé, en me ramenant les papiers correctement signés, l'homme m'explique que les palettes qui servent à empêcher les doubles piles de bouger avaient cassées, et que donc les palettes du haut avait basculer. En langage de camionneur, on dira que "le voyage à chier". Je lui dit que je vais aviser ma compagnie, et je constate que rien n'a été mentionné sur les papiers (ce qui signifie qu'il n'y a pas de réclamation pour bris). J'en fait part dans mon message afin de savoir où je me rend pour la suite. En attendant la réponse, je vais passer le balai dans la remorque. À voir les éclats de bois, je constate qu'effectivement, il y a eu de la casse.
À mon retour au camion, je constate que je vais bien à La Tuque. Je me dirige donc vers l'autoroute. Je prend le pont Pierre-Laporte afin de rejoindre la rive nord. Puis, via la 540, je vais rejoindre la 40.
À Deschambault, je sors à l’hôtel du Chocolat afin de diner. Je repars ensuite vers Trois-Rivières. Juste avant d'arrivé, je ressors mon calepin avec mon chemin. Je me rend compte que je suis passé tout droite. En vérifiant, je vois que je suis aussi bien de continuer et de prendre mon chemin qui s'est immiscé dans ma tête. Pas mon meilleur coup, mais bon, on va s'en remettre! Juste dommage que ça tombe un jour où je m'en vais à la maison.
Je fais donc la route entre le Cap-de-la-Madeleine et Shawinigan. Ça va bien, mais c'est long, puisqu'en ville sur une bonne partie. En entrant à Shawinigan, je rejoins l'autoroute 55, juste avant qu'elle devienne la 155, la route qui me mènera directement à La Tuque, un peu plus d'une heure plus au nord. En m'y rendant, je crois notre vieux Volvo rouge vif, qui hier est parti du garage juste avant moi. Ça me rappelle, au départ, Martin m'avait offert deux choix de destination... Lui doit avoir fait l'autre!
Un peu plus loin, je rencontre un autre de nos camions... Grosse journée! Arrive finalement La Tuque. J'emprunte la voie de contournement pour la première fois. Depuis qu'elle est construite, je suis toujours passé en automobile, avec divers besoins d'entrer en ville. Tout au sud de la ville, je prend la sortie afin de me rendre à la route d'accès pour l'usine.
À la barrière, on prend le téléphone, il sonne et... magie, la barrière ouvre! On doit donc se rendre à la guérite de sécurité pour s'enregistrer et recevoir les consignes de sécurité habituelles. Ensuite, premier arrêt dans la cour afin d'entrer voir l'expédition pour y recevoir les papiers. Je récupère mes papiers, et ce que je dois savoir, soit où va la vide, et où sera la pleine.
Retour au camion. Je trouve un espace pour y placer ma remorque. Je la décroche et fait le tour de la cour pour me rendre compte qu'en fait, elle était juste à côté de la première! Je l'accroche donc. Encore là, quelques papiers à remplir, puis, c'est un départ! Retour au gardien afin de recevoir un code à barre pour pouvoir sortir de l'enclos. Vu l'heure et l'état de mon estomac, je décide d'aller souper à Saint-Rock-de-Mékinac.
La route est toujours belle. Depuis la veille que Carolle me dit qu' "ils annoncent du verglas"... Ben, ce n'est pas commencé encore ici en tout cas!
Je m'arrête à Saint-Rock. Là, je commence à avoir mon voyage, comme on dit. Je me commande donc un bon souper, beau bon pas cher, comme dans les bons vieux restaurants routiers. Autour de moi, des camionneurs locaux, qui reviennent avec leurs voyages de billots. Ce village a un immense moulin à scie. C'était très intéressant d'écouter les "vieux chauffeurs" parler de le camion, de leur site de billots, etc...
Pour terminer, je me suis rendu à la maison, où je suis arrivé finalement à 22:00. Ouf! Une autre grosse journée...
Ce mercredi, je partirai pour White Bear Lake, au Minnesota.
Bref, revenant du Minnesota, je suis arrivé au garage dimanche peu après le diner. En passant dans le village, j'ai croisé Jocelyn, mon patron, qui sortait du dépanneur. Il a évidemment reconnu un de ses camions... et j'imagine moi, vu que nous ne sommes que deux camions Peterbilt dans la compagnie. Peu de temps après, j'arrivais au garage, que j'ai baptisé dans mon statut Facebook le Hâvre de Paix. La belle Julie m'a répondu que ce n'était pas toujours comme ça... Pour les employé-e-s du bureau, évidemment que non; eux, ils travaillent! Probablement que c'est la même chose pour les mécaniciens. Mais pour nous, chauffeurs, une visite au garage est toujours reposante. Nous y sommes en congé, pour une période plus ou moins longue, de quelques heures entre deux voyages, à quelques jours pour nos quelques valeureux qui habitent leur camion à temps complet.
Mon assignation suivante était donc, pour débuter dans les faits ma semaine suivante, d'aller livrer du placage de porte à Saint-Henri-de-Lévis, près de Québec. Par la suite, bien que floue à ce moment-là, je devais me rendre possiblement à La Tuque pour y ramasser des grands rouleaux de papier pour mon voyage de la semaine suivante. À ramener chez moi pour mon congé.
Tout d'abord, je me suis délester de ma remorque de bocaux de verre. Ceux-ci seront livré par un chauffeur de ville à Boisbriand je-ne-sais-trop-quand. Ensuite, j'ai mis de l'ordre dans mes papiers, mettant un terme officiellement à ma semaine de travail. Le tout déposé dans une grande enveloppe, elle-même déposée dans ma case au bureau. Ça permettra à mon patron d'être payé... et par le fait même à moi aussi. Au passage, je rammasse mes récents relevés de paye et mon assigation suivante. La version officiel et imprimée, car en fait, je le savait déjà.
Par la suite, j'ai débarqué les tapis de caoutchouc que j'accumulais depuis plusieurs voyages. Ces tapis servent à empêcher les rouleaux de papier de bouger pendant le voyage. Et comme j'oublie souvent de les débarquer, et qu'en plus je ne vais pas très souvent au garage, j'en avais tout une pile! Voilà, maintenant, j'ai de l'espace de disponible sous mon matelas.
Ensuite, je me suis rendu au conteneur nouvellement installé pour faire le plein de DEF. Il s'agit d'urée qui sert au système anti-pollution des moteurs diesel récents, comme le mien. C'était la première fois pour moi. J'ai donc dû chercher et "improviser" afin de trouver "comment ça marche"! Mais bon, une feuille d'instruction a été installé, donc même moi j'ai pu réussir! Il aurait peut-être juste fallu mettre les instructions sur comment trouver la feuille des instructions! L'endroit est chauffé et éclairé, facilitant d'autant l'opération.
Dernière étape, trouver et accrocher ma remorque, en faire l'inspection, et en route vers "on verra ben où se terminera la journée"! Un petit tour au fond de la cour, dans la section des remorques. Je prend le numéro sur ma feuille, et je le cherche sur les dizaines de remorques qui sont là. Je finis par la trouver. Au moment d'accrocher, je me rend bien compte qu'elle est un peu haute. Je sors donc afin de la baisser un peu. Pas trop difficile cette fois, malgré le poids maximum à l'intérieur. Ensuite, accrochage et vérification que c'est effectivement accroché. Ensuite, retour à l'extérieur pour brancher l'air pour les freins et l'électricité. Un petit tour pour constater que tout est en ordre. Et voilà, nous sommes prêt à repartir!
Déjà trois heures se sont écoulées! Une chance que personne n'était présent... À l'heure qu'il est, le premier arrêt sera pour le souper.
Je me rend donc au Pétro-T de Kahnawake. Beau relais neuf et pas tout à fait terminer. Mais le Tim Hortons est ouvert, ainsi que les pompes à diesel, pour ceux qui en ont besoin. Soupe et sandwich au menu, comme d'habitude. En terminant, un appel de ma fille. Elle voulait connaitre mes allées et venues des prochains jours. Heureusement, mon congé de mardi correspond à l'une de ses deux journées pédagogiques cette semaine.
Il est déjà 19:00 quand je suis prêt à reprendre la route. Je décide de me rendre jusqu'où j'en serai capable. Je dois livrer entre 7 et 9:00. Et à l'heure de mes réveils précédents, si je suis loin, je serai amplement capable de me réveiller en conséquence et être là à temps.
Avec un bon café et l'aide de la musique, qui était particulièrement bonne ce soir-là, j'ai fini par me rendre jusqu'à Saint-Nicolas. Des fois, je me surprend moi-même! Bon repos, bien mérité...
Le lendemain matin, il ne me restait qu'environ 30 minutes de route pour rejoindre mon client. Une dizaine de kilomètres sur la 20, puis la 173 sud. J'ai traversé tout d'abord Pintendre, puis arrive Saint-Henri-de-Lévis. À gauche au rond-point, encore à gauche, et me voici arrivé. Un camion est déjà installé à la rampe. Une seule rampe d'ailleurs. Je cherche "quelqu'un"... et finis par trouver. L'homme me retourne à mon camion pour être déchargé aussitôt l'autre terminé. Je m'en doutais un peu, évidemment...
Ce fut un peu long. Une fois déchargé, en me ramenant les papiers correctement signés, l'homme m'explique que les palettes qui servent à empêcher les doubles piles de bouger avaient cassées, et que donc les palettes du haut avait basculer. En langage de camionneur, on dira que "le voyage à chier". Je lui dit que je vais aviser ma compagnie, et je constate que rien n'a été mentionné sur les papiers (ce qui signifie qu'il n'y a pas de réclamation pour bris). J'en fait part dans mon message afin de savoir où je me rend pour la suite. En attendant la réponse, je vais passer le balai dans la remorque. À voir les éclats de bois, je constate qu'effectivement, il y a eu de la casse.
À mon retour au camion, je constate que je vais bien à La Tuque. Je me dirige donc vers l'autoroute. Je prend le pont Pierre-Laporte afin de rejoindre la rive nord. Puis, via la 540, je vais rejoindre la 40.
À Deschambault, je sors à l’hôtel du Chocolat afin de diner. Je repars ensuite vers Trois-Rivières. Juste avant d'arrivé, je ressors mon calepin avec mon chemin. Je me rend compte que je suis passé tout droite. En vérifiant, je vois que je suis aussi bien de continuer et de prendre mon chemin qui s'est immiscé dans ma tête. Pas mon meilleur coup, mais bon, on va s'en remettre! Juste dommage que ça tombe un jour où je m'en vais à la maison.
Je fais donc la route entre le Cap-de-la-Madeleine et Shawinigan. Ça va bien, mais c'est long, puisqu'en ville sur une bonne partie. En entrant à Shawinigan, je rejoins l'autoroute 55, juste avant qu'elle devienne la 155, la route qui me mènera directement à La Tuque, un peu plus d'une heure plus au nord. En m'y rendant, je crois notre vieux Volvo rouge vif, qui hier est parti du garage juste avant moi. Ça me rappelle, au départ, Martin m'avait offert deux choix de destination... Lui doit avoir fait l'autre!
Un peu plus loin, je rencontre un autre de nos camions... Grosse journée! Arrive finalement La Tuque. J'emprunte la voie de contournement pour la première fois. Depuis qu'elle est construite, je suis toujours passé en automobile, avec divers besoins d'entrer en ville. Tout au sud de la ville, je prend la sortie afin de me rendre à la route d'accès pour l'usine.
À la barrière, on prend le téléphone, il sonne et... magie, la barrière ouvre! On doit donc se rendre à la guérite de sécurité pour s'enregistrer et recevoir les consignes de sécurité habituelles. Ensuite, premier arrêt dans la cour afin d'entrer voir l'expédition pour y recevoir les papiers. Je récupère mes papiers, et ce que je dois savoir, soit où va la vide, et où sera la pleine.
Retour au camion. Je trouve un espace pour y placer ma remorque. Je la décroche et fait le tour de la cour pour me rendre compte qu'en fait, elle était juste à côté de la première! Je l'accroche donc. Encore là, quelques papiers à remplir, puis, c'est un départ! Retour au gardien afin de recevoir un code à barre pour pouvoir sortir de l'enclos. Vu l'heure et l'état de mon estomac, je décide d'aller souper à Saint-Rock-de-Mékinac.
La route est toujours belle. Depuis la veille que Carolle me dit qu' "ils annoncent du verglas"... Ben, ce n'est pas commencé encore ici en tout cas!
Je m'arrête à Saint-Rock. Là, je commence à avoir mon voyage, comme on dit. Je me commande donc un bon souper, beau bon pas cher, comme dans les bons vieux restaurants routiers. Autour de moi, des camionneurs locaux, qui reviennent avec leurs voyages de billots. Ce village a un immense moulin à scie. C'était très intéressant d'écouter les "vieux chauffeurs" parler de le camion, de leur site de billots, etc...
Pour terminer, je me suis rendu à la maison, où je suis arrivé finalement à 22:00. Ouf! Une autre grosse journée...
Ce mercredi, je partirai pour White Bear Lake, au Minnesota.
2 février 2011
24 janvier 2011
Toute une journée m'attendait pour ce "congé". J'avais demandé à être ramené au garage, parce que je rentrais le dimanche (le 23) et qu'aujourd'hui, je devais me rendre à Champlain, NY (le côté américain de la douane de Lacolle, QC) afin de passer mon entrevue pour le renouvellement de ma carte EXPRESS, plus connue sous son acronyme anglais FAST (pour Free And Secure Trade). Cette carte est une pièce d'identité pour les camionneurs, qui nous permet de traverser les douanes un peu plus rapidement. Pour les touristes, la carte NEXUS en est l'équivalent. Les formulaires de demande en sont quasi identiques. En temps normal, cette carte n'est pas essentiel, mais si un autre événement digne du 11 du 9 se produisait, la frontière serait fermée à tous ceux qui ne l'ont pas.
Tout d'abord, un petit tour dans le passé...
Mon ancienne carte était expirée depuis mai dernier. Une première fois, je me suis présenter au bureau de Détroit, MI. Mais comme j'avais mis trop de temps pour fixer mon rendez-vous, mon "cas" ne fut pas traiter! Et la dame a saisi sur le champ ma vieille carte (désactivée): ils doivent craindre un certain marché noir, comme pour les passeports...
Donc, par la suite, j'ai donné le mandat à Mathiew, notre responsable des Ressources Humaines (et homme à tout faire du bureau). Après tout, c'est un peu son travail. Il a donc rempli la demande par Internet. Parce qu'après avoir été pré-approuvé, nous avons trente jours pour répondre. Et comme j'y ai mis trop de temps, c'est donc une toute nouvelle demande (et bien sur un nouveau paiement).
Une fois la confirmation reçu, nous fixons ensemble un rendez-vous. Le jour venu, je me présente à Champlain. C'était en décembre... Notez que pour être là, je dois prévoir mon travail afin d'être en congé un jour précis, et comme je demeure à deux heures de Champlain, j'en ai pour la journée... Donc, tout cela doit être minutieusement planifié! En plus, c'était pendant que Caro était à l'hôpital pour son abcès. J'arrive donc à la douane "pour les chars". Quelques questions d'usage, et je pars à la recherche de la bonne porte... après avoir improvisé pour trouver le bon chemin qui mène au bon stationnement. Déjà que c'est rare que je traverse à Champlain... et en plus que ce n'est pas toujours évident de trouver le bon bureau dans un tel complexe! Dire que "dans mon temps", il n'y avait que deux guérites pour camions...
Je finis donc par trouver le minuscule bureau. Arrive au comptoir, présente mes papiers, donne l'heure de mon rendez-vous. "Vous n'existez pas!" E ben eeee... non, rien à faire, et je vois la liste imprimée des rendez-vous de la journée: pas de trace de mon nom nulle part!
Le douanier américain fait de venir le douanier canadien, qui vérifie mais je n'existe pas plus pour lui. "Qu'est-ce qu'on peut faire?" "T'es chanceux, je viens d'avoir une annulation pour mercredi". Ben, c'est ben beau les congé, mais pas payant. Si je suis toujours ici mercredi, il ne me restera pas assez de temps pour travailler une semaine normale. Je demande donc un lundi, autour de l'heure du diner. Ça donne le 24 janvier, soit plus d'un mois plus tard!
Sur le chemin du retour, je contacte Mathiew pour lui faire part de la nouvelle. Il est presque sous le choc, ne comprenant pas trop comment cela est possible, qu'il a la feuille qui confirme mon rendez-vous, et que ce n'était pas trop le temps que je perde mon temps avec ma Caro a l'hôpital... Bon, l'erreur est humaine, et je suis plutôt certain que ce doit être un "clic-enter" qui manquait. À ma visite suivante au bureau, ladite page était dans ma case. Tout au bas, le bouton "confirmer" brillait de tous ses feux. Voilà, ne restait qu'à lui cliquer dessus! En comparaison, la page que le douanier m'avait remise avait plus d'informations dessus, et certainement pas de bouton "confirmer"...
Revenons donc à la journée présente...
Encore une fois, cela a demandé de la prévision. D'autant plus que deux fins de semaines avant, nous avons fait un diner pour la Xième fête de Sarah (comme dans deuxième party, vu qu'un anniversaire dans le temps des fêtes, on fête ça plusieurs fois!). Possible d'arranger notre horaire, mais pas trop souvent, et pas deux fins de semaines de suite (en tout cas, si on veut garder la possibilité de faire des semaines normales).
Avec mon voyage, c'était possible, et même mieux en fait, que je demande à terminer au garage (parce qu'habituellement, je termine chez moi). Possibilité accordé (c'est toujours le répartiteur qui a le dernier mot; les nôtres sont très accomodants). Caro désirait rendre visite à Tante Anna, qui réside à Sainte-Martine, village près de Saint-Chrysostome. Ça adonnait donc bien, on pourrait y coucher. Et comme Sarah devait voir son docteur à Longueuil le matin, nous étions "ben correct".
Nous avons donc laisser le camion au garage dimanche en après midi. Nous avons souper avec Tante Anna, toujours heureuse de recevoir à manger. Puis après un peu de télé, un beau dodo.
Le lendemain, nous devions partir tôt, pour être à Longueuil pour dix heures. En prenant la nouvelle 30, nous nous sommes fait dépassé par un camion de TJB, qui tirait la remorque neuve que Marteau est allé cherché en Iowa! Mille miles "bobtail" (camion seulement), le chanceux!
Vive une clinique médicale qui sait se planifier! Pour une rendez-vous à 10h30, ben à 10h30, nous étions passé et assis dans l'auto, prêt à repartir! Wow, je suis épaté. Le verdict: Sarah doit continuer à porter ses orthèses d'orteils (ça se dit drôle!), et ça devrait se replacer tout seul. Et notre Sophie-les-souliers a eu des beaux compliments du doc pour la qualité de ses orthèses (fait à la main). Nous lui avons fièrement retransmis. Et venant du meilleur doc de Sainte-Justine de son domaine, ce n'est pas rien!
Nous pouvions donc maintenant passé à mon tour, soit ma carte FAST... Nous nous sommes rendu au relais de camionneurs de Lacolle, ou mes femmes pourraient m'attendre (Caro n'a pas de passeport) le temps de mon incursion en sol américain. Nous avons donc diné, puis placoté, lu des journaux, fait des dessins, et même rencontré Benoit, un ancien collègue de mon temps de plate-formes chez les Bleus. Wow, qu'il m'ait reconnu est déjà fort. Ça fait tout de même dix ans que j'ai quitté!
J'ai donc fini par partir de là. Encore comme la première fois. Je traverse la douane des chars (mais cette fois, une jolie douanière sympathique, contrairement au précédant, un homme au style et manière quasi militaire), je me rends à la sortie 43 (la première), reviens vers les bâtiments de la douane, me stationne et me rends à l'intérieur.
Cette fois-ci, j'ai bien un rendez-vous. Le douanier américain vérifie mes papiers, prends ma photo et mes empreintes, et m'explique en long et en large ce que je peux ou non entrer aux États-Unis comme viande, fruits, légumes et autres plantes, etc. Ce n'est pas toujours logique, mais bon, c'est chez eux alors ce sont eux qui décident!
Après quelques minutes "su'l banc", la douanière canadienne me reçoit à son bureau. Je retiens deux choses. Premièrement: transporter de l'acool en camion étant interdit aux États-Unis (sauf comme cargaison bien sur), il est possible de se faire arrêter sur le terrain de la boutique hors-taxe, qui est toujours en sol américain, et ça entraine automatiquement le retrait de la carte FAST! Cher payé pour une petite économie. Deuxièment: aucun problème avec le chargement ne peut entrainer le retrait de la carte FAST. AUCUN! (Et toc, troisième prise, le joueur vient d'être retiré!). C'est fou ce que ça adonne bien de se faire dire ça à ce moment précis...
Je suis donc retourné chercher mes deux amours au Resto-à-6 (que dans mon temps on appelait Chez Freddy). Nous nous sommes rendu au garage, vu que j'avais prévu de repartir de là dès le lendemain. Après vérification des disponibilités, nous avons pu aller, mes femmes et moi, souper chez IKEA (oui oui, drôle de place!) et ensuite y magasiner une autre armoire... Plus tard, je retournai couchai au camion.
Tout d'abord, un petit tour dans le passé...
Mon ancienne carte était expirée depuis mai dernier. Une première fois, je me suis présenter au bureau de Détroit, MI. Mais comme j'avais mis trop de temps pour fixer mon rendez-vous, mon "cas" ne fut pas traiter! Et la dame a saisi sur le champ ma vieille carte (désactivée): ils doivent craindre un certain marché noir, comme pour les passeports...
Donc, par la suite, j'ai donné le mandat à Mathiew, notre responsable des Ressources Humaines (et homme à tout faire du bureau). Après tout, c'est un peu son travail. Il a donc rempli la demande par Internet. Parce qu'après avoir été pré-approuvé, nous avons trente jours pour répondre. Et comme j'y ai mis trop de temps, c'est donc une toute nouvelle demande (et bien sur un nouveau paiement).
Une fois la confirmation reçu, nous fixons ensemble un rendez-vous. Le jour venu, je me présente à Champlain. C'était en décembre... Notez que pour être là, je dois prévoir mon travail afin d'être en congé un jour précis, et comme je demeure à deux heures de Champlain, j'en ai pour la journée... Donc, tout cela doit être minutieusement planifié! En plus, c'était pendant que Caro était à l'hôpital pour son abcès. J'arrive donc à la douane "pour les chars". Quelques questions d'usage, et je pars à la recherche de la bonne porte... après avoir improvisé pour trouver le bon chemin qui mène au bon stationnement. Déjà que c'est rare que je traverse à Champlain... et en plus que ce n'est pas toujours évident de trouver le bon bureau dans un tel complexe! Dire que "dans mon temps", il n'y avait que deux guérites pour camions...
Je finis donc par trouver le minuscule bureau. Arrive au comptoir, présente mes papiers, donne l'heure de mon rendez-vous. "Vous n'existez pas!" E ben eeee... non, rien à faire, et je vois la liste imprimée des rendez-vous de la journée: pas de trace de mon nom nulle part!
Le douanier américain fait de venir le douanier canadien, qui vérifie mais je n'existe pas plus pour lui. "Qu'est-ce qu'on peut faire?" "T'es chanceux, je viens d'avoir une annulation pour mercredi". Ben, c'est ben beau les congé, mais pas payant. Si je suis toujours ici mercredi, il ne me restera pas assez de temps pour travailler une semaine normale. Je demande donc un lundi, autour de l'heure du diner. Ça donne le 24 janvier, soit plus d'un mois plus tard!
Sur le chemin du retour, je contacte Mathiew pour lui faire part de la nouvelle. Il est presque sous le choc, ne comprenant pas trop comment cela est possible, qu'il a la feuille qui confirme mon rendez-vous, et que ce n'était pas trop le temps que je perde mon temps avec ma Caro a l'hôpital... Bon, l'erreur est humaine, et je suis plutôt certain que ce doit être un "clic-enter" qui manquait. À ma visite suivante au bureau, ladite page était dans ma case. Tout au bas, le bouton "confirmer" brillait de tous ses feux. Voilà, ne restait qu'à lui cliquer dessus! En comparaison, la page que le douanier m'avait remise avait plus d'informations dessus, et certainement pas de bouton "confirmer"...
Revenons donc à la journée présente...
Encore une fois, cela a demandé de la prévision. D'autant plus que deux fins de semaines avant, nous avons fait un diner pour la Xième fête de Sarah (comme dans deuxième party, vu qu'un anniversaire dans le temps des fêtes, on fête ça plusieurs fois!). Possible d'arranger notre horaire, mais pas trop souvent, et pas deux fins de semaines de suite (en tout cas, si on veut garder la possibilité de faire des semaines normales).
Avec mon voyage, c'était possible, et même mieux en fait, que je demande à terminer au garage (parce qu'habituellement, je termine chez moi). Possibilité accordé (c'est toujours le répartiteur qui a le dernier mot; les nôtres sont très accomodants). Caro désirait rendre visite à Tante Anna, qui réside à Sainte-Martine, village près de Saint-Chrysostome. Ça adonnait donc bien, on pourrait y coucher. Et comme Sarah devait voir son docteur à Longueuil le matin, nous étions "ben correct".
Nous avons donc laisser le camion au garage dimanche en après midi. Nous avons souper avec Tante Anna, toujours heureuse de recevoir à manger. Puis après un peu de télé, un beau dodo.
Le lendemain, nous devions partir tôt, pour être à Longueuil pour dix heures. En prenant la nouvelle 30, nous nous sommes fait dépassé par un camion de TJB, qui tirait la remorque neuve que Marteau est allé cherché en Iowa! Mille miles "bobtail" (camion seulement), le chanceux!
Vive une clinique médicale qui sait se planifier! Pour une rendez-vous à 10h30, ben à 10h30, nous étions passé et assis dans l'auto, prêt à repartir! Wow, je suis épaté. Le verdict: Sarah doit continuer à porter ses orthèses d'orteils (ça se dit drôle!), et ça devrait se replacer tout seul. Et notre Sophie-les-souliers a eu des beaux compliments du doc pour la qualité de ses orthèses (fait à la main). Nous lui avons fièrement retransmis. Et venant du meilleur doc de Sainte-Justine de son domaine, ce n'est pas rien!
Nous pouvions donc maintenant passé à mon tour, soit ma carte FAST... Nous nous sommes rendu au relais de camionneurs de Lacolle, ou mes femmes pourraient m'attendre (Caro n'a pas de passeport) le temps de mon incursion en sol américain. Nous avons donc diné, puis placoté, lu des journaux, fait des dessins, et même rencontré Benoit, un ancien collègue de mon temps de plate-formes chez les Bleus. Wow, qu'il m'ait reconnu est déjà fort. Ça fait tout de même dix ans que j'ai quitté!
J'ai donc fini par partir de là. Encore comme la première fois. Je traverse la douane des chars (mais cette fois, une jolie douanière sympathique, contrairement au précédant, un homme au style et manière quasi militaire), je me rends à la sortie 43 (la première), reviens vers les bâtiments de la douane, me stationne et me rends à l'intérieur.
Cette fois-ci, j'ai bien un rendez-vous. Le douanier américain vérifie mes papiers, prends ma photo et mes empreintes, et m'explique en long et en large ce que je peux ou non entrer aux États-Unis comme viande, fruits, légumes et autres plantes, etc. Ce n'est pas toujours logique, mais bon, c'est chez eux alors ce sont eux qui décident!
Après quelques minutes "su'l banc", la douanière canadienne me reçoit à son bureau. Je retiens deux choses. Premièrement: transporter de l'acool en camion étant interdit aux États-Unis (sauf comme cargaison bien sur), il est possible de se faire arrêter sur le terrain de la boutique hors-taxe, qui est toujours en sol américain, et ça entraine automatiquement le retrait de la carte FAST! Cher payé pour une petite économie. Deuxièment: aucun problème avec le chargement ne peut entrainer le retrait de la carte FAST. AUCUN! (Et toc, troisième prise, le joueur vient d'être retiré!). C'est fou ce que ça adonne bien de se faire dire ça à ce moment précis...
Je suis donc retourné chercher mes deux amours au Resto-à-6 (que dans mon temps on appelait Chez Freddy). Nous nous sommes rendu au garage, vu que j'avais prévu de repartir de là dès le lendemain. Après vérification des disponibilités, nous avons pu aller, mes femmes et moi, souper chez IKEA (oui oui, drôle de place!) et ensuite y magasiner une autre armoire... Plus tard, je retournai couchai au camion.
18 janvier 2011
15 janvier 2011
Ce matin, en ouvrant les yeux, je me demande ou est-ce que je suis rendu. Ça arrive de temps en temps, avec la fatigue. On dirait que le cerveau oublie d'enregistrer les images de l'arrivée du soir avant de s'endormir... Je suis donc dans mon lit, et pendant quelques secondes, les yeux à côté des trous, je suis dans le néant. En peu de temps, ça me revient. Je suis dans un Pilot, à Sonora, KY, et en direction maison (important à savoir, afin de continuer dans la bonne direction!)... Je suis semi-brûlé!
Qui dit Pilot dit bon café, mais aussi bon lavage de vitre! Je m'avance donc aux pompes et en profite pour faire un grand ménage. Toutes les vitres et les miroirs seront nettoyer. Mais comme c'est un Volvo, en quelques minutes, mon pare-brise et mon miroir côté-chauffeur seront inutilisables (lorsqu'il y a beaucoup de sel sur la route, comme surtout en Ontario). Comme si ce n'était pas important. En passant d'un Western Star à un Volvo, je dois apprendre à laver mes vitres presqu'à chaque arrêt. Pas évident après 13 ans à laver aux 2-3 jours! Et comme bien des relais ont peu d'antigel dans leur eau (et parfois pas du tout), certains endroits ont donc la raclette dans un bloc de glace! Dans la majorité des États, l'hiver, ils attendent que ça passe!
Je rentre ensuite à l'intérieur, pour le traditionnel café-burrito. Mais comme il est tard et que c'est samedi, il n'y en a plus dans le réchaud! Mausus... Notez que dans ce cas, il est toujours possible d'en trouver dans le frigo, et de se les faire exploser soi-même dans le micro-onde. Mais je refuse, car ce n'est pas si réussi que ceux qui mijotent lentement sur le réchaud pendant des heures (bon, en fait, j'imagine environ une heure). Je choisis donc mon option numéro deux, des Tornados! Ces succulentes cochonneries sont sur un réchaud à saucisses, et tournent, enfin on le croirait, depuis que le relais a été ouvert. Il y en a à différentes saveurs, dont 2-3 pour déjeuners. Pas traitre, mais ça fait la job...
Je suis donc prêt à prendre la route. Un petit samedi tranquille. Normalement, je recevrai un premier message de Cynthia, répartitrice du samedi, pour ma confirmation du traitement des papiers pour la douane; un peu plus tard, un second message de la même Cynthia afin que je sache quoi faire lors de mon arrivée au Québec. Du genre: laisse cette remorque à tel endroit, prends une vide et ramène-là à l'usine près de chez toi. Dans mon cas, je suis presque capable de me répartir moi-même. C'est presque toujours la même routine, et je finis toujours à l'usine à quinze minutes de chez moi.
De tôt matin, je reçois mon numéro d'entrée pour la douane. Sachant l'heure ou Cynthia débute sa journée, et le temps normal de traitement, elle n'a pas perdu de temps! Merci... À moins que, et ça arrive parfois, qu'un petit lutin ait envoyé la télécopie hier soir...
Après un festival de montagnes russes, soit les autoroute 65 et 71, je m'arrête à Florence, KY pour diner. Florence est le côté Kentucky de la ville de Cincinati. Et elle est situé sur le haut d'un cap vertigineux! Et le relais TA est très petit. La plupart des places du stationnement sont penchées. Sur un cap, je vous dit.
Une fois de plus rassasié, je repars de plus belle. Le deuxième message de Cynthia arrive. Je laisserai ma remorque dans notre cour de Lachine, me rendrai à notre coure de Montréal-Est pour en ramasser une vide que j'amènerai à notre client de Joliette, qui la rechagera pour Lebanon... Ma vie est un cercle! J'entreprend la descente de l'autoroute, sur environ trois kilomètres! Du haut, on peut voir presque tout Cincinati. Le soir, c'est magnifique. Puis, aussitôt le pont traversé, sur son flanc droit, les stades de baseball et de football. Les soirs de parties, il y a beaucoup de monde là...
Tout en roulant, je calcule que je serai rentré dimanche en fin de journée. Je repartirai donc mardi. Je dois aviser Jean-Pierre le lundi avant 10h00. Je lui enverrai un message demain, pour plus de précision. Parce qu'en camion, tout peut arriver à tout moment... avec des conséquences sur l'horaire. On ne peut donc jamais faire de prédiction à long terme.
Ma blonde a un don. Si je suis à la veille de débarquer du camion, elle le sent et téléphone. Vous me direz que ce n'est pas bien grave, mais les arrêts étant le point ou l'on n'avance pas (le nom le dit), plus ils sont court, et mieux la journée se déroule. Dans le sens qu'elle vient à avoir une fin! Il est donc préférable que les appels soient reçus sur la route... Bon, d'accord, n'essayez pas ceci à la maison, professionel de la route au travail!
Donc, ceci dit, alors que j'arrive à Wapakoneta, OH, un autre de mes arrêts obligés, le téléphone sonne. C'est la maison. Caro et Sarah m'annoncent qu'elles ont loué un film (il faut dire qu'on vient d'accéder à la modernité des DVD...). Sarah me dit que c'est un film que je lui avais recommandé du temps ou il était encore au cinéma. Comme je ne me souviens plus (il y en a trop), elle finit par me dire que c'est Le journal d'Aurélie Laflamme, tiré des romans d'India Desjardins. Je leur souhaite une bonne écoute, et je les trouve chanceuse!
Je reprends la route, et me rends jusqu'à Détroit, MI, ou j'en profite pour souper sur le stationnement de la boutique hors-taxe, juste avant le péage, le pont et les douanes de Windsor, ON. Vite dit, vite fait.
En ce beau samedi soir, il n'y a pour ainsi dire personne aux douanes. Grâce au bon travail de Cynthia, je peux donc traverser en quelques secondes. Disons environ deux minutes... Je traverse ensuite la ville de Windsor, et arrive la balance "toujours ouverte" de Tecumseh, ON. Il n'y a aucun camion, et deux agents. À cette balance, une pré-balance nous pèse (en roulant) dans la sortie, et des caméras et des lecteurs lisent les infos sur le camion (numéro de plaque, de permis, etc.) et affichent le tout dans une guérite au poste d'inspection. L'agent nous attent donc avec toutes les informations dont il a besoin, incluant les habitudes de la compagnie de transport. Un fichier géant leur permet de se concentrer sur les compagnies et les chauffeurs à risque.
En plus, par habitude, ils savent, dans mon cas par exemple, que ma compagnie est du Québec et que nous faisons des voyages d'une semaine. À ce point, dans les voyages que l'on qualifierait de loin, nous en serions au début de la sixième journée de route de suite. Pour simplifier, on peut rouler pendant six jours et demi ou sept jours de suite avant d'être "obliger" de prendre une journée d'arrêt. C'est assez compliqué, mais disons qu'en gros, ça ressemble à ça. Tout ça pour dire que l'agent sachant tout ça, il sait qu'il serait peu probable que j'ai dépassé les heures qui me sont alloué. Dans mon cas, à quatre jours par voyage, je suis toujours dans la légalité.
L'agent me dit donc bonjour pendant que le deuxième, qui s'est rendu à la hauteur des roues de ma remorques, me demandent d'activer mes freins, pèse, lâche, pèse, lâche... afin de vérifier leur ajustement et leur fonctionnement. Tout est parfait (c'est comme ça quand tu travailles pour une compagnie respectable), alors on me fait signe d'y aller.
Je me rends donc à Comber, ON. J'y fais le plein de diesel, j'y relave les vitres, et je vais chercher, au Tim voisin, du café et des biscuits (je me suis écoeuré des beignes, et je trouve leurs muffuins trop maigres).
De retour sur la route pour un dernier droit. Comme vingt heures arrivent, je salive (enfin presque) à l'idée de pouvoir capter Espace Musique pour Studio 12 avec Rebecca Makkonen, que j'aprécie énormément. Malheureusement, le temps que l'émission débute, et le signal se perd dans les brumes (il y a un trou entre l'antenne de Windsor et celle de London). Je devrai donc attendre de la visionner à la maison.
À Dutton, ON, un subit appel du trône se fait sentir. J'arrête donc pour le soulager... Je commence à me dire que la journée achève. Je reprends la route pour me rendre finalement à Dorchester, ON, ou le relais nous fournit gratuitement la connexion Internet (c'est ben là sa seule qualité, avec l'espace de stationnement disponible, puisque plus personne n'y va!).
Ça commence sérieusement à sentir la maison (enfin, je le pensais à ce moment!)...
Qui dit Pilot dit bon café, mais aussi bon lavage de vitre! Je m'avance donc aux pompes et en profite pour faire un grand ménage. Toutes les vitres et les miroirs seront nettoyer. Mais comme c'est un Volvo, en quelques minutes, mon pare-brise et mon miroir côté-chauffeur seront inutilisables (lorsqu'il y a beaucoup de sel sur la route, comme surtout en Ontario). Comme si ce n'était pas important. En passant d'un Western Star à un Volvo, je dois apprendre à laver mes vitres presqu'à chaque arrêt. Pas évident après 13 ans à laver aux 2-3 jours! Et comme bien des relais ont peu d'antigel dans leur eau (et parfois pas du tout), certains endroits ont donc la raclette dans un bloc de glace! Dans la majorité des États, l'hiver, ils attendent que ça passe!
Je rentre ensuite à l'intérieur, pour le traditionnel café-burrito. Mais comme il est tard et que c'est samedi, il n'y en a plus dans le réchaud! Mausus... Notez que dans ce cas, il est toujours possible d'en trouver dans le frigo, et de se les faire exploser soi-même dans le micro-onde. Mais je refuse, car ce n'est pas si réussi que ceux qui mijotent lentement sur le réchaud pendant des heures (bon, en fait, j'imagine environ une heure). Je choisis donc mon option numéro deux, des Tornados! Ces succulentes cochonneries sont sur un réchaud à saucisses, et tournent, enfin on le croirait, depuis que le relais a été ouvert. Il y en a à différentes saveurs, dont 2-3 pour déjeuners. Pas traitre, mais ça fait la job...
Je suis donc prêt à prendre la route. Un petit samedi tranquille. Normalement, je recevrai un premier message de Cynthia, répartitrice du samedi, pour ma confirmation du traitement des papiers pour la douane; un peu plus tard, un second message de la même Cynthia afin que je sache quoi faire lors de mon arrivée au Québec. Du genre: laisse cette remorque à tel endroit, prends une vide et ramène-là à l'usine près de chez toi. Dans mon cas, je suis presque capable de me répartir moi-même. C'est presque toujours la même routine, et je finis toujours à l'usine à quinze minutes de chez moi.
De tôt matin, je reçois mon numéro d'entrée pour la douane. Sachant l'heure ou Cynthia débute sa journée, et le temps normal de traitement, elle n'a pas perdu de temps! Merci... À moins que, et ça arrive parfois, qu'un petit lutin ait envoyé la télécopie hier soir...
Après un festival de montagnes russes, soit les autoroute 65 et 71, je m'arrête à Florence, KY pour diner. Florence est le côté Kentucky de la ville de Cincinati. Et elle est situé sur le haut d'un cap vertigineux! Et le relais TA est très petit. La plupart des places du stationnement sont penchées. Sur un cap, je vous dit.
Une fois de plus rassasié, je repars de plus belle. Le deuxième message de Cynthia arrive. Je laisserai ma remorque dans notre cour de Lachine, me rendrai à notre coure de Montréal-Est pour en ramasser une vide que j'amènerai à notre client de Joliette, qui la rechagera pour Lebanon... Ma vie est un cercle! J'entreprend la descente de l'autoroute, sur environ trois kilomètres! Du haut, on peut voir presque tout Cincinati. Le soir, c'est magnifique. Puis, aussitôt le pont traversé, sur son flanc droit, les stades de baseball et de football. Les soirs de parties, il y a beaucoup de monde là...
Tout en roulant, je calcule que je serai rentré dimanche en fin de journée. Je repartirai donc mardi. Je dois aviser Jean-Pierre le lundi avant 10h00. Je lui enverrai un message demain, pour plus de précision. Parce qu'en camion, tout peut arriver à tout moment... avec des conséquences sur l'horaire. On ne peut donc jamais faire de prédiction à long terme.
Ma blonde a un don. Si je suis à la veille de débarquer du camion, elle le sent et téléphone. Vous me direz que ce n'est pas bien grave, mais les arrêts étant le point ou l'on n'avance pas (le nom le dit), plus ils sont court, et mieux la journée se déroule. Dans le sens qu'elle vient à avoir une fin! Il est donc préférable que les appels soient reçus sur la route... Bon, d'accord, n'essayez pas ceci à la maison, professionel de la route au travail!
Donc, ceci dit, alors que j'arrive à Wapakoneta, OH, un autre de mes arrêts obligés, le téléphone sonne. C'est la maison. Caro et Sarah m'annoncent qu'elles ont loué un film (il faut dire qu'on vient d'accéder à la modernité des DVD...). Sarah me dit que c'est un film que je lui avais recommandé du temps ou il était encore au cinéma. Comme je ne me souviens plus (il y en a trop), elle finit par me dire que c'est Le journal d'Aurélie Laflamme, tiré des romans d'India Desjardins. Je leur souhaite une bonne écoute, et je les trouve chanceuse!
Je reprends la route, et me rends jusqu'à Détroit, MI, ou j'en profite pour souper sur le stationnement de la boutique hors-taxe, juste avant le péage, le pont et les douanes de Windsor, ON. Vite dit, vite fait.
En ce beau samedi soir, il n'y a pour ainsi dire personne aux douanes. Grâce au bon travail de Cynthia, je peux donc traverser en quelques secondes. Disons environ deux minutes... Je traverse ensuite la ville de Windsor, et arrive la balance "toujours ouverte" de Tecumseh, ON. Il n'y a aucun camion, et deux agents. À cette balance, une pré-balance nous pèse (en roulant) dans la sortie, et des caméras et des lecteurs lisent les infos sur le camion (numéro de plaque, de permis, etc.) et affichent le tout dans une guérite au poste d'inspection. L'agent nous attent donc avec toutes les informations dont il a besoin, incluant les habitudes de la compagnie de transport. Un fichier géant leur permet de se concentrer sur les compagnies et les chauffeurs à risque.
En plus, par habitude, ils savent, dans mon cas par exemple, que ma compagnie est du Québec et que nous faisons des voyages d'une semaine. À ce point, dans les voyages que l'on qualifierait de loin, nous en serions au début de la sixième journée de route de suite. Pour simplifier, on peut rouler pendant six jours et demi ou sept jours de suite avant d'être "obliger" de prendre une journée d'arrêt. C'est assez compliqué, mais disons qu'en gros, ça ressemble à ça. Tout ça pour dire que l'agent sachant tout ça, il sait qu'il serait peu probable que j'ai dépassé les heures qui me sont alloué. Dans mon cas, à quatre jours par voyage, je suis toujours dans la légalité.
L'agent me dit donc bonjour pendant que le deuxième, qui s'est rendu à la hauteur des roues de ma remorques, me demandent d'activer mes freins, pèse, lâche, pèse, lâche... afin de vérifier leur ajustement et leur fonctionnement. Tout est parfait (c'est comme ça quand tu travailles pour une compagnie respectable), alors on me fait signe d'y aller.
Je me rends donc à Comber, ON. J'y fais le plein de diesel, j'y relave les vitres, et je vais chercher, au Tim voisin, du café et des biscuits (je me suis écoeuré des beignes, et je trouve leurs muffuins trop maigres).
De retour sur la route pour un dernier droit. Comme vingt heures arrivent, je salive (enfin presque) à l'idée de pouvoir capter Espace Musique pour Studio 12 avec Rebecca Makkonen, que j'aprécie énormément. Malheureusement, le temps que l'émission débute, et le signal se perd dans les brumes (il y a un trou entre l'antenne de Windsor et celle de London). Je devrai donc attendre de la visionner à la maison.
À Dutton, ON, un subit appel du trône se fait sentir. J'arrête donc pour le soulager... Je commence à me dire que la journée achève. Je reprends la route pour me rendre finalement à Dorchester, ON, ou le relais nous fournit gratuitement la connexion Internet (c'est ben là sa seule qualité, avec l'espace de stationnement disponible, puisque plus personne n'y va!).
Ça commence sérieusement à sentir la maison (enfin, je le pensais à ce moment!)...
2 août 2010
Un bout de route - En allant vers les vacances - Partie Deux
Journée complètement capotée aujourd’hui. Tout d’abord, un réveil tôt à Belleville. Étant stationné du côté du 10 Acres Truck Stop, je n’ai pas voulu aller voir la belle Diane du côté Ultramar… d’autant plus qu’elle avait peut-être déjà fini à cette heure-là. Je me suis dit que je pouvais bien attendre le prochain Tim Horton’s, soit à la dernière halte avant Toronto, pour le p’tit café du matin.
À mon arrivée, j’étais affamé. C’est long, une heure avec e-rien! Évidemment, après un arrêt assis, je me suis présenté au comptoir… où la file faisait un demi-mile de long! Il y avait une dame au premier guichet qui avait fucké le système. La préposée est même revenue avec une délégation de trois personnes afin de régler le problème. Je ne sais pas quel était le problème, mais ça a paralysé une caisse pendant presque tout le temps que je fus là.
Je me suis payé la grosse gâterie, vu que je vais loin et que ce sera long avant le prochain Tim, un Bagel B.E.L.T.! Miam, sauf probablement pour la santé… Par la suite, de retour sur la route, direction Toronto. Malgré les vacances, la ville était passablement bloquée. J’y ai perdu une bonne heure! Et là-dessus, j’ai bien réussi mon tricotage! Une chance…
Pause diner à Dorchester, à cause d’Internet. Un bon bœuf en cube, délicieux, mais disons que par un concours de circonstance, j’en ai un pour chaque diner de la semaine.
Encore un bout de route et me voici à Comber, ON, là où l’on fait le dernier plein avant de traverser aux États-Unis. L’air de rien, faire le plein avant de traverser la frontière représente une économie de 25 à 35 $ par voyage. Et la même économie si on arrive le plus vide possible ici sur le chemin du retour. Dans le camionnage, il n’y a pas de petite économie.
De retour sur la route… trente minutes plus tard, me voici à Windsor, ON, dont incidemment l’usine de GM, fabriquant des transmissions depuis quatre-vingt-dix ans, fermait ses portes définitivement à la fin de la journée de travail. Triste nouvelle… ils les fabriqueront où les transmissions maintenant? En Chine? C’était la dernière usine de GM à Windsor, qui n’en a plus que quatre au Canada. Peut-être finira-t-on tous en Daewoo?
Toujours est-il que, au devant, le ciel était plutôt menaçant. En montant sur le pont Ambassador, je pouvais voir LE gros nuage noir au dessus du Michigan. De chaque côté du pont, je voyais les effets des coups de vent qui précèdent l’orage. Je me suis dis qu’on en mangerait une câlice dans pas long…
Là aussi il y avait foule. Ça a pris un peu plus d’une heure. L’orage a eu le temps d’arriver… et comment qu’il est arrivé! Une fois dédouané et le pont payé, petit bout en ville afin de rejoindre l’autoroute. L’orage était terminé, mais ses traces étaient bien là. De l’eau accumulée partout! Et les véhicules qui se faisaient une joie de la faire lever! Et les piétons, trempe à lavette… P’tite vie!
Arrêt suivant, à Luna Pier, MI, pour y souper. Salade de macaroni et macaroni aux tomates… je me sentais un peu nouilles! Pensez-y! J’y ai eu toute la misère du monde à réussir à brancher Internet. En fait, ce sont les programmes qui étaient planté en ouvrant! Ben beau la technologie.
Par la suite, direction US-24, ou le petit cochon fait ces temps-ci du canot gonflable! Il en surement eu besoin aujourd’hui. Parlant de la US-24, les travaux doivent achever, car la route est là, et même asphaltée! On a tous hâte, j’en suis sur.
Un petit arrêt cochonnerie à Woodburn, IN. Tentative de communication avec la maison. La maison fait dire que ça ne m’intéresse pas! Peu après, arrêt dodo à Gaston, IN.
Au moment d’écrire ces lignes, Alice Cooper joue à la radio. Voici une sélection parmi sa sélection du jour (en reprise! Après ça, on se demande pourquoi la radio perd des auditeurs) :
Last in line, Deo
Crazy train, Ozzy Osborne
Thunderstruck, AC/DC
Magic carpet ride, Steppenwolf
Nothing for a good time, Poison
Demain, je me rends dans le Mississipi, probablement près de Jackson. M’en restera un bon bout pour le matin de la livraison.
À suivre…
À mon arrivée, j’étais affamé. C’est long, une heure avec e-rien! Évidemment, après un arrêt assis, je me suis présenté au comptoir… où la file faisait un demi-mile de long! Il y avait une dame au premier guichet qui avait fucké le système. La préposée est même revenue avec une délégation de trois personnes afin de régler le problème. Je ne sais pas quel était le problème, mais ça a paralysé une caisse pendant presque tout le temps que je fus là.
Je me suis payé la grosse gâterie, vu que je vais loin et que ce sera long avant le prochain Tim, un Bagel B.E.L.T.! Miam, sauf probablement pour la santé… Par la suite, de retour sur la route, direction Toronto. Malgré les vacances, la ville était passablement bloquée. J’y ai perdu une bonne heure! Et là-dessus, j’ai bien réussi mon tricotage! Une chance…
Pause diner à Dorchester, à cause d’Internet. Un bon bœuf en cube, délicieux, mais disons que par un concours de circonstance, j’en ai un pour chaque diner de la semaine.
Encore un bout de route et me voici à Comber, ON, là où l’on fait le dernier plein avant de traverser aux États-Unis. L’air de rien, faire le plein avant de traverser la frontière représente une économie de 25 à 35 $ par voyage. Et la même économie si on arrive le plus vide possible ici sur le chemin du retour. Dans le camionnage, il n’y a pas de petite économie.
De retour sur la route… trente minutes plus tard, me voici à Windsor, ON, dont incidemment l’usine de GM, fabriquant des transmissions depuis quatre-vingt-dix ans, fermait ses portes définitivement à la fin de la journée de travail. Triste nouvelle… ils les fabriqueront où les transmissions maintenant? En Chine? C’était la dernière usine de GM à Windsor, qui n’en a plus que quatre au Canada. Peut-être finira-t-on tous en Daewoo?
Toujours est-il que, au devant, le ciel était plutôt menaçant. En montant sur le pont Ambassador, je pouvais voir LE gros nuage noir au dessus du Michigan. De chaque côté du pont, je voyais les effets des coups de vent qui précèdent l’orage. Je me suis dis qu’on en mangerait une câlice dans pas long…
Là aussi il y avait foule. Ça a pris un peu plus d’une heure. L’orage a eu le temps d’arriver… et comment qu’il est arrivé! Une fois dédouané et le pont payé, petit bout en ville afin de rejoindre l’autoroute. L’orage était terminé, mais ses traces étaient bien là. De l’eau accumulée partout! Et les véhicules qui se faisaient une joie de la faire lever! Et les piétons, trempe à lavette… P’tite vie!
Arrêt suivant, à Luna Pier, MI, pour y souper. Salade de macaroni et macaroni aux tomates… je me sentais un peu nouilles! Pensez-y! J’y ai eu toute la misère du monde à réussir à brancher Internet. En fait, ce sont les programmes qui étaient planté en ouvrant! Ben beau la technologie.
Par la suite, direction US-24, ou le petit cochon fait ces temps-ci du canot gonflable! Il en surement eu besoin aujourd’hui. Parlant de la US-24, les travaux doivent achever, car la route est là, et même asphaltée! On a tous hâte, j’en suis sur.
Un petit arrêt cochonnerie à Woodburn, IN. Tentative de communication avec la maison. La maison fait dire que ça ne m’intéresse pas! Peu après, arrêt dodo à Gaston, IN.
Au moment d’écrire ces lignes, Alice Cooper joue à la radio. Voici une sélection parmi sa sélection du jour (en reprise! Après ça, on se demande pourquoi la radio perd des auditeurs) :
Last in line, Deo
Crazy train, Ozzy Osborne
Thunderstruck, AC/DC
Magic carpet ride, Steppenwolf
Nothing for a good time, Poison
Demain, je me rends dans le Mississipi, probablement près de Jackson. M’en restera un bon bout pour le matin de la livraison.
À suivre…
25 juillet 2010
Haltes routières
Notez que j'ai écris ce texte hier soir...
Ce soir, je suis tout simplement épaté! Je viens tout juste de visiter, pour la première fois, la nouvelle halte routière de Rigaud, au Québec. C’est ma première visite dans une nouvelle halte de nouvelle génération. Une halte PPP (Partenariat Public Privé).
Petite parenthèse : lors de l’élection du gouvernement Charest, le mot d’ordre du jour a été pendant un temps PPP. Tout au PPP. Les méga-hôpitaux (d’ailleurs, pourquoi LES?) : en PPP. L’autoroute 30 (la voie de contournement tant attendu de Montréal) : en PPP. Le pont de l’autoroute 25 : en PPP. Les haltes routières? Ben, en PPP, voyons… Malgré qu’autant d’études et de tentatives dans d’autres pays en disent du bien comme du mal, malgré l’opposition de pas mal de gens, le gouvernement n’en avait rien à cirer! Ce sera des PPP, on l’apprendra plus tard (donc récemment), afin de remercier les ti-n’amis du parti Libéral. Fin de la parenthèse.
Moi le premier, je ne pouvais pas concevoir qu’une halte routière soit commercialisée à outrance. On nous sorti que « le Québec fait tellement pitié à côté de ses voisins ». Ah oui? Outre l’Ontario, aucune juridiction en Amérique (si vous en connaissez, nommez-les moi!) n’a de haltes routières commerciales, exception faite des autoroutes à péage. Ah ha… J’ai en mémoire les cabanes de briques blanches de l’état de New York, les toilettes sèches sur la US-24 en Ohio, les toilettes « dehors » du Texas, où la température frise le zéro Celsius en janvier, les haltes « stationnement » du Mississipi, avec pas d’service, les non-haltes du nord de l’Ontario (quelqu’un les auraient aperçu?), les haltes sans téléphone de l’Arkansas, et surtout, comble du boutte d’la marde, les haltes sans eau chaude de l’Ontario!!! Quelle année don? Ha, 2010… hé ben, par che nous, je m’attends à avoir deux champlures : l’eau chaude, l’eau frette, comme disait l’autre! Québec, faire pitié? Seulement pour les sempiternels détracteurs à outrance du Québec… On ne voit que ce qu’on veut voir. C’est pareil, je l’ai vérifié, pour l’état des routes.
Récemment, tout heureux d’être content, je m’étais arrêter à la halte de Dutton en Ontario, celle vers le kilomètre 150, direction est. J’étais persuadé qu’un bon café de l’oncle Tim m’y attendrait, tout chaud et jeté dans l’drain aux vingt minutes, comme dit la publicité. Ben quin, je fûs plutôt accueilli par un gardien de sécurité (c’est rassurant!) ainsi que ben des panneaux de contre-plaqué devant les futures commerces. Bon, belle affaire! Comme ça pressait, je me suis rendu sur le bol, afin de… bon, vous comprenez? Après mon petit besoin, je ressens la nécessité de me laver les mains. Va pour le lavage de mains : tout est automatisé, maudite peur des microbes! Et pour le séchage? Ouf, voyage au pays de Star Trek!!! Le machin que j’avais d’abord pris pour un siège de bébé (vous savez, du genre de ceux qu’on retrouve parfois dans la toilette, afin de déposer bébé et de l’attaché bien solide pendant qu’on se soulage l’intestin dans les cris et la douleur, en prenant bien son temps parce que bébé est en sécurité, et peut-être en train de faire la même chose? Bon, ce modèle-là…), ben il s’agit en fait du sèche-main!!! Automatisé bien sur lui aussi. Alors là, première question : par quel bout sortira l’air? Deuxième question : on fait comment pour le faire démarrer? Troisième question : est-ce que ça va vraiment sécher, ou seulement repousser l’eau, comme les espèces de turbines d’avions qui font plus de bruit que de séchage réel?
Une petite enquête sur le dessus de l’appareil m’indique que je dois me foutre la main dans la craque, en espérant que ça ne se refermera pas sur moi (ouch!), et effectuer un mouvement de va et viens! Sans blague! Je ne suis vraiment pas rassuré. Mais pris d’une audace que je ne me connais pas, je me crisse les mains dedans, et je vais et je viens, comme le dis la chanson! Tiens, ça me coupe d’une ligne d’air projeté en lame. Au moins, l’air se réchauffe très rapidement. Mon verdict : au moins, ça sèche, mais c’est vraiment louche! J’imagine qu’on pourra rigoler en regardant les ti-nouveaux qui ne sauront pas trop comment faire fonctionner l’objet… ou les suivre à la trace d’eau sur le plancher!
Tout ça pour dire que je me suis dit ce soir qu’un dodo à la halte de Rigaud adonnerait bien dans mon horaire. J’avais aussi la promesse d’une connexion à Internet. Je dois faire mon deuil de la connexion, et vous de la publication de ce billet (bon, si vous le lisez, c’est que j’ai ben dû réussir à le publier, mais vous me comprenez surement!).
Besoin aidant, je me suis rendu à l’intérieur. Au moins, le Couche-Tard, le Saint-Hubert et le Valentine, trois chaines typiquement québécoises, sont toutes grandes ouvertes. Même chose pour le kiosque d’information touristique. Seulement le Couche-Tard pour la nuit, mais c’est au moins ça. Et c’est la même chose, pour être passé devant, pour la halte routière de Rivière-Beaudette. Dire qu’au printemps, les vieilles haltes étaient encore ouvertes! Par comparaison, l’Ontario qui s’était tellement mieux planifier a fermé toutes ses haltes une après l’autre, et maintenant, seulement trois sont ouvertes! Et comme raconté plus haut, juste pour se soulager le besoin. Y sont tellement mieux en Ontario! Certaines haltes auront été fermées pendant trois ans!!!
Là où j’ai vraiment trouvé ça très bien, c’est que le bâtiment à été baptisé Olivier Guimond, un de nos plus grand comédien et comique (on ne disait pas encore humoriste à l’époque)! Ce que je ne savais pas, c’est qu’il est natif de Pointe-Fortune, un petit village tout près d’ici, célèbre pour son traversier-barque. Et sur le mur du long couloir central, un grand panneau de photos d’archives, incluant la célèbre (et pissante) scène du Bye-bye ’70 (on pourrait dire : dans l’temps que c’était vraiment bon!) sur la Crise d’Octobre. Du bonbon pour qui s’intéresse à la culture populaire québécoise.
Dans l’ensemble, la halte est très bien pensée. Des stationnements pour les camions, pour les badabagos (plus court) et autobus, et bien sur les automobiles. De l’essence. Des toilettes, lavabos et savonnettes automatisés, qui fonctionnent encore pour l’instant! Des sèche-mains à turbines d’avion presque silencieux (serait-ce l’usure qui les rend si bruyants?)! Le Couche-Tard semble complet, bien que ce soit relatif (n’y chercher pas une pinte d’huile à moteur ou du liquide de refroidissement…). Le Saint-Hubert Express et le Valentine ont de la place en masse pour s’y assoir. Et la boutique touristique, géante, complète et bien garnie.
Vraiment, une belle réussite! Vivement que je visite les six autres… N’y manque qu’Internet, du moins pour celle-ci.
Ce soir, je suis tout simplement épaté! Je viens tout juste de visiter, pour la première fois, la nouvelle halte routière de Rigaud, au Québec. C’est ma première visite dans une nouvelle halte de nouvelle génération. Une halte PPP (Partenariat Public Privé).
Petite parenthèse : lors de l’élection du gouvernement Charest, le mot d’ordre du jour a été pendant un temps PPP. Tout au PPP. Les méga-hôpitaux (d’ailleurs, pourquoi LES?) : en PPP. L’autoroute 30 (la voie de contournement tant attendu de Montréal) : en PPP. Le pont de l’autoroute 25 : en PPP. Les haltes routières? Ben, en PPP, voyons… Malgré qu’autant d’études et de tentatives dans d’autres pays en disent du bien comme du mal, malgré l’opposition de pas mal de gens, le gouvernement n’en avait rien à cirer! Ce sera des PPP, on l’apprendra plus tard (donc récemment), afin de remercier les ti-n’amis du parti Libéral. Fin de la parenthèse.
Moi le premier, je ne pouvais pas concevoir qu’une halte routière soit commercialisée à outrance. On nous sorti que « le Québec fait tellement pitié à côté de ses voisins ». Ah oui? Outre l’Ontario, aucune juridiction en Amérique (si vous en connaissez, nommez-les moi!) n’a de haltes routières commerciales, exception faite des autoroutes à péage. Ah ha… J’ai en mémoire les cabanes de briques blanches de l’état de New York, les toilettes sèches sur la US-24 en Ohio, les toilettes « dehors » du Texas, où la température frise le zéro Celsius en janvier, les haltes « stationnement » du Mississipi, avec pas d’service, les non-haltes du nord de l’Ontario (quelqu’un les auraient aperçu?), les haltes sans téléphone de l’Arkansas, et surtout, comble du boutte d’la marde, les haltes sans eau chaude de l’Ontario!!! Quelle année don? Ha, 2010… hé ben, par che nous, je m’attends à avoir deux champlures : l’eau chaude, l’eau frette, comme disait l’autre! Québec, faire pitié? Seulement pour les sempiternels détracteurs à outrance du Québec… On ne voit que ce qu’on veut voir. C’est pareil, je l’ai vérifié, pour l’état des routes.
Récemment, tout heureux d’être content, je m’étais arrêter à la halte de Dutton en Ontario, celle vers le kilomètre 150, direction est. J’étais persuadé qu’un bon café de l’oncle Tim m’y attendrait, tout chaud et jeté dans l’drain aux vingt minutes, comme dit la publicité. Ben quin, je fûs plutôt accueilli par un gardien de sécurité (c’est rassurant!) ainsi que ben des panneaux de contre-plaqué devant les futures commerces. Bon, belle affaire! Comme ça pressait, je me suis rendu sur le bol, afin de… bon, vous comprenez? Après mon petit besoin, je ressens la nécessité de me laver les mains. Va pour le lavage de mains : tout est automatisé, maudite peur des microbes! Et pour le séchage? Ouf, voyage au pays de Star Trek!!! Le machin que j’avais d’abord pris pour un siège de bébé (vous savez, du genre de ceux qu’on retrouve parfois dans la toilette, afin de déposer bébé et de l’attaché bien solide pendant qu’on se soulage l’intestin dans les cris et la douleur, en prenant bien son temps parce que bébé est en sécurité, et peut-être en train de faire la même chose? Bon, ce modèle-là…), ben il s’agit en fait du sèche-main!!! Automatisé bien sur lui aussi. Alors là, première question : par quel bout sortira l’air? Deuxième question : on fait comment pour le faire démarrer? Troisième question : est-ce que ça va vraiment sécher, ou seulement repousser l’eau, comme les espèces de turbines d’avions qui font plus de bruit que de séchage réel?
Une petite enquête sur le dessus de l’appareil m’indique que je dois me foutre la main dans la craque, en espérant que ça ne se refermera pas sur moi (ouch!), et effectuer un mouvement de va et viens! Sans blague! Je ne suis vraiment pas rassuré. Mais pris d’une audace que je ne me connais pas, je me crisse les mains dedans, et je vais et je viens, comme le dis la chanson! Tiens, ça me coupe d’une ligne d’air projeté en lame. Au moins, l’air se réchauffe très rapidement. Mon verdict : au moins, ça sèche, mais c’est vraiment louche! J’imagine qu’on pourra rigoler en regardant les ti-nouveaux qui ne sauront pas trop comment faire fonctionner l’objet… ou les suivre à la trace d’eau sur le plancher!
Tout ça pour dire que je me suis dit ce soir qu’un dodo à la halte de Rigaud adonnerait bien dans mon horaire. J’avais aussi la promesse d’une connexion à Internet. Je dois faire mon deuil de la connexion, et vous de la publication de ce billet (bon, si vous le lisez, c’est que j’ai ben dû réussir à le publier, mais vous me comprenez surement!).
Besoin aidant, je me suis rendu à l’intérieur. Au moins, le Couche-Tard, le Saint-Hubert et le Valentine, trois chaines typiquement québécoises, sont toutes grandes ouvertes. Même chose pour le kiosque d’information touristique. Seulement le Couche-Tard pour la nuit, mais c’est au moins ça. Et c’est la même chose, pour être passé devant, pour la halte routière de Rivière-Beaudette. Dire qu’au printemps, les vieilles haltes étaient encore ouvertes! Par comparaison, l’Ontario qui s’était tellement mieux planifier a fermé toutes ses haltes une après l’autre, et maintenant, seulement trois sont ouvertes! Et comme raconté plus haut, juste pour se soulager le besoin. Y sont tellement mieux en Ontario! Certaines haltes auront été fermées pendant trois ans!!!
Là où j’ai vraiment trouvé ça très bien, c’est que le bâtiment à été baptisé Olivier Guimond, un de nos plus grand comédien et comique (on ne disait pas encore humoriste à l’époque)! Ce que je ne savais pas, c’est qu’il est natif de Pointe-Fortune, un petit village tout près d’ici, célèbre pour son traversier-barque. Et sur le mur du long couloir central, un grand panneau de photos d’archives, incluant la célèbre (et pissante) scène du Bye-bye ’70 (on pourrait dire : dans l’temps que c’était vraiment bon!) sur la Crise d’Octobre. Du bonbon pour qui s’intéresse à la culture populaire québécoise.
Dans l’ensemble, la halte est très bien pensée. Des stationnements pour les camions, pour les badabagos (plus court) et autobus, et bien sur les automobiles. De l’essence. Des toilettes, lavabos et savonnettes automatisés, qui fonctionnent encore pour l’instant! Des sèche-mains à turbines d’avion presque silencieux (serait-ce l’usure qui les rend si bruyants?)! Le Couche-Tard semble complet, bien que ce soit relatif (n’y chercher pas une pinte d’huile à moteur ou du liquide de refroidissement…). Le Saint-Hubert Express et le Valentine ont de la place en masse pour s’y assoir. Et la boutique touristique, géante, complète et bien garnie.
Vraiment, une belle réussite! Vivement que je visite les six autres… N’y manque qu’Internet, du moins pour celle-ci.
11 février 2010
On roule aux z'États - Chaptire Tertiaire
Comme il n’y a que peu de camions, on dirait que les douaniers se permettent d’être plus suspicieux. Du temps où j’avais l’air d’un tueur, je n’ai pas eu vraiment de démêlé avec la douane… On aurait dit que cette fois, c’était mon tour! Décidément… Rien de bien sérieux, mais lorsque tu es habitué à te faire envoyer la main, la moindre question te fait sentir drôle! Peut-être est-ce dû au fait qu’ils n’ont eu les papiers qu’une heure à l’avance, contrairement à l’habituel « environ une journée »… Je finis quand même par avoir mon OK. Je reprends donc la route.
Fidèle à leur habitude, comme la météo annonce une possibilité de neige, pluie ou verglas, les états-uniens ne roulent pas très vite. Ils ont peur d’avoir peur, aurait dit mon père! Le Michigan, avec à peine une micro-neige, se traverse très bien. Arrive Toledo, OH. Je prends donc la voie de contournement pour aller prendre la US-24. Cette route est un genre de raccourci. Maintenant que l’autoroute est ouverte sur une plus longue partie, on peut même y sauver du temps (parce qu’avant, on sauvait de la distance, mais je ne crois pas que l’économie se transformait en temps). En tout cas, ceux qui « logguent au mile » (plutôt qu’en temps réel, comme il faut le faire) aimaient bien passer par là.
Toujours est-il que, sur ladite US-24, là, l’hiver se montre la binette. La neige tombe allègrement, et le vent de l’ouest pousse très fort contre mon camion. Mais, comme je suis chargé en papier, à près de 80 000 lbs (le maximum légal aux États-Unis), et que j’ai déjà vu neigé (c’est le cas de le dire), je suis confiant. La chaussé d’ailleurs n’est pas gelée, seulement mouillée. Il y a aussi de moins en moins de véhicules sur la route, ce qui dans les fait nous facilite la tâche, nous qui n’avons pas vraiment le choix de poursuivre notre route.
Arrivé à Fort Wayne, IN, je prends donc la voie de contournement pour aller rejoindre la I-69 qui m’amènera à Indianapolis. Là, même le saguenéen qualifie la situation de vraie tempête! Le vent, qui sur la US-24 était contre moi, moi allant vers l’ouest et le vent arrivant de l’ouest, me pousse maintenant de la droite vers la gauche, moi qui roule maintenant vers le sud. Et il pousse… La chaussé est maintenant plus glissante, mais pas encore dangereuse, à ce moment du moins.
Parce qu’un peu plus loin, ça se gâte. Encore! Après avoir vu un camion du côté nord de l’autoroute qui avait été poussé dans le fossé, et la circulation, pour le peu qu’il y avait sur mon côté, qui ralentit pour sentir, il y avait au loin au même moment sur notre côté des lumières de police qui clignotent dans l’accotement. Il y avait donc assurément un problème à cet endroit. En quelques minutes, nous y étions. Une automobile, ayant probablement dérapée et frappée le muret du pont, était immobilisée sur l’accotement. Le pont étant au bas d’une côte, et les gens ayant si peur de passer à vitesse raisonnable à côté d’une auto-patrouille qui clignote, tous faisaient un quasi-arrêt pour, encore-là, sentir la situation. Circulationnez, je vous pris… parce que sur la glace, ce n’est pas la vitesse qui pose danger, mais le besoin de freiner ou de changer de direction brusquement. Il faut d’ailleurs voir aller les camions de bois en longueur sur les monts Valin en hiver pour comprendre… et voir les traces lorsque l’un d’entre eux manque sa courbe! 120 000 lbs, ça va ben loin, même si il n’y a plus de chemin! Donc, en m’approchant de la côte à descendre, je tente tant bien que mal de ralentir au même rythme que le camion qui me précède, qui lui doit faire la même chose par rapport à l’automobile devant lui, qui ralentit beaucoup trop pour rien. Mais comme je dis toujours, moi je connais mon poids, l’état de mes pneus (très bon pour l’hiver), et mes capacités. Les américains, autant les automobilistes que les camionneurs (une bonne partie d’entre eux), sont trop souvent mal chaussé (leur véhicule!), mal préparé et ils conduisent avec la peur. Pas pour rien que dès que la météo annonce une mince possibilité de tempête, que dis-je, une simple chute de neige, tous restent à la maison et toute activité de loisirs est annulée, et souvent des chaines de montage sont fermées, devant la possibilité d’un fort taux d’absentéisme. Loin d’être comme ça chez nous.
Toujours est-il que la remorque du camion devant moi se met à valser allègrement de gauche à droite (et vice versa, ben évidemment!)! Je constaterai un peu plus tard qu’il s’agit d’une compagnie de messagerie, alors même chargé, il devait être très léger. En le voyant valser, j’ai donc ralentit encore plus, en surveillant ma remorque minutieusement, mais étant très lourd, elle ne broncha pas au début. Mais elle a eu un petit dandinement par la suite. Tout en manœuvrant, je constatais à ce moment que la chaussée était maintenant glacée comme une patinoire. C’est toujours le cas en zone d’accident où la circulation est ralentie. Les véhicules ne créant plus suffisamment de chaleur par leur vitesse, l’eau a le temps de geler complètement. Quelques kilomètres plus loin, la circulation reprenant un peu de vitesse, la chaussée redevint mouillée… mais le vent ne diminua pas d’intensité.
En approchant d’Indianapolis, la circulation s’alourdit, et la température s’améliora légèrement. Prenant l’I-70 vers l’ouest, il ne restait plus qu’une neige légère, nous laissant une chaussée mouillée. Comme mon niveau d’émotion était à son comble, j’ai décidé de campé à Little Point, IN pour la nuit. J’étais plus confiant de trouver un stationnement là qu’à la halte routière de Mooresville ou au relais TA de Clayton, spécialement un soir de tempête.
Comme il me restait passablement de kilomètres avant d’arriver à destination, et qu’en plus de livrer à une heure imprécise en début d’après-midi me déboussole complètement, j’ai fait une courte nuit. Et la plupart du temps, la tempête a le temps de passer (et les déneigeuses aussi) pendant le divin repos.
Mardi, journée de la livraison. Je me réveille aux petites heures. À cinq heures, je suis sur la route, avec un bon café. La journée s’annonce bien. Comme je ne le sais pas encore, je me demande bien où j’aurai à recharger ce soir, ce qui justifie ma livraison en après-midi. Je ne peux parler pour les autres compagnies, mais chez TJB, c’est très exceptionnel de livrer autrement que l’avant-midi. Et encore, ce n’est que depuis que nous faisons beaucoup de transport de rouleaux de papier que nous livrons autrement qu’à sept ou huit heures. J’ai beau chercher dans ma mémoire, je ne vois pas où je pourrais bien aller. Je pense au client de la grotte (en fait, ils ont transformé une ancienne mine en entrepôt semi-réfrigéré naturelle), mais j’y étais allé de jour.
La tempête est effectivement terminée. La route demeure plutôt glacée, mais dégagée et sécuritaire. Et surtout, déserte! Et moi, j’étais très bien reposé, malgré la courte nuit. Dormeur, mon premier répartiteur dans mon premier travail (en fait, j’en avais plusieurs, mais celui-là valait quelque chose, ce qui n’était pas le cas de tous! He-hum!), m’avait déjà dit, parce qu’on était jeune et fou, et que c’était une compagnie de panique, m’avait dit, donc : « Dormez les gars. Pas longtemps si il faut, mais dormez! » Bon, venant d’un gars qui se faisait appelez Dormeur du temps où il conduisait, on avait pris ça pour la Bible!
Vers sept heures trente, le téléphone sonne : ma fille. Sarah me raconte qu’à la maison, la pluie a finalement tourné à la neige. Il était temps, c’est quand même janvier! Il y a toujours un redoux en janvier, mais de là à avoir une semaine de pluie… Elle me demande ensuite où j’en suis rendu. Pour l’anecdote, Sarah a deux questions préférées : 1- Qu’est-ce que tu fais? 2- T’es rendu où? J’ai beau répondre à chaque fois que je conduis mon camion, elle me redemande toujours ce que je fais dans mon travail! Et elle me demande où je suis rendu même si parfois elle me l’a demandé dix minutes avant. Alors je réponds que je suis quelques kilomètres plus loin que tout à l’heure.
Elle me demande ensuite le temps qu’il fait en Indiana. Je lui dis que la tempête est passé pendant que je dormais, parce qu’il était plus sécuritaire de m’arrêter pour dormir que de continuer à rouler fatigué. Et c’est là qu’elle m’a dit, dans une maturité que je ne lui connaissais pas encore : sois prudent et fait attention, papa! Petite émotion dans mon cœur de papa. C’est la première fois qu’elle se préoccupe des conditions routières dans lesquelles j’évolue.
Ensuite, je parle avec Caro. Je lui raconte ce que Sarah m’a dit, et que ça me surprend un peu. Elle me répond qu’à la télévision, ils ont beaucoup parlé de la température (du verglas à Montréal ce jour-là) et qu’il fallait être prudent en voiture. Ah, ceci explique cela, mais je suis quand même fier de voir que ma fille a fait tous les liens qu’il faut! Caro me dit ensuite qu’il pleut encore plus que la fois où le locataire avait téléphoné en panique vers cinq heures au petit matin disant que la chute du Niagara coulait dans son salon! Bon, à peine était-ce les chutes Wilson. N’empêche, cela signifie que mes réparations de la toiture fait l’automne dernier ont été bien faites. Satisfaction du devoir accompli pour le propriétaire qui apprend sur le tas. J’avais bien « tout déjà fait ça » avec mon père à la maison familial de Jonquière, mais la technologie d’une maison du début des années ’70 et une maison de près de 150 ans, c’est loin de se ressembler! Bravo à Caro qui a lutté contre la glace qui cherche à s’accumuler dans le coin, au point qu’elle s’est auto-ensevelie, tellement que le gars de RÉGIM (la cueillette du recyclage) qui passait au même moment est accourue pour la sauver! Voyant qu’elle riait aux éclats, il lui a même demandé s’il pouvait en rire lui aussi… Plus de peur que de mal avec nos joies de l’hiver!
Vers huit heures, j’envoie un message à Jean-Pierre afin qu’il sache que je suis toujours vivant. Je lui annonce que je devrais arriver vers quatorze heures. Arrive ensuite le Missouri, où la température est pareille comme en été. C’est fou ce que le Mississipi (la rivière) peut changer le climat entre un côté et l’autre. Comme notre fleuve en fait. Par contre, le Missouri est très montagneux, et vu mon voyage de rouleaux de papiers et mon tant aimé Mercedes, je peine à avancer sur l’autoroute.
Presque rendu à destination, voilà Lori qui me cherche. Je lui réponds qu’il m’en reste pour une trentaine de minutes. Je suis de plus en plus curieux à savoir où je vais me ramasser pour mon chargement de retour. Je le saurai bientôt. Mon client est du côté sud-ouest de la ville. Je prends donc la US-65 vers le sud, plus la US-60 vers l’ouest. De la sortie, je suis presque rendu dans le parc industriel où mon client est situé.
Fidèle à leur habitude, comme la météo annonce une possibilité de neige, pluie ou verglas, les états-uniens ne roulent pas très vite. Ils ont peur d’avoir peur, aurait dit mon père! Le Michigan, avec à peine une micro-neige, se traverse très bien. Arrive Toledo, OH. Je prends donc la voie de contournement pour aller prendre la US-24. Cette route est un genre de raccourci. Maintenant que l’autoroute est ouverte sur une plus longue partie, on peut même y sauver du temps (parce qu’avant, on sauvait de la distance, mais je ne crois pas que l’économie se transformait en temps). En tout cas, ceux qui « logguent au mile » (plutôt qu’en temps réel, comme il faut le faire) aimaient bien passer par là.
Toujours est-il que, sur ladite US-24, là, l’hiver se montre la binette. La neige tombe allègrement, et le vent de l’ouest pousse très fort contre mon camion. Mais, comme je suis chargé en papier, à près de 80 000 lbs (le maximum légal aux États-Unis), et que j’ai déjà vu neigé (c’est le cas de le dire), je suis confiant. La chaussé d’ailleurs n’est pas gelée, seulement mouillée. Il y a aussi de moins en moins de véhicules sur la route, ce qui dans les fait nous facilite la tâche, nous qui n’avons pas vraiment le choix de poursuivre notre route.
Arrivé à Fort Wayne, IN, je prends donc la voie de contournement pour aller rejoindre la I-69 qui m’amènera à Indianapolis. Là, même le saguenéen qualifie la situation de vraie tempête! Le vent, qui sur la US-24 était contre moi, moi allant vers l’ouest et le vent arrivant de l’ouest, me pousse maintenant de la droite vers la gauche, moi qui roule maintenant vers le sud. Et il pousse… La chaussé est maintenant plus glissante, mais pas encore dangereuse, à ce moment du moins.
Parce qu’un peu plus loin, ça se gâte. Encore! Après avoir vu un camion du côté nord de l’autoroute qui avait été poussé dans le fossé, et la circulation, pour le peu qu’il y avait sur mon côté, qui ralentit pour sentir, il y avait au loin au même moment sur notre côté des lumières de police qui clignotent dans l’accotement. Il y avait donc assurément un problème à cet endroit. En quelques minutes, nous y étions. Une automobile, ayant probablement dérapée et frappée le muret du pont, était immobilisée sur l’accotement. Le pont étant au bas d’une côte, et les gens ayant si peur de passer à vitesse raisonnable à côté d’une auto-patrouille qui clignote, tous faisaient un quasi-arrêt pour, encore-là, sentir la situation. Circulationnez, je vous pris… parce que sur la glace, ce n’est pas la vitesse qui pose danger, mais le besoin de freiner ou de changer de direction brusquement. Il faut d’ailleurs voir aller les camions de bois en longueur sur les monts Valin en hiver pour comprendre… et voir les traces lorsque l’un d’entre eux manque sa courbe! 120 000 lbs, ça va ben loin, même si il n’y a plus de chemin! Donc, en m’approchant de la côte à descendre, je tente tant bien que mal de ralentir au même rythme que le camion qui me précède, qui lui doit faire la même chose par rapport à l’automobile devant lui, qui ralentit beaucoup trop pour rien. Mais comme je dis toujours, moi je connais mon poids, l’état de mes pneus (très bon pour l’hiver), et mes capacités. Les américains, autant les automobilistes que les camionneurs (une bonne partie d’entre eux), sont trop souvent mal chaussé (leur véhicule!), mal préparé et ils conduisent avec la peur. Pas pour rien que dès que la météo annonce une mince possibilité de tempête, que dis-je, une simple chute de neige, tous restent à la maison et toute activité de loisirs est annulée, et souvent des chaines de montage sont fermées, devant la possibilité d’un fort taux d’absentéisme. Loin d’être comme ça chez nous.
Toujours est-il que la remorque du camion devant moi se met à valser allègrement de gauche à droite (et vice versa, ben évidemment!)! Je constaterai un peu plus tard qu’il s’agit d’une compagnie de messagerie, alors même chargé, il devait être très léger. En le voyant valser, j’ai donc ralentit encore plus, en surveillant ma remorque minutieusement, mais étant très lourd, elle ne broncha pas au début. Mais elle a eu un petit dandinement par la suite. Tout en manœuvrant, je constatais à ce moment que la chaussée était maintenant glacée comme une patinoire. C’est toujours le cas en zone d’accident où la circulation est ralentie. Les véhicules ne créant plus suffisamment de chaleur par leur vitesse, l’eau a le temps de geler complètement. Quelques kilomètres plus loin, la circulation reprenant un peu de vitesse, la chaussée redevint mouillée… mais le vent ne diminua pas d’intensité.
En approchant d’Indianapolis, la circulation s’alourdit, et la température s’améliora légèrement. Prenant l’I-70 vers l’ouest, il ne restait plus qu’une neige légère, nous laissant une chaussée mouillée. Comme mon niveau d’émotion était à son comble, j’ai décidé de campé à Little Point, IN pour la nuit. J’étais plus confiant de trouver un stationnement là qu’à la halte routière de Mooresville ou au relais TA de Clayton, spécialement un soir de tempête.
Comme il me restait passablement de kilomètres avant d’arriver à destination, et qu’en plus de livrer à une heure imprécise en début d’après-midi me déboussole complètement, j’ai fait une courte nuit. Et la plupart du temps, la tempête a le temps de passer (et les déneigeuses aussi) pendant le divin repos.
Mardi, journée de la livraison. Je me réveille aux petites heures. À cinq heures, je suis sur la route, avec un bon café. La journée s’annonce bien. Comme je ne le sais pas encore, je me demande bien où j’aurai à recharger ce soir, ce qui justifie ma livraison en après-midi. Je ne peux parler pour les autres compagnies, mais chez TJB, c’est très exceptionnel de livrer autrement que l’avant-midi. Et encore, ce n’est que depuis que nous faisons beaucoup de transport de rouleaux de papier que nous livrons autrement qu’à sept ou huit heures. J’ai beau chercher dans ma mémoire, je ne vois pas où je pourrais bien aller. Je pense au client de la grotte (en fait, ils ont transformé une ancienne mine en entrepôt semi-réfrigéré naturelle), mais j’y étais allé de jour.
La tempête est effectivement terminée. La route demeure plutôt glacée, mais dégagée et sécuritaire. Et surtout, déserte! Et moi, j’étais très bien reposé, malgré la courte nuit. Dormeur, mon premier répartiteur dans mon premier travail (en fait, j’en avais plusieurs, mais celui-là valait quelque chose, ce qui n’était pas le cas de tous! He-hum!), m’avait déjà dit, parce qu’on était jeune et fou, et que c’était une compagnie de panique, m’avait dit, donc : « Dormez les gars. Pas longtemps si il faut, mais dormez! » Bon, venant d’un gars qui se faisait appelez Dormeur du temps où il conduisait, on avait pris ça pour la Bible!
Vers sept heures trente, le téléphone sonne : ma fille. Sarah me raconte qu’à la maison, la pluie a finalement tourné à la neige. Il était temps, c’est quand même janvier! Il y a toujours un redoux en janvier, mais de là à avoir une semaine de pluie… Elle me demande ensuite où j’en suis rendu. Pour l’anecdote, Sarah a deux questions préférées : 1- Qu’est-ce que tu fais? 2- T’es rendu où? J’ai beau répondre à chaque fois que je conduis mon camion, elle me redemande toujours ce que je fais dans mon travail! Et elle me demande où je suis rendu même si parfois elle me l’a demandé dix minutes avant. Alors je réponds que je suis quelques kilomètres plus loin que tout à l’heure.
Elle me demande ensuite le temps qu’il fait en Indiana. Je lui dis que la tempête est passé pendant que je dormais, parce qu’il était plus sécuritaire de m’arrêter pour dormir que de continuer à rouler fatigué. Et c’est là qu’elle m’a dit, dans une maturité que je ne lui connaissais pas encore : sois prudent et fait attention, papa! Petite émotion dans mon cœur de papa. C’est la première fois qu’elle se préoccupe des conditions routières dans lesquelles j’évolue.
Ensuite, je parle avec Caro. Je lui raconte ce que Sarah m’a dit, et que ça me surprend un peu. Elle me répond qu’à la télévision, ils ont beaucoup parlé de la température (du verglas à Montréal ce jour-là) et qu’il fallait être prudent en voiture. Ah, ceci explique cela, mais je suis quand même fier de voir que ma fille a fait tous les liens qu’il faut! Caro me dit ensuite qu’il pleut encore plus que la fois où le locataire avait téléphoné en panique vers cinq heures au petit matin disant que la chute du Niagara coulait dans son salon! Bon, à peine était-ce les chutes Wilson. N’empêche, cela signifie que mes réparations de la toiture fait l’automne dernier ont été bien faites. Satisfaction du devoir accompli pour le propriétaire qui apprend sur le tas. J’avais bien « tout déjà fait ça » avec mon père à la maison familial de Jonquière, mais la technologie d’une maison du début des années ’70 et une maison de près de 150 ans, c’est loin de se ressembler! Bravo à Caro qui a lutté contre la glace qui cherche à s’accumuler dans le coin, au point qu’elle s’est auto-ensevelie, tellement que le gars de RÉGIM (la cueillette du recyclage) qui passait au même moment est accourue pour la sauver! Voyant qu’elle riait aux éclats, il lui a même demandé s’il pouvait en rire lui aussi… Plus de peur que de mal avec nos joies de l’hiver!
Vers huit heures, j’envoie un message à Jean-Pierre afin qu’il sache que je suis toujours vivant. Je lui annonce que je devrais arriver vers quatorze heures. Arrive ensuite le Missouri, où la température est pareille comme en été. C’est fou ce que le Mississipi (la rivière) peut changer le climat entre un côté et l’autre. Comme notre fleuve en fait. Par contre, le Missouri est très montagneux, et vu mon voyage de rouleaux de papiers et mon tant aimé Mercedes, je peine à avancer sur l’autoroute.
Presque rendu à destination, voilà Lori qui me cherche. Je lui réponds qu’il m’en reste pour une trentaine de minutes. Je suis de plus en plus curieux à savoir où je vais me ramasser pour mon chargement de retour. Je le saurai bientôt. Mon client est du côté sud-ouest de la ville. Je prends donc la US-65 vers le sud, plus la US-60 vers l’ouest. De la sortie, je suis presque rendu dans le parc industriel où mon client est situé.
On part - Chapitre Second
Qui dit Grand Rapids, dit douane de Port Huron. Probablement que nous commençons à y être connu, car c’est moins compliquer qu’avant d’y traverser. Avant, c’était quasi automatique qu’on allait à la fouille au rayon X! Ou la dernière fois, le douanier me demande où je vais. Je lui réponds par l’état, comme depuis toujours, donc au Michigan. Il me dit : nous sommes au Michigan et tu n’es pas rendu, donc, où vas-tu? J’ai donc dû lui sortir la ville de ma non-mémoire!
Arrivé chez mon client, je constate que c’est gros. Même très gros. J’oserais dire gros en tabarnak! C’est un centre de distribution pour une chaine de grande surface que je n’avais jamais vu avant. Et à voir les entrepôts (il y en a plusieurs, réfrigérés ou non), il doit y avoir plusieurs magasins… À la guérite, on demande d’avoir notre numéro de P.O. en main en arrivant. Je regarde rapidement, puis je donne les factures au gardien. Après tout, il doit savoir d’instinct où le trouver! Pas toujours… Il me demande ce que j’amène. Des gros rouleaux de papier. Genre pour l’imprimerie, qu’il me dit? En plein dans l’mille! Ah, c’est pour ça que je n’ai pas de numéro de P.O.! On prend des notes pour la prochaine fois…
Il me donne la carte et les directions pour retrouver l’imprimerie. Hé ben, cette chaine imprime elle-même ses circulaires! Ça c’est être visionnaire et créateur d’emploi! Bien sur, il faut être mauditement gros pour que ce soit rentable!
Pour le retour, je me rends dans le village très ancien de Vicksburg, au sud de l’état. J’y ramasse un genre de farine… ou une poudre quelquonque! Puis, de retour sur la route en direction d’un mini-congé de quelques heures afin de reprendre un peu du temps perdu en congé de maladie. Et aussi de profiter de la manne qui passe.
Comme d’habitude lorsque je crois que je pourrai être rentré tôt, j’arrive tout juste à temps pour souper! J’ai encore ben de la misère à prédire mon temps de travail! Je dois laisser ma remorque à notre cours de Lachine, et mon camion pour la soirée aussi. Ma prochaine remorque est à Saint-Chrysostome.
Caro offre que nous allions souper au SunK à Châteauguay. Excellent restaurant chinois. Oubliez les buffets d’un kilomètre de long avec plus de non-chinois que de chinois. Il y a là un buffet raisonnable (assez de variété pour faire deux bonnes assiettes de cochon sans se répéter), mais surtout, délicieux. C’est là que j’ai découvert que la soupe Won Ton, ce n’est pas seulement pour bourrer la panse afin que le client ne pige moins dans le buffet : ça peut aussi être bon!
Le décor est très chinois, on pourrait probablement dire kitsch. Il n’a pas changé depuis des lunes. Et la propriétaire, avec son mari et son fils, était une amie de Brenda, feue la maman de Caro. Cette fois, je crois que c’était la chaleur, on aurait dit que personne de nous trois ne « feelait » pour manger comme des cochons (c’est ça le but d’un buffet, non?).
Une fois rendu à Châteauguay, pourquoi ne pas en profiter pour se rendre chez tante Anna, à Sainte-Martine? Bon, avoir su, j’aurais trainé mon camion. Rendu là, on est à une vingtaine de minutes du bureau. Caro me raconta que Raymond, son cousin, avait vendu sa maison et que depuis aujourd’hui, il était retourné chez sa mère! Il doit ben avoir proche cinquante ans, le cousin, alors la situation est pour le moins cocace. C’est temporaire, mais quand même.
Tout juste derrière nous, Sylvain, un ami de Raymond arriva. Nos deux compères s’en allaient voir un spectacle Hommage à Led Zeppelin (c’est de leur âge!). Et Sylvain n’arrêtait pas de taquiner Raymond : bonsoir, habitez-vous chez vos parents?
Après un brin de jasette, nous sommes retournés vers mon camion. Il faisait si froid que j’ai décidé de retourner au garage pour y passé la nuit, ce qui permettrait à la couchette de se réchauffer, plutôt que d’attendre sur place qu’elle ne réchauffe. Je suis parti sans remorque, ce qui en soit est un événement! Et comme je ne savais pas mon numéro de remorque, je n’ai pas pu vérifier qu’elle n’était pas dans la cour de Lachine (ça t’arrive une seule fois de courir toutes les cours à la recherche d’une remorque!). J’avais donc un genre de doute, tout en ayant confiance car les erreurs sont rares chez TJB.
Arrivé au garage, j’ai rencontré deux confrères de travail qui venaient de rentrer, Reefer et Moustache. Une courte discussion s’en suivit, mais eux s’en allant à la maison, ils étaient plus pressés que moi! Je suis donc allé chercher mes payes et mes papiers de voyage dans ma case avant d’aller au lit. Les payes y étaient, ainsi que l’avance d’argent demandé, mais pas de papier de voyage, ni de numéro de remorque… Louche, mais bon, on verra ça demain avec Jean-Pierre!
Dimanche matin, j’observais la faune déambuler dans la cours tout en me réveillant… Il n’y eut qu’un chauffeur, que je ne connaissais pas. Je déplaçai mon camion à la pompe afin de faire le plein, me permettant de « fermer » la semaine précédent, et de remettre mon enveloppe dans ma case pour traitement futur (et donc paye le jour venu!). Une fois l’opération complétée, avec maintenant plus personne en vue, je suis retourné à l’intérieur afin d’y laisser la précieuse enveloppe. J’en profite pour remplir une de mes bouteilles d’eau, l’eau du puits étant si bonne (par contraste avec celle du village qui était si moche du temps où j’y habitais).
Avant de téléphoner à Jean-Pierre (j’hais ça déranger quelqu’un dans son congé, même lorsque c’est justifié), j’ai eu un éclair de génie! Oui, ça m’arrive une ou deux fois par année. Je me suis dit, perspicace, que si je regarde sous le rideau de fer, je pourrais voir mon numéro de remorque sur le tableau des chauffeurs. Par la suite, je pourrais voir si elle est dans la cour (ou si j’aurais dû faire dodo à Lachine!). Si c’était le cas, je n’aurais qu’à me faire faxer la feuille nouveau genre pour la douane demain sur la route (après vérification dans ma tête qu’on est bien dimanche, donc demain est un jour ouvrable!)… Les papiers pour la livraison eux sont toujours dans le nez de la remorque.
Numéro de remorque en main, je retourne dans mon camion et je me rends au fond de la cour, là où sont stationnées les remorques. Bingo, la mienne est là! Au moins, je ne me suis pas rendu au garage pour rien! J’accroche donc ma remorque et je suis prêt à partir.
La route va bien. La 401 est fidèle à son habitude, longue et en montant. À partir de Kingston, la neige se met de la partie. Rien pour faire peur à un saguenéen, mais assez pour faire une file de voitures. C’est le traditionnel retour à la maison du dimanche en fin de journée! Comme je suis tôt, comparativement à la normale, je décide de me rendre à Dorchester pour la nuit. Je ne suis pas vraiment pressé ne livrant à Springfield, MO que mardi en après-midi, mais avec tout ça, il est une belle heure pour s’y accoster.
Évidemment, qui dit Dorchester le soir dit Internet lent. Parce qu’au petit matin, c’était beaucoup plus rapide. Ce doit donc être l’affluence du soir qui ra—len—tit… Je me couche réellement un peu tard (quelqu’un de surpris?). Je finis par repousser l’heure du réveil.
Je pars donc un peu à la course le lundi matin. J’ai beau ne pas être trop pressé, il y a quand même une limite à perdre son temps, ce que je n’ai d’ailleurs pas trop de misère à faire. J’arrive à Comber, ON peu après dix heures. Mon plan : faire le plein, mettre le diner dans le réchaud, ramasser le fax et le coupon de l’oncle Tim, et repartir vers les douanes (à quarante-cinq minutes de là); en chemin, mettre le diner à chauffer afin qu’il soit prêt une fois les douanes traverser (il y a un stationnement tout de suite après la douane ou une demi-heure plus loin, ce qui est trop pour moi aujourd’hui).
Ça, c’était le plan. Ce qui veut dire que c’est ici que ça se gâte! Je fais le plein, je stationne mon camion, je téléphone à Jean-Pierre afin de lui demander le précieux papier (on a maintenant besoin que d’une feuille à présenter au douanier, feuille que l’on pourra d’ailleurs remplir nous même une fois qu’on en aura à bord). Ce sera fait, qu’il me dit. Je vais donc au toilette et ramasser mon coupon qui ces temps-ci arrive sous forme de carte! Normalement, le temps est ben en masse suffisant pour que l’opération ait fonctionné.
Je vais donc voir Lori (de Comber, à ne pas confondre avec Lori du bureau, même si elle est tout aussi sympathique) qui, connaissant les TJB par leurs maudasses de faces, sait en me voyant qu’elle n’a rien pour moi. Elle vérifie quand même, mais comme elle a beaucoup moins de fax qu’à Tilbury (l’autre relais une sortie plus à l’est), ce n’est pas très long.
Je retéléphone au bureau. Le patron lui-même me répond. Je lui explique la situation. Il vérifie avec Jean-Pierre, qui dit que « c’est parti tantôt ». Comme je ne l’ai pas eu, il me le renvoie. En quelques minutes, Lori de Comber me fait signe. Elle a deux feuilles. Une vierge et une qui dit que je traverse à la douane de Port Huron! Je saute haut d’même (parce que je suis à deux pas de la douane de Détroit)… pour me rendre compte, avec ma mémoire cette fois phénoménale, que c’est la feuille de la semaine dernière (mon voyage chez l’imprimeur dont je parle plus haut).
Je retéléphone au bureau, pour tomber sur Jean-Pierre lui-même. Je lui raconte tout ça. Ce n’est pas très drôle, mais je suis calme (Caro dirait : étonnamment calme, mais au travail, j’ai un calme olympien). Il me dit qu’il va vérifier tout ça et qu’il me rappelle. Bon, autant allé faire chauffer le diner…
Quelques minutes plus tard, la réponse arrive : mon voyage n’a pas été dédouané. Rien, niet, aucun dossier ouvert à mon nom! Je suis donc passé dans la craque du plancher! C’est la première fois qu’une telle chose se produit depuis qu’il faut pré-dédouaner les voyages à destination des États-Unis! Hé ben. Et, bien sur, ça tombe sur l’heure du diner! J’envoie donc la facture de douane au bureau afin qu’eux puissent faire leur bout du travail. Lori de Comber rigole un peu avec moi de la situation. Je déplace ensuite mon camion afin d’être dans le champ d’action d’Internet (je ne capte pas le signal de partout à ce relais). Comme je ne peux plus avancé avant d’avoir ce papier, et qu’il faut qu’un peu de temps s’écoule avant que la douane américaine accorde ses flûtes et nous autorise à nous y présenter, je vais donc me sacrifier sur Internet en attendant que le diner soit prêt (ce qui ne tarda pas avec tout le temps que ça a pris!) et que le fax revienne. J’estime au pif aux alentours de treize heures trente.
Comme prévu dans ma tête, treize heures trente précise, je peux quitter (enfin) Comber, papier en main. Merci Jean-Pierre! Moins d’une heure plus tard, me voici sur le pont Ambassadeur, le seul endroit où, pour passer du Canada aux États-Unis, il faut monter vers le nord! Sur ledit pont, on peut voir que l’eau n’est pas gelée du tout. Fin janvier, c’est assez exceptionnel! Et comme toujours ces temps-ci, grâce à la récession qui se prolonge et aux nombreuses compagnies de transport en faillite ou au ralenti, il n’y a pas beaucoup de camions en attente au poste de la douane américaine.
Arrivé chez mon client, je constate que c’est gros. Même très gros. J’oserais dire gros en tabarnak! C’est un centre de distribution pour une chaine de grande surface que je n’avais jamais vu avant. Et à voir les entrepôts (il y en a plusieurs, réfrigérés ou non), il doit y avoir plusieurs magasins… À la guérite, on demande d’avoir notre numéro de P.O. en main en arrivant. Je regarde rapidement, puis je donne les factures au gardien. Après tout, il doit savoir d’instinct où le trouver! Pas toujours… Il me demande ce que j’amène. Des gros rouleaux de papier. Genre pour l’imprimerie, qu’il me dit? En plein dans l’mille! Ah, c’est pour ça que je n’ai pas de numéro de P.O.! On prend des notes pour la prochaine fois…
Il me donne la carte et les directions pour retrouver l’imprimerie. Hé ben, cette chaine imprime elle-même ses circulaires! Ça c’est être visionnaire et créateur d’emploi! Bien sur, il faut être mauditement gros pour que ce soit rentable!
Pour le retour, je me rends dans le village très ancien de Vicksburg, au sud de l’état. J’y ramasse un genre de farine… ou une poudre quelquonque! Puis, de retour sur la route en direction d’un mini-congé de quelques heures afin de reprendre un peu du temps perdu en congé de maladie. Et aussi de profiter de la manne qui passe.
Comme d’habitude lorsque je crois que je pourrai être rentré tôt, j’arrive tout juste à temps pour souper! J’ai encore ben de la misère à prédire mon temps de travail! Je dois laisser ma remorque à notre cours de Lachine, et mon camion pour la soirée aussi. Ma prochaine remorque est à Saint-Chrysostome.
Caro offre que nous allions souper au SunK à Châteauguay. Excellent restaurant chinois. Oubliez les buffets d’un kilomètre de long avec plus de non-chinois que de chinois. Il y a là un buffet raisonnable (assez de variété pour faire deux bonnes assiettes de cochon sans se répéter), mais surtout, délicieux. C’est là que j’ai découvert que la soupe Won Ton, ce n’est pas seulement pour bourrer la panse afin que le client ne pige moins dans le buffet : ça peut aussi être bon!
Le décor est très chinois, on pourrait probablement dire kitsch. Il n’a pas changé depuis des lunes. Et la propriétaire, avec son mari et son fils, était une amie de Brenda, feue la maman de Caro. Cette fois, je crois que c’était la chaleur, on aurait dit que personne de nous trois ne « feelait » pour manger comme des cochons (c’est ça le but d’un buffet, non?).
Une fois rendu à Châteauguay, pourquoi ne pas en profiter pour se rendre chez tante Anna, à Sainte-Martine? Bon, avoir su, j’aurais trainé mon camion. Rendu là, on est à une vingtaine de minutes du bureau. Caro me raconta que Raymond, son cousin, avait vendu sa maison et que depuis aujourd’hui, il était retourné chez sa mère! Il doit ben avoir proche cinquante ans, le cousin, alors la situation est pour le moins cocace. C’est temporaire, mais quand même.
Tout juste derrière nous, Sylvain, un ami de Raymond arriva. Nos deux compères s’en allaient voir un spectacle Hommage à Led Zeppelin (c’est de leur âge!). Et Sylvain n’arrêtait pas de taquiner Raymond : bonsoir, habitez-vous chez vos parents?
Après un brin de jasette, nous sommes retournés vers mon camion. Il faisait si froid que j’ai décidé de retourner au garage pour y passé la nuit, ce qui permettrait à la couchette de se réchauffer, plutôt que d’attendre sur place qu’elle ne réchauffe. Je suis parti sans remorque, ce qui en soit est un événement! Et comme je ne savais pas mon numéro de remorque, je n’ai pas pu vérifier qu’elle n’était pas dans la cour de Lachine (ça t’arrive une seule fois de courir toutes les cours à la recherche d’une remorque!). J’avais donc un genre de doute, tout en ayant confiance car les erreurs sont rares chez TJB.
Arrivé au garage, j’ai rencontré deux confrères de travail qui venaient de rentrer, Reefer et Moustache. Une courte discussion s’en suivit, mais eux s’en allant à la maison, ils étaient plus pressés que moi! Je suis donc allé chercher mes payes et mes papiers de voyage dans ma case avant d’aller au lit. Les payes y étaient, ainsi que l’avance d’argent demandé, mais pas de papier de voyage, ni de numéro de remorque… Louche, mais bon, on verra ça demain avec Jean-Pierre!
Dimanche matin, j’observais la faune déambuler dans la cours tout en me réveillant… Il n’y eut qu’un chauffeur, que je ne connaissais pas. Je déplaçai mon camion à la pompe afin de faire le plein, me permettant de « fermer » la semaine précédent, et de remettre mon enveloppe dans ma case pour traitement futur (et donc paye le jour venu!). Une fois l’opération complétée, avec maintenant plus personne en vue, je suis retourné à l’intérieur afin d’y laisser la précieuse enveloppe. J’en profite pour remplir une de mes bouteilles d’eau, l’eau du puits étant si bonne (par contraste avec celle du village qui était si moche du temps où j’y habitais).
Avant de téléphoner à Jean-Pierre (j’hais ça déranger quelqu’un dans son congé, même lorsque c’est justifié), j’ai eu un éclair de génie! Oui, ça m’arrive une ou deux fois par année. Je me suis dit, perspicace, que si je regarde sous le rideau de fer, je pourrais voir mon numéro de remorque sur le tableau des chauffeurs. Par la suite, je pourrais voir si elle est dans la cour (ou si j’aurais dû faire dodo à Lachine!). Si c’était le cas, je n’aurais qu’à me faire faxer la feuille nouveau genre pour la douane demain sur la route (après vérification dans ma tête qu’on est bien dimanche, donc demain est un jour ouvrable!)… Les papiers pour la livraison eux sont toujours dans le nez de la remorque.
Numéro de remorque en main, je retourne dans mon camion et je me rends au fond de la cour, là où sont stationnées les remorques. Bingo, la mienne est là! Au moins, je ne me suis pas rendu au garage pour rien! J’accroche donc ma remorque et je suis prêt à partir.
La route va bien. La 401 est fidèle à son habitude, longue et en montant. À partir de Kingston, la neige se met de la partie. Rien pour faire peur à un saguenéen, mais assez pour faire une file de voitures. C’est le traditionnel retour à la maison du dimanche en fin de journée! Comme je suis tôt, comparativement à la normale, je décide de me rendre à Dorchester pour la nuit. Je ne suis pas vraiment pressé ne livrant à Springfield, MO que mardi en après-midi, mais avec tout ça, il est une belle heure pour s’y accoster.
Évidemment, qui dit Dorchester le soir dit Internet lent. Parce qu’au petit matin, c’était beaucoup plus rapide. Ce doit donc être l’affluence du soir qui ra—len—tit… Je me couche réellement un peu tard (quelqu’un de surpris?). Je finis par repousser l’heure du réveil.
Je pars donc un peu à la course le lundi matin. J’ai beau ne pas être trop pressé, il y a quand même une limite à perdre son temps, ce que je n’ai d’ailleurs pas trop de misère à faire. J’arrive à Comber, ON peu après dix heures. Mon plan : faire le plein, mettre le diner dans le réchaud, ramasser le fax et le coupon de l’oncle Tim, et repartir vers les douanes (à quarante-cinq minutes de là); en chemin, mettre le diner à chauffer afin qu’il soit prêt une fois les douanes traverser (il y a un stationnement tout de suite après la douane ou une demi-heure plus loin, ce qui est trop pour moi aujourd’hui).
Ça, c’était le plan. Ce qui veut dire que c’est ici que ça se gâte! Je fais le plein, je stationne mon camion, je téléphone à Jean-Pierre afin de lui demander le précieux papier (on a maintenant besoin que d’une feuille à présenter au douanier, feuille que l’on pourra d’ailleurs remplir nous même une fois qu’on en aura à bord). Ce sera fait, qu’il me dit. Je vais donc au toilette et ramasser mon coupon qui ces temps-ci arrive sous forme de carte! Normalement, le temps est ben en masse suffisant pour que l’opération ait fonctionné.
Je vais donc voir Lori (de Comber, à ne pas confondre avec Lori du bureau, même si elle est tout aussi sympathique) qui, connaissant les TJB par leurs maudasses de faces, sait en me voyant qu’elle n’a rien pour moi. Elle vérifie quand même, mais comme elle a beaucoup moins de fax qu’à Tilbury (l’autre relais une sortie plus à l’est), ce n’est pas très long.
Je retéléphone au bureau. Le patron lui-même me répond. Je lui explique la situation. Il vérifie avec Jean-Pierre, qui dit que « c’est parti tantôt ». Comme je ne l’ai pas eu, il me le renvoie. En quelques minutes, Lori de Comber me fait signe. Elle a deux feuilles. Une vierge et une qui dit que je traverse à la douane de Port Huron! Je saute haut d’même (parce que je suis à deux pas de la douane de Détroit)… pour me rendre compte, avec ma mémoire cette fois phénoménale, que c’est la feuille de la semaine dernière (mon voyage chez l’imprimeur dont je parle plus haut).
Je retéléphone au bureau, pour tomber sur Jean-Pierre lui-même. Je lui raconte tout ça. Ce n’est pas très drôle, mais je suis calme (Caro dirait : étonnamment calme, mais au travail, j’ai un calme olympien). Il me dit qu’il va vérifier tout ça et qu’il me rappelle. Bon, autant allé faire chauffer le diner…
Quelques minutes plus tard, la réponse arrive : mon voyage n’a pas été dédouané. Rien, niet, aucun dossier ouvert à mon nom! Je suis donc passé dans la craque du plancher! C’est la première fois qu’une telle chose se produit depuis qu’il faut pré-dédouaner les voyages à destination des États-Unis! Hé ben. Et, bien sur, ça tombe sur l’heure du diner! J’envoie donc la facture de douane au bureau afin qu’eux puissent faire leur bout du travail. Lori de Comber rigole un peu avec moi de la situation. Je déplace ensuite mon camion afin d’être dans le champ d’action d’Internet (je ne capte pas le signal de partout à ce relais). Comme je ne peux plus avancé avant d’avoir ce papier, et qu’il faut qu’un peu de temps s’écoule avant que la douane américaine accorde ses flûtes et nous autorise à nous y présenter, je vais donc me sacrifier sur Internet en attendant que le diner soit prêt (ce qui ne tarda pas avec tout le temps que ça a pris!) et que le fax revienne. J’estime au pif aux alentours de treize heures trente.
Comme prévu dans ma tête, treize heures trente précise, je peux quitter (enfin) Comber, papier en main. Merci Jean-Pierre! Moins d’une heure plus tard, me voici sur le pont Ambassadeur, le seul endroit où, pour passer du Canada aux États-Unis, il faut monter vers le nord! Sur ledit pont, on peut voir que l’eau n’est pas gelée du tout. Fin janvier, c’est assez exceptionnel! Et comme toujours ces temps-ci, grâce à la récession qui se prolonge et aux nombreuses compagnies de transport en faillite ou au ralenti, il n’y a pas beaucoup de camions en attente au poste de la douane américaine.
30 décembre 2009
Nos activités de la nativité!
Mon dernier voyage de travail étant plutôt court, il s'est bien sur bien passé. Rien de neuf sous le soleil, c'est quand même TJB! C'est d'ailleurs bien de savoir que, en partant à quelques jours des vacances, à moins bien sur d'un bris mécanique, tout aura été prévu afin que le retour à la maison se fasse dans les temps demandés. Dans mon ancienne vie, nous étions loin du compte. En fait, c'était plutôt l'inverse!
Je suis donc rentré une journée avant la date demandée... parce que j'avais choisi un voyage qui partait une journée avant la date normale de départ après un congé raisonnable: j'ai fait mon effort, sachant que la compagnie fait le sien lorsque besoin il y a!
Le 22 décembre, je suis donc rentré au garage. Comme la journée était assez avancé et que nous avons besoin de six heures de route (plus les arrêts, les ci et les ça) pour nous rendre Chez Moman, nous avions donc décidé de souper et de dormir chez Tante Anna, qui habite à deux ou trois villages de celui où je travaille. Ça nous laissait toute la journée du 23 pour descendre à Jonquière...
Après un bon souper, même un cadeau (merci Anna) et un bon mais court dodo, nous étions sur la route vers six heures trente au petit matin. Toute la tribu était excitée d'être en famille, en vacances et à "ça" d'être en mode "Jonquière pis c'est Noël"! En bon camionneur, le temps des célébrations de fin d'année est, avec les vacances d'été, le seul vrai temps d'arrêt que nous prenons tous ensemble.
D'ailleurs, pour l'anecdote, je n'ai jamais travaillé entre Noël et le Jour de l'An. Jamais sauf en 2002... Cette année-là, j'avais décidé de passer droit parce que Caro était enceinte jusqu'aux oreilles et devait accoucher au début de février. En bon "gars qui veut être là", nous avions choisi de laisser tomber le congé des fêtes afin que je puisse commencer mon congé parentale peu avant le temps prévu de l'accouchement.
La nature triomphant à tous les coups, Sarah est née prématurément (de cinq semaines) un certain 30 décembre! Papa déambulait entre la Virginie et la Caroline du Nord... :(
Mais revenons à nos moutons... Nous avons donc descendu, tranquillement pas vite (c'est la seule vitesse que je connais)! Après un arrêt-café à Saint-Hyacinthe chez l'oncle Tim, nous sommes allé faire notre deuxième déjeuner aux Galeries de la Capitale.
La dame du restaurant, je devrais dire casse-croute, nous demanda d'où nous étions, et où nous allions. Saint-Jean-de-Matha, avons-nous répondu dans le brouhaha. Matane? demanda t'elle? Non, Matha!
Ah, elle venait de Matane, mais qui prend mari prend pays, probablement... Très sympathique, sans pareil pour cuire une "toast"... ;) (On rit ben, mais manquer des oeufs ou des hot-dogs, ça se peut!)
Après quelques boutiques ciblées (il manque toujours un ou deux gugus), nous sommes entrés dans l'animalerie près de l'aire des restaurants. Géant! Nous nous y sommes aperçu que nos cages d'oiseau, reçues gratuitement de la belle Julie-Wynie, valent leur pesant d'or! Merci Julie!
Par la suite, retour sur la route pour la traversée du Parc. Comme prévu il y a des années par mon oncle Marc, à l'époque à l'emploi du ministère des Transports, ainsi que par le monde qui a une logique normale, malgré que la quasi-totalité est maintenant à quatre voies divisées, il n'y a toujours en hiver que deux traces de déglacés "à l'asphalte". Bref, ils auraient pu mettre un simple terre-plein sur la ligne jaune, et c'eut eu le même effet!
Donc, sachant conduire en hiver et ayant de bons pneus (ironiquement, au Québec, il a fallu une loi afin que la quasi-totalité des automolistes comprennent qu'ils sont essentiels à la vie en hiver!), je me suis donc "tassé à gauche" et je suis descendu "inque su'une gosse" (et ma fille de dire: c'est quoi ça, une gosse?)!
Nous étions quatre ou cinq voitures à rouler ainsi, aux alentours de cent kilomètres par heure. Si l'un de notre clique non-officielle prenait la voie de gauche pour dépasser les branleux, le reste de la clique suivait.
Après un arrêt-pipi à l'étape, et un gratteux infructueux (il y a quelques années, Caro a gagné un radio-réveil, l'achat d'un Cadeau-Surprise à l'Étape est donc devenu une tradition), la route est redevenu sèche comme en été.
À suivre... parce que je ne suis pas capable de faire une histoire courte!
Je suis donc rentré une journée avant la date demandée... parce que j'avais choisi un voyage qui partait une journée avant la date normale de départ après un congé raisonnable: j'ai fait mon effort, sachant que la compagnie fait le sien lorsque besoin il y a!
Le 22 décembre, je suis donc rentré au garage. Comme la journée était assez avancé et que nous avons besoin de six heures de route (plus les arrêts, les ci et les ça) pour nous rendre Chez Moman, nous avions donc décidé de souper et de dormir chez Tante Anna, qui habite à deux ou trois villages de celui où je travaille. Ça nous laissait toute la journée du 23 pour descendre à Jonquière...
Après un bon souper, même un cadeau (merci Anna) et un bon mais court dodo, nous étions sur la route vers six heures trente au petit matin. Toute la tribu était excitée d'être en famille, en vacances et à "ça" d'être en mode "Jonquière pis c'est Noël"! En bon camionneur, le temps des célébrations de fin d'année est, avec les vacances d'été, le seul vrai temps d'arrêt que nous prenons tous ensemble.
D'ailleurs, pour l'anecdote, je n'ai jamais travaillé entre Noël et le Jour de l'An. Jamais sauf en 2002... Cette année-là, j'avais décidé de passer droit parce que Caro était enceinte jusqu'aux oreilles et devait accoucher au début de février. En bon "gars qui veut être là", nous avions choisi de laisser tomber le congé des fêtes afin que je puisse commencer mon congé parentale peu avant le temps prévu de l'accouchement.
La nature triomphant à tous les coups, Sarah est née prématurément (de cinq semaines) un certain 30 décembre! Papa déambulait entre la Virginie et la Caroline du Nord... :(
Mais revenons à nos moutons... Nous avons donc descendu, tranquillement pas vite (c'est la seule vitesse que je connais)! Après un arrêt-café à Saint-Hyacinthe chez l'oncle Tim, nous sommes allé faire notre deuxième déjeuner aux Galeries de la Capitale.
La dame du restaurant, je devrais dire casse-croute, nous demanda d'où nous étions, et où nous allions. Saint-Jean-de-Matha, avons-nous répondu dans le brouhaha. Matane? demanda t'elle? Non, Matha!
Ah, elle venait de Matane, mais qui prend mari prend pays, probablement... Très sympathique, sans pareil pour cuire une "toast"... ;) (On rit ben, mais manquer des oeufs ou des hot-dogs, ça se peut!)
Après quelques boutiques ciblées (il manque toujours un ou deux gugus), nous sommes entrés dans l'animalerie près de l'aire des restaurants. Géant! Nous nous y sommes aperçu que nos cages d'oiseau, reçues gratuitement de la belle Julie-Wynie, valent leur pesant d'or! Merci Julie!
Par la suite, retour sur la route pour la traversée du Parc. Comme prévu il y a des années par mon oncle Marc, à l'époque à l'emploi du ministère des Transports, ainsi que par le monde qui a une logique normale, malgré que la quasi-totalité est maintenant à quatre voies divisées, il n'y a toujours en hiver que deux traces de déglacés "à l'asphalte". Bref, ils auraient pu mettre un simple terre-plein sur la ligne jaune, et c'eut eu le même effet!
Donc, sachant conduire en hiver et ayant de bons pneus (ironiquement, au Québec, il a fallu une loi afin que la quasi-totalité des automolistes comprennent qu'ils sont essentiels à la vie en hiver!), je me suis donc "tassé à gauche" et je suis descendu "inque su'une gosse" (et ma fille de dire: c'est quoi ça, une gosse?)!
Nous étions quatre ou cinq voitures à rouler ainsi, aux alentours de cent kilomètres par heure. Si l'un de notre clique non-officielle prenait la voie de gauche pour dépasser les branleux, le reste de la clique suivait.
Après un arrêt-pipi à l'étape, et un gratteux infructueux (il y a quelques années, Caro a gagné un radio-réveil, l'achat d'un Cadeau-Surprise à l'Étape est donc devenu une tradition), la route est redevenu sèche comme en été.
À suivre... parce que je ne suis pas capable de faire une histoire courte!
24 avril 2009
En revenant de La Passe
Lors de mon dernier voyage à El Paso, TX, j’ai dû, par manque de nourriture maison, vu la limitation de la glacière, faire un retour à la source et fréquenter le restaurant. Je parle de retour à la source car, de mes débuts jusqu’à ma rencontre avec Caro, j’étais de ceux qui disent : « lorsque je n’aurai plus les moyens de me payer à manger sur la route, je lâche le métier »! Que j’étais jeune et naïf à cette époque, pourtant pas si lointaine…
Ayant maintenant une petite famille et, honnêtement, bien d’autres choses à faire de mon argent que de payer souvent près de quinze dollars par repas, j’ai donc commencer à « trainer de la bouffe »… Mais la glacière ne pouvant contenir que huit repas (on a essayé plus, mais on en perd), il arrive que je doive fréquenter le restaurant. La plupart du temps, avec un peu de planification, ce sera en terrain connu sur la 401, en Ontario.
Donc, pour les plus longs voyages, ceux qui dépassent six jours sur la route, il faut bien manger dans les relais américains. Je ne vais pas ici partir en guerre en disant des clichés comme quoi « les américains ne savent pas manger » ou « il y a juste de la merde dans les relais ». La bouffe américaine peut être très bonne… mais trop souvent, on ne pourra pas y avoir accès en camion! Nuance… Ou encore, j’ai mangé un super steak dans un Lone Star, mais pour la présentation… Assiette : steak, patate au four. Fini. Pas de tite salade, de légumes, rien. Une chance que j’ai eu une miche de pain chaud pour m’amuser avant le repas. Le steak, je le répète, était excellent… juste un peu « garoché sur la table ».
Dans les chaines de relais de camionneurs, on y mange en général bien, sans plus. Le problème, à plus long terme, est que, d’une chaine à l’autre, le menu est pratiquement identique! Tu peux bien changer de chaine, mais ce sera presque le même menu. À peine y aura-t-il un menu dit régional, qui fait que tu peux manger un peu mexicain (ben, du mexicain à l’américaine, mais quand même!) lorsque tu visites El Paso, justement. Ces chaines ont en général quatre ou cinq menus différents, qu’ils répartissent dans les différents restaurants en tentant de voir à ce que si un camionneur mange tous ses repas dans cette chaine, il aura droit à un menu différent à chaque repas. Parfois cela fonctionne, mais si tu n’as pas faim ici et que tu attends un peu plus loin, peut-être que tu vas retomber sur le même menu que la dernière fois. Et de toute façon, on en parlait lorsque j’étais à Radio-Canada, après une semaine à manger au restaurant, tu viens que tu ne voies plus le bon dans le menu, mais juste « encore un repas du resto ».
J’arrive donc à mon propos (y’é pas trop tôt mon Jeff!). À mon retour d’El Paso, j’ai tenté de bien choisir mes arrêts-repas. Et à ma propre surprise, j’ai assez bien réussi.
Tout d’abord, mon dernier camping avant d’arriver (décalage de deux heures aidant, on peut camper assez loin et quand même arriver chez son client à neuf heures du matin) fut dans une mini-halte routière avant la ville d’Alamogordo, NM, vous savez, le genre où il n’y a qu’une table à pique-nique (et un abri parce que le soleil tape dans ce coin de l’Amérique). Il y faisait une nuit comme on n’en voit que dans le fin fond des bois. En relaxant un brin dehors avant le dodo, j’observais les étoiles. À un seul autre endroit en ai-je vu autant dans ma courte vie, soit au Camp de Couteau de Poche de mon oncle Marc (Yé bon mon oncle), situé sur la ZEC La Lièvre, quelque part entre Roberval et La Tuque. Vraiment noir, donc une quantité infinie d’étoile, que la trop grande lumière près des villes fait disparaitre.
Donc, au petit matin, et en pleine noirceur, je repars sur la route. Environ trente minutes plus tard, j’entrais donc dans la ville d’Alamogordo, à la recherche du premier café du matin. Le dépliant des pesées CAT Scale annonçant la présence d’une pesée dans cette ville, je suis donc confiant d’y trouver un relais digne de ce nom. C’est qu’il faut quand même un certain volume pour faire vivre une pesée. Puis, au moment où « ça commence à sentir la ville », un éclair frappe ma mémoire; je crois que je suis déjà allé à ce relais, la dernière fois où j’ai mis le pied à El Paso… J’y avais même été escorté par un policier pour payer mon permis de passage (ah que c’est vieux cette façon de faire!)…
Effectivement, en arrivant, je constate que c’est bien l’endroit auquel je pensais. Après la traditionnelle visite à la salle de bain, je pars remplir ma tasse de café, ainsi qu’à la recherche d’un « sandwich à déjeuner » quelquonque, et autant que possible à tendance mexicaine, vu l’endroit (je préfère toujours manger « local »). Normalement, le réchaud à machin-déjeuner est près de la machine à café. Pas ici. J’observe tout autour : il y a bien le coin souvenir/attrape-touriste, le restaurant « ouverture bientôt », le coin épicerie, le coin bières et autres boissons, mais je ne vois aucun réchaud. Au moment de me présenter à la caisse, il me saute aux yeux (le réchaud, pas la caissière)!
Je me choisis donc un burrito qui semble le plus maison possible dans un dépanneur. On m’offre de la salsa, mais je refuse, vu l’impossibilité de faire « une belle job » au volant (maudit malade qui mange en conduisant! Attention, n’essayez pas ceci à la maison!). Pour l’anecdote, sur le chemin du retour, j’arrête à la même place pour la même raison. Juste avant moi, un homme à l’apparence tout ce qu’il y a de plus mexicain choisi des burritos et, devant l’offre de salsa, répond :
- Ce n’est pas de la salsa, ça, ce sont des tomates!
Tiens, j’ai donc bien fait, gustativement parlant, de laisser tomber la salsa. Une première adresse à conserver…
Toujours sur le chemin du retour, je m’étais dit que je m’arrêterais au TA en entrant en Oklahoma. En fait, il est situé à Sayre, à la sortie 26 de la I-40. Déjà, en passant la frontière Texas-Oklahoma, je commençais à être affamer. J’ai malheureusement passé droit à la première sortie, où un restaurant semble plutôt sympathique. Je m’étais déjà conditionné à me rendre au TA. Cependant, je le croyais plus proche. C’est donc dans un état semi-affamé que j’ai constaté que ce TA n’as pas de restaurant! Ah sacrement! Bien sur, il y a bien des restaurants-minutes, mais je n’ai pas l’habitude de les choisir, encore moins de retarder mon souper pour finir dans un restaurant-minute.
J’ai donc poursuivi ma route, en me disant que je finirais bien par trouver un restaurant… sachant qu’au pire, sur le respirateur artificiel, je pourrais toujours me rabattre sur Oklahoma City (quand même un bon deux heures plus en avant).
Après avoir vu plusieurs publicités pour un relais Philips, j’ai décidé de prendre une chance. Au pire, il y aurait toujours des chamouiches. Au point où j’en étais, c’était devenu un cas de survis… Sur l’I-40, à la sortie 84, dans la ville de Wheaterford, OK, je me suis donc arrêté au relais Philips. Une fois stationné, une affiche indiquait d’une immense flèche que le restaurant, « yé par là », dans un bâtiment séparé du relais lui-même. Pas encore assez affamé, je décide d’entrer dans le dépanneur. Si vous cherchez un souvenir de la Route 66, afin de faire comme si vous l’aviez parcouru, c’est l’endroit. N’importe quoi avec Route 66 écrit dessus, ils en ont. Vous pouvez même pousser la collection avec chacun des états traversés par cette route. J’aime à dire que j’ai déjà roulé la Route 66. En effet, du temps du Bobber à la sortie 225 de Sullivan, MO, il fallait rouler sur la Route 66 un bon… 100 mètres je dirais. Expérience captivante… mais pas longue! Un jour, je me la taperais bien, avec mon futur Westfalia, ou ma Coccinelle… Ce serait trippant d’ailleurs d’acheter le véhicule en Californie et d’aller le chercher moi-même pour le ramener sur ses roues, comme Michel « Hi-Ha Tremblay » Barrette a fait pour sa Prowler (ou était-ce une Viper?)… Des passagers? J’ajouterais bien que lorsque je sors à Santa Rosa, NM, je roule un bon kilomètre sur la Route 66. Je pourrais donc dire que j’ai deux états à ma collection!
Le restaurant à cette sortie s’appelle Lucille’s Roadhouse. Déjà le nom nous suggère que ce restaurant est ouvert depuis des centaines d’années. Et qu’il sert les voyageurs depuis tout ce temps. Dès l’entrée, on se sent dans le royaume de l’automobile. Sur la galerie, il y a deux vieilles pompes à essence. Dans le portique, différents comptoirs présentent encore des produits à l’effigie de la fameuse route. Moins que dans le dépanneur par contre. Une charmante hôtesse nous indique, selon notre préférence, le côté Café ou le côté Grill. Le Grill étant le côté plus chic (il faut quand même s’entendre, ce n’est pas le Reine Élizabeth), je choisis donc le Café, qui s’apparente à un vieux « diner » : table en formica avec contour en chrome, banquette en cuirette bleu poudre, petit tabouret en même cuirette, comptoir « long d’même » qui fait presque le tour de la place, et bien sur la collection de gugus, comprenant entre autre une plaque composée de différents bouchons de bouteilles de Pepsi (les vraies vieilles bouteilles en verre, fait en long, à l’ancienne). J’ai beau être un ancien buveur industriel de Coke, c’est le genre de chose qui m’émeut.
Le menu est typique du traditionnel « diner » : plutôt hamburger, frites, sandwich, etc. Je choisi le hamburger que personne ne prend jamais : sur les trois serveuses, aucune ne l’avait encore jamais servi!!! C’est ben moé! Il fut excellent. Le service aussi. Toutes trois, très gentilles. La mienne m’a demandé, innocemment probablement comme à tous ses clients, d’où je venais. On voit que la clientèle est plutôt voyageuse. Je lui ai répondu Montréal… Les yeux ronds « grand d’même », elle me demande :
- Qu’est-ce qu’un gars de Montréal fait dans un trou perdu comme Wheaterford?
Je suis certain, ami-e-s camionneurs, que ça vous est déjà arrivé. Mais normalement, dans un relais, ils ne se formalisent pas d’un fait aussi anodin, toute la clientèle venant d’un ailleurs ou d’un autre. C’est ce qui m’a surpris… Qu’elle soit surprise! Après réflexion, comme c’était un vendredi soir, probablement que ces trois jeunes femmes ne travaillaient pas en semaine (de toute évidence, elles étaient étudiantes). Ce pourrait expliquer qu’elles n’ont pas conscience de la provenance de leurs camionneurs… qui se font d’ailleurs peut-être plus rare en fin de semaine.
Je lui ai donc raconté que j’avais passé quelques jours plus tôt vers l’ouest, en route pour El Paso, et que je retournais maintenant vers Toronto. Ouf, les miles s’additionnaient dans sa tête, et ça semblait fou.
- Comment vous faites pour ne pas vous endormir?
- Ben, on s’habitue. C’est quand même notre travail.
De mon côté, je ne comprends pas comment quelqu’un peut passer des heures enfermé dans un bureau et, surtout, travaillant à heure fixe… Ou servir des dizaines de repas et toujours avoir faim pour souper. Remarquez que, du temps où je fabriquais des Pop Sicle, et surtout des Revell, avec Vitaline, vous ne m’auriez jamais arrêté d’en manger!
Bref, une rencontre charmante, un repas plus que parfait et un décor bien choisi. Un peu plus tard, je campai pour la nuit au Love’s de Oklahoma City, OK.
Poursuivant ma route le lendemain dès le tôt matin, je me suis dit que Tulsa, OK ferait un bon arrêt pour un déjeuner. En passant direction ouest, j’avais remarqué que le relais de la sortie 238 de l’I-44, le plus à l’est, était réouvert. Il porte maintenant la bannière Sinclair, dont la raffinerie nous accueille lors de l’entrée à Salt Lake City (ben, en fait, c’est un peu avant la ville, hors de la civilisation), en arrivant par l’I-80.
Je ne me souviens pas tout à fait de ce que ce relais avait l’air précédemment, vu que ce n’est pas tout à fait sur ma route, mais il a été complètement rénové. Et comme les américains sont fort en restaurant thématique, celui-ci a été décoré en vieux cinéma… ou chanteur, c’est selon. De nombreuses affiches de Marilyn, d’acteur dont je suis un peu jeune pour savoir le nom, ainsi que de statues d’Elvis Presley et des Blues Brothers (un autre film qu’il faudrait bien que je regarde).
J’ai donc pu déguster mon omelette (un choix déjeuné passe-partout) en agréable compagnie. À la table devant moi, un couple était à jeter un œil vers l’extérieur aux dix secondes… Puis, la dame prend son téléphone. Elle demande à l’interlocutrice ce qu’elle fait… Elle devrait être déjà avec eux, lui dit-elle. Alors, elle part à rire : l’autre dame, probablement parce que pour le commun des mortels, un relais de camion ressemble à un autre relais de camion, les attendaient de son côté au J Volant, une ou deux sorties plus près de la ville… Après lui avoir expliqué où ils étaient, tout ça en ne sachant pas le numéro de la sortie (et moi, pas mieux, je ne pouvais pas le leur souffler!), l’autre dame se pointant moins de cinq minutes plus tard. L’omelette était délicieuse, en passant!
En terminant, une mention pour le buffet du relais Voss, de Cuba, MO, à la sortie 208 de l’I-44. Il y avait trois (oui, trois!) buffets seulement pour la salade! Et trois aussi (oui, trois, c’est concept!) pour les mets constituants le plat principal… ou les plats principaux, si vous êtes américains!
J’ai terminé par tournée-surprise avec le Denny’s, situé à l’intérieur du Pilot de Daleville, IN, sur l’I-69 à la sortie 34. Ça vaut ce que ça vaut, mais ça fait changement des restaurants-minutes dont la majorité des Pilot sont affublés.
Ayant maintenant une petite famille et, honnêtement, bien d’autres choses à faire de mon argent que de payer souvent près de quinze dollars par repas, j’ai donc commencer à « trainer de la bouffe »… Mais la glacière ne pouvant contenir que huit repas (on a essayé plus, mais on en perd), il arrive que je doive fréquenter le restaurant. La plupart du temps, avec un peu de planification, ce sera en terrain connu sur la 401, en Ontario.
Donc, pour les plus longs voyages, ceux qui dépassent six jours sur la route, il faut bien manger dans les relais américains. Je ne vais pas ici partir en guerre en disant des clichés comme quoi « les américains ne savent pas manger » ou « il y a juste de la merde dans les relais ». La bouffe américaine peut être très bonne… mais trop souvent, on ne pourra pas y avoir accès en camion! Nuance… Ou encore, j’ai mangé un super steak dans un Lone Star, mais pour la présentation… Assiette : steak, patate au four. Fini. Pas de tite salade, de légumes, rien. Une chance que j’ai eu une miche de pain chaud pour m’amuser avant le repas. Le steak, je le répète, était excellent… juste un peu « garoché sur la table ».
Dans les chaines de relais de camionneurs, on y mange en général bien, sans plus. Le problème, à plus long terme, est que, d’une chaine à l’autre, le menu est pratiquement identique! Tu peux bien changer de chaine, mais ce sera presque le même menu. À peine y aura-t-il un menu dit régional, qui fait que tu peux manger un peu mexicain (ben, du mexicain à l’américaine, mais quand même!) lorsque tu visites El Paso, justement. Ces chaines ont en général quatre ou cinq menus différents, qu’ils répartissent dans les différents restaurants en tentant de voir à ce que si un camionneur mange tous ses repas dans cette chaine, il aura droit à un menu différent à chaque repas. Parfois cela fonctionne, mais si tu n’as pas faim ici et que tu attends un peu plus loin, peut-être que tu vas retomber sur le même menu que la dernière fois. Et de toute façon, on en parlait lorsque j’étais à Radio-Canada, après une semaine à manger au restaurant, tu viens que tu ne voies plus le bon dans le menu, mais juste « encore un repas du resto ».
J’arrive donc à mon propos (y’é pas trop tôt mon Jeff!). À mon retour d’El Paso, j’ai tenté de bien choisir mes arrêts-repas. Et à ma propre surprise, j’ai assez bien réussi.
Tout d’abord, mon dernier camping avant d’arriver (décalage de deux heures aidant, on peut camper assez loin et quand même arriver chez son client à neuf heures du matin) fut dans une mini-halte routière avant la ville d’Alamogordo, NM, vous savez, le genre où il n’y a qu’une table à pique-nique (et un abri parce que le soleil tape dans ce coin de l’Amérique). Il y faisait une nuit comme on n’en voit que dans le fin fond des bois. En relaxant un brin dehors avant le dodo, j’observais les étoiles. À un seul autre endroit en ai-je vu autant dans ma courte vie, soit au Camp de Couteau de Poche de mon oncle Marc (Yé bon mon oncle), situé sur la ZEC La Lièvre, quelque part entre Roberval et La Tuque. Vraiment noir, donc une quantité infinie d’étoile, que la trop grande lumière près des villes fait disparaitre.
Donc, au petit matin, et en pleine noirceur, je repars sur la route. Environ trente minutes plus tard, j’entrais donc dans la ville d’Alamogordo, à la recherche du premier café du matin. Le dépliant des pesées CAT Scale annonçant la présence d’une pesée dans cette ville, je suis donc confiant d’y trouver un relais digne de ce nom. C’est qu’il faut quand même un certain volume pour faire vivre une pesée. Puis, au moment où « ça commence à sentir la ville », un éclair frappe ma mémoire; je crois que je suis déjà allé à ce relais, la dernière fois où j’ai mis le pied à El Paso… J’y avais même été escorté par un policier pour payer mon permis de passage (ah que c’est vieux cette façon de faire!)…
Effectivement, en arrivant, je constate que c’est bien l’endroit auquel je pensais. Après la traditionnelle visite à la salle de bain, je pars remplir ma tasse de café, ainsi qu’à la recherche d’un « sandwich à déjeuner » quelquonque, et autant que possible à tendance mexicaine, vu l’endroit (je préfère toujours manger « local »). Normalement, le réchaud à machin-déjeuner est près de la machine à café. Pas ici. J’observe tout autour : il y a bien le coin souvenir/attrape-touriste, le restaurant « ouverture bientôt », le coin épicerie, le coin bières et autres boissons, mais je ne vois aucun réchaud. Au moment de me présenter à la caisse, il me saute aux yeux (le réchaud, pas la caissière)!
Je me choisis donc un burrito qui semble le plus maison possible dans un dépanneur. On m’offre de la salsa, mais je refuse, vu l’impossibilité de faire « une belle job » au volant (maudit malade qui mange en conduisant! Attention, n’essayez pas ceci à la maison!). Pour l’anecdote, sur le chemin du retour, j’arrête à la même place pour la même raison. Juste avant moi, un homme à l’apparence tout ce qu’il y a de plus mexicain choisi des burritos et, devant l’offre de salsa, répond :
- Ce n’est pas de la salsa, ça, ce sont des tomates!
Tiens, j’ai donc bien fait, gustativement parlant, de laisser tomber la salsa. Une première adresse à conserver…
Toujours sur le chemin du retour, je m’étais dit que je m’arrêterais au TA en entrant en Oklahoma. En fait, il est situé à Sayre, à la sortie 26 de la I-40. Déjà, en passant la frontière Texas-Oklahoma, je commençais à être affamer. J’ai malheureusement passé droit à la première sortie, où un restaurant semble plutôt sympathique. Je m’étais déjà conditionné à me rendre au TA. Cependant, je le croyais plus proche. C’est donc dans un état semi-affamé que j’ai constaté que ce TA n’as pas de restaurant! Ah sacrement! Bien sur, il y a bien des restaurants-minutes, mais je n’ai pas l’habitude de les choisir, encore moins de retarder mon souper pour finir dans un restaurant-minute.
J’ai donc poursuivi ma route, en me disant que je finirais bien par trouver un restaurant… sachant qu’au pire, sur le respirateur artificiel, je pourrais toujours me rabattre sur Oklahoma City (quand même un bon deux heures plus en avant).
Après avoir vu plusieurs publicités pour un relais Philips, j’ai décidé de prendre une chance. Au pire, il y aurait toujours des chamouiches. Au point où j’en étais, c’était devenu un cas de survis… Sur l’I-40, à la sortie 84, dans la ville de Wheaterford, OK, je me suis donc arrêté au relais Philips. Une fois stationné, une affiche indiquait d’une immense flèche que le restaurant, « yé par là », dans un bâtiment séparé du relais lui-même. Pas encore assez affamé, je décide d’entrer dans le dépanneur. Si vous cherchez un souvenir de la Route 66, afin de faire comme si vous l’aviez parcouru, c’est l’endroit. N’importe quoi avec Route 66 écrit dessus, ils en ont. Vous pouvez même pousser la collection avec chacun des états traversés par cette route. J’aime à dire que j’ai déjà roulé la Route 66. En effet, du temps du Bobber à la sortie 225 de Sullivan, MO, il fallait rouler sur la Route 66 un bon… 100 mètres je dirais. Expérience captivante… mais pas longue! Un jour, je me la taperais bien, avec mon futur Westfalia, ou ma Coccinelle… Ce serait trippant d’ailleurs d’acheter le véhicule en Californie et d’aller le chercher moi-même pour le ramener sur ses roues, comme Michel « Hi-Ha Tremblay » Barrette a fait pour sa Prowler (ou était-ce une Viper?)… Des passagers? J’ajouterais bien que lorsque je sors à Santa Rosa, NM, je roule un bon kilomètre sur la Route 66. Je pourrais donc dire que j’ai deux états à ma collection!
Le restaurant à cette sortie s’appelle Lucille’s Roadhouse. Déjà le nom nous suggère que ce restaurant est ouvert depuis des centaines d’années. Et qu’il sert les voyageurs depuis tout ce temps. Dès l’entrée, on se sent dans le royaume de l’automobile. Sur la galerie, il y a deux vieilles pompes à essence. Dans le portique, différents comptoirs présentent encore des produits à l’effigie de la fameuse route. Moins que dans le dépanneur par contre. Une charmante hôtesse nous indique, selon notre préférence, le côté Café ou le côté Grill. Le Grill étant le côté plus chic (il faut quand même s’entendre, ce n’est pas le Reine Élizabeth), je choisis donc le Café, qui s’apparente à un vieux « diner » : table en formica avec contour en chrome, banquette en cuirette bleu poudre, petit tabouret en même cuirette, comptoir « long d’même » qui fait presque le tour de la place, et bien sur la collection de gugus, comprenant entre autre une plaque composée de différents bouchons de bouteilles de Pepsi (les vraies vieilles bouteilles en verre, fait en long, à l’ancienne). J’ai beau être un ancien buveur industriel de Coke, c’est le genre de chose qui m’émeut.
Le menu est typique du traditionnel « diner » : plutôt hamburger, frites, sandwich, etc. Je choisi le hamburger que personne ne prend jamais : sur les trois serveuses, aucune ne l’avait encore jamais servi!!! C’est ben moé! Il fut excellent. Le service aussi. Toutes trois, très gentilles. La mienne m’a demandé, innocemment probablement comme à tous ses clients, d’où je venais. On voit que la clientèle est plutôt voyageuse. Je lui ai répondu Montréal… Les yeux ronds « grand d’même », elle me demande :
- Qu’est-ce qu’un gars de Montréal fait dans un trou perdu comme Wheaterford?
Je suis certain, ami-e-s camionneurs, que ça vous est déjà arrivé. Mais normalement, dans un relais, ils ne se formalisent pas d’un fait aussi anodin, toute la clientèle venant d’un ailleurs ou d’un autre. C’est ce qui m’a surpris… Qu’elle soit surprise! Après réflexion, comme c’était un vendredi soir, probablement que ces trois jeunes femmes ne travaillaient pas en semaine (de toute évidence, elles étaient étudiantes). Ce pourrait expliquer qu’elles n’ont pas conscience de la provenance de leurs camionneurs… qui se font d’ailleurs peut-être plus rare en fin de semaine.
Je lui ai donc raconté que j’avais passé quelques jours plus tôt vers l’ouest, en route pour El Paso, et que je retournais maintenant vers Toronto. Ouf, les miles s’additionnaient dans sa tête, et ça semblait fou.
- Comment vous faites pour ne pas vous endormir?
- Ben, on s’habitue. C’est quand même notre travail.
De mon côté, je ne comprends pas comment quelqu’un peut passer des heures enfermé dans un bureau et, surtout, travaillant à heure fixe… Ou servir des dizaines de repas et toujours avoir faim pour souper. Remarquez que, du temps où je fabriquais des Pop Sicle, et surtout des Revell, avec Vitaline, vous ne m’auriez jamais arrêté d’en manger!
Bref, une rencontre charmante, un repas plus que parfait et un décor bien choisi. Un peu plus tard, je campai pour la nuit au Love’s de Oklahoma City, OK.
Poursuivant ma route le lendemain dès le tôt matin, je me suis dit que Tulsa, OK ferait un bon arrêt pour un déjeuner. En passant direction ouest, j’avais remarqué que le relais de la sortie 238 de l’I-44, le plus à l’est, était réouvert. Il porte maintenant la bannière Sinclair, dont la raffinerie nous accueille lors de l’entrée à Salt Lake City (ben, en fait, c’est un peu avant la ville, hors de la civilisation), en arrivant par l’I-80.
Je ne me souviens pas tout à fait de ce que ce relais avait l’air précédemment, vu que ce n’est pas tout à fait sur ma route, mais il a été complètement rénové. Et comme les américains sont fort en restaurant thématique, celui-ci a été décoré en vieux cinéma… ou chanteur, c’est selon. De nombreuses affiches de Marilyn, d’acteur dont je suis un peu jeune pour savoir le nom, ainsi que de statues d’Elvis Presley et des Blues Brothers (un autre film qu’il faudrait bien que je regarde).
J’ai donc pu déguster mon omelette (un choix déjeuné passe-partout) en agréable compagnie. À la table devant moi, un couple était à jeter un œil vers l’extérieur aux dix secondes… Puis, la dame prend son téléphone. Elle demande à l’interlocutrice ce qu’elle fait… Elle devrait être déjà avec eux, lui dit-elle. Alors, elle part à rire : l’autre dame, probablement parce que pour le commun des mortels, un relais de camion ressemble à un autre relais de camion, les attendaient de son côté au J Volant, une ou deux sorties plus près de la ville… Après lui avoir expliqué où ils étaient, tout ça en ne sachant pas le numéro de la sortie (et moi, pas mieux, je ne pouvais pas le leur souffler!), l’autre dame se pointant moins de cinq minutes plus tard. L’omelette était délicieuse, en passant!
En terminant, une mention pour le buffet du relais Voss, de Cuba, MO, à la sortie 208 de l’I-44. Il y avait trois (oui, trois!) buffets seulement pour la salade! Et trois aussi (oui, trois, c’est concept!) pour les mets constituants le plat principal… ou les plats principaux, si vous êtes américains!
J’ai terminé par tournée-surprise avec le Denny’s, situé à l’intérieur du Pilot de Daleville, IN, sur l’I-69 à la sortie 34. Ça vaut ce que ça vaut, mais ça fait changement des restaurants-minutes dont la majorité des Pilot sont affublés.
23 avril 2009
Nouveau relais
Je suis présentement à Comber, ON. dans le nouveau Relais Routier d'Esso. Comme c'est nouveau (relativement), plutôt invisible vu de l'autoroute, et que généralement les gens ne lisent pas les affiches, je vous en touche un mot. Ou deux...
Comber est situé à la sortie 48 de l'autoroute 401, soit une sortie après Tilbury, si on se dirige vers Windsor. Il y a, en plus des pompes Esso pour les camions (avec mini-magasin pour camion, douches, toilette, etc, une station Sunoco (???), avec un dépanneur, pour les automobiles, un Tim Hortons et, en construction, une pesée CAT Scale ainsi qu'un A&W (pour changer des Wendy's).
Et, comble de bonheur, une connection Internet gratuite...
En plus, comme spécial d'ouverture, on nous remet un bon d'achat de deux dollars chez Tim (valide dans tous les Tim si le café vous sort déjà par les oreilles au moment de faire le plein!).
Comber est situé à la sortie 48 de l'autoroute 401, soit une sortie après Tilbury, si on se dirige vers Windsor. Il y a, en plus des pompes Esso pour les camions (avec mini-magasin pour camion, douches, toilette, etc, une station Sunoco (???), avec un dépanneur, pour les automobiles, un Tim Hortons et, en construction, une pesée CAT Scale ainsi qu'un A&W (pour changer des Wendy's).
Et, comble de bonheur, une connection Internet gratuite...
En plus, comme spécial d'ouverture, on nous remet un bon d'achat de deux dollars chez Tim (valide dans tous les Tim si le café vous sort déjà par les oreilles au moment de faire le plein!).
10 février 2009
Nouvelle surprenante
Après coup, je me suis souvenu qu'un chauffeur m'en avais glissé mot il y a quelques semaines...
Flying J s'est placé sous la protection de la loi sur les créanciers, appelée aux États-Unis "Chapter 11"!
Désolé pour les employé-e-s, mais je suis heureux de dire que c'est une crisse de bonne nouvelle! Tu ne peux pas opérer une compagnie en méprisant autant tes employés ET tes clients! Franchement, je n'ai jamais vu un commerce donner aussi peu de service... et paradoxalement être aussi vénéré de la part de certains de ses clients (cou donc, qu'est-ce que vous y trouvez???)! Même chez Wal-Mard et chez WcDo, on y serait mieux reçu si on y laissait plus de 200$ par jour (et bien plus dans l'temps que le carburant coutait le double de maintenant!), ce n'est pas peu dire...
Évidemment, ça ne change pas grand chose dans le concret pour le moment. Cette "manoeuvre" a bien sûr pour but de restructurer la compagnie afin d'éviter sa fermeture, donc la perte totale des dettes pour les créanciers. Ils pourraient donc se départir de certaines parties de la compagnie, ou fermer certains relais moins rentables (il y en a certainement), ou quoi encore?
Récemment, cette compagnie a acheté les Stations pour camions de la compagnie Shell au Canada, et ce pourrait être en parti une des raisons des "problèmes" financier de la compagnie. Tout le monde ayant une carte Esso ou Ultramar, reste-t'il quelqu'un qui fait le plein chez Shell???
Chez Flying J, on peut avoir un camion, du financement, des assurances, des voyages (via leur propre réseau genre Link), du carburant, de la nourriture via leur restaurant ou encore leur restaurant-minute maison, y envoyer et même recevoir des télécopie, bref, tout pour te garder captif... et laisser le profit de tout ça dans leur poche (tiens, comme Microsoft!). Tout y est fait maison.
Et quelqu'un qui sait compter, en tenant compte de tout le temps perdu, verra que le jeux n'en vaut pas la chandelle. D'autant plus que, souvent, ce n'est même pas moins cher qu'ailleurs!
Flying J s'est placé sous la protection de la loi sur les créanciers, appelée aux États-Unis "Chapter 11"!
Désolé pour les employé-e-s, mais je suis heureux de dire que c'est une crisse de bonne nouvelle! Tu ne peux pas opérer une compagnie en méprisant autant tes employés ET tes clients! Franchement, je n'ai jamais vu un commerce donner aussi peu de service... et paradoxalement être aussi vénéré de la part de certains de ses clients (cou donc, qu'est-ce que vous y trouvez???)! Même chez Wal-Mard et chez WcDo, on y serait mieux reçu si on y laissait plus de 200$ par jour (et bien plus dans l'temps que le carburant coutait le double de maintenant!), ce n'est pas peu dire...
Évidemment, ça ne change pas grand chose dans le concret pour le moment. Cette "manoeuvre" a bien sûr pour but de restructurer la compagnie afin d'éviter sa fermeture, donc la perte totale des dettes pour les créanciers. Ils pourraient donc se départir de certaines parties de la compagnie, ou fermer certains relais moins rentables (il y en a certainement), ou quoi encore?
Récemment, cette compagnie a acheté les Stations pour camions de la compagnie Shell au Canada, et ce pourrait être en parti une des raisons des "problèmes" financier de la compagnie. Tout le monde ayant une carte Esso ou Ultramar, reste-t'il quelqu'un qui fait le plein chez Shell???
Chez Flying J, on peut avoir un camion, du financement, des assurances, des voyages (via leur propre réseau genre Link), du carburant, de la nourriture via leur restaurant ou encore leur restaurant-minute maison, y envoyer et même recevoir des télécopie, bref, tout pour te garder captif... et laisser le profit de tout ça dans leur poche (tiens, comme Microsoft!). Tout y est fait maison.
Et quelqu'un qui sait compter, en tenant compte de tout le temps perdu, verra que le jeux n'en vaut pas la chandelle. D'autant plus que, souvent, ce n'est même pas moins cher qu'ailleurs!
24 janvier 2009
Ça c'est du chic
Aujourd'hui, je devais me rendre à Kinsey Falls, QC, pour y livre des granules de plastiques noires (la granule qui donne la couleur au produit final). Après avoir fait un bon dodo à Cornwall, ON, au Irving, je suis parti de tôt matin car encore restait-il Montréal à franchir. Mon heure de livraison étant pour midi, j'avais un peu de temps devant moi.
J'ai continué par l'autoroute 20 via Vaudreuil (là ou la rue du quartier devint un jour autoroute national!?!). Curieusement, la circulation était très rapide (ben, rapide pour un bouchon montréalais matinal!). J'aurais bien aimé aller déjeuner au Voyageur de Boucherville, QC, mais arrivant de l'autoroute 30, j'aurais dû rebrousser chemin un peu en reprenant la 20. Bon, d'une seule sortie, mais on aurait dit que ça ne me tentait pas.
J'ai donc continué jusqu'au Irving de Saint-Liboire. J'y étais souvent arrêté pour une pause, un dodo, un café de l'oncle Tim, mais je n'avais jamais encore mangé au restaurant Tournesol. C'est devenu un de mes arrêts obligés, car il y a Internet gratuit.
Après avoir stationné le camion dans la cours, je me suis donc rendu à l'intérieur. Comme je n'étais pas branché entre le Tournesol ou l'oncle Tim, j'ai un peu tourné en rond en observant la faune local (les femmes, c'était l'heure ou elles se rendent au bureau) ainsi que la flore (les cochonneries du dépanneur). Tant qu'à attendre avant d'aller manger, je me suis dit:
- Autant en profiter pour aller aux toilettes! (ben dit donc, quelle journée!!!).
C'est alors que j'ai vu: les toilettes sont probablement les plus belles que j'ai vu jusqu'à maintenant. Oui Isa-cousine, ça accote même celles que tu as photographié (au Château Frontenac, si ma mémoire est bonne). :P On parle quand même ici d'un simple dépanneur accoquiné avec un relais de camionneur (là ou il ne faut pas vraiment trop regarder avant de s'assoir). Lavabos stylisés, porte en bois massif (pour chaque bol), miroir encadré, etc. Mes yeux n'en croyaient pas mes oreilles!
Au moins, la salle à diner était tout aussi bien. Structure en poutre, foyer de masse dont la cheminée montait jusqu'au ciel (ben, un bon trois étages en équivalence) dont je ne sais pas si le feu était réel, au gaz ou simulé.
En plus, le déjeuner était bon. Ce n'est certes pas d'hier, mais je me souviens qu'au Irving de Saint-Cyrille-de-Wendover, on y passait tout notre temps, mais la nourriture, spécialement les déjeuners, n'étaient pas terrible (mais ça, c'était dans mon ancienne vie...)
J'ai continué par l'autoroute 20 via Vaudreuil (là ou la rue du quartier devint un jour autoroute national!?!). Curieusement, la circulation était très rapide (ben, rapide pour un bouchon montréalais matinal!). J'aurais bien aimé aller déjeuner au Voyageur de Boucherville, QC, mais arrivant de l'autoroute 30, j'aurais dû rebrousser chemin un peu en reprenant la 20. Bon, d'une seule sortie, mais on aurait dit que ça ne me tentait pas.
J'ai donc continué jusqu'au Irving de Saint-Liboire. J'y étais souvent arrêté pour une pause, un dodo, un café de l'oncle Tim, mais je n'avais jamais encore mangé au restaurant Tournesol. C'est devenu un de mes arrêts obligés, car il y a Internet gratuit.
Après avoir stationné le camion dans la cours, je me suis donc rendu à l'intérieur. Comme je n'étais pas branché entre le Tournesol ou l'oncle Tim, j'ai un peu tourné en rond en observant la faune local (les femmes, c'était l'heure ou elles se rendent au bureau) ainsi que la flore (les cochonneries du dépanneur). Tant qu'à attendre avant d'aller manger, je me suis dit:
- Autant en profiter pour aller aux toilettes! (ben dit donc, quelle journée!!!).
C'est alors que j'ai vu: les toilettes sont probablement les plus belles que j'ai vu jusqu'à maintenant. Oui Isa-cousine, ça accote même celles que tu as photographié (au Château Frontenac, si ma mémoire est bonne). :P On parle quand même ici d'un simple dépanneur accoquiné avec un relais de camionneur (là ou il ne faut pas vraiment trop regarder avant de s'assoir). Lavabos stylisés, porte en bois massif (pour chaque bol), miroir encadré, etc. Mes yeux n'en croyaient pas mes oreilles!
Au moins, la salle à diner était tout aussi bien. Structure en poutre, foyer de masse dont la cheminée montait jusqu'au ciel (ben, un bon trois étages en équivalence) dont je ne sais pas si le feu était réel, au gaz ou simulé.
En plus, le déjeuner était bon. Ce n'est certes pas d'hier, mais je me souviens qu'au Irving de Saint-Cyrille-de-Wendover, on y passait tout notre temps, mais la nourriture, spécialement les déjeuners, n'étaient pas terrible (mais ça, c'était dans mon ancienne vie...)
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