6 décembre 2009

J'ai eu des fleurs!

Des fois, on se fait lancer des fleurs... Des fois, c’est pas mal subtil... Des fois, on ne s’en rend compte que plus tard, tellement c’était subtil!!!

J’avais été assigné chez un client où j’étais déjà allé, du temps où nous tirions pour une autre compagnie, soit avant que TJB ne soit totalement indépendant. Ça ne s’était pas d’ailleurs très bien passé, surtout chez le client de l’autre bout en fait, ce qui m’avait marqué.

Pour faire une histoire courte, disons que le client, un distributeur alimentaire de la ville de Québec (ben, une banlieue) étant trop pauvre pour commander des palettes emballées de pellicule plastique, et en plus étant trop pauvre pour nous décharger lui-même (ou bien de payer un sous-contractant pour le faire), j’avais donc dû, bénévolement bien sur, c’est quand même le monde du transport, replacer six ou sept palettes sur les vingt dont les sacs de riz, qui ne touchaient ni au mur ni à une autre palette, s’était écroulés! En langage de camionneur, on dirait : le voyage a chié! De belles poches de riz de quarante kilogrammes! Osti... marqué à vie je vous dis.

Donc, hier, lorsque j’ai vu le nom du client, et dans la ville de Stuttgart, AR, il n’y a que celui-ci (toute la terre autour étant consacré à la culture du riz), j’ai eu une petite montée de pression. Mais l’indépendance de TJB nous ayant apporté beaucoup de bénéfice, ça se passerait assurément mieux!

Sachant presque où je m’en allais, je me suis présenté ce matin directement à la balance. Il faut savoir que ce client est presque un village en lui-même, un village dans le village, en quelque sorte! On m’indiqua où me présenter, Quai numéro cinq.

Je passai donc sous l’arche avec le nom de la compagnie, une longueur de camion en avant, tournai à gauche, une demi-longueur de camion, les quais sont à droite. Le numéro cinq est le premier, donc le plus facilement accessible. Mais il faut reculer du côté droit, celui où l’on ne voit pas réellement bien, ou en langage de camionneur, "blindside".

Les autres quais sont tous occupés. Je m’avance donc le plus possible, au coin de la cour. Il faut savoir que la cour est tout juste assez grande pour qu’un camion puisse y manoeuvrer, rien de plus, rien de moins. Probablement aussi que les mesures ont été prises du temps ou une remorque faisait quarante-cinq pieds de long... j’arrive avec ma "cinquante-trois pieds". Mon client hier me disait justement que "ça a l’air de ben plus de cinquante pieds, vu du quai"! Et mon Wes’ est passablement long lui-même, bien qu’"un Wes’, ça tourne pas mal"! Autant que nos Volvo, si ce n’est pas plus... Je me dis que j’ouvrirai les portes et déplacerai les essieux une fois bien aligné avec le quai.

Avec l’aide de mon précieux miroir électrique côté passager, je recule comme moi-même n’y arrive pas souvent (et parfois même "du bon côté"). Clic clic pow, au quai, je m’avance en ligne droite, descend pour ouvrir les portes et débarrer les essieux. De retour à bord, j’avance le camion afin que les essieux de la remorque, eux, reculent à l’extrémité du ladite remorque. En quelques minutes, je suis de nouveau au quai, prêt à être chargé.

Au moment d’ouvrir mes portes, mon voisin de quai, un immense Freightliner Classic jaune "long d’même" avec une remorque réfrigérée, revient du bureau et m’aborde :
- Ça ne doit pas être la première fois que tu viens ici, toi?
- Non (sans avoir vraiment le temps d’élaborer)…
- Parce que je t’ai regardé arrivé et reculé; moi j’ai eu beaucoup plus de misère que ça... je me suis repris plusieurs fois.
Moi, dans ma tête: ben, je veux ben croire que je suis déjà venu, mais ça fait si longtemps que ça ne compte même pas. Je dois juste être bon! :P me suis-je en suite dit en propageant le préjugé qui veut que "les américains, ça ne sait pas trop bien conduire un camion"...

On me chargea assez rapidement, car je ne recevais à ce quai que les quatre premières palettes. Le reste étant dans un autre entrepôt (un village, je vous dis!). Je déplace donc mon équipement vers l’autre quai. Je me rends vite compte que mon voisin de quai me suit lui aussi.

Au deuxième endroit, l’espace est beaucoup plus vaste, et la manœuvre se fait "du bon côté", ce qui facilite beaucoup l’approche. Me voici donc à nouveau au quai. Mon jaune voisin recule encore une fois au quai à ma droite, comme la première fois. Je vois bien qu’avec son Classic "long d’même", il doit être plus délicat et se reprendre deux ou trois fois, malgré l’espace disponible. Notez ici, pour les non-familiers (mais ça s’applique aussi aux automobiles), que la manoeuvrabilité d’un camion (ou d’un véhicule) dépend de la marque, du type d’essieu avant (certains ont des roues qui pivotent plus que d’autres) et de la longueur de l’empattement (la distance entre les essieux avant et arrières). Mon copain n’est pas vraiment avantagé en partant sous tous ces rapports!

Une fois que nous sommes tous à quai, la plupart de ceux qui occupaient les quais au premier entrepôt ont fait comme moi et mon jaune copain, je me mets à réfléchir. Et ce n’est que là que je me rends compte que la première fois, j’ai reculé "blind side"!!! Donc, au risque de me vanter un peu (il faut bien que je le fasse, les autres ne le font pas pour moi!!!), je suis rendu bon! :)

Vrai que, au moment de reculer, je ne me pose pas la question à savoir de quel côté je dois aller, ou si ça va être facile ou non. Je me concentre plutôt à calculer la manière de tortiller mon équipement, quel qu’il soit, afin que, comme dirait ma mère parlant de son mot croisé, "ça fitte dans l’trou"...

Ah, et ce client-ci a au moins les moyens d'avoir des palettes enrubannées de pellicule plastique, alors le chauffeur qui aura la chance d'aller le livrer, le retour en fin de semaine m'en dispensant, n'aura pas les mêmes problèmes que j'avais eu la première fois!

1 décembre 2009

Des bouts de vie...

La semaine dernière, après un premier dodo dans une halte routière de Ingersoll, ON, je me réveille. Jusque-là, tout allait bien! J'allume le plafonnier. En deux minutes, il s'éteint! Mauvais, très mauvais signe! Il faut savoir que le courant de la couchette coupe si la tension atteint douze volts, afin de préserver la capacité de redémarrer le moteur en tout temps.

Et comme j'ai reçu des batteries neuves il y a deux voyages (sur trois semaines, voir le message précédent), pourquoi causeraient-elles problème? Je commence donc à jurer contre mon vénérable Vieux Wes'... Honte à moi, mais comme je devrais déjà avoir une heure trente de plus à mon compteur, sur un voyage de trois jours à destination d'Orange, TX, ne pas être capable de partir à l'heure permise par la loi et mon registre me met en beau fusil...

Après quelques essaies, je décide d'aller me chercher un bon café! Ensuite, un autre essai infructueux. Quand on dit: rien, c'est rien... même e-rien! Juste un clic dans la bobine, mais aucun "rwe" dans le moteur!

Donc, je téléphone à Martin, par un beau dimanche matin. Évidemment, il est en congé et je n'aime pas vraiment déranger... mais je me convainc que ça fait parti de son poste de se faire déranger "en tout temps"! Pas évident de trouver un garage... il finit donc par m'envoyer Pardu et Gilles, deux vieux potes de la compagnie.

Après un survoltage assez coriace, j'ai fini par faire démarrer le moteur. La consigne fut de laisser tourner le moteur en tout temps, parce que la valeur du carburant serait assurément moindre que celle d'une éventuelle réparation sur le bord de la route!

Outre que c'est contre-nature pour moi de laisser tourner ledit moteur pendant que je mange et que je dors, le reste de la semaine s'est bien déroulé. La livraison et la cueillette a été fait rondement, et le retour aussi. Vers deux jours avant d'arriver, je me suis dit: pourquoi le camion tourne donc? Ah oui... Je commençais à en avoir assez. Contre nature je vous dit!

De retour au Québec, on me demanda de laisser la remorque dans notre cours de Lachine. Par la suite, j'avais une autre remorque à ramener au garage, ou mon camion serait traité pendant mon congé. Ce qui fut fait. En peu de temps, j'étais dans l'automobile et en route pour la maison... en fait, chez mon frère, ou Caro, Sarah et ma mère m'attendaient.

À mi-chemin, le téléphone sonne. Mon répartiteur me demande ou je suis. Il se trouve que j'ai oublié de retirer mon cadenas sur ma remorque. Il faut savoir que je n'ai pas l'habitude de l'utiliser, seulement dans quelques situations exceptionnelles. Morue, le chauffeur de ville chargé de s'occuper de ma remorque, était donc dans l'impossibilité de faire quoi que ce soit!

Je m'y suis donc rendu afin de désinstaller ledit cadenas, afin que Morue puisse faire son travail.

Ensuite, à la maison... après avoir laissé Sarah chez mon frère, qui lui arrivait de Moncton, NB, chez Molson pour tout vous dire ou il avait passé la semaine. Pour la petite histoire, il n'est pas camionneur, il est plutôt technicien en instrumentation, mais souvent il fait plus de kilométrage que moi... enfin, presque!

Nous avons ensuite attendu notre matelas pendant une partie de notre samedi, fébrilement parce que nous étions pressé de nous rendre au souper de noel de TJB. Nous avions deux heures de route à faire, le souper se tenant dans la ville de Valleyfield, QC.

Chanceux dans notre malchance, le camion s'est pointé ici peu avant midi. Les deux hommes ont entré, monté puis assemblé la base et les matelas dans l'espace d'une heure environ. Wow! Nous nous sommes donc étendu (habillé là, partez pas de rumeur!) afin de tester notre nouveau lit. Un peu plus et nous y restions. N'oubliez pas que nous sommes sur les matelas de camping depuis l'entrée dans la maison, Sainte Caro!

Donc, nous avons charger le coffre du Bleu de pots Mason: des tomates et d'autres légumes, ainsi que confitures et gelées que Caro a vendu à mes confrères et consoeurs de travail, ainsi qu'un cadeau de remerciement pour mon patron et sa compagne, Jocelyn et Êve. Avec tout ce que j'ai dans la compagnie (rien de bien spécial, rassurez-vous, mais tellement beaucoup pour moi et ma petite famille), je trouvais que ça méritait un petit cadeau! Le cadeau, mais je crois surtout la carte qui l'accompagnait, a touché droit au coeur.

Ensuite, vite sur la route afin de nous rendre, après une pause diner chez l'oncle Tim, à l'hôtel Plaza Valleyfield. Dès dix-huit heures, nous sommes donc descendu en bas, près de la salle habituelle réservée à nos activités pré-noelliennes.

Le souper fut excellent. Un cochon complet, des pâtes avec sauces assorties, et tous les accessoires requis. Succulent comme à chaque année. Ensuite, musique vivante et sur disque pour faire digérer le tout. Je crois que tout le monde a beaucoup aprécié leur soirée.

C'était drôle par contre de constater que nous, Caro et moi, ne connaissions pas une bonne partie des chauffeurs. Ça doit être ça, vieillir... et habiter loin du bureau! Drôle aussi de pouvoir nous faire une table de Lanaudière, parce que nous sommes quatre de cette région. Notre table fut de très agréable compagnie. Merci au gars, ainsi qu'à leurs conjointes.

Le lendemain matin, un bon déjeuner extra-ci, extra-ça, et à volonté en plus, nous attendait. Constatant que "ça s'améliorait depuis quelques années", Êve me dévoilà que le restaurant avait changé de propriétaire! Ah ben...

Le soir venu, nous avions prévu un souper de fête pour moi et mon frère, avec ma mère, venu de Jonquière pour l'occasion (ça prend vraiment une occasion!) et Dora. Après avoir discuté entre fêtés, nous nous sommes entendu moi et Nicolas sur le type de restaurant. Mon frère nous a donc déniché un restaurant chinois dans le quartier chinois, ce qui, avouons-le, adonne donc bien! Le problème, c'est qu'il fallait bien qu'il fasse le lien entre sa tête et le restaurant physique! Après avoir marché un peu, nous avons trouvé le Restaurant Beijing.

Ce fut une excellent souper. Après avoir sélectionné divers mets dans le menu trilingue (notre cantonais, ou était-ce du mandarin, n'étant pas terrible, nous nous sommes concentré sur la section en français), le serveur, bilingue et demi, se chargea de traduire nos choix en signes chinois afin que le chef puisse comprendre ce que nous désirions manger.

Le tout fut préparer en peu de temps (rappelons que nous étions six à table, et que le restaurant était rempli à sa pleine capacité). Le service fut impeccable, très rapide et très courtois.

Une fois le repas complété, nous sommes retournés chez Nicolas ou un bon gâteau au chocolat nous attendait. Miam.

Pour conclure, cet après-midi, je suis descendu dans les méandres de la maison. Le but de l'expédition était de fermer la valve de la sortie d'eau extérieur, afin de protéger la tuyauterie du gel (il a justement neigé hier soir et cette nuit).

Il faut savoir que, dans notre vieille maison (plus de cent ans), il n'y a pas de sous-sol. L'espace, d'environ un mètre de haut, est assez restreint. Le sol est en terre sablonneuse, très sec d'ailleurs. Le tout est chauffé, pour aider le chauffage du haut. J'ai donc pu vérifier, et augmenter, le degré auquel la température sera maintenu. J'ai fini par trouvé ladite valve, relativement bien cachée entre deux solives.

Après tout ça pour la fin de semaine, je me suis informé à savoir si mon Vieux Wes' serait prêt à me retrouver dès demain, vers midi. Ce sera fait, dixit Martin. Je m'y rendrai donc avec joie...

Maintenant, le grand décompte est commencé: j'attends qu'à rentre! Pensez-y, elle est un peu subtile!

19 novembre 2009

C'est notre tour!

Voilà, la grippe est entrée chez nous. Oui, LA grippe! Celle qu'on appelle la grippe Code Postal... La fameuse A(H1N1).

La semaine dernière, Sarah semblait très épuisée. Se couchant pour une sieste en arrivant de l'école, elle ne s'est relevée que le lendemaine matin. Deux soirs d'affilés! En bonne fille de son père (ayant prononcé la célèbre phrase "j'm'endors pas tu sauras" alors que mes parents m'avaient réveillé sur le bout de la table!), ce n'est vraiment pas son genre.

*****

Quelques jours auparavant, alors que j'étais en congé, nous étions tous allés "au vaccin".

Ici, dans notre région, ça se passe aux Galeries de Joliette. Les portes ouvrent à sept heures. Nous sommes arrivés exactement à cette heure. Quelques minutes après avoir stationné l'automobile, nous avions franchi la file et étions rendu à l'intérieur.

Dès lors, nous nous sommes fait rappeler l'ordre des priorités, donc quelles étaient les personnes qui pouvaient être vaccinés à ce moment. Quelques uns ont donc rebroussé chemin en bougonnant. Il faut mentionner qu'avec les informations déjà connues pour quiquonque lit les journaux ou fouille sur Internet, il n'y avait pas là de surprise pour personnes! Mais il y a toujours des gens qui s'essayent...

En peu de temps, nous arrivions au début de la file. Nous avons donc été dirigé dans une boutique aménagée en salle de distribution des coupons de rendez-vous. Nous avons été invité à nous présenter à dix heures trente. De mon côté, malgré que je sois le conjoint de femme en danger, et le père de fille en danger, j'ai été déclassé. Vu la rareté des vaccins ces jours-là, les conjoints avaient été retiré de la liste des priorité. Je devrais donc passer mon tour! Bon, pas si grave, j'étais, malgré ma présence sur les lieux, toujours un peu ambigue sur la nécessité de me faire vacciner. Pas sur les bienfaits de la vaccination... juste sur la nécessité. Enfin, je me comprends!

Nous avons profité du délai pour aller déjeuner. Ce faisant, nous avons su que la vaccination elle-même débutait à neuf heures trente. Ce qui laissait passablement de temps à la foule de s'enregistrer afin d'accélérer le déroulement de la chose.

Un bagel et deux ou trois boutiques plus tard, nous nous sommes présenté dans la salle d'attente ou, justement, l'attente une fois enregistré dans l'système a été de très courte durée. Un gros cinq minutes je dirais! Entrez ici, assoyez la fille, nettoie, tiens l'autre bras, pique, ouate, plaster, suivant... Assoyez la maman, et rebelotte... Un autre gros cinq minutes de passé!

Le plus long arriva ensuite. Afin de contrôler les effets secondaires, il fallait attendre quinze minutes su'l banc, le tout sous la supervision d'une infirmière. Juste devant nous, une jeune maman (les jeunes mamans composait d'ailleurs une bonne majorité de la clientèle) a eu soudainement une bouffé de chaleur. Elle a été prise en charge immédiatement.

Le plus rigolo, c'est qu'à la fin de notre délai, alors que nous nous apprétions à quitter les lieux, l'infirmière en poste terminait sa ronde et était remplacé par une autre. Cette dernière, juste comme je passais devant elle, se retourna vers le mur pour éternuer. Je regardai donc l'autre en disant, avec mon plus beau sourire: hmmm c'est rassurant! Onze heures et des poussières, tout était fait.

Nous sommes donc retourné à la maison pour reprendre notre petite vie. Le lendemain, je reprenais la route comme d'habitude.

*****

De retour à la maison quatre jours plus tard, je retrouvai mes femmes en piteux états. Malgré tout, Caro astinait que Sarah n'avait pas la grippe Code Postal. De mon côté, j'en étais déjà convaincu.

Et le vaccin, vous direz? Ben, il a un délais de pleine capacité de dix jours. On peut donc dire qu'il était à la moitié ou un peu moins de sa pleine force.

Le soir précédant mon départ, d'ailleurs après avoir magasiné un matelas, Sarah redescend de sa chambre en disant qu'il y a de l'eau dans son lit. Maman va voir et, tout de suite, mets ça sur la faute du toit qui coule (à sa défense, il faut dire qu'avec une maison de notre époque, c'eut été possible, à part qu'il ne pleuvait pas à ce moment). Vérification du papa, ce ne peut être le toit, le plafond est tout à fait sec!

Nous finissons par découvrir que Sarah a vomi. Son souper, qu'elle a d'ailleurs mangé de peur, a jammé! Le lit, ben, la literie, s'en va dans la laveuse au complet... et Sarah dans notre lit pour la nuit, avec le ti-plat pour les en-cas.

Et en-cas il y eut! Ouf, comme c'est moi le chanceux qui dormit avec elle, maman ayant émigré sur le divan, faute de trouver le sommeil, je peux confirmer qu'elle s'est relevé pour vomir aux trente à soixante minutes! Ah, la plupart du temps, ce ne fut que convulsion, avec rejet de crachat. Ok, je limite les détails! ;-)

Bref, nous n'avons pas vraiment fermé l'oeil de la nuit. En collant tous les assoupissements, je dirais deux heures! Dès mon réveil, ou plutôt, dès ma levée de corps, je consultai le journal afin de savoir c'est quand qu'on panique?

Mon souvenir était bon: après quatre heures et plus de vomissement, il était recommandé de voir un docteur le jour même. La clinique Grippe étant en fonction dans notre région (cette dernière ouvrant ses portes sitôt un certain seuil de cas atteint dans les urgences régulières), nous avons donc décidé de nous y rendre tous pour l'ouverture, soit sept heures.

J'ai donc décommandé mon départ, que j'avais demandé pour mardi. De toute façon, n'ayant pas dormi, je n'aurais pas roulé très longtemps! En mentionnant que je verrais pour le lendemain... d'autant plus que Jean-Pierre m'avait sous-entendu que c'était une semaine tranquille.

Nous nous sommes donc rendu à la Clinique Grippe, situé tout juste à côté du Centre Hospitalier Régional de Lanaudière. Déjà, sur le trottoir nous amenant à la porte, un étrange sentiment s'empara de moi. Tous, autant les malades que les infirmières, portait dossard, identification et titre, ainsi que le masque. De voir autant de masque, on ne peut que se dire qu'il doit y avoir un danger! On nous reçoit dans le portique, aussitôt la porte refermer.

Après quelques questions, on me retourne d'ou je viens, vu que je ne suis pas malade. En fait, mon mal était imaginaire: je n'ai jamais de problème à avoir les mêmes bobos que mes femmes, plus un certains stress devant la situation... Ouf, j'avais l'motton!

Sarah a donc été placé plus prioritaire que sa maman. Son tour arriva assez rapidement. Caro bien sur s'est présenté avec elle à chaque étape. Rendu au docteur, il s'occupe tout d'abord de Sarah. Verdict: une fois la forte fièvre et les vomissements passés, le pire est derrière nous. Reste qu'à attendre quelques jours, et ce sera fini.

Par contre, entendant tousser Caro, le docteur lui demande si elle est sur la liste d'attente. Elle répond qu'elle y est, mais qu'elle a été placé un peu plus loin, parce que plus vieille. Et le médecin de répondre que, si elle tousse autant, elle va passer drè là! Jusque là, elle n'avait eu que mal à la gorge et à la tête.

Il lui fut donc prescrit du Tamiflu (il faut ben écouler les stocks!). La prescription fut envoyé directement à notre pharmacie, livraison incluse, parce qu'à partir de là, il est de la plus haute importance que Caro soit recluse à la maison!

Je me suis donc dévoué à aller lui magasiner du pain et du lait en quantité suffisante pour qu'elle n'ait pas à sortir dans le public. Par la suite, question travail, on me suggéra de rester à la maison afin de me soigner, ainsi que mes femmes, et de partir samedi matin pour un voyage un tantinet plus loin. La semaine qui s'en vient étant celle de l'Action de Grâces américaine (ou tout ferme dès le mercredi après-midi jusqu'à la fin de semaine), j'aurais probablement eu de la difficulté à repartir pour un deuxième voyage. Étant un peu brûlé ces temps-ci, ça ne me fera que grand bien!

Quelques jours plus tard, Sarah va de mieux en mieux: elle est redevenu la petite tannante habituelle. Elle commence à s'ennuyer de l'école; ce matin, elle a lu avec moi des extraits du Devoir, question de bien s'informer! On ne rit plus...

Caro de son côté continue de prendre du Tamiflu, et de souffrir de l'intérieur à temps partiel. Je lui prodigue moult massage pour son dos au muscle endoloris.

C'est notre petite vie de la semaine...

Le party s'en vient!

P.S.: Un gros coup de chapeau au personnel impliqué dans cette frénésie, je pense en particulier aux infirmières: elles nous font preuve encore une fois de leur dévouement et de leur bon travail. Merci. Et monsieur le ministre Bolduc, au lieu de sous-entendre des sornettes, payer les donc à la valeur de leur travail! Dans les circonstances, on peut bien se le permettre!

10 novembre 2009

Manque-je de temps?

Comme je disais à Boubou tantôt, je voulais commenter l'arriver de Gilles Taillon aux commande de l'ADQ... mais il a eu le temps de démissionner!!!

Je peux donc constater, après la démission de deux députés sur six, du président du parti, maintenant de la démission du chef, et surtout de sa déclaration sur le financement louche du parti (dont il était jadis quand même le numéro deux!), que la rédaction de la notice nécrologique du parti peut commencer!

*****

Je réitère donc que la droite, dont nous devons entendre les idées, devrait se concentrer à les faire connaitre plutôt qu'à traiter la gauche de tous les noms. Ce serait plus constructif!

13 octobre 2009

C'était cette semaine!

Toute une aventure encore cette semaine sur la route!

Comme Martin s'était aperçu que mon camion n'avait pas vu le garage et ses mécanos depuis un sacré bail, et que Jean-Luc m'avait avisé que ma boite "postale" était si surchargée qu'il ne pourrait plus y déposer ma prochaine paye (!), je fus donc réquisitionné pour faire une visite au majestueux terminal de TJB.

Après avoir fait le tour du détour, travaux de voirie dans le village oblige, je suis arrivé au garage garni de sa nouvelle barrière à bras (à ce moment). Mais comme c'était "de jour", elle était en position "ouverte".

Après avoir fait lire mon cahier de mécanique par Martin, et lui avoir fourni les explications complémentaires (y'en avait "ça d'épais", vu la durée de l'absence), je suis parti tout confiant que le tout serait bien réparer d'ici quelques jours.

Tout juste avant mon départ, j'ai bien sur vidé ma fameuse case, et tirer la pipe à Jean-Luc, parce qu'il le mérite bien... et qu'il ne se gène pas pour me le rendre!!! J'ai aussi eu l'occasion de voir que nous avions une nouvelle répartitrice, Lucie, et un nouveau mécano (ben, au moins un, parce que je n'ai pas vu si il y en d'autres). Avec les quelques dix nouvelles remorques reçues récemment, je prends ça comme un signe de bonne santé de la compagnie... ainsi que l'application du principe qui dit qu'"en temps de récession, tu prépares la reprise". Ben, je crois que vous pouvez ben amenez la reprise, TJB sera prêt!

*****

J'ai donc passé les deux journées suivantes à la maison. Comme l'hiver approche, et qu'il faut bien fait le travail du propriétaire (une chose qu'on doit intégrer une fois qu'on achète une maison, c'est que lorsqu'il y a situation problématique, on ne peut appeler personne: c'est NOUS, les proprios!), je me suis donc dit, avec les encouragement de Caro, que c'était l'temps ou jamais de réparer la toiture.

Le printemps dernier, lors de la fonte des neiges, le locataire (qui lui n'avait qu'à téléphoner au proprio, c'est à dire, moi!) nous avait avisé, un peu tôt au dire de Caro, que la toiture coulait dans la pièce de la boite électrique. Rassurez-vous, ce n'était pas DANS la boite électrique, mais au centre de la pièce. La toiture, dans cette section, étant en L, la neige ne réussit pas à s'écouler d'elle-même. Normalement, un toit de tôle, la neige se vide d'elle-même en faisant, comme dit ma mère, "VLANG, toutte à terre". Mais étant donné la forme de notre toit, la neige d'un côté se pousse dans la neige de l'autre côté, ce qui bloque le tout en l'air.

J'étais allé voir l'état de la situation dès le printemps. Avec la neige, il fut possible de monter sur la toiture pour constater l'étendu des dégâts. Sur quelques mètre-carré, des trous de vis étaient agrandis, et deux feuilles de tôles étaient "décollées" sur le rebord ou elles se rejoignent. Le rebord de la feuille d'en d'sour étant un peu replié vers le haut, ça expliquait pourquoi il a fallu, un peu plus tard, de forts vents à rebrousse poil pour que ça coule à nouveau au cours du printemps (non mais ça c'était d'la tempête!).

On avait eu beau se dire que "l'men d'dné, on verra à ça", ça n'avait toujours pas réussi à se réparer tout seul. Je vous jure, si je trouve la maison qui se répare toute seule, je vous vend l'truc! Et comme la température commence à nous donner des signes que l'hiver reviendra cet hiver, il devenait de plus en plus pressant d'y voir.

Je me suis donc résigner à faire le travail. Après avoir été chercher les échelles chez l'ami Omer, je suis monté installer celle qui reste sur le toit (vous savez, le genre qui s'accroche sur le pignon et descend presque jusqu'en bas?). Ensuite, il me fallait monter là-haut. Je trouvais mon autre échelle un peu juste, alors, merci môman pour le vertige génétique (!?!), je voulais à priori trouver une autre façon d'arriver là-haut. J'ai bien réussi à monter sur la véranda, qui fait le côté entrée et le devant de la maison, mais de là, impossible de monter sur le "vrai" toit, celui-ci étant beaucoup trop incliné pour que j'y tienne tout seul.

Retour en bas; retour au point de départ. L'échelle est toujours un peu juste mais, en montant, ça devrait aller. J'aurais peut-être dû attendre Caro, c'eut été plus sécuritaire. Mais comme je suis un maudit gars...

Me voici rendu en haut, tout en haut, assis à califourchon sur la coiffe de ma maison. En plus, je ne suis pas au plus haut point, la section avant étant encore plus haute que la section arrière! Je positionne mon échelle du mieux que je peux. Cinq mètres plus bas, déplacer le bout est assez lourd. J'y arrive malgré le travail requis. Ç'aurait vraiment été mieux à deux, mais il faut ce qu'il faut. Caro a encore plus le vertige que moi, et mon frère ne peut évidemment, comme quelqu'un qui a un travail normal, que les samedis et les dimanches. Et c'est temps-ci, je suis en congé les lundis et mardis...

Bon, tout ça pour dire que mon travail consiste à descendre lentement dans l'échelle, assis une fesse sur un barreau et l'autre en l'air, avec une patte sur un barreau plus bas et l'autre "là ou je peux" sur le toit ou sur l'échelle, dépendemment de la position requise. Bref, Guy Laliberté, je suis presque prêt pour une audition! Et le tout en observant les vis et les clous (car après une centaines d'année (pour la maison), la toiture a été rénové plusieurs fois, de plusieurs façons) tapant ici sur un clou, resserant une vis au passage, et en enlevant, vis comme clous, lorsque requis pour les remplacer par une vis plus longue et plus grosse, et bien badigeonnée de goudron (du pitch en québécois).

Évidemment, qui dit "tube de pitch" dit aussi "assurance de se beurrer ben comme il faut"! Il faut dire que le machin qui fait sortir le pitch du tube avait bien de l'énergie: une seule pousse et ça coulait pendant quelques minutes. J'en ai ramassé autant sur le toit qu'au bout du tube. Pour les non-constructeurs de toitures, imaginez-vous marcher sur le tube de pâte à dent afin d'en mettre juste un peu sur votre brosse à dent. J'exagère à peine.

Une fois rendu en bas de l'échelle, je remontais jusqu'en haut, pour me rassoir sur la coiffe, afin de redéplacer l'échelle un peu plus loin, et recommencer tout juste à côté. Et rebelotte...

Ça m'a pris tout l'après-midi! Après, j'étais très fier de moi. Une belle fierté de propriétaire qui a réussit quelque chose! Avec des outils et des vêtements tous barbouillés en prime!

Mais dès le jour même, et encore plus le lendemain, nous avons eu de la pluie. Certes faibles, mais quand même, ça n'a pas recoulé depuis!

*****

Ceci fait, j'étais maintenant brûlé net. Je me devais donc de retourner au travail afin de me reposer un peu. Ben non, je ne travaille ni au Price, ni au gouvernement (blague familiale!)... C'est seulement que le rythme de mon travail, et les lois qui nous gouvernent, permettent, je devrais dire oblige, à s'arrêter à un certain rythme. Qui moi me convient parfaitement... n'ayant pas pour objectif de vie de crosser l'système le plus possible!

Mon répartiteur, Jean-Pierre me demanda d'arriver au garage pour la fin de l'après-midi, vers 16 heures. Selon les pronostics, mon camion serait alors prêt. Afin de m'aider dans ma quête (j'irais à Lebanon, TN, un voyage pour lequel je serais parti en fin d'avant-midi!), Jean-Pierre m'avisa qu'il ferait ramener ma remorque au garage elle aussi, m'évitant ainsi de retourner dans la ville de Montréal (environ deux heures de plus, sans compter les bouchons inévitables de circulation de fin de journées!). Je vous ai déjà dit que je suis gâté???

Après avoir placoter avec tout le bureau, j'ai mentionné au grand patron, Jocelyn lui-même, que mon siège commence à s'égrèner! Il a confirmé mes dires, à l'effet que ce siège n'était pas d'origine dans mon camion, alors il devait déjà être vieux au départ. Nous sommes donc allé visité la grotte aux pièces. Wow, une section du garage dont je n'avais pas idée de l'existence! Décidément, TJB a beau grossir, l'espace-bureau supplémentaire est déjà là. Il m'a aussi dit que les camions, pour un temps, seront conservés plus longtemps par la compagnie. Je peux donc dormir dans mon vieux Wes' sur mes deux oreilles pour encore un bon bout. Je peux compter en année, même, m'a t'il dit! Avec les temps que l'on vit dans le monde du transport, et le prix des camions qui augmentent passablement cette année (à cause du taux de change et des nouveaux moteurs moins polluants), c'est une chose somme toute bien normale. Déjà que je ne suis pas un adepte du "camion neuf à tous prix le plus souvent possible"...

Bonne discussion, trop courte. J'ai pu ensuite donner en personne ma confirmation de présence au super méga party de noel de la compagnie à la belle Josée. Ben oui, on est déjà rendu là! Action de grâce au Québec, halloween, action de grâce aux États-Unis donc, party de noel dans plusieurs compagnie de transport, dont la mienne. Bientôt, on chantera C't'aujourd'hui... le jour de l'an (de Paul Piché) et, à mon réveil quelques jours plus tard, j'aurai accompli huit ans chez TJB! Ouf... que de chemin parcouru depuis, au sens propre et au sens figuré. Juste pour donner une idée, le bureau a changé de place, et de grosseur, quatre fois depuis mon arrivée!

J'en ai profité pour m'entendre avec Lori, la répartitrice des retours, sur l'heure de mon arrivée chez le client, afin qu'elle sache à quoi s'en tenir pour mon chargement de retour. Cette femme est exceptionnelle, très compétente et surtout, très à sa place. Profitez-en, c'est la saison des compliments!

J'ai fini par avoir le OK de Martin pour mon camion à dix-sept heures trente. Les plus persévérants du bureau ont fini par quitter eux aussi. Ne me restait donc qu'à attendre l'autre Martin, qui allait revenir avec ma remorque. Après un temps, je me suis dit que je pourrais en profiter pour passer la balayeuse dans mon camion. Mon meilleur patron a un peu relâché ses exigences au niveau de la méga-propreté des camions, mais après avoir vu mon intérieur, il m'a suggéré de passer un bon coup de pelle sur le plancher (notez que ce sont mes mots, Jocelyn étant beaucoup trop diplomate pour le dire de cette façon!). Je ne fais qu'illustrer l'état plutôt négligé du ménage de l'intérieur de mon camion! Y'était grand temps!

Ma remorque est arrivé, avec Martin, vers dix-neuf heures trente! Je sors du garage en trombe, ayant plutôt hâte d'être enfin sur le route. Je démarre mon camion, roule vers le fond de la cour, là ou sont stationnés les remorques en attente d'un camion, d'un départ. À première vue, il n'y a que les mêmes remorques que lorsque je suis arrivé, quelques heures plus tôt. La lecture des numéros d'unités me le confirme! Je réfléchis (ouf!). Ma remorque ne peut être que dans le lave-camion. Je m'en approche... effectivement! Je fais le tour du garage afin d'aller me l'accrocher. En passant la porte, j'y croise Martin (celui qui vient de me l'amener). Il me demande si je cherche tel numéro de remorque. Oui oui, celle-là même. Il me dit que c'est la consigne pour certaines remorques de les laisser dans le lave-camion, avec une barrure de sécurité. Hmmm, une chance que je l'ai croisé. Il doit me donner la clef de la barure qu'il a utilisé...

J'ai donc fini par accrocher ma remorque, et partir aux environs de vingt heures! Ouf. Pour une voyage qui aurait dû partir en avant-midi, j'étais comme qui dirait "dans l'jus"! Par chance que je savais déjà que je pouvais me permettre de livrer à midi... Alors "go go go"!

Le voyage se déroula assez rondement, avec des arrêts et des nuits très courts. Go go go... Jusqu'à mon arrivée chez mon client, dans le Tennessee, finalement un peu après midi.

Mais... parce que lorsque ça presse, c'est là que ça se gâte... après avoir fait le tour de la cour à la recherche d'une remorque vide, je fus bien obligé de constater qu'il n'y en avait pas! Note: chez ce client, nous amenons trois remorques par jour, que nous échangeons avec des vides pour repartir aussitôt. Les remorques sont déchargées le soir. J'étais donc en compagnie de quatre remorques pleines et aucune vide. Au lieu de trois pleines et une vide, parce que j'étais le dernier de la journée à arriver!

L'une des remorques était encore à quai. Avec le formulaire d'état de la remorque, j'ai pu voir le nom du chauffeur qui l'a amené la veille. Comme je savais le nom des deux autres chauffeurs qui arrivaient la même journée que moi, j'avais donc la remorque qui aurait dû être vide pour moi.

Après un appel à Lori, ma répartitrice, je me suis rendu voir le responsable afin de me faire décharger ma remorque. Au moins, le client est compréhensif: après tout, c'est leur erreur! Et comme c'est le même client au Québec, au Tennessee et même pour le retour très souvent, ils ont avantage à aboutir. Tel que promis, deux heures plus tard, je pouvais partir vers l'ouest afin de recharger ma remorque. L'employé de l'expédition m'a attendu jusqu'à dix-sept heures. Malheureusement pour moi, ce n'était pas la belle Charlene!

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Je fus chargé assez rapidement, puis de retour sur la route. Le retour, beaucoup moins stressant, s'est déroulé sans anicroche aucune et, surtout, sans pression! Bien tranquillement.

P.S.: le pire, c'est que deux semaines plus tard, la même chose m'arrivait. Une fois sur place, je constatait que ma remorque vide n'était pas prête!