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9 février 2015

Pourquoi les carambolages arrivent principalement aux États-Unis?

Depuis aujourd'hui, où un carambolage est arrivé à Drummondville, QC, on ne peut plus dire que c'est exclusivement un phénomène américain. En fait, je me souviens d'un à L'Assomption il y a quelques années...

Avant, il y a quelques années, les carambolages étaient, en tout cas de mémoire, une rareté. Mais juste cette hiver, il y a eu celui du Michigan, sur la I-94, où j'ai perdu un confrère de travail. Puis, un autre dans le Nebraska, sur la I-80. La semaine dernière, un nouveau sur la I-81 dans l'État de New York. Et celui de Drummondville sur la A-20 aujourd'hui même...

Donc, un camionneur européen récemment arrivé au Québec me demande, sur Facebook, pourquoi la plupart de ces accidents arrivent aux États-Unis?

Je vais élargir à la conduite hivernale en général. Chez les américains, contrairement à nous au nord de la frontière, l'hiver est un mal nécessaire. Ben, peut-être pas si nécessaire. Plutôt duquel on ne peut pas se passer.

Ils ont l'habitude de tout annuler lors de l'annonce d'une tempête. Les écoles ferment. Toutes les activités sont annulées. Parfois même les entreprises finiront les journées plus tôt pour leurs employés. Bref, c'est comme si la fin du monde allait arriver. Personne donc ne sera sur les routes.

Ensuite, la moitié sud ne connait pas l'hiver. Ils ont bien parfois un peu de neige. Mais de là à appeler ça l'hiver... Dans bien des états, la température s'approchera du point de congélation, et rarement l'atteindra, ou ira sous zéro. Pour la moitié nord, dans plusieurs états, l'hiver ressemble à nos hivers québécois. Avec un peu moins de neige, quoique dans le New Hampshire, le Vermont, le Wisconsin et le Minnessota, pour ceux que j'ai plus souvent fréquenté (auquel on peut ajouter tous les états du nord ainsi que ceux dans lequel passent les Rocheuses), l'hiver est aussi rude qu'au Canada.

Les américains ont habitude de fermer les autoroutes dans plusieurs états lors de mauvais temps. Il y a souvent des barrières aux entrées d'autoroutes. Aussitôt que le temps se dégrade, les barrières seront fermées. L'autoroute finira par se vider de ses véhicules.

Ils ont aussi très rarement des pneus d'hivers sur leurs véhicules. Les seuls que j'ai vu "bien équipé" sont les skieurs. On le constate dans le Vermont et dans le Colorado, entre autre. Beaucoup de Subaru et de Volvo à traction intégrale...

Donc, tout ceci se combine pour donner un manque d'expérience flagrant de la conduite hivernale chez nos voisins américains. Remarquez que chez plusieurs canadiens, le manque d'expérience commence à apparaitre dans les dernières années aussi. Sans expérience donc, lorsqu'ils sont surpris par une tempête, ils ne savent pas trop comment réagir. Alors ils ralentissent. Parfois trop. Ceux qui suivent eux, parfois, seront surpris. Parfois au point qu'ils seront incapables de s'arrêter à leurs tours.

Et comme ils ne conduisent presque jamais, ils n'acquièrent jamais l'expérience nécessaire.

Comparons avec moi et mes concitoyens du Saguenay-Lac-Saint-Jean... Aucune tempête ni aucune bordée de neige n'est assez grosse ou assez vilaine pour nous empêcher de sortir. Aucune activité n'a jamais été annulé (je me souviens du baptême de Sarah, un 23 février... Il neigeait, il tempêtait, on ne voyait pas ni ciel ni terre). Tout juste si quelques journées d'école ont été manqué.

Donc, on apprend à s'équiper, tant pour nos véhicules que dans nos têtes, pour affronter tous les temps. Et bien équiper, on développe notre aptitude et notre capacité de bien conduire en hiver.

Mon conseil du pro? N'hésitez pas à aller pratiquer dans un stationnement un jour de neige, avant que le déneigement ne soit fait. Avancez en ligne droite, puis tourner brusquement (en étant certain qu'il y a tout l'espace nécessaire autour). Il suffit d'être attentif pour remarquer le comportement de son véhicule. Quand il perd la traction, quand il va déraper. Une fois que c'est vécu en situation contrôlée, lorsque ça arrive sur la route, c'est beaucoup plus simple de savoir comment réagir.

18 juillet 2014

Briser sur la route

L'histoire qui suit se passe il y a quelques semaines...

Je suis revenu lundi soir au garage afin de faire faire mon entretien. L'huile devait être changée, et mon pare-brise, craqué depuis les gros froids de janvier, aussi. J'avais décidé de passer mon congé au garage car à la maison, c'était grippe et gastro à volonté. Mieux m'en passer...

Après avoir dormi dans le camion, l'un des mécaniciens me cogne à huit heures. "Donne-moi quelques minutes", que je lui dit. "J'achève de déjeuner".

En passant devant la fenêtre, Jocelyn, qui remplace Martin parti se chauffer la couenne à Cuba, me dit que je pars mercredi pour Lebanon. Ben, on verra si j'ai un camion!

Quelques minutes plus tard, je suis assis avec Pierre-Luc, le directeur de l'entretien. Je lui raconte mes aventures de la veille. Dans Toronto, les lumières d'alarme se sont mises à clignoter pour tout et rien. Ça dura une heure environ, puis, rien jusqu'ici.

Il vérifie chez Peterbilt si ils peuvent s'en occuper. La journée n'est pas trop chargé alors ils peuvent me prendre. Changement de programme: on repousse l'entretien et je vais chez le concessionnaire.

Je demande à l'aviseur de me dire si ce sera long, car je devrai retourner pour me trouver un banc de parc pour dormir. Ce qu'il fera environ une heure plus tard. Des dizaines des codes d'erreur. Il y en a donc pour longtemps. Heureusement, ils ont une livraison chez TJB, alors je reviendrai avec le livreur.

Je me ramasse donc après souper chez Ian et Sonia, des amis qui habitent tout près du garage, pour la nuit. Nuit qui fut courte, car avec le petit et la maman qui se réveillent tôt, je me suis levé tôt aussi. Mais c'était mieux que la causeuse du salon au bureau...

De retour au bureau. Les mécaniciens se demandent si j'ai passé la nuit au bout de la table! Ben non... Mais ce serait mon genre!

Techniquement, je dois partir ce matin. Pratiquement, encore faut-il que j'aie un camion. Le miens le plus possible. Avec Pierre-Luc, nous décidons d'attendre jusqu'à quatorze heures avant de prendre un autre camion. Changer de camion pour une semaine, c'est la gale. Il n'y a rien de pire. Même Jocelyn le conçoit. Mais comme j'ai fait des dizaines de Lebanon, je sais qu'en partant du garage même au souper, ça se fait. Et mes choses essentiels étant dans mon camion, je dois aller quand même chez Peterbilt les chercher. Ouf. On ne veut pas ça. Sauf en cas d'extrême nécessité.

À quatorze heures, le concessionnaire nous dit qu'ils sont partis en faire l'essai routier. Et que si c'est concluant, il est à nous! Ouf. Bonne nouvelle! Nous sommes tous soulagés. Très agréable de voir tout le monde aussi concerné que moi par la situation.

Angelo me conduit donc jusqu'à mon camion, que je ramène chez TJB. Le temps de souper et d'accrocher la remorque, et me voici enfin décollé! Elle sera longue... L'entretien se fera à mon retour. On n'est pas à une semaine près. 

Je me rends tout d'abord vers Valleyfield, QC puis jusqu'à l'autoroute 20. Quelques minutes et me voici en Ontario. Tout va très bien, madame la Marquise!

Je m'arrête au Husky de Kingston, ON pour la nuit. Ouf! La journée sera longue demain! Mais en travaillant bien, c'est encore possible.

Jeudi matin. Je vois devant moi qu'on sera tard à Lebanon, TN. Très tard, même.

Je prends la route confiant. L'avant-midi se passe bien. Puis, autour de midi, la lumière jaune "Vérifier moteur" s'allume. Pas normal, mais pas inquiétant. Après tout, elle a été allumée presque en tout temps depuis que j'ai le camion.

Un peu plus loin, quelque part dans Toronto, ON, la lumière de bas niveau d'urée s'allume. L'aiguille indique le bon niveau, presque plein. J'ai fait le plein au garage, et j'en ai pour plus d'une semaine dans la plupart des cas. Le niveau descend a un rythme régulier. C'est étrange.

Comme encore rien n'empêche de rouler, je poursuis ma route. Ce genre de problème va et vient, alors à moins que ça ne s'aggrave au point d'empêcher le camion de fonctionner, il n'y a pas grand chose à faire.

Passe les douanes de Détroit, MI. Puis arrive le TA de Wapakoneta, OH. C'est ici qu'on s'arrête pour la nuit. Ouf! Encore très loin... Et si ce n'était que la livraison est pour vendredi, je me ferais changer pour le lendemain.

Vendredi matin, j'annonce mon arrivée pour seize heures. Tard, mais ce sera le mieux que je peux faire, dans les circonstances. Et en avertissant tôt, je donne toute la lattitude à Lori pour me concocter un retour. Je ne suis pas inquiet; il y a toujours Springfield, TN qui est ouvert 24 heures. Et Lori a des ressources insoupçonnées.

Je continue de rouler avec mon arbre de Noël à roulettes. Il est stable aujourd'hui. Mais j'ai l'impression qu'il croit qu'il manque d'urée, en même temps que le niveau baisse lentement, normalement...

Vers quatorze heures, Lori m'appelle: une remorque chargée m'attend à Lebanon, TN. Elle est incroyable!

À quinze heures, je m'arrête au Marathon de Franklin, KY. Dans une heure, je serai à destination. C'est donc la pause café et toilette. Car ce dernier bout de route est assez restreint en stationnement pour camion.

De retour au camion, je démarre. Encore mon arbre de Noël. Mais en plus, le Vérifiez Moteur Rouge ainsi que l'alarme sonore. On a monté d'un cran dans la pause. Mais rien ne m'énerve. Même ça, c'est déjà arrive deux fois, dont juste avant mon dernier retour. La différence cette fois, c'est qu'en partant, le moteur ne dépasse pas les mille tours-minute!

On ne part pas. Je fais donc le tour du stationnement et je regagne ma place. J'appelle Mathieu au garage pour avoir du secours... Et du support moral! Il me fait vérifier quelques points. Ensuite, je déconnecte les pôles de batteries afin de tout remettre à zéro. Finalement, je retire deux fusibles. Ainsi, lorsque l'alarme dirait au moteur de s'arrêter, le message ne se rendra pas. Je pourrai donc me rendre au garage par moi-même.

Alors que je termine tout ça, Sébastien arrive avec mon ancien camion. Celui avec lequel j'ai été le plus économique de toute la flotte en 2010! Sébastien prendra ma remorque et ira la livrer à Lebanon, TN. Sylvain arrive un peu plus tard pour ramener la remorque laissée par Sébastien, la ronne de lait, au garage de TJB. Le tout avec bien du placottage, bien sûr!

Je pars donc chez Rush Truck Centers à Smyrna, TN, un peu à l'est de Nashville, TN. Je constate que mes fusibles font fonctionner aussi l'aiguille du compteur, et par extension, le gouverneur. Je ne sais donc plus à quelle vitesse je roule, et il n'y a plus de limite! Yahoo! Bon, en professionnel, je roule selon la circulation afin de ne pas exagérer. Je sais bien qu'Isaac continue d'enregistrer les données.

J'arrive donc une heure plus tard au concessionnaire Peterbilt. L'aviseur technique sort dehors avec l'ordinateur pour extraire les codes. Comme rien ne fonctionne, il constate que c'est un moteur Paccar. Il va chercher un autre technicien, et la liste longue comme le bras est extraite. Ouf!

Ils pourront vérifier le camion lundi en après-midi. Le gars m'explique qu'ils ont du travail pour environ deux jours d'avance. Je choisis de dormir dans le camion pour ce soir.

Samedi matin. J'appelle au bureau pour la mise à jour. Comme la navette est déjà là pour l'hôtel, je cours enregistrer le camion et je saute dans la navette. Direction inconnue! Des scénarios se déroulent dans ma tête...

La camionnette prend l'autoroute vers Nashville. Ça y est, je me fais enlever! Ah, on prend la prochaine sortie, deux miles plus loin (trois kilomètres)... Nous voici donc au Ramada, à La Vergne, TN.

Toute une procédure pour l'enregistrement. Il faut faire pré-approuver lorsque l'on paie avec une carte de crédit par téléphone. On envoie un fax, et on attend le retour.

Une trentaine de minutes en tout plus tard, me voici dans ma chambre pour deux jours. Presque au milieu de Nulle Part.

Dans les deux jours, j'aurai l'occasion de constater que la télé n'a pas beaucoup de postes, de me servir allègrement d'Internet, et de faire la tournée des restaurants autour. Et de boire quelques bières...

J'ai abusé du Waffle House, le restaurant le plus près. Bien que plutôt gras et vraiment pas cher (au sens de "cheap"), j'adore cette chaîne de "diner" qui représente une certaine évolution du traditionnel "diner" dans le wagon de train.

J'avais aussi un Subway et un Hardee's ou je suis allé. Ainsi qu'un McDo, un Krystal et même un petit libanais où je n'ai pas eu le temps d'aller.

Je suis allé marcher dimanche. Pour constater que je suis dans un parc industriel, trop loin des commerces, trop loin de Nashville.

Lundi matin. Je commence à être ami avec la dame des déjeuners de l'hôtel. Je quitte ma chambre et je me rends en bas pour attendre la navette. Nous sommes quelques uns dans le même cas. Tous de Peterbilt. Car à la sortie où nous sommes, il y a aussi Volvo, Mack et International.

Nous voici tous chez Rush Truck Center. La salle d'attente comprend une dizaine de fauteuils en cuir, deux télévisons, du café... Il y a même un coin fermé avec d'autres fauteuils, appelé Coin Tranquille. Mais pas Internet!

Souffrant du décalage à l'envers, je vais dîner à 14:00. Il y a juste de l'autre côté de la rue, un Cracker Barrel. Avec le Applebee's et le Hooter's, ce sont des restaurants où je ferais tout pour aller. Je me rends donc au restaurant pour manger.

Deux heures plus tard, je retourne au garage. Je m'assoupis presque. Je suis réveillé par le téléphone à dix-sept heures. (Mon père a toujours dit qu'il suffit de se coucher pour qu'il y en ait un calisse qui appelle!) C'est Mathieu du bureau. Il dit que le gars du garage me cherchait. Je peux retourner à l'hôtel, ça va aller à demain.

Il a dû me chercher quand j'étais parti. Enfin... Le gars m'explique qu'ils doivent commander des pièces, et que le camion arrive ici vers dix ou onze heures le matin. 

Le taxi m'amène à l'hôtel. Aussi tard, la navette n'est plus de service. On reprend la procédure pour l'enregistrement. Et comme je suis affamé, je dépose tout à la chambre et je pars souper chez Hardee's...

Mardi matin, déjeuner avec ma nouvelle amie, on "ferme" la chambre, et on redescend pour la navette. La moitié des passagers étaient là hier! Je ne suis donc pas le seul dans mon cas.

Un passager descend chez Volvo, puis tous les autres chez Rush. Vers midi, on m'apprend que les pièces dont ils ont besoin pour moi ne sont pas arrivées avec le camion, alors ça ira à demain!

Misère! Re-la navette. Re-à l'hôtel. Re-tout le tra-la-la pour s'enregistrer... Au moins cette fois, je l'ai su plus tôt. Je ne pourrai pas dire que je ne suis pas reposé... Quoique ce genre de journée est loin d'être reposante!

Mercredi matin. Décidément, je commence à connaître un peu trop le personnel. Bon déjeuner. On vide la chambre. On attend, puis on prend la navette. Et me revoici chez Rush.

Dès midi, je vais dîner au Cracker Barrel. En revenant, je croise mon camion! S'ils vont l'essayer, c'est bon signe! Ça démontre aussi qu'il n'y avait que peu de temps requis, mais surtout besoin d'une ou de quelques pièces... Tout le reste n'est qu'un mauvais concours de circonstance!

Je me suis donc rendu au salon pour attendre le "Ok" fatidique, celui qui allait me libérer enfin et me remettre sur la route. Mais comme précédemment chez Excellence, dès le retour, ils allaient assurément faire un regénération active. Une autre bonne demi-heure...

J'ai finalement reçu mon camion à dix-sept heures, tous papiers réglés. J'ai envoyé aussitôt un message à Lori, espérant qu'elle soit toujours au bureau, afin de savoir où j'allais enfin aller. Puis, j'ai remis de l'ordre dans mes papiers. Après autant de jours, j'avais quelques pages de registre à rattraper...

Comme je n'avais toujours pas de nouvelles, je décide d'aller souper au TA de La Vergne, TN, une sortie plus à l'ouest que celle de l'hôtel où j'étais. Je choisis le Popeye et son si bon poulet cajun. Chanceux comme je suis, arrive au même moment une équipe féminine de basketball. Très agréable!

Lori m'appelle de chez elle. Elle vient de voir mon message et demande si j'ai eu mon message depuis. Toujours rien. Mon message a dû se perdre dans la malle et le changement de chiffre. Elle avisera Sylvain, le répartiteur de soir.

Le message arrive finalement. Ma remorque m'a attendu à Lebanon, TN. Enfin, la même qui a été préchargée lorsque je devais arriver très tard à l'origine. Ça ne devait pas presser!

Une fois le souper terminé, je me rend donc à Lebanon, pas si loin au travers des terres. En arrivant, Sylvain et mon ancien camion sorte de la cour! Lui aura eu le temps de rentrer, prendre son congé, et revenir... Pendant que moi, je ne me souviens plus trop ce que c'est de travailler.

J'entre donc accrocher ma remorque. La gardienne, un peu pic-pic, est celle qui a reçu ma remorque. Elle connait donc toute l'histoire! Une fois les formalités complétées, je peux donc reprendre la route. Je me rendrai à Smiths Grove, KY pour la nuit. Pas beaucoup, mais en même temps, c'est le mieux qu'on peut faire avec les circonstances...

Jeudi matin, Patricia me demande quand je vais entrer. Il me reste presque deux jours entiers. Comme la livraison doit se faire avant dix-sept heures demain, ce qui est impossible sans descendre en pompier, ça devra attendre à lundi.

Ouf. La vie a ainsi pu reprendre son cour normal pour le reste du voyage.

Depuis ces visites aux concessionnaires, mon camion n'a eu aucun autre problème. Juste avant l'expiration de la garantie, soit à 400 000 km, le camion est allé en visite chez Excellence directement à Sainte-Julie, afin de s'assurer que tout était en ordre. Touchons du bois.

28 mars 2014

Malade sur la route

Jour 1

Tout va normalement.

Jour 2

Je sens que je devrais éternuer, mais rien ne se passe. Je sens que je devrais me moucher, mais rien ne coule. La misère... Toujours entre deux!

Jour 3

Livraison à Lebanon, TN. Je dois faire une sieste, parce que je suis trop fini. Un confrère vient me réveiller pour me dire bonjour! Misère! On ne sait jamais si le gars a roulé tard, où si il a eu quelque chose... À ne pas faire, svp. J'en profite pour dîner. Mais pour une fois que j'avais une heure de trop...

On descend à Leesburg, AL. J'ai chaud, j'ai mal partout. Je charge après celui qui est déjà là. Parfait, je m'étends en attendant.

Mon tour arrive trop vite. Chargement. Je me rends à Rising Fawn, GA de peine et misère.

Et c'est là qu'arrive la nuit d'enfer! Je me réveil au 15-30-60 minutes, je suis incapable de trouver une position pour dormir. J'ai chaud et froid. Je finis par dormir dans le mauvais sens du lit. J'étais certain que j'étais incliné. Mais au matin, le camion semblait bien au niveau.

Jour 4

Je fais ma journée presque normalement. Je m'arrête pour dormir à Wapakoneta, OH. La tempête semble vouloir commencer devant nous. Ça adonne bien.

La nuit eset mouvementée. J'arrive a dormir en bloc raisonnable, mais je me réveille plusieurs fois. Au moins, je peux boire de l'eau, me moucher et prendre des tylenol au 4 heures.

Jour 5

J'annonce à Caro et Sarah que je n'irai pas à l'activité avec En-Cœur. Je n'ai pas envie de donner ma grippe aux autres enfants. Ce n'est évidemment pas une bonne raison...

J'arrête à Monroe, MI pour une pause. Je suis maintenant fiévreux. J'espère que les tylenol suffiront. Trop mal, je fais une sieste.

Je reprends ensuite pour traverser Détroit, MI. Je dois continuer jusqu'à Port Huron, MI, à cause de la palette (en fait, un seul baril) de matières dangereuses. Les assurances du pont Ambassador ne couvrent pas les matières dangereuses. Je me demande d'ailleurs si le futur pont...

Je m'arrête à Adair, MI à la halte routière. Ça me prend encore toutes mes énergies pour aller aux toilettes. Même si je me suis mis pour repartir dès mardi, je commence à penser à annuler mon départ.

Je passe les douanes. Je trouve que je parle drôle quand je m'entends avec le douanier.

Au Flying J de London: comme nous sommes face au vent, il fait un froid extrême. Je les haguis!

Je me rends au ONroute de Woodstock. Comme aux autres repas, je m'étends pour me réchauffer avant de manger. Je me relève 2 heures plus tard. Je décide de coucher ici, après 5 heures de travaille... Ouf! Méchante journée...

Jour 6

Je me réveille plusieurs fois, mais à 3:00, ça semble pour de bon, après un sommeil qui semble réparateur. Je vais déjeuner au Tim: je réveille le gars. Façon de parler... Il dort debout. C'est plutôt désert à cette heure-là.

Je commence ma journée: c'est encore possible d'arriver à temps! Je fais un arrêt à Port Hope, ON. Je dine à Odessa, ON. Je prends un autre pause à Rivière-Beaudette, QC.

Je fais ma livraison à L'Assomption, QC. Il n'y a pas de vide, donc on va souper au Benny. Comme elles sont en revenant, Caro et Sarah s'arrêtent pour souper avec moi. Puis, nous partons pour la maison.

Jour 7

La nuit est bonne, mais j'ai du mal à m'endormir, trop habitué à dormir par bout. On va déjeuner au resto. En revenant, je me rend compte de mon manque de sommeil. Au retour, j'aurais bien voulu dormir, mais elle ne voulait pas, évidemment. Si ça ne saigne pas, t'es pas malade... Ça va pour elle, alors ça doit nécessairement aller pour moi.

Jour 8

Là, j'ai si bien dormi que j'ai ronflé toute la nuit. Au matin, je me réveille bien reposé. Enfin!

21 mars 2014

L'hiver qui n'en finit plus

Mission: Déblatérer sur les bienfaits pour le moral d'aller au chaud pendant l'hiver. 

Cet hiver, on a eu un hiver. Bon, comprenons nous bien. Chaque année apporte son temps froid et sa neige. Pour ceux qui restent "en ville", c'est continue.

Mais pour le camionneur, spécialement ceux qui font, comme moi, du nord-sud, l'hiver, la majorité du temps, est suspendu. Dans le sens que, en seize ans de camionnage, incluant les quatre premières à faire de la Nouvelle-Angleterre, où le climat est comparable au Québec, j'ai encore trop de doigts pour compter le nombre de tempêtes vécues. Par vécu, j'entends vraiment rouler dans la misère ou être obligé d'arrêter par les conditions de routes exécrables.

Notez ici qu'on a la couenne moins dure que "dans mon temps", si je me fie à la facilité avec laquelle les écoles sont fermées lors de semblant de tempête. Et que comme je viens de Kénogami, ben, de la neige, on a déjà vu ça.

Il y a eu le soir du grand verglas, où nous nous étions arrêtés, plusieurs de ma compagnie d'alors, au Ezze Truck Stop de Mexico, NY, en fait à Parish, NY. Le lendemain matin, au déjeuner qui ne finissait plus, il fallait attendre que les autres camions, qui s'étaient stationnés vraiment n'importe comment (lire: comme ils ont pu!), aient pu sortir et libérer la place.

Mais nous n'avions rien vu de la catastrophe...

Mais je m'éloigne. Cet hiver, vous l'aurez compris, en est un qu'on pourra qualifier de "pire que pire", comme aurait dit ma grand-mère. On a d'ailleurs une nouvelle expression qui est entré dans le langage populaire: "il fait -1000!"

Il y a eu des tempêtes, des verglas, du froid extrême.. Et même de la chaleur à faire fondre l'hiver. Et parfois dans la même semaine!

Si bien que tous les dictons populaires ne servaient plus à rien. Impossible de prédire quoi que ce soit.

Il a même neigé aussi loin au sud qu'en Floride et au Texas! Atlanta paralysé par deux pouces de neige! Incroyable. Pour nous du nord en tout cas.

Tout ça pour dire que, l'air de rien, faire du transport nord-sud fait que chaque semaine, on voit la chaleur. Bon, on saute une semaine ici et là, comme quand on va vers Sault-Sainte-Marie, à destination du Minnesota ou du Wisconsin. Là, l'hiver est aussi rude qu'ici. Pas pour rien que Polaris et Artic Cat, les deux compagnies de motoneiges, y sont nées.

On saute aussi un tour si on va moins loin, ou plutôt vers l'ouest. En Iowa, au Nebraska, il fait très froid. Et ils ont de ces tempêtes. Et eux, avec d'autres etats, ferment simplement les autoroutes en cas de tempêtes. Simple, car de toute façon, ils ne sont pas vraiment bien équipés pour les déblayer. Mais ça retarde son camionneur.

Reste que régulièrement, nous retournons au sud. Et on ne se rend pas compte, sauf cette année où ça nous manque, à quel point ça nous fait du bien.

Sortir dehors en chemise, même si on dirait que 19 l'hiver, ce n'est pas comme 19 l'été, ça n'a pas de prix. Même si on passe deux jours ensuite avec la morve au nez. Même si n'importe quoi...

Calisse que a fait du bien.

Je crois que je me cherche un pied-à-terre au Texas...

2 mars 2013

On rentre au bercail

Pour faire changement, je me suis réveillé de tôt matin. Aussi tôt que la loi me le permettait en réalité. Il me restait à déjeuner, mais pas pour les autres repas. Je me suis donc exécuter. J'ai ensuite évalué que j'avais le temps en masse de me rendre à Boucherville pour ma livraison. J'étais curieux de savoir où j'irais ensuite... autant que possible directement au garage, mais ça, on ne le saurait qu'une fois livré sur place.

Mais auparavant, il fallait commencer par rouler. Je suis donc parti de Kingston dans un temps de neige légère. En route, j'ai rencontré quelques véhicules ayant quitté le chemin. Pourtant, le temps n'était pas si mal, en tout cas si on le compare à seulement la veille au soir. De mon côté, la routine. Si ce n'est que des gens qui refusent d'apprivoiser l'hiver, rien à signaler ou digne de ralentissement... Enweye en bas!

J'ai fait un arrêt à la halte de Rivière-Baudette, en entrant au Québec. Je me suis stationné à l'endroit, contrairement à tous les autres camions, comme d'habitude. Mais là, quelque chose que je n'avais encore jamais vu: deux camions, dont un que j'ai eu le temps de prendre en photo, à suivre sur ma page Facebook, stationné non seulement à l'envers eu aussi, mais dans la rue, enfin la voie qui sépare la section camion et autobus (ou Wannabago, VR et autres automobiles avec remorques). Le plus drôle, c'est que le premier, qui était face à moi, mais dans un espace sur ma gauche, me regardait avec le même air que si j'étais arrivé en soucoupe volante. Allo mon Joe, non seulement je ne suis pas dans l'erreur, même si tous les autres camions pourraient laisser croire le contraire, mais toi, tu es dans la rue! J'ai déjà eu les menottes pour bien moins que ça dans le Michigan!

Je suis donc rentrer à l'intérieur me chercher un café. Je me suis dit que ça irait tellement mieux ainsi pour l'heure qui me restait, ainsi que le retour... Alors que je déambulais, je me suis dit que je pourrais bien essayer la nouvelle autoroute 30, moins le pont (payant... pour eux), donc via Sallaberry-de-Valleyfield, QC. C'est bien la première fois que je pouvais m'en servir et en tirer un quelconque avantage.

J'ai donc repris la route. À la sortie 14, j'ai pris la 201 vers l'est. De l'autre côté de la ville, j'ai continué sur la nouvelle 530. Cette portion d'autoroute nous amène à la 30, juste de l'autre côté du pont payant, qui lui relie Vaudreuil-Dorion et la 40, en passant par la 20. J'ai donc roulé à belle autoroute toute neuve pendant un bon moment, jusqu'à ce qu'elle rejoigne l'ancienne partie, puis l'ancienne nouvelle partie, qui nous amène à la 15. Je l'ai prise vers le nord, et elle devient la 132, longeant la Voie Maritime du Saint-Laurent, avec le port de Montréal, et la ville, juste de l'autre côté de l'eau.

Encore quelques minutes plus loin, j'ai sorti pour la 20 est. Et quelques sorties plus loin, arriva ma sortie, soit pour la rue Nobel. J'ai tourné à droite. Mon client était en fait la deuxième bâtisse après le premier coin de rue. Passe l'entrée des automobiles. Arrive une deuxième entrée. Il y a une affiche: Camions, entrer par en arrière, via l'autre rue dans l'autre sens! Bon, c'est bien le temps de me le dire! J'ai donc tourné du mauvais côté à la sortie...

Je poursuis donc en avant, prend la première rue sur ma droite, à la recherche d'une cour pour pouvoir me tourner de sens. Peine perdue J'ai donc continué jusqu'au bout, pris à gauche, à la lumière, encore à gauche, pour revenir devant mon client, pour passer la sortie, pour prendre à gauche à la lumière. Et dans le coin de la rue, une entrée. Ah! C'est la même cour que nos amis, où on ne semble plus aller incidemment.

J'entre donc. Des indications m'envoient là où je dois aller. Il y a au moins trois compagnies dans cet entrepôt. Mon client est à la porte 12, sur la droite. Je roule en suivant un autre camion. Nous contournons le bâtiment. Arrive, presque de retour sur la rue Nobel, ladite porte 12. Je vais voir au bureau. Je serai déchargé à la porte 10, tout de suite après l'autre camion. Pas mal, mon rendez-vous étant à treize heures, et il est maintenant dix heures.

Une heure plus tard, le premier camion est terminé. Je prend donc la place. Ça va un peu lentement, mais bon, comme je suis bien avant mon temps, qui va s'en plaindre. Puis, ça ne bouge plus. Vers midi trente, alors que ça fait bien une trentaine de minutes qu'il ne se passe plus rien, je vais voir à l'intérieur. Mes papiers, signées, m'attendent sur le comptoir. Bon, moi qui croyais avoir vu quelqu'un sortir pour les apporter au camion précédant. Aurais-je rêvé à ça?

J'ai donc envoyé un message à Martin, disant que j'étais vide, et de ne pas oublier que j'allais au garage pour terminer. Puis j'ai avancé le camion et suis sorti pour aller refermer les portes de la remorque. Après mure réflexion, j'ai fini par décider d'aller diner au Voyageur, à l'autre bout du Parc Industriel, à la sortie De Mortagne. Très bon petit restaurant fréquenté par les routiers et bien d'autres types de... voyageurs! On y mange d'ailleurs très bien. Beau, bon, pas cher, comme on dit.

À mon arrivée, la réponse de Martin entrait: je vais porter la vide à Montréal-Est, de l'autre côté du tunnel Louis-H.-Lafontaine, à notre cour, puis retour au garage de TJB. Parfait, ce sera vite fait, bien fait, et la semaine sera terminer!

Je suis donc rentrer pour manger. Et comme j'avais dû me stationner en double (façon de parler), j'ai choisi ma table en fonction de pouvoir observer mon camion, au cas où l'un des autres camions ne pourrait pas repartir. Je me suis commandé une salade jambon fromage digne d'un roi! Tout en écoutant Gilles Proulx à la nouvelle radio Internet du Journal de Montréal. Il est tout à fait intéressant, le vieux routier de la radio...

Avec tout ça, deux heures plus tard, je retournais au camion. Oui, toute une heure de diner, me dirai-vous. Mais une fois les obligations remplies, on prend ça plus relaxe... DES messages du bureau avaient rentré en mon absence. Et un appel manqué. Je lis les messages de Martin: il y aura une remorque à ramener au garage, à prendre à notre cour où je vais laisser la mienne. Y'a rien là, pas de panique! Hihi...

Je suis donc parti en traversant le lac, littéralement, sur la partie sortante du stationnement. Je vous dit, mes roues de remorque était tellement immergées qu'on ne voyait plus le pneu! La partie du bas, s'entend.

En quelques clics, j'étais de retour sur la 20, vers l'ouest maintenant. Puis, elle devient la 25 nord en entrant dans le tunnel. Plus loin, la 40 est pour deux sorties. Passons près de la raffinerie, tournons à gauche, puis au bout, à droite. Nous voici chez TJB, version Cour de Montréal-Est.

J'y laisse ma remorque, non sans peine. Le sol, sous les remorques, est en sable mou, dégel oblige! Au devant, c'est maintenant asphalté. J'ai donc eu toute la misère du monde à réussir à sortir de sous ma remorque vide. Et tout autant à entrer sous la remorque pleine. J'ai fini par réussir!

Restait à accrocher la nouvelle remorque. Ben, croyez-le ou non, ce fut aussi difficile! Malgré qu'elle était chargée, celle-là, et donc qu'elle ajoutait du poids sur les roues du camion, ce qui aurait dû, hors dégel, leur donner plus de mordant. Quelques saints sont descendus du ciel, je dois dire...

J'ai fini par réussir. J'ai donc ramassé les enveloppes du courrier interne pour les ramener au garage. Et ce fut le temps de repartir. J'ai donc pris la route vers le tunnel, dont la circulation s'était passablement alourdie depuis mon passage en sens inverse. Mais ça allait quand même relativement bien malgré tout.

Je suis arrivé au garage quinze minutes avant dix-sept heures. Tout le monde s'est sauvé en me voyant... Ou était-il déjà l'heure pour eux de partir? J'ai eu, encore une fois, tout la misère du monde pour décrocher ma remorque. Il faut dire que les mécaniciens doivent inverser mes pneus, entre l'essieu avant, motorisé, et celui arrière, mort. Car ceux à l'avant ont perdu de leur mordant... Ça devrait aller mieux la prochaine fois. Au pire, ce sera parce que la neige aura fondue!

Je n'ai donc pas vu voir personne du bureau. Sauf Martin et Patricia... Martin fût tout surpris lorsque je lui ai dit que je repartirais dès samedi. Ben, depuis toujours que je prend le reste de la journée où j'arrive plus une journée complète de congé, non? Alors voilà, le temps de faire mes rapports, d'amener ça au bureau, avec les enveloppes des autres, de transférer les choses pour la maison dans la limousine, de rencontrer un confrère que je connais peu mais qui lui me connaissait (vive Facebook!), et j'étais parti.

Outre un arrêt pour souper au P'tit Québec de Saint-Constant, je me suis rendu directement à la maison...

12 février 2013

Les heures de conduite pour les camionneurs

Je suis en contact avec plusieurs chauffeurs européens qui s'intéressent à mon travail de camionneur en Amérique du Nord. Ils sont à différents niveaux de leur processus afin de venir nous rejoindre ici et travailler avec nous.

Je vais donc publier des messages orientés avec leurs questionnements. J'imagine que pour les autres, ça vous permettra de mieux comprendre comment se déroule, dans le concret, les journées de mon travail.

C'est votre cas? Vous êtes curieux ou vous ne comprenez pas certaines de nos façons de faire? Vous vous dites souvent "C'est-y vrai que..."? Posez-moi vos questions par courriel ou par Facebook; l'adresse est dans l'en-tête de ce blogue.

Si vous êtes un chauffeur ici et que vous me trouvez dans les patates, vous pouvez vous exprimez dans les commentaires ou comme mentionné plus haut.

Les lois sur les heures de conduite:

La loi se ressemble, mais il y a quelques différences entre les États-Unis et le Canada... Le principe de base est le même...

Commençons par le Canada:

Tu peux conduire pendant 13 heures dans la journée de travail. Tu ne peux dépasser 13 dans une journée de calendrier aussi, donc si tu termines une journée à 2:00 de la nuit, alors quand tu reprends, il te reste 11:00 à conduire avant le minuit suivant; et une fois minuit passé, alors tu peux faire le reste du 13:00.

Tes heures doivent être travaillées à l'intérieur d'une fenêtre de 16 heures. Si tu commences une journée à 6:00, alors à 22:00, tu ne peux plus conduire; rien n’empêche de continuer le travail, comme faire le plein, décharger la remorque, bref, tout ce qui n'est pas conduire.

Il doit y avoir 10 heures d'arrêt dans ta journée réparti comme suit: 8 heures consécutives, et les 2 heures qui restent en arrêt de plus de 30 minutes à la fois pendant le journée de travail. Souvent, je vais prendre deux fois 45 et une fois 30... et parfois un ou deux 15 minutes. Les 15 minutes ne comptent pas dans le calcul du deux heures, mais rien n'interdit de le faire...

Sur une semaine, tu dois aussi respecter un maximum de 70 heures de travail dans les 7 derniers jours. Il y a aussi un autre cycle de travail qui est de 120 heures de travail dans les 14 derniers jours. Il faut aussi insérer une fois autour de 70 heures une période de 24 heures arrêter. Mais ce dernier n'étant pas accepté aux États-Unis, et donnant un peu moins d'heures de travail (10 heures de moins par semaine), ça oblige à tenir une double comptabilité de tes heures. Personnellement, je ne l'utilise pas.

Si tu prends une pause de 36 heures et plus, alors tu recommences à compter les heures de la semaine à partir de zéro.

Pour ceux qui roulent aussi aux États-Unis, il y a les différences suivantes:

La journée de travail est de 11 heures;
La fenêtre de travail est de 14 heures;
Aucune restriction sur la journée du calendrier;
La nuit doit être de 10 heures consécutives; il y a bien une façon de prendre 8 heures et de prendre le 2 heures qui manque pendant la journée suivante, mais même les "troopers" ne savent comment interpréter cette section de la loi. Je préfère ne pas trop utiliser.
La semaine se calcule d'une seule façon, soit un maximum de 70 heures dans les 8 derniers jours.
Pour faire la mise-à-jour, il faut prendre une pause de 34 heures.

Bien des chauffeurs disent, et semblent se croire, que nous sommes OBLIGÉS d'arrêter 36 heures après 70 heures de travail dans la semaine. Beaucoup ne semblent pas savoir que pour les États-Unis, c'est seulement 34 heures. Comme la loi canadienne est un peu moins restrictives, parfois, partir 2 heures plus vites, ça peut aider. Mais dans les deux cas, ce n'est pas une obligation, c'est une possibilité. Si tu ne prends pas une si longue pause, alors tu continues de surveiller que tu ne dépasses pas les 70 heures dans les 7 ou 8 derniers jours, selon le pays où tu te trouves.

Il faut respecter la loi du pays où tu te trouves en ce moment. Donc, avant d'entrer aux États-Unis, tu dois prendre une nuit de 10 heures, même si comme tu es au Canada, 8 heures sont suffisantes.

Voilà, je pense que ça fait le tour...

11 février 2013

De retour à la maison.

Ce dernier matin, je suis parti dès 4:30. Il fait très beau. Est-ce que ma prédiction que la tempête sera passé et qu'il n'y aura plus rien là? On le saura bien assez vite...

De Woodstock à Toronto, la route est bien déglacé. Sur la belle asphalte. Ça roule allègrement. En arrivant dans Toronto, la voie de gauche et celle du centre sont à la belle asphalte, mais avec un peu de neige au centre. La voie de droite, elle, est enneigé. Maudite maladie de la voie du centre? Assurément... Personne à droite, donc. Fidèle à mon habitude, je reste à droite, et comme la neige est belle (sans bosse), alors c'est "pied au plancher".

Parfois, les gens sont un peu trop collé sur la ligne, mais bon, ils finissent pas se tasser. Parfois aussi, un beau cave, comme celui avec le véhicule de sa compagnie (qui fut bien chanceux que je ne reconnaisse pas le logo) se lance devant moi en roulant à un gros 50-60 kilomètres/heure. Désolé mon copain, mais garde ta vitesse et laisse-moi décider de la mienne. Il était tout à fait sécuritaire de rouler à 90-100 kilomètres/heures en camion chargé à bloc comme je l'étais ce jour-là. Avoir été vide ou peu chargé, c'eût été différent, et je m'eus adapter s'il y a lieu.

La traversée de Toronto s'est bien passé. Je me suis arrêté à la halte de Port Hope pour une petite pause. Ensuite, j'ai repris la route. Là, ça c'est un peu gâté. Pendant un temps, la neige au sol était tapée, semi-glacée. De la planche à laver! Bon, ça brassait un peu plus, les gens me trouvaient un peu plus dingue (mais est-ce que je m'en tape de ce qu'ils pensent?) mais ça allait quand même bien.

Je me suis arrêté à la halte de Odessa pour diner. La traditionnelle soupe et sandwich... Petit arrêt vite vite avant de reprendre la route. Là, je commençais à voir venir le souper pour mon bon Louis. Ce serait serré, mais tout à fait possible. Et bon, la belle Katrine doit bien être au courant qu'un camionneur n'est jamais certain d'être revenu avant d'être revenu.

Le prochain arrêt fût à Rivière-Beaudette, pour sortir ma collation. Et à Rivière-Beaudette, c'est que ça sent pas mal la maison! Et le souper de bananiversaire...

Je devais aller "décrocher ma remorque" chez le client à Joliette. J'avais comme un doute que je devrais en faire le déchargement et la ramasser (en fait, j'attends que le client la vide) pour l'envoyer du côté expédition. Comme ça ne va jamais si vite là-bas, je savais que ce serait un peu long peu importe le déroulement.

Tout d'abord, il fallait traverser Montréal. Tout alla bien, sinon que le déneigement avait poussé la neige dans le mur alors ça débordait un peu dans la voie de droite. Vous savez, ma préférée? Alors bon, en levant la neige un peu avec mes roues, ça y allait quand même correctement!

Je suis passé par en haut, soit la 13 jusqu'à Laval, puis la 440 vers l'est. J'ai constaté que le prix de l'essence augmentait d'une cenne à chaque station d'ouest en est. Pour la neige, ça allait de mieux en mieux depuis les environs de Kingston.

Je suis donc arrivé à l'usine à Joliette, prêt à m'en sortir pour enfin aller souper en bonne compagnie. Après avoir passé la guérite, je me rend à la réception. C'est le jour où le gars ne semble pas vouloir travailler. Mais bon, après avoir constater que j'avais des beaux rouleaux pour lui, ça s'est bien passé. Il m'indique de prendre un quai à mon choix. Il y en a trois, dont un qui n'était pas déneigé. Je me suis dit qu'il y avait probablement un problème. J'étais déjà reculé face au premier du bord. Ne me restais qu'à ouvrir les portes, et à accoter "ça" sur le quai. Ce que je fis en deux temps, trois mouvements.

Je reviens à l'intérieur, car il faut retirer les courroies, ramasser les tapis, et passer le balai avant de déplacer la remorque dans la rangée des vides. Le gars était parti continuer ce qu'il faisait à mon arrivée. En me voyant, il revient. J'avais ouvert la porte et retirer la première courroie. Lui devait mettre la rampe et procéder. Mais la rampe avait un problème! Il fallait bien que ça arrive aujourd'hui... Le gars me dit de prendre l'autre quai. Et on recommence! Je riais dans ma barbe! Tsé, quand tout va bien...

Je m'exécute. Une fois fait, j'échange quelques messages avec Caro. Elle viendra me rejoindre au Harnois, le dépanneur qui a quelques stationnements pour les camions. En faisant ça, ce sera prêt d'une heure de moins sur mon parcours. Ça compensera pour ce brouhaha...

De retour à l'intérieur, ça a fonctionné rondement. Quand tu as le bon équipement... Les palettes furent sorties rapidement. J'ai donc ensuite ramassé les tapis, passé le balai, rouler les courroies. Ensuite, j'avance un peu, je ferme les portes, et je vais stationner la remorque à l'autre bout de la cour.

Je pouvais donc aller rejoindre Caro et Sarah, et tous ensemble aller rencontrer les Leclerc-Massé, à Valleyfield.

Restait à rentrer.

Encore une fois, cinq heures du mat, et c'est un départ de Horse Cave. Là, on se sent encore loin de la maison. Mais quand tu commences aussi tôt, ça finit assez tôt aussi. Maintenant, je peux le dire: je devais revenir pour le souper de l'anniversaire de mon bon ami Louis, que sa Katrine avait manigancé à son insu. C'est vrai qu'avoir un autre anniversaire presque le même jour aide à servir de prétexte.

Tout ça pour dire que le retour, partant de là, s'est déroulé assez rondement. Je calculais que je serais en ville assez juste pour aller chez moi et revenir à Valleyfield pour 17-18:00. De la maison, c'est presque deux heures, si tout va bien. Alors je devais être chez nous pour le début d’après-midi, sinon, il fallait manigancer quelque chose. Mais bon, j'avais confiance.

J'ai pris une petite pause à la halte de Richwood, KY. Juste avant d'attaquer la grand-côte de Cincinnati, il m'arrive souvent d'arrêter un peu. Petite relaxation qui aide à garder le contrôle en descendant "su'l p'tit boeuf"...

Au moment où je passe la ville, c'est la fin de l'heure de pointe du matin. Il y a encore un peu de circulation, mais pas trop. Tout va bien...

Jusqu'à ce que... Voilà t'y pas que le patrouilleur derrière moi a les lumières clignotantes allumées. Bon, c'est mon tour! Petite inspection légère sur le bord de la I-75. Le policier m'a remercier de ne pas m'être immobiliser là où il y a un muret sur l’accotement. Je me suis dit que comme ils préfèrent arriver par le côté du gazon plutôt que par le côté autoroute, ce serait mieux. Il m'a aussi dit que mon anglais était plutôt bien. Merci, après 15 ans, j'imagine que je ne dois pas être si mal. C'est là qu'il m'a dit que le québécois d'hier ne semblait pas trop comprendre beaucoup ce qu'il lui racontait. Ah, il en fait suffisamment, de québécois, pour nous différencier par notre langage? Hé ben!

Avec le temps que ça a pris, et un peu de stress qui me tomba dessus, je me suis dit qu'une petite sieste à la halte de Monroe, OH, ça me ferait du bien. J'ai réglé mon téléphone pour une heure et demie plus tard, en me disant qu'au réveil, ce serait le temps de manger. Et pourquoi pas un peu de course à la pause suivante. Bon, rendu là, on verra...

Un petit dodo plus tard, on se fait une p'tite bouffe. Puis, c'est un départ. Il fait beau, mais plus ça va, plus ça sent la tempête. On annonce de la neige comme jamais au Massachusetts, qui a d'ailleurs interdit toute circulation sur ses routes, sous peine de fortes amandes, voir d'emprisonnement! On ne niaise pas avec le dos de la main morte!

J'entends dire via Zello par mes confrères qu'en Ontario, probablement à partir de Toronto, ce n'est vraiment pas beau. Hmmm, avec un peu de chance, je vais m'en sauver. Et sinon ben, on vivra avec.

Tout en montant, je me suis dit que c'est ben beau de se croire presser, mais je vais quand même prendre le temps de faire ma petite course. J'évalue pendant un temps, et je choisis le Pilot de Fostoria, OH. Me semble que le village n'est pas loin, ça va bien faire. Parce que ce n'est évidemment pas encore fondu.

Je me stationne en me disant que je fais aller aux toilettes et aller courir ensuite. En descendant du camion, il vente tellement, et il fait tellement froid, que je décide d'abandonner l'idée. Je me ramasse donc un café et je reprend la route. J'évalue que je pourrai souper à Tilbury, à moins que la tempête ne me retarde.

Vers 17:00, j'arrive aux douanes. Ouf, ce sera serrer pour être là pour Louis. Tout va dépendre de ce que je pourrai faire ce soir. En deux clics, répétés plusieurs fois pour être bien certain, et me voilà reparti. Traverser la ville, pour une fois, va très bien. On dirait que je les pogne toutes vertes! Et la balance, en début de 401, est fermé. Bon, un peu plus loin et nous voilà à Tilbury, ON. Je fais le plein de diesel, je vais me stationner et je vais chercher mes reçus à l'intérieur puis revient au camion pour souper. Une fois tout ça fait, les douanes et le plein, alors je peux passer en mode "relax".

Après avoir pris bien mon temps pour souper, tout en relaxant, des fois, juste relaxer, prendre son temps, c'est tellement reposant, on est prêt par la suite pour aller à la guerre! Mais bon, je crois toujours que je vais m'en sauver.

Un peu plus loin, à la halte de Woodstock, je commence à trouver que ça fait une journée. Le prochain arrêt serait à Milton, une autre heure. Trop pour aujourd'hui... Alors ce sera fini ici pour cette fois.