Je suis en contact avec plusieurs chauffeurs européens qui s'intéressent à mon travail de camionneur en Amérique du Nord. Ils sont à différents niveaux de leur processus afin de venir nous rejoindre ici et travailler avec nous.
Je vais donc publier des messages orientés avec leurs questionnements. J'imagine que pour les autres, ça vous permettra de mieux comprendre comment se déroule, dans le concret, les journées de mon travail.
C'est votre cas? Vous êtes curieux ou vous ne comprenez pas certaines de nos façons de faire? Vous vous dites souvent "C'est-y vrai que..."? Posez-moi vos questions par courriel ou par Facebook; l'adresse est dans l'en-tête de ce blogue.
Si vous êtes un chauffeur ici et que vous me trouvez dans les patates, vous pouvez vous exprimez dans les commentaires ou comme mentionné plus haut.
Les lois sur les heures de conduite:
La loi se ressemble, mais il y a quelques différences entre les États-Unis et le Canada... Le principe de base est le même...
Commençons par le Canada:
Tu
peux conduire pendant 13 heures dans la journée de travail. Tu ne peux
dépasser 13 dans une journée de calendrier aussi, donc si tu termines
une journée à 2:00 de la nuit, alors quand tu reprends, il te reste
11:00 à conduire avant le minuit suivant; et une fois minuit passé,
alors tu peux faire le reste du 13:00.
Tes heures doivent être
travaillées à l'intérieur d'une fenêtre de 16 heures. Si tu commences
une journée à 6:00, alors à 22:00, tu ne peux plus conduire; rien
n’empêche de continuer le travail, comme faire le plein, décharger la
remorque, bref, tout ce qui n'est pas conduire.
Il doit y avoir 10
heures d'arrêt dans ta journée réparti comme suit: 8 heures
consécutives, et les 2 heures qui restent en arrêt de plus de 30 minutes
à la fois pendant le journée de travail. Souvent, je vais prendre deux
fois 45 et une fois 30... et parfois un ou deux 15 minutes. Les 15
minutes ne comptent pas dans le calcul du deux heures, mais rien
n'interdit de le faire...
Sur une semaine, tu dois aussi respecter
un maximum de 70 heures de travail dans les 7 derniers jours. Il y a
aussi un autre cycle de travail qui est de 120 heures de travail dans
les 14 derniers jours. Il faut aussi insérer une fois autour de 70
heures une période de 24 heures arrêter. Mais ce dernier n'étant pas
accepté aux États-Unis, et donnant un peu moins d'heures de travail (10
heures de moins par semaine), ça oblige à tenir une double comptabilité
de tes heures. Personnellement, je ne l'utilise pas.
Si tu prends une pause de 36 heures et plus, alors tu recommences à compter les heures de la semaine à partir de zéro.
Pour ceux qui roulent aussi aux États-Unis, il y a les différences suivantes:
La journée de travail est de 11 heures;
La fenêtre de travail est de 14 heures;
Aucune restriction sur la journée du calendrier;
La
nuit doit être de 10 heures consécutives; il y a bien une façon de
prendre 8 heures et de prendre le 2 heures qui manque pendant la journée
suivante, mais même les "troopers" ne savent comment interpréter cette
section de la loi. Je préfère ne pas trop utiliser.
La semaine se calcule d'une seule façon, soit un maximum de 70 heures dans les 8 derniers jours.
Pour faire la mise-à-jour, il faut prendre une pause de 34 heures.
Bien
des chauffeurs disent, et semblent se croire, que nous sommes OBLIGÉS
d'arrêter 36 heures après 70 heures de travail dans la semaine. Beaucoup
ne semblent pas savoir que pour les États-Unis, c'est seulement 34
heures. Comme la loi canadienne est un peu moins restrictives, parfois,
partir 2 heures plus vites, ça peut aider. Mais dans les deux cas, ce
n'est pas une obligation, c'est une possibilité. Si tu ne prends pas une
si longue pause, alors tu continues de surveiller que tu ne dépasses
pas les 70 heures dans les 7 ou 8 derniers jours, selon le pays où tu te
trouves.
Il faut respecter la loi du pays où tu te trouves en ce
moment. Donc, avant d'entrer aux États-Unis, tu dois prendre une nuit de
10 heures, même si comme tu es au Canada, 8 heures sont suffisantes.
Voilà, je pense que ça fait le tour...
Aucun message portant le libellé En réponse à.... Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé En réponse à.... Afficher tous les messages
12 février 2013
11 février 2011
Mise au point FAST - CTPAT
Étant donné les élucubrations répandues ailleurs, il est de bon usage de faire une mise au point.
J’ai dit dans un message précédant qu’AUCUNE raison concernant le chargement ne peut remettre en cause la carte EXPRESS/FAST d’un chauffeur. En effet, cette carte est une carte d’identité pour le chauffeur, sans plus. Il faut évidemment pour l’obtenir être plus blanc que blanc, mais sinon, reste que ce n’est qu’une carte d’identité qui, si elle nous est accordé, sous-entends que l’on a respecté, jusqu’à ce jour, les normes et règlements de la douane américaine (principalement), ainsi que la douane canadienne.
Parmi les raisons qui pourraient voir les autorités nous retirer notre carte FAST, il y a de faire une fausse déclaration au sujet de nos bagages (ou contenu personnel du camion), ou enfreindre d’autres règlements, comme celui de transporter de l’alcool aux États-Unis. Comme me disait la dame, lors d’un achat à la boutique hors-taxe américaine, nous sommes toujours en sol américain pour la distance qui reste avant d’entrer au Canada. Il serait donc possible d’être vérifier dans ce court bout de chemin, et le cas échéant se faire retirer ladite carte sur le champ.
Pour la compagnie, il y a le programme C-TPAT, qui joue un peu le même rôle. Pour être accréditer, la compagnie doit mettre en place diverses mesures afin d’assurer que ce qui entre dans une remorque n’est que ce que le client expédie. Ceci vaut tout autant pour la compagnie de transport que pour les clients. Chez certains clients où l’on entrait « comme dans une grange », des barrières, voire des cages dans certains cas, ont été installé. Impossible de déambuler dans l’entrepôt sans escorte.
Chez TJB, pour y entrer, un chauffeur se verra remettre une pastille à puce codée et identifiée à son nom. La puce sera codé différemment selon les accès possibles de tous et chacun. Les chauffeurs, les mécaniciens et le personnel de bureau ont chacun une codification différente, selon les endroits où leur travail leur donne accès. Par exemple, les chauffeurs n’ont pas accès au bureau ou au garage, mais ont accès aux aires communes (entrées, cuisine, salon), au lave-camion et à l’entrepôt. Un visiteur devra de son côté remplir un registre à son arrivée et au départ. Il est donc possible de retracer « qui a fait quoi »!
Tout ce système est sujet à revérification aux trois ans. C’était ce moment à la fin de janvier dernier. Un matin que j’étais au bureau, tout le personnel s’était mis belles et beaux, et tous étaient fébriles. Spécialement Mathiew, à qui il revenait de faire faire le tour du propriétaire aux deux inspectrices.
Lors de ma deuxième visite au garage en autant de fin de semaine, je me suis donc informé de l’état des lieux, étant donné ladite rumeur que je croyais tout à fait non-fondée. Et comment! Mathiew me confirma que c’était bien une simple visite de routine. Les deux dames sont reparties en nous laissant un pointage parfait (aucune recommandation ou point à améliorer). La précédente visite, au moment de la mise en place du système, nouveau pour tout le monde, avait laissé pas moins de trente-deux points à améliorer!
J’étais donc rassuré. Et beaucoup plus sur mon ancien ami que sur ma compagnie, ben évidemment…
10 janvier 2011
Quelques questions et leurs réponses...
Suite à quelques questions d'une amie Facebook, Lise, représentant le grand public, j'ai répondu un roman-fleuve. Vous savez, mon incapacité à faire des réponses courtes... En prime, j'ai eu une idée pour une série de message à suivre ici. Si vous êtes curieux du travail de camionneur, ça devrait vous intéresser.
*****
Première question: C'est quoi un Lebanon? (on commence fort!)
Réponse: Lebanon, c'est une ville du Tennessee ou ma compagnie livre au moins 15 voyages par semaine... et comme j'habite à deux pas du client, qui est à Joliette, alors j'en fait plus que ma part.
Et quand j'en fait deux, c'est qu'un chauffeur copain m'en a approché un à London ou à Windsor, en Ontario. On devrait donc parler en réalité d'un et demi.
Question: Es-tu toujours seul quand tu voyages ou si un passager peut t'accompagner? Je ne crois pas que tu puisses encore embarquer un "pouceux" à cause des assurances mais sur un long circuit, ta blonde ou un ami peut-il te tenir compagnie ou si seulement un deuxième chauffeur peut être passager?
Réponse: Réponse courte: ça dépend...
Réponse plus élaborée: ça varie d'une compagnie à l'autre. Chez nous, on peut ben amener épouse et enfants (bon, il ne demande pas le certificat de mariage, fa que tu peux ben amener l'épouse du voisin!), en autant que tout ce beau monde ait un passeport en règle.
Question douanes, je n'oserais jamais embarquer d'étranger. Ex: une fille que je connais "comme ça" d'Internet m'a déjà demandé si je pouvais l'amener au Texas. Je ne serais pas brave à ce point, car si qqun dans mon camion passait de la drogue (ou de l'alcool, en camion c'est strictement interdit), je serais fort probablement barré des États-Unis (entrée interdite) pour un sapré bout de temps.
De toute façon, mon camion actuel n'a qu'un lit simple. Je ne veux même pas amener mon propre frère, et ma conjointe, ben inque juste (parce que c'est beau collé, mais on ne dort pas si bien, et moi, j'ai une journée à faire au réveil).
Certaines compagnies, la plupart transportant des fruits et légumes de la Floride ou de la Californie, roulent à deux chauffeurs. L'un conduit pendant que l'autre essait de dormir. Il parait que parfois ils y arrivent... à dormir. Moi, j'ai fais ça deux semaines en commençant ma carrière, et j'ai dormi une fois de retour à la maison!
Commentaires de l'intervieweuse: Je comprends qu'en fait les entreprises n'imposent pas de contraintes quant au passager mais que tu protèges tes conditions de travail. Certain que tu privilégies tes conditions de vie (lit simple pour toi tout seul), que tu veux rester alerte (en dormant le temps qui t'est alloué) et être certain de pouvoir continuer ton travail (pas de pouceux). C'est intelligent et consciencieux! T'es donc de la race qui nous securise sur la route en plus d'être la roue (qui vient avant la derniere main) qui nous nourrit... En fait la tendance doit etre générale, les gars ne veulent pas perdre leur travail et les performances de chacun doivent être analysées... Ça doit être la jungle! Peut-être que non finalement parce que je pense que vous avez un maximum d'heures de conduite à ne pas dépasser et des pauses à respecter, non?
Réponses aux questions sous-entendues: Au sujet des passagers, certaines compagnies l'interdisent complètement, d'autres permettront les conjointes, parfois les enfants, des fois juste si ils sont majeurs, ou quoi encore? C'est vraiment propre à chacun, selon leurs humeurs, ou peut-être leur contrat d'assurance.
C'est la même chose lorsque vient le temps d'entrer dans une usine. Certaines exigent que le passager soit aussi un chauffeur (pour le cas ou il y a une équipe de deux chauffeurs), d'autres laisseront entrer seulement un adulte, d'autres les enfants. Dépendemment des dangers et là encore des assurances.
Ça pourrait donc arriver que j'amène ma fille, mais qu'en allant livrer, le gardien me dise de laisser ma fille avec lui à la guérite le temps que je suis dans leur cour. Parfois, il faut s'assurer de ce genre de politique avant le départ.
Je crois donc que nous avons, pour les passagers, une belle confiance et une belle liberté chez TJB.
*****
Pour tous les lecteurs: si vous avez des questions générales sur le métier de camionneur, sur la vie sur la route, ou sur la compagnie pour laquelle je travaille, soit Transport Jocelyn Bourdeau, n'hésitez pas à les poser. Vous pouvez les envoyez à l'adresse dans l'entête en haut du blogue.
*****
Première question: C'est quoi un Lebanon? (on commence fort!)
Réponse: Lebanon, c'est une ville du Tennessee ou ma compagnie livre au moins 15 voyages par semaine... et comme j'habite à deux pas du client, qui est à Joliette, alors j'en fait plus que ma part.
Et quand j'en fait deux, c'est qu'un chauffeur copain m'en a approché un à London ou à Windsor, en Ontario. On devrait donc parler en réalité d'un et demi.
Question: Es-tu toujours seul quand tu voyages ou si un passager peut t'accompagner? Je ne crois pas que tu puisses encore embarquer un "pouceux" à cause des assurances mais sur un long circuit, ta blonde ou un ami peut-il te tenir compagnie ou si seulement un deuxième chauffeur peut être passager?
Réponse: Réponse courte: ça dépend...
Réponse plus élaborée: ça varie d'une compagnie à l'autre. Chez nous, on peut ben amener épouse et enfants (bon, il ne demande pas le certificat de mariage, fa que tu peux ben amener l'épouse du voisin!), en autant que tout ce beau monde ait un passeport en règle.
Question douanes, je n'oserais jamais embarquer d'étranger. Ex: une fille que je connais "comme ça" d'Internet m'a déjà demandé si je pouvais l'amener au Texas. Je ne serais pas brave à ce point, car si qqun dans mon camion passait de la drogue (ou de l'alcool, en camion c'est strictement interdit), je serais fort probablement barré des États-Unis (entrée interdite) pour un sapré bout de temps.
De toute façon, mon camion actuel n'a qu'un lit simple. Je ne veux même pas amener mon propre frère, et ma conjointe, ben inque juste (parce que c'est beau collé, mais on ne dort pas si bien, et moi, j'ai une journée à faire au réveil).
Certaines compagnies, la plupart transportant des fruits et légumes de la Floride ou de la Californie, roulent à deux chauffeurs. L'un conduit pendant que l'autre essait de dormir. Il parait que parfois ils y arrivent... à dormir. Moi, j'ai fais ça deux semaines en commençant ma carrière, et j'ai dormi une fois de retour à la maison!
Commentaires de l'intervieweuse: Je comprends qu'en fait les entreprises n'imposent pas de contraintes quant au passager mais que tu protèges tes conditions de travail. Certain que tu privilégies tes conditions de vie (lit simple pour toi tout seul), que tu veux rester alerte (en dormant le temps qui t'est alloué) et être certain de pouvoir continuer ton travail (pas de pouceux). C'est intelligent et consciencieux! T'es donc de la race qui nous securise sur la route en plus d'être la roue (qui vient avant la derniere main) qui nous nourrit... En fait la tendance doit etre générale, les gars ne veulent pas perdre leur travail et les performances de chacun doivent être analysées... Ça doit être la jungle! Peut-être que non finalement parce que je pense que vous avez un maximum d'heures de conduite à ne pas dépasser et des pauses à respecter, non?
Réponses aux questions sous-entendues: Au sujet des passagers, certaines compagnies l'interdisent complètement, d'autres permettront les conjointes, parfois les enfants, des fois juste si ils sont majeurs, ou quoi encore? C'est vraiment propre à chacun, selon leurs humeurs, ou peut-être leur contrat d'assurance.
C'est la même chose lorsque vient le temps d'entrer dans une usine. Certaines exigent que le passager soit aussi un chauffeur (pour le cas ou il y a une équipe de deux chauffeurs), d'autres laisseront entrer seulement un adulte, d'autres les enfants. Dépendemment des dangers et là encore des assurances.
Ça pourrait donc arriver que j'amène ma fille, mais qu'en allant livrer, le gardien me dise de laisser ma fille avec lui à la guérite le temps que je suis dans leur cour. Parfois, il faut s'assurer de ce genre de politique avant le départ.
Je crois donc que nous avons, pour les passagers, une belle confiance et une belle liberté chez TJB.
Ensuite... J'essaie en effet d'être de ceux qui mettent la sécurité de tout le monde (moi comme les autres usagers de la route) en priorité. Une bonne majorité des chauffeurs de camions, je le crois sincèrement, sont du même genre. Ça n'empêche pas parfois d'étirer l'élastique de temps en temps. Mais très rarement, dans mon cas à tout le moins, au point de mettre la vie des autres usagers de la route en danger.
Dans la majorité des cas, les chauffeurs sont vraiment des professionnels de la route. Il faut par contre comprendre, du côté des "citoyens ordinaires" (lire: les automobilistes), que comme un camion est gros, lourd, imposant et intimidant, les impressions sont faussées. On aura toujours l'impression que "c'est ben pire que la réalité". Un exemple vite fait: dans un reportage récent à TVA portant sur les limiteurs de vitesse, les gens du public interrogés ont tout dit que les camions allaient encore trop vite! Et pourtant, tous les camions, venant de n'importe ou, sont "barrés" à 105 km/h!
Combien de voitures roulent aussi lentement sur une autoroute? Ou est Jean-Marie de Koninck lorsqu'on a besoin de lui? Ah, c'est vrai, c'est juste des automobilistes... Et que dire des chauffeurs d'autobus... Eux pourtant ont des vies à bord! Moi, quand ben même que je répandrais mes pneus ou mes rouleaux de papiers, tant qu'il n'y a personne en dessous, ce n'est pas si grave! Sauf pour moi...
Une simple visite à bord d'un camion, même à l'arrêt, donne une bonne idée de notre réalité. Entre autre pour les angles morts. On peut y cacher 5 ou 6 voitures... Alors l'osti de zouin-zouin qui prend une heure à faire un dépassement, on ne le voit plus pendant longtemps... Grrr! Méditez la dessus lors de votre prochain dépassement de camion.
Dans la majorité des cas, les chauffeurs sont vraiment des professionnels de la route. Il faut par contre comprendre, du côté des "citoyens ordinaires" (lire: les automobilistes), que comme un camion est gros, lourd, imposant et intimidant, les impressions sont faussées. On aura toujours l'impression que "c'est ben pire que la réalité". Un exemple vite fait: dans un reportage récent à TVA portant sur les limiteurs de vitesse, les gens du public interrogés ont tout dit que les camions allaient encore trop vite! Et pourtant, tous les camions, venant de n'importe ou, sont "barrés" à 105 km/h!
Combien de voitures roulent aussi lentement sur une autoroute? Ou est Jean-Marie de Koninck lorsqu'on a besoin de lui? Ah, c'est vrai, c'est juste des automobilistes... Et que dire des chauffeurs d'autobus... Eux pourtant ont des vies à bord! Moi, quand ben même que je répandrais mes pneus ou mes rouleaux de papiers, tant qu'il n'y a personne en dessous, ce n'est pas si grave! Sauf pour moi...
Une simple visite à bord d'un camion, même à l'arrêt, donne une bonne idée de notre réalité. Entre autre pour les angles morts. On peut y cacher 5 ou 6 voitures... Alors l'osti de zouin-zouin qui prend une heure à faire un dépassement, on ne le voit plus pendant longtemps... Grrr! Méditez la dessus lors de votre prochain dépassement de camion.
Depuis deux ans environ, dans le camionnage, il y a eu beaucoup de compagnies qui ont soit rapetissées, soit fermées. Donc, chez celles qui restent en vie, il y a énormément de chauffeurs en attente d'être embauchés. Aussitôt qu'un camion se libère, en quelques appels (la présélection étant faite), un nouveau chauffeur est engagé et le camion sera de retour sur la route en peu de temps. Ce n'est effectivement pas le temps de se faire détester. En même temps, nous conservons quand même un droit à l'erreur. Sauf que si ça devenait systématique, la porte serait proche...
Encore que... lors de l'embauche, une certaine vérification des emplois précédents est effectuée. Ainsi qu'un test sur la route. Généralement, un chauffeur embauché sera compétent et, si il fait le moindrement des semaines raisonables (question distance parcourue), aura du travail tout le temps qu'il le désire. Parce que dans bien des cas, à la recherche d'un idéal inexistant, le chauffeur ira voir ailleurs. Souvent après quelques mois. Six, douze mois... Deux ans, maximum pour bien des cas.
Pour l'anecdote: aujourd'hui marque le neuvième anniversaire de mon embauche chez TJB. Je fais parti des meubles. Un seul chauffeur sur la liste de paie est plus vieux que moi dans la compagnie. Si on inclut tout le monde, je dois être vers le cinquième rang, au maximum dix. Comme on était attablé à un restaurant pour la fête de Sarah (ma fille), je dis tout haut: "tant qu'à fêter, ça fait neuf ans que j'ai mon travail". Mon beau-frère, lui aussi camionneur, répond: "je n'ai jamais été aussi longtemps à la même place"! Quand j'ai dit, après six ans, que j'avais maintenant eu ma semaine de vacances supplémentaires (nous sommes sous les normes du travail fédérale, vraiment minime!), beaucoup de chauffeurs n'avaient jamais entendu parler de ça! Symptomatique d'une industrie basé sur les relations humaines ou paradoxalement il y a le moins de respect des autres... et tellement de chauffeurs qui ne savent pas ce qu'ils veulent eux-mêmes!
Le temps de travail est en effet gouverné pas les lois du tranport. Et vérifié sur la route, aux balances ou par un patrouilleur, ou au bureau pendant plusieurs années par visite de routine ou surprise. Et scrupuleusement examiné en cas d'accident.
Afin de bien nous mélanger (et ainsi pouvoir nous coincer...), la loi est différente au Canada et aux États-Unis. Pour nous qui faisons les deux côtés, les risques d'erreurs sont là.
Donc, au Canada, nous avons droit de rouler 13 heures par jour, à l'intérieur d'une fenêtre de 16 heures, et sommes obligés d'être arrêter pendant 8 heures avant de repartir. Pendant la journée de travail, 2 heures de pause, en portion de 30 minutes et plus, doivent être prises.
Aux États-Unis, on parle de 11 heures par jour, d'une fenêtre de 14 heures et d'une seule pause de 10 heures.
En plus de ça, nous avons une limite pour la semaine. Maximum de 70 heures dans les 7 derniers jours de travail pour le Canada. Mais de 70 heures dans les 8 derniers jours pour les États-Unis.
Notez que c'est la version simplifiée. Il y a quelques autres subtilités!
La jungle de tout ça vient du fait que tout ce beau système est basé sur la confiance. Le chauffeur doit écrire ce qu'il fait dans un registre... mais il peut bien écrire ce qu'il veut. Les États-Unis commencent à peine l'obligation d'installer une boite noire, qui ne pourra pas mentir, ou étirer l'élastique...
La jungle aussi vient du fait que nous sommes rémunéré à la distance parcourue (sois-disant pour nous "pousser dans le cul"), mais limité en heures de conduite et de travail.
Donc, par exemple, si je roule à 100 km/h, j'ai un salaire raisonnable à l'heure. Mais si je suis dans un bouchon de circulation, à ne presque pas rouler, alors là, aucune compensation...
Encore que... lors de l'embauche, une certaine vérification des emplois précédents est effectuée. Ainsi qu'un test sur la route. Généralement, un chauffeur embauché sera compétent et, si il fait le moindrement des semaines raisonables (question distance parcourue), aura du travail tout le temps qu'il le désire. Parce que dans bien des cas, à la recherche d'un idéal inexistant, le chauffeur ira voir ailleurs. Souvent après quelques mois. Six, douze mois... Deux ans, maximum pour bien des cas.
Pour l'anecdote: aujourd'hui marque le neuvième anniversaire de mon embauche chez TJB. Je fais parti des meubles. Un seul chauffeur sur la liste de paie est plus vieux que moi dans la compagnie. Si on inclut tout le monde, je dois être vers le cinquième rang, au maximum dix. Comme on était attablé à un restaurant pour la fête de Sarah (ma fille), je dis tout haut: "tant qu'à fêter, ça fait neuf ans que j'ai mon travail". Mon beau-frère, lui aussi camionneur, répond: "je n'ai jamais été aussi longtemps à la même place"! Quand j'ai dit, après six ans, que j'avais maintenant eu ma semaine de vacances supplémentaires (nous sommes sous les normes du travail fédérale, vraiment minime!), beaucoup de chauffeurs n'avaient jamais entendu parler de ça! Symptomatique d'une industrie basé sur les relations humaines ou paradoxalement il y a le moins de respect des autres... et tellement de chauffeurs qui ne savent pas ce qu'ils veulent eux-mêmes!
Le temps de travail est en effet gouverné pas les lois du tranport. Et vérifié sur la route, aux balances ou par un patrouilleur, ou au bureau pendant plusieurs années par visite de routine ou surprise. Et scrupuleusement examiné en cas d'accident.
Afin de bien nous mélanger (et ainsi pouvoir nous coincer...), la loi est différente au Canada et aux États-Unis. Pour nous qui faisons les deux côtés, les risques d'erreurs sont là.
Donc, au Canada, nous avons droit de rouler 13 heures par jour, à l'intérieur d'une fenêtre de 16 heures, et sommes obligés d'être arrêter pendant 8 heures avant de repartir. Pendant la journée de travail, 2 heures de pause, en portion de 30 minutes et plus, doivent être prises.
Aux États-Unis, on parle de 11 heures par jour, d'une fenêtre de 14 heures et d'une seule pause de 10 heures.
En plus de ça, nous avons une limite pour la semaine. Maximum de 70 heures dans les 7 derniers jours de travail pour le Canada. Mais de 70 heures dans les 8 derniers jours pour les États-Unis.
Notez que c'est la version simplifiée. Il y a quelques autres subtilités!
La jungle de tout ça vient du fait que tout ce beau système est basé sur la confiance. Le chauffeur doit écrire ce qu'il fait dans un registre... mais il peut bien écrire ce qu'il veut. Les États-Unis commencent à peine l'obligation d'installer une boite noire, qui ne pourra pas mentir, ou étirer l'élastique...
La jungle aussi vient du fait que nous sommes rémunéré à la distance parcourue (sois-disant pour nous "pousser dans le cul"), mais limité en heures de conduite et de travail.
Donc, par exemple, si je roule à 100 km/h, j'ai un salaire raisonnable à l'heure. Mais si je suis dans un bouchon de circulation, à ne presque pas rouler, alors là, aucune compensation...
*****
Pour tous les lecteurs: si vous avez des questions générales sur le métier de camionneur, sur la vie sur la route, ou sur la compagnie pour laquelle je travaille, soit Transport Jocelyn Bourdeau, n'hésitez pas à les poser. Vous pouvez les envoyez à l'adresse dans l'entête en haut du blogue.
3 octobre 2010
Lettre à Boubou
Comme ça, le chant des sirènes a fait son œuvre... et ainsi le doute s’est installé dans ton esprit. Et tu es maintenant un indécis. C’est monsieur Léger qui va être content, lui dont le travail consiste à traquer les indécis. Mais je m’égare.
Dans ton dernier statut sur Facebook, tu indiques que tu pourrais avoir gain de cause chez Trans-West… quitte à monter plus haut s’il le faut. La belle affaire.
Je te donne mon humble opinion, bien que non sollicité. Parce que je suis déjà passé par là. Dans ma vie de plate-forme, j’étais pour une compagnie où, après trois à six mois, tu étais classé dans les meubles (lire : dans les plus vieux de la compagnie). Et ce, pour près de trois cents chauffeurs (pour environ cent camions) à mon arrivée. C’était en février il y a un peu plus de douze ans, ce qui ne me rajeunit pas… J’étais bien naïf à cette époque, autant dans le transport qu’en général, je dois avouer. On m’aurait fait croire n’importe quoi… Et cette compagnie, que j’appelle affectueusement mon « stage rémunéré », en abusait joyeusement. Sur moi comme sur tous les autres.
Ce petit préambule pour dire qu’à un certain point, je suis arrivé au même état d’esprit que toi en ce moment. Un rien aurait pu me retenir. J’aimais malgré tout ce travail, qu’en plus, sur les bonnes paroles des satanés « vieux chauffeurs », je croyais si bien payé et si attrayant de par la possibilité de prendre autant de congé que mon bon vouloir le commandait! Pour la petite histoire : la paye, tricotée d’une façon tout à fait humoristique, revient à deux gros bruns en moins comparer à celle que je fais maintenant pour une semaine semblable. Et comme mon oncle Marc me le fit remarquer avec justesse, « du congé sans solde, n’importe qui va t’en donner, puisqu’il ne te paye pas ». Ouin, ben évidemment, ai-je réfléchi plus tard... Malgré tout ce que je n’y aimais pas, ainsi que le surplus de travail que ça aurait occasionné, un transfert dans la section B-Train m’aurait retenu. Meilleur salaire à cause de la prime, disparition des fameux « Interstate » (transport illégal intra-États-Unis) et surtout, répartition à l’ancienneté, avec des chauffeurs qui se respectent et se font respecter. Le rêve, mais quand même en plate-forme... Avec le recul, là encore, ça aurait fait un temps, mais j’aurais probablement fini par me tanner, et quitter quand même.
Bref, ma situation valait, à l’époque, la tienne actuellement. Écœuré, mais d’une certaine façon, pas « game » de tout quitter! Je dirais qu’il y eut presqu’un an de réflexion avant de passer à l’acte.
C’est pour ça que je m’en voudrais de ne pas te souligner que, il y a quelques mois, tu as atteint un premier niveau. Et tu as téléphoné chez TJB. Et il y a quelques jours, tu as atteint un autre niveau. Cette fois-ci, tu as non seulement téléphoné, mais obtenu une entrevue, un test sur route et, couronnement, un poste. Bien sur, pour toi, un travail chez TJB, ça fait encore parti de l’inconnu, de la nouveauté. Et loin de moi l’idée de te racoler. Tu sais déjà tout ce que je pourrais t’en dire, je l’ai déjà fait, en parole ou en écrit. Et ce n’est pas non plus le sens de mon propos.
Dans toutes ces années dans le merveilleux monde du transport, j’ai rapidement compris que « un chauffeur ne peut pas à lui seul changer une compagnie »… et qu’ « une compagnie ne changera jamais fondamentalement pour un chauffeur ». Ces deux énoncés sont indéniables, et je suis presque certains qu’ils s’appliquent à toutes les compagnies. Si un chauffeur arrive à faire passer un point sur une certaine partie du travail, ce ne sera au mieux que temporaire, le temps que les choses se tassent, que les esprits se tiédissent. Au pire, le chauffeur ne « fittera » plus dans le décor… ou ne satisfera plus aux critères de la compagnie.
Ce fut mon cas lorsque, prenant tout mon courage à deux mains (c’est tellement pas moi de rouspéter contre mon travail), je suis allé « dans le bureau » pour aviser que les « Interstate », c’était fini pour moi. D’abord surpris de m’entendre, moi qui ne disais jamais un mot plus haut que l’autre, ils avaient ensuite acquiescé, en m’avisant que certaines destinations me deviendraient soudainement hors de porté. Ce que je savais déjà, et acceptais, faute de mieux.
Dès cet instant, j’ai compris que je ne « fittais » plus dans leur décor. Et comme le répartiteur a droit de vie ou de mort sur chacun de ses chauffeurs, dans bien des cas, si besoin est, la vie sera dure. Une connaissance à moi avait atteint ce point, mais plutôt que de comprendre le message, en était réduit à rouler jour et nuit afin de se sortir un salaire décent. Ayant compris mes capacités, il m’était impossible de faire de même. De jour OU de nuit, mais jamais les deux en même temps! C’est ce que j’ai appelé la période de répartition contre-productive. Si j’avais du temps, on me donnait un voyage court, et si j’avais peu de temps, on me donnait un voyage long (la majorité des voyages se faisait en une journée, entre 300 et 600 miles). Avec comme résultat que je me retrouvais chez mon client « juste assez trop tard » pour livrer, donc « on attend à demain matin » que le préposé soit de retour, préposé qu’une fois j’ai même croisé à sa sortie de l’usine à quatorze heures! C’est long jusqu’au lendemain matin… Et c’est rare les stationnements (et je ne parle même pas des relais de camions) dans le New Jersey. Quand j’ai trouvé, il était vingt heures!
Tout ça pour dire (non mais, y vas t’y aboutir?) que, dans ta réflexion à savoir si tu fais le bon choix, et que toi seul peux faire, n’oublie pas que, obtiendrais-tu un camion attitré et un travail solo (j’imagine que l’un ne vas pas sans l’autre, mais pas obligatoirement), il serait fort probable, si je me fis à bien des commentaires externes, et quelques internes, que tu ne « fitterais » plus dans leur moule, eux faisant du travail en équipe et en camion partagé. Et dans quelques semaines, quelques mois peut-être, la tension et les frictions seraient de retour… Sans compter que, passerais-tu au-dessus de « celui qu’on ne nommera pas ici », qu’il aurait fort probablement une influence plus ou moins grande sur le reste du bureau. Et donc sur ta vie sur la route...
Parles-en avec quelqu’un que tu connais bien, qui faisait du solo et qui, soudainement pour une raison obscure, ne « fitta » plus dans le moule et est de retour en équipe...
Dans ton dernier statut sur Facebook, tu indiques que tu pourrais avoir gain de cause chez Trans-West… quitte à monter plus haut s’il le faut. La belle affaire.
Je te donne mon humble opinion, bien que non sollicité. Parce que je suis déjà passé par là. Dans ma vie de plate-forme, j’étais pour une compagnie où, après trois à six mois, tu étais classé dans les meubles (lire : dans les plus vieux de la compagnie). Et ce, pour près de trois cents chauffeurs (pour environ cent camions) à mon arrivée. C’était en février il y a un peu plus de douze ans, ce qui ne me rajeunit pas… J’étais bien naïf à cette époque, autant dans le transport qu’en général, je dois avouer. On m’aurait fait croire n’importe quoi… Et cette compagnie, que j’appelle affectueusement mon « stage rémunéré », en abusait joyeusement. Sur moi comme sur tous les autres.
Ce petit préambule pour dire qu’à un certain point, je suis arrivé au même état d’esprit que toi en ce moment. Un rien aurait pu me retenir. J’aimais malgré tout ce travail, qu’en plus, sur les bonnes paroles des satanés « vieux chauffeurs », je croyais si bien payé et si attrayant de par la possibilité de prendre autant de congé que mon bon vouloir le commandait! Pour la petite histoire : la paye, tricotée d’une façon tout à fait humoristique, revient à deux gros bruns en moins comparer à celle que je fais maintenant pour une semaine semblable. Et comme mon oncle Marc me le fit remarquer avec justesse, « du congé sans solde, n’importe qui va t’en donner, puisqu’il ne te paye pas ». Ouin, ben évidemment, ai-je réfléchi plus tard... Malgré tout ce que je n’y aimais pas, ainsi que le surplus de travail que ça aurait occasionné, un transfert dans la section B-Train m’aurait retenu. Meilleur salaire à cause de la prime, disparition des fameux « Interstate » (transport illégal intra-États-Unis) et surtout, répartition à l’ancienneté, avec des chauffeurs qui se respectent et se font respecter. Le rêve, mais quand même en plate-forme... Avec le recul, là encore, ça aurait fait un temps, mais j’aurais probablement fini par me tanner, et quitter quand même.
Bref, ma situation valait, à l’époque, la tienne actuellement. Écœuré, mais d’une certaine façon, pas « game » de tout quitter! Je dirais qu’il y eut presqu’un an de réflexion avant de passer à l’acte.
C’est pour ça que je m’en voudrais de ne pas te souligner que, il y a quelques mois, tu as atteint un premier niveau. Et tu as téléphoné chez TJB. Et il y a quelques jours, tu as atteint un autre niveau. Cette fois-ci, tu as non seulement téléphoné, mais obtenu une entrevue, un test sur route et, couronnement, un poste. Bien sur, pour toi, un travail chez TJB, ça fait encore parti de l’inconnu, de la nouveauté. Et loin de moi l’idée de te racoler. Tu sais déjà tout ce que je pourrais t’en dire, je l’ai déjà fait, en parole ou en écrit. Et ce n’est pas non plus le sens de mon propos.
Dans toutes ces années dans le merveilleux monde du transport, j’ai rapidement compris que « un chauffeur ne peut pas à lui seul changer une compagnie »… et qu’ « une compagnie ne changera jamais fondamentalement pour un chauffeur ». Ces deux énoncés sont indéniables, et je suis presque certains qu’ils s’appliquent à toutes les compagnies. Si un chauffeur arrive à faire passer un point sur une certaine partie du travail, ce ne sera au mieux que temporaire, le temps que les choses se tassent, que les esprits se tiédissent. Au pire, le chauffeur ne « fittera » plus dans le décor… ou ne satisfera plus aux critères de la compagnie.
Ce fut mon cas lorsque, prenant tout mon courage à deux mains (c’est tellement pas moi de rouspéter contre mon travail), je suis allé « dans le bureau » pour aviser que les « Interstate », c’était fini pour moi. D’abord surpris de m’entendre, moi qui ne disais jamais un mot plus haut que l’autre, ils avaient ensuite acquiescé, en m’avisant que certaines destinations me deviendraient soudainement hors de porté. Ce que je savais déjà, et acceptais, faute de mieux.
Dès cet instant, j’ai compris que je ne « fittais » plus dans leur décor. Et comme le répartiteur a droit de vie ou de mort sur chacun de ses chauffeurs, dans bien des cas, si besoin est, la vie sera dure. Une connaissance à moi avait atteint ce point, mais plutôt que de comprendre le message, en était réduit à rouler jour et nuit afin de se sortir un salaire décent. Ayant compris mes capacités, il m’était impossible de faire de même. De jour OU de nuit, mais jamais les deux en même temps! C’est ce que j’ai appelé la période de répartition contre-productive. Si j’avais du temps, on me donnait un voyage court, et si j’avais peu de temps, on me donnait un voyage long (la majorité des voyages se faisait en une journée, entre 300 et 600 miles). Avec comme résultat que je me retrouvais chez mon client « juste assez trop tard » pour livrer, donc « on attend à demain matin » que le préposé soit de retour, préposé qu’une fois j’ai même croisé à sa sortie de l’usine à quatorze heures! C’est long jusqu’au lendemain matin… Et c’est rare les stationnements (et je ne parle même pas des relais de camions) dans le New Jersey. Quand j’ai trouvé, il était vingt heures!
Tout ça pour dire (non mais, y vas t’y aboutir?) que, dans ta réflexion à savoir si tu fais le bon choix, et que toi seul peux faire, n’oublie pas que, obtiendrais-tu un camion attitré et un travail solo (j’imagine que l’un ne vas pas sans l’autre, mais pas obligatoirement), il serait fort probable, si je me fis à bien des commentaires externes, et quelques internes, que tu ne « fitterais » plus dans leur moule, eux faisant du travail en équipe et en camion partagé. Et dans quelques semaines, quelques mois peut-être, la tension et les frictions seraient de retour… Sans compter que, passerais-tu au-dessus de « celui qu’on ne nommera pas ici », qu’il aurait fort probablement une influence plus ou moins grande sur le reste du bureau. Et donc sur ta vie sur la route...
Parles-en avec quelqu’un que tu connais bien, qui faisait du solo et qui, soudainement pour une raison obscure, ne « fitta » plus dans le moule et est de retour en équipe...
25 juillet 2010
Bonjour, je me présente...
On m'a récemment demandé, de la part du Gentil Astineux, si j'étais indépendantiste. Ben quin! Alors, comme je me suis récemment présenté en mots pour un nouveau contact, je retranscris ici pour le plaisir de mes lecteurs plus récents. Ça fait le portrait assez complet. Et ça risque de partir bien des discussions... c'est ça le but!
Gentil Astineux: vous m'invitiez à vous répondre sur votre blogue, mais je n'ai pas trouvé de façon de vous joindre, sauf de laisser un commentaire à une de vos publications récentes, auquelles je n'avais pas rien de bien intelligents à ajouter. Comme vous semblez fréquenter mon blogue, vous voilà répondu.
*****
Je me définis avant tout comme indépendantiste, au delà même des partis politiques. Autrement dit, je suis plus indépendantiste que partisan du Parti Québécois, spécialement ces récentes années... Je suis aussi "un peu plus à gauche" que le centre. Je crois qu'il ne faut pas négliger les mesures sociales et collectives, sans pour autant trop empêcher l'économie de rouler.
J'ai dans ma liste beaucoup de blogueurs de droite, que j'ai ajouté un moment donné à force de me faire traiter de "gauchiste fermé qui ne connait rien de la droite". Aussi par souci de mieux connaitre l'ennemi! Malheureusement, un ménage sera à faire dans ma liste, trop de ces blogueurs sont beaucoup trop mal embouchés pour demeurer intéressant... Trop de partisans de la droite (peut-être que je ne connais pas les meilleurs) sont aussi beaucoup plus prompt à vous envoyer paitre qu'à vous expliquer leur théorie!
En fait, je crois que j'ai une sainte horreur des êxtrêmes... et la droite me semble assez souvent à l'extrême! Comme disait Homer Simpson dans un avion: on va tous mourir! Ben oui, mais on ne sait pas quand.
La droite en plus, selon moi, mélange tout et, surtout, ne peut voir l'once d'une bonne chose dans et la gauche, et l'état, et le gouvernement, et le monde syndical, et le Parti Québécois, et l'indépendance, et l'histoire du Québec. Tout ce beau monde, bien que souvent porté par les mêmes militants, n'est pas la même chose, et surtout, tout ce qui en sort n'est ni positif ni négatif d'emblée. Il y a du bon et du mauvais, il y a certes matières à discussion, à débat dans le Québec tel qu'on le vit ces dernières années. Mais eux sont portés, que dis-je, sont en mission pour torpiller tout ce qui sort des éléments ci-haut mentionnés.
En contrepartie, je ne suis pas non plus de ceux qui croient que tout ce qui sort de la droite est à jeter au panier. Là aussi, il y a du bon et du mauvais. De mon côté, je ne demande qu'à comprendre. Mais j'exige que la droite m'explique ses principes, et me démontre que ce serait mieux que ce qu'on a déjà. Sinon, à quoi bon tout chambouler? La droite, par exemple, ne cesse de dire que "le problème c'est les maudits syndicats"! Mais lorsque vous négociez comme Québécor (en méprisant les employés, en ne vous présentant pas aux négos, en n'écoutant pas ce qu'eux auraient comme solution), ben, qui est le plus coupable? Les employés ou l'employeur?
Dans la santé, par exemple, les syndicats ont justement de nombreuses solutions, mais personnes ne prendre même le temps de les écouter! Encore moins de les évaluer froidement, le présent gouvernement désirant plus livrer la santé à ses amis du privé, Desmarais en tête! Et on ne me fera pas croire que, par exemple, le salaire des infirmières au privé est tellement plus bas que celles du public, que les économies tomberont du ciel instantanément! La part des "tellements généreuses conditions des maudits syndicats" sera assurément remplacé par la part de profit du privé. Un revenant à l'autre, en quelques sortes. On aura gagné quoi?
Comme j'ai lu sur L'aut'Journal, lors du grand verglas, si Hydro-Québec aurait été en fait plusieurs petites compagnies, elles auraient fait faillite. Parce que c'était étatisé, nous sommes passé au travers.
Donc, c'est ben beau, toutes ces argumentations gauche-droite, mais en fait, cela touche le fonctionnement de la société. L'indépendance est au dessus de tout ça. Je n'ai aucun problème avec un indépendantiste de droite. Une fois le Québec souverain, la discussion gauche-droite sera toujours aussi pertinente, et toujours aussi à réévaluer en permanence. Mais comme la droite mélange tout, ils continuent de répandre l'idée qu'un Québec souverain sera un Cuba! Non mais...
Présentement, ceux qui j'aime bien fréquenter, idéologiquement parlant, sont Joseph Facal, Jean-François Lisée et Josée Legault. D'ailleurs, avez-vous remarqué que des immigrants, comme Facal, Boucar Diouf, ou d'autres, sont souvent ceux qui auront les meilleurs arguments, la meilleure connaissance du Québec. Bien plus que certains "de souche". Probablement à cause du regard extérieur qu'ils ont.
Ah oui... et les maudites turbulences! Si un indépendantiste dit que "tout ira bien", il se fait ramasser. Si un autre dit qu'il y aura des turbulences (ou appelons ça comme on voudra), il se fait aussi ramasser! C'est certain qu'une transition entre Québec-province et Québec-pays ne se fera pas sans mouvement. Pis? Lorsque j'ai changé de travail, ça a été turbulent. Lorsque ma nouvelle compagnie a été absorbé par une autre, ça a été turbulent. Dans les deux cas, de bonne foi de la part de tous, ça c'est quand même bien déroulé. Tellement que j'y suis toujours!
Quand je suis parti de chez mes parents aussi, c'était économiquement et logiquement la pire des décisions à prendre. Et pourtant, nous passons tous par là, et personne ne reviendrait à la maison. Puis, après un moment qu'on pourrait dire de turbulence, ben, mon sort s'est grandement amélioré par la suite!
L'indépendance, pour une personne comme pour un peuple, n'a pas de prix!
P.S.: les publications vont au rythme de mes temps libres, peu nombreux vu mon travail, et au rythme des disponibilités d'Internet gratuit sur la route. Parfois c'est plus, parfois c'est moins. Et tous les sujets sont d'intérêts.
Gentil Astineux: vous m'invitiez à vous répondre sur votre blogue, mais je n'ai pas trouvé de façon de vous joindre, sauf de laisser un commentaire à une de vos publications récentes, auquelles je n'avais pas rien de bien intelligents à ajouter. Comme vous semblez fréquenter mon blogue, vous voilà répondu.
*****
Je me définis avant tout comme indépendantiste, au delà même des partis politiques. Autrement dit, je suis plus indépendantiste que partisan du Parti Québécois, spécialement ces récentes années... Je suis aussi "un peu plus à gauche" que le centre. Je crois qu'il ne faut pas négliger les mesures sociales et collectives, sans pour autant trop empêcher l'économie de rouler.
J'ai dans ma liste beaucoup de blogueurs de droite, que j'ai ajouté un moment donné à force de me faire traiter de "gauchiste fermé qui ne connait rien de la droite". Aussi par souci de mieux connaitre l'ennemi! Malheureusement, un ménage sera à faire dans ma liste, trop de ces blogueurs sont beaucoup trop mal embouchés pour demeurer intéressant... Trop de partisans de la droite (peut-être que je ne connais pas les meilleurs) sont aussi beaucoup plus prompt à vous envoyer paitre qu'à vous expliquer leur théorie!
En fait, je crois que j'ai une sainte horreur des êxtrêmes... et la droite me semble assez souvent à l'extrême! Comme disait Homer Simpson dans un avion: on va tous mourir! Ben oui, mais on ne sait pas quand.
La droite en plus, selon moi, mélange tout et, surtout, ne peut voir l'once d'une bonne chose dans et la gauche, et l'état, et le gouvernement, et le monde syndical, et le Parti Québécois, et l'indépendance, et l'histoire du Québec. Tout ce beau monde, bien que souvent porté par les mêmes militants, n'est pas la même chose, et surtout, tout ce qui en sort n'est ni positif ni négatif d'emblée. Il y a du bon et du mauvais, il y a certes matières à discussion, à débat dans le Québec tel qu'on le vit ces dernières années. Mais eux sont portés, que dis-je, sont en mission pour torpiller tout ce qui sort des éléments ci-haut mentionnés.
En contrepartie, je ne suis pas non plus de ceux qui croient que tout ce qui sort de la droite est à jeter au panier. Là aussi, il y a du bon et du mauvais. De mon côté, je ne demande qu'à comprendre. Mais j'exige que la droite m'explique ses principes, et me démontre que ce serait mieux que ce qu'on a déjà. Sinon, à quoi bon tout chambouler? La droite, par exemple, ne cesse de dire que "le problème c'est les maudits syndicats"! Mais lorsque vous négociez comme Québécor (en méprisant les employés, en ne vous présentant pas aux négos, en n'écoutant pas ce qu'eux auraient comme solution), ben, qui est le plus coupable? Les employés ou l'employeur?
Dans la santé, par exemple, les syndicats ont justement de nombreuses solutions, mais personnes ne prendre même le temps de les écouter! Encore moins de les évaluer froidement, le présent gouvernement désirant plus livrer la santé à ses amis du privé, Desmarais en tête! Et on ne me fera pas croire que, par exemple, le salaire des infirmières au privé est tellement plus bas que celles du public, que les économies tomberont du ciel instantanément! La part des "tellements généreuses conditions des maudits syndicats" sera assurément remplacé par la part de profit du privé. Un revenant à l'autre, en quelques sortes. On aura gagné quoi?
Comme j'ai lu sur L'aut'Journal, lors du grand verglas, si Hydro-Québec aurait été en fait plusieurs petites compagnies, elles auraient fait faillite. Parce que c'était étatisé, nous sommes passé au travers.
Donc, c'est ben beau, toutes ces argumentations gauche-droite, mais en fait, cela touche le fonctionnement de la société. L'indépendance est au dessus de tout ça. Je n'ai aucun problème avec un indépendantiste de droite. Une fois le Québec souverain, la discussion gauche-droite sera toujours aussi pertinente, et toujours aussi à réévaluer en permanence. Mais comme la droite mélange tout, ils continuent de répandre l'idée qu'un Québec souverain sera un Cuba! Non mais...
Présentement, ceux qui j'aime bien fréquenter, idéologiquement parlant, sont Joseph Facal, Jean-François Lisée et Josée Legault. D'ailleurs, avez-vous remarqué que des immigrants, comme Facal, Boucar Diouf, ou d'autres, sont souvent ceux qui auront les meilleurs arguments, la meilleure connaissance du Québec. Bien plus que certains "de souche". Probablement à cause du regard extérieur qu'ils ont.
Ah oui... et les maudites turbulences! Si un indépendantiste dit que "tout ira bien", il se fait ramasser. Si un autre dit qu'il y aura des turbulences (ou appelons ça comme on voudra), il se fait aussi ramasser! C'est certain qu'une transition entre Québec-province et Québec-pays ne se fera pas sans mouvement. Pis? Lorsque j'ai changé de travail, ça a été turbulent. Lorsque ma nouvelle compagnie a été absorbé par une autre, ça a été turbulent. Dans les deux cas, de bonne foi de la part de tous, ça c'est quand même bien déroulé. Tellement que j'y suis toujours!
Quand je suis parti de chez mes parents aussi, c'était économiquement et logiquement la pire des décisions à prendre. Et pourtant, nous passons tous par là, et personne ne reviendrait à la maison. Puis, après un moment qu'on pourrait dire de turbulence, ben, mon sort s'est grandement amélioré par la suite!
L'indépendance, pour une personne comme pour un peuple, n'a pas de prix!
P.S.: les publications vont au rythme de mes temps libres, peu nombreux vu mon travail, et au rythme des disponibilités d'Internet gratuit sur la route. Parfois c'est plus, parfois c'est moins. Et tous les sujets sont d'intérêts.
23 juillet 2010
Les manifestants ont-ils raison?
Lors de la rencontre du G20 à Toronto, il y a eu, comme c’est le cas la plupart du temps, une manifestation des altermondialistes. Évidemment, avec un peu (beaucoup?) de casse, et beaucoup de brasse camarade.
Tout d’abord, loin de moi l’idée de justifier, ou non, l’omnipotence du G20, ou même du G8, sur le monde entier. Par contre, le seul fait que les pays du G20 comptent pour plus de 80% de l’économie mondial leur donne tout un pouvoir. À eux de voir ce qu’ils en font, individuellement et collectivement. D’un autre côté, lorsque je reçois chez moi une vingtaine d’amis, aucune clôture n’est nécessaire, ni l’antiémeute. Personne ne vient manifester! Si c’est le cas pour les G8 et G20 de ce monde, ils auraient peut-être quelques questions à se poser… de transparences entre autres choses.
Cette fois-ci, le sommet du G20 fût tenu « downtown Toronto »! Ma foi, une ben belle place alors qu’il est archi-connu qu’il y aura manifestations et présence de millier de personnes. Je me souviens d’un précédent sommet que Jean Chrétien avait parachuté dans le nord de l’Alberta (me semble) là où, pensait-on, les manifestants ne trouveraient pas de logements (hôtels), donc leur nombre serait dès lors moindre. Ce fut le cas!
Je ne remets pas en cause ici le droit des chefs des pays concernés de se rencontrer et de discuter des enjeux qui touchent de plus en plus tous les pays, tous les peuples. À la rigueur, je pourrai questionner les solutions proposées, mais ce n’est pas le propos de ce billet. Je ne remets pas non plus en cause le droit de manifester, en autant que ce ne soit fait pacifiquement, dans le bon ordre et le calme. Je suis contre toute forme de violence, que rien ne pourrait justifier à mes yeux.
J’ai lu sur Internet quelques billets disant en gros que, lorsque tu prends congé du travail, que tu montes dans un autobus pour aller manifester alors que tout le monde sait que la police aura été hyper préparé, que la sécurité nous aura couté un bras, etc., donc tu es en droit de t’attendre de te faire ramasser par ladite police.
Bon, partons de là. Jusque là, je suis d’accord. C’est d’ailleurs pourquoi, à cause de mon travail qui demande d’avoir un dossier (criminel comme personnel) plus que parfait, vous ne me verrez jamais dans aucune manifestation. D’une certaine façon, c’est rendu trop fou!
On a vu, dans le téléroman Belle-Baie, comment les manifestants sont formés pour faire face à la police. Comment ont leur montre, par différentes méthodes, à résister, voir à désobéir à la police. Le tout fait sans coup de part et d’autres. Évidemment, c’était une fiction. Mais dans la vraie vie, j’ose imaginer que c’est la même chose. Du moins, ça le devrait, le groupe de manifestants étant le moindrement organisé et sérieux.
Mais… Lorsque la manifestation cause plus d’arrestations que la Crise d’Octobre, qui était auparavant la pire série d’arrestations, la majorité injustifiées, jamais vu au Québec, ni au Canada; lorsqu’on parle de profilage racial envers les québécois, facilement identifiable par leur langue étrange (sic) et leur plaque d’immatriculation qui s’en souviennent; lorsque le droit est donné aux policiers, sans que ce ne soit rendu public, d’arrêter toute personne se trouvant à moins de cinq mètres de la clôture de sécurité (depuis quand on arrête en dehors de la clôture?); lorsque des voitures-appâts de police sont laissées un peu partout sur la route qu’emprunteront les manifestants, ne demandant qu’à être vandalisées; lorsque le premier ministre de l’Ontario, qui est le premier à répondre de la police de sa province, est curieusement introuvable pendant et après (au moins quinze jours) les événements; lorsqu’après avoir arrêté des milliers d’innocents, on passe maintenant au peigne fin des quantités innombrables de photos et de vidéos du public afin d’identifier les vrais casseurs…
Après tout ça, le public est en droit de se poser des questions. On a vu récemment des cas ou les manifestants ont été infiltrés par des policiers déguisés, spécialement sur place pour mettre le feu aux poudres. Cela a été démontré à Montebello, au Québec, entre autre. Était-ce le cas à Toronto? On est en droit de se le demander. Y avait-il des « casseurs professionnels » sur place? Probablement. Ceux-là doivent être punis. Pas les milliers de manifestants pacifiques.
Alors, oui, une enquête publique semble nécessaire pour faire la lumière sur tous ces événements.
Tout d’abord, loin de moi l’idée de justifier, ou non, l’omnipotence du G20, ou même du G8, sur le monde entier. Par contre, le seul fait que les pays du G20 comptent pour plus de 80% de l’économie mondial leur donne tout un pouvoir. À eux de voir ce qu’ils en font, individuellement et collectivement. D’un autre côté, lorsque je reçois chez moi une vingtaine d’amis, aucune clôture n’est nécessaire, ni l’antiémeute. Personne ne vient manifester! Si c’est le cas pour les G8 et G20 de ce monde, ils auraient peut-être quelques questions à se poser… de transparences entre autres choses.
Cette fois-ci, le sommet du G20 fût tenu « downtown Toronto »! Ma foi, une ben belle place alors qu’il est archi-connu qu’il y aura manifestations et présence de millier de personnes. Je me souviens d’un précédent sommet que Jean Chrétien avait parachuté dans le nord de l’Alberta (me semble) là où, pensait-on, les manifestants ne trouveraient pas de logements (hôtels), donc leur nombre serait dès lors moindre. Ce fut le cas!
Je ne remets pas en cause ici le droit des chefs des pays concernés de se rencontrer et de discuter des enjeux qui touchent de plus en plus tous les pays, tous les peuples. À la rigueur, je pourrai questionner les solutions proposées, mais ce n’est pas le propos de ce billet. Je ne remets pas non plus en cause le droit de manifester, en autant que ce ne soit fait pacifiquement, dans le bon ordre et le calme. Je suis contre toute forme de violence, que rien ne pourrait justifier à mes yeux.
J’ai lu sur Internet quelques billets disant en gros que, lorsque tu prends congé du travail, que tu montes dans un autobus pour aller manifester alors que tout le monde sait que la police aura été hyper préparé, que la sécurité nous aura couté un bras, etc., donc tu es en droit de t’attendre de te faire ramasser par ladite police.
Bon, partons de là. Jusque là, je suis d’accord. C’est d’ailleurs pourquoi, à cause de mon travail qui demande d’avoir un dossier (criminel comme personnel) plus que parfait, vous ne me verrez jamais dans aucune manifestation. D’une certaine façon, c’est rendu trop fou!
On a vu, dans le téléroman Belle-Baie, comment les manifestants sont formés pour faire face à la police. Comment ont leur montre, par différentes méthodes, à résister, voir à désobéir à la police. Le tout fait sans coup de part et d’autres. Évidemment, c’était une fiction. Mais dans la vraie vie, j’ose imaginer que c’est la même chose. Du moins, ça le devrait, le groupe de manifestants étant le moindrement organisé et sérieux.
Mais… Lorsque la manifestation cause plus d’arrestations que la Crise d’Octobre, qui était auparavant la pire série d’arrestations, la majorité injustifiées, jamais vu au Québec, ni au Canada; lorsqu’on parle de profilage racial envers les québécois, facilement identifiable par leur langue étrange (sic) et leur plaque d’immatriculation qui s’en souviennent; lorsque le droit est donné aux policiers, sans que ce ne soit rendu public, d’arrêter toute personne se trouvant à moins de cinq mètres de la clôture de sécurité (depuis quand on arrête en dehors de la clôture?); lorsque des voitures-appâts de police sont laissées un peu partout sur la route qu’emprunteront les manifestants, ne demandant qu’à être vandalisées; lorsque le premier ministre de l’Ontario, qui est le premier à répondre de la police de sa province, est curieusement introuvable pendant et après (au moins quinze jours) les événements; lorsqu’après avoir arrêté des milliers d’innocents, on passe maintenant au peigne fin des quantités innombrables de photos et de vidéos du public afin d’identifier les vrais casseurs…
Après tout ça, le public est en droit de se poser des questions. On a vu récemment des cas ou les manifestants ont été infiltrés par des policiers déguisés, spécialement sur place pour mettre le feu aux poudres. Cela a été démontré à Montebello, au Québec, entre autre. Était-ce le cas à Toronto? On est en droit de se le demander. Y avait-il des « casseurs professionnels » sur place? Probablement. Ceux-là doivent être punis. Pas les milliers de manifestants pacifiques.
Alors, oui, une enquête publique semble nécessaire pour faire la lumière sur tous ces événements.
9 juin 2010
Ma jeunesse par les "chars"!
Il y a quelques semaines, début mai, lors d'une de nos innombrables discussions (ou peut-être séance de picossage!) avec Isa-Le-Cherokee, j'ai eu une de mes nombreuses réponses courtes! Après de légères modifications et ajouts, je la retranscris ici pour votre bon plaisir.
*****
Quand j'étais très jeune, mon père vénérait les véhicules de la famille Chrysler, et tout spécialement le moteur V-8 318. Nous avions un Plymouth Sattellite, comme le Général Lee dans Sherriff, fais-moi peur, sur lequel j'avais dormi sur la tablette de la vitre d'en arrière en montant à Sept-Iles, chez tante Jocelyne. J'avais moins de six ans, parce que mon frère n'était pas né. Pour l'anecdote, avec ce char, mon père avait reculé dans le coin de la maison, un peu trop pompette... Donc, on a eu pendant des années une aile du char réparée mais non peinturée, et une encoche dans le coin du clapboard!!!
Ensuite, premier char neuf du paternel, un Dodge Monaco vert forêt (c'était l'époque!). Premier accident dans la famille, une femme avait embouti les deux portes (du même côté bien sur!)... Réparation très bien faite, parce que tout le reste du char a fini par se manger par la rouille (ça aussi, c'était l'époque!), sauf ces deux portes-là!
Celui que j'ai conduit illégalement: un Dodge Diplomat rouge et blanc. Et c'est drôle, parce que, en même temps que le précédent, mon oncle Marc avait un Plymouth Salon (pareil, mais brun)... et en même temps que le Diplomat, lui avait un Diplomat rouge au complet! Et les clef étaient les même! Bonjour la sécurité!
Ensuite, les huit-cylindres étant pratiquement disparus de la circulation, c'est là qu'est arrivé le Chrysler LeBaron... avec un vénérable 2,6 litres! Super confortable, mais vache comme les 2,6, 2,5 et 2,2 du temps. Et contrairement à la rumeur, si peu plus économique que le Diplomat. Vrai que ça dépend toujours de comment c'est m'né!
Un 4, c'est moins intéressant, mais continuons pareil: le 2,6 a sauté, la compagnie nous en a installé un beau neuf. Mais un beau jour, la rouille s'est installé autour des puits des amortisseurs avants. Avant que ça tombe à terre, il a bien fallu s'en débarrasser!
Arriva le Dodge Spirit rouge, un V6 3,0 litres. Ça, ça torchait solide... mais, comme toute bonne berline de bonhomme, ça ne tenait pas trop dans l'chemin. Après une an, accident de face qui détruit le nez au point de légèrement déplacer le moteur. Comme ça ne fait pas toujours des enfants forts...
Il en restait un neuf, même année, qu'on a pu avoir pour pas cher. Même mécanique. Celui-là, ma mère l'a usé, puis mon frère l'a eu après...
Dans ces années-là, jeune étudiant, après une année d'autobus de la CITS en allant au CÉGEP, mon père m'a un peu poussé dans l'cul afin que je me trouve une automobile. La perle rare fut un Ford Escort, manuelle... En peu de temps, le moteur a sauté. On l'a fait changé... mais à y penser, je ne suis pas certains que le nouveau moteur n'était vraiment mieux que celui qu'il remplaçait!
Comme mon père pensait à changer son pick-up, je lui ai proposé de vendre mon Escort et de l'échanger avec ledit camion. Je me suis donc ramasser avec un Mazda B2000, l'original! On pourrait dire: dans l'temps que c'était des Mazda, pas des Ford!
À mon premier été sur la route, ma mission consistait à aller rejoindre la famille au chalet à Ferland-Boileau. De mon Jonquière natal, comptez environ une heure... Je suis monté en tabarnak! Le Mazda, y marchait pas rien qu'un peu... et ça tenant quand même bien dans l'chemin! 17 ans, nouveau chauffeur... 140 km-h! En entrant dans le village de Boileau, à 15 minutes d'arrivée au but... Shit, c'était la police! Mon premier ticket de radar. Je me suis juré que c'était mon dernier... et ça a tenu pendant un très long moment (une bonne dizaine d'année!).
Après le Mazda, je me suis trouvé une vrai job, pour la Société Radio-Canada. Vint donc le moment de me trouver un vrai char. Avant que vous de faisiez dans vos culottes, je qualifie de vrai char, dans ce cas-ci, un véhicule qui pourra être possédé à long terme. L'histoire s'écrira d'ailleurs à TRÈS long terme!
Étant génétiquement vendu moi aussi à Chrysler, nous avons fait la tourner des concessionnaires. L'un d'eux avait la perle: un Plymouth Sundance de curé! 4 ans, 40 000 km, pour la moitié de sa valeur initiale. Après un essai, et toutes les technicalités, je me suis retrouvé seul, tard le soir sur la route!
En peu de temps, j'ai réalisé qu'avoir dépensé plus pour un neuf, ou une sportive, ne m'aurais donné aucun satisfaction supplémentaire. J'étais heureux! Et il me restait de l'argent!
Après onze ans, arrivé à 325 000 km, il a fini par rendre l'âme! J'ai remercié le ciel pour avoir déniché un si bon véhicule!
À ce moment, Caro, et assez vite, une petite Sarah, étaient arrivé dans ma vie. C'est d'ailleurs Caro qui a profité des derniers moments plus que moi.
Sans véhicule, nous avons dû magasiner en catastrophe. Chanceux dans notre malchance, nous avons déniché une vielle Volkswagen Passat. Même âge que le Sundance, mais un peu moins de 200 000 km. Pas jeune, mais en ordre, récemment remonté, etc. Un autre char de curé. La blonde du vendeur, qui n'aimait pas conduire une manuelle, avait hérité du Pontiac Grand Am de son grand-père, qui avait décidé de cesser de conduire.
Par mon frère, qui avait lui une Jetta ancestrale, nous étions devenu vendu à Volks. Nous aurions préféré une Diesel, mais dans le délai requis, il a bien fallu faire un compromis! Pour la petite histoire, nous avons roulé le Passat pendant dix-huit mois, au cout de revient de 100$ par mois! Lorsqu'il nous a lâché (l'embrayage), ça ne nous a pas vraiment dérangé. Comme dirait ma mère: la crème était sorti de d'dans!
Un événement heureux était arrivé pendant ce temps. J'avais complété le paiement de ma Harley. Ça dégageait donc l'équivalent d'un vrai paiement de voiture. Malgré que nous avions prévu prendre le temps de magasiner pour le prochain, évidemment que nous avons été un peu pris de court. Par contre, nous avions maintenant un vrai budget à y consacrer.
J'avais un seul critère: vu notre kilométrage élevé, une cinquantaine de miliers de kilomètres par année, le moteur devait fonctionné au Diesel. Ça en élimine une bonne gang! Caro avait elle aussi un seul critère: n'importe quelle couleur sauf gris-argent. Ça, c'est un peu plus compliqué. Les Jetta sont tous gris. En tout cas, à l'époque, c'était vrai!
À notre premier arrêt, chez Joliette VW, il y avait dans le coin de la cour, celui que nous avons baptisé Le Bleu. En passant, un excellent concessionnaire, tant pour la vente que pour le service. Nous avons bien fait la tournée, mais c'était toujours Le Bleu qui ressortait du lot. Nous avons donc sauté dessus. C'est le cas de le dire, car pendant que nous achètions, il aurait été vendu! Environ à 10 heures le lundi matin.
Nous roulons cette perle, sans problème, depuis ce temps. Pour l'avenir, Caro meurt pour un Tiguan. Moi, en bon bonhomme à chapeau, je penche plus vers la Passat CC.
De son côté, ma mère est présentement l'heureuse propriétaire d'un Chrysler Sebring, avec le 2,7.
Ça complète le portrait de mes 23 ans sur la route.
P.S.: Lorsque j'avais l'âge du primaire, notre locataire avait une Firebird 454 (6,6 litres)... et elle m'emmenait à l'école avec! Bon, l'hiver, je payais pour: son char de brosse, c'était une Tercel! Mais elle m'emmenait quand même!!!
*****
Quand j'étais très jeune, mon père vénérait les véhicules de la famille Chrysler, et tout spécialement le moteur V-8 318. Nous avions un Plymouth Sattellite, comme le Général Lee dans Sherriff, fais-moi peur, sur lequel j'avais dormi sur la tablette de la vitre d'en arrière en montant à Sept-Iles, chez tante Jocelyne. J'avais moins de six ans, parce que mon frère n'était pas né. Pour l'anecdote, avec ce char, mon père avait reculé dans le coin de la maison, un peu trop pompette... Donc, on a eu pendant des années une aile du char réparée mais non peinturée, et une encoche dans le coin du clapboard!!!
Ensuite, premier char neuf du paternel, un Dodge Monaco vert forêt (c'était l'époque!). Premier accident dans la famille, une femme avait embouti les deux portes (du même côté bien sur!)... Réparation très bien faite, parce que tout le reste du char a fini par se manger par la rouille (ça aussi, c'était l'époque!), sauf ces deux portes-là!
Celui que j'ai conduit illégalement: un Dodge Diplomat rouge et blanc. Et c'est drôle, parce que, en même temps que le précédent, mon oncle Marc avait un Plymouth Salon (pareil, mais brun)... et en même temps que le Diplomat, lui avait un Diplomat rouge au complet! Et les clef étaient les même! Bonjour la sécurité!
Ensuite, les huit-cylindres étant pratiquement disparus de la circulation, c'est là qu'est arrivé le Chrysler LeBaron... avec un vénérable 2,6 litres! Super confortable, mais vache comme les 2,6, 2,5 et 2,2 du temps. Et contrairement à la rumeur, si peu plus économique que le Diplomat. Vrai que ça dépend toujours de comment c'est m'né!
Un 4, c'est moins intéressant, mais continuons pareil: le 2,6 a sauté, la compagnie nous en a installé un beau neuf. Mais un beau jour, la rouille s'est installé autour des puits des amortisseurs avants. Avant que ça tombe à terre, il a bien fallu s'en débarrasser!
Arriva le Dodge Spirit rouge, un V6 3,0 litres. Ça, ça torchait solide... mais, comme toute bonne berline de bonhomme, ça ne tenait pas trop dans l'chemin. Après une an, accident de face qui détruit le nez au point de légèrement déplacer le moteur. Comme ça ne fait pas toujours des enfants forts...
Il en restait un neuf, même année, qu'on a pu avoir pour pas cher. Même mécanique. Celui-là, ma mère l'a usé, puis mon frère l'a eu après...
Dans ces années-là, jeune étudiant, après une année d'autobus de la CITS en allant au CÉGEP, mon père m'a un peu poussé dans l'cul afin que je me trouve une automobile. La perle rare fut un Ford Escort, manuelle... En peu de temps, le moteur a sauté. On l'a fait changé... mais à y penser, je ne suis pas certains que le nouveau moteur n'était vraiment mieux que celui qu'il remplaçait!
Comme mon père pensait à changer son pick-up, je lui ai proposé de vendre mon Escort et de l'échanger avec ledit camion. Je me suis donc ramasser avec un Mazda B2000, l'original! On pourrait dire: dans l'temps que c'était des Mazda, pas des Ford!
À mon premier été sur la route, ma mission consistait à aller rejoindre la famille au chalet à Ferland-Boileau. De mon Jonquière natal, comptez environ une heure... Je suis monté en tabarnak! Le Mazda, y marchait pas rien qu'un peu... et ça tenant quand même bien dans l'chemin! 17 ans, nouveau chauffeur... 140 km-h! En entrant dans le village de Boileau, à 15 minutes d'arrivée au but... Shit, c'était la police! Mon premier ticket de radar. Je me suis juré que c'était mon dernier... et ça a tenu pendant un très long moment (une bonne dizaine d'année!).
Après le Mazda, je me suis trouvé une vrai job, pour la Société Radio-Canada. Vint donc le moment de me trouver un vrai char. Avant que vous de faisiez dans vos culottes, je qualifie de vrai char, dans ce cas-ci, un véhicule qui pourra être possédé à long terme. L'histoire s'écrira d'ailleurs à TRÈS long terme!
Étant génétiquement vendu moi aussi à Chrysler, nous avons fait la tourner des concessionnaires. L'un d'eux avait la perle: un Plymouth Sundance de curé! 4 ans, 40 000 km, pour la moitié de sa valeur initiale. Après un essai, et toutes les technicalités, je me suis retrouvé seul, tard le soir sur la route!
En peu de temps, j'ai réalisé qu'avoir dépensé plus pour un neuf, ou une sportive, ne m'aurais donné aucun satisfaction supplémentaire. J'étais heureux! Et il me restait de l'argent!
Après onze ans, arrivé à 325 000 km, il a fini par rendre l'âme! J'ai remercié le ciel pour avoir déniché un si bon véhicule!
À ce moment, Caro, et assez vite, une petite Sarah, étaient arrivé dans ma vie. C'est d'ailleurs Caro qui a profité des derniers moments plus que moi.
Sans véhicule, nous avons dû magasiner en catastrophe. Chanceux dans notre malchance, nous avons déniché une vielle Volkswagen Passat. Même âge que le Sundance, mais un peu moins de 200 000 km. Pas jeune, mais en ordre, récemment remonté, etc. Un autre char de curé. La blonde du vendeur, qui n'aimait pas conduire une manuelle, avait hérité du Pontiac Grand Am de son grand-père, qui avait décidé de cesser de conduire.
Par mon frère, qui avait lui une Jetta ancestrale, nous étions devenu vendu à Volks. Nous aurions préféré une Diesel, mais dans le délai requis, il a bien fallu faire un compromis! Pour la petite histoire, nous avons roulé le Passat pendant dix-huit mois, au cout de revient de 100$ par mois! Lorsqu'il nous a lâché (l'embrayage), ça ne nous a pas vraiment dérangé. Comme dirait ma mère: la crème était sorti de d'dans!
Un événement heureux était arrivé pendant ce temps. J'avais complété le paiement de ma Harley. Ça dégageait donc l'équivalent d'un vrai paiement de voiture. Malgré que nous avions prévu prendre le temps de magasiner pour le prochain, évidemment que nous avons été un peu pris de court. Par contre, nous avions maintenant un vrai budget à y consacrer.
J'avais un seul critère: vu notre kilométrage élevé, une cinquantaine de miliers de kilomètres par année, le moteur devait fonctionné au Diesel. Ça en élimine une bonne gang! Caro avait elle aussi un seul critère: n'importe quelle couleur sauf gris-argent. Ça, c'est un peu plus compliqué. Les Jetta sont tous gris. En tout cas, à l'époque, c'était vrai!
À notre premier arrêt, chez Joliette VW, il y avait dans le coin de la cour, celui que nous avons baptisé Le Bleu. En passant, un excellent concessionnaire, tant pour la vente que pour le service. Nous avons bien fait la tournée, mais c'était toujours Le Bleu qui ressortait du lot. Nous avons donc sauté dessus. C'est le cas de le dire, car pendant que nous achètions, il aurait été vendu! Environ à 10 heures le lundi matin.
Nous roulons cette perle, sans problème, depuis ce temps. Pour l'avenir, Caro meurt pour un Tiguan. Moi, en bon bonhomme à chapeau, je penche plus vers la Passat CC.
De son côté, ma mère est présentement l'heureuse propriétaire d'un Chrysler Sebring, avec le 2,7.
Ça complète le portrait de mes 23 ans sur la route.
P.S.: Lorsque j'avais l'âge du primaire, notre locataire avait une Firebird 454 (6,6 litres)... et elle m'emmenait à l'école avec! Bon, l'hiver, je payais pour: son char de brosse, c'était une Tercel! Mais elle m'emmenait quand même!!!
18 mai 2010
Syndicat, regroupement et autres associations professionnelles
Bon... j’ai reçu récemment une invitation, via Facebook, pour un groupe. Celui-ci concerne le camionnage: Seriez-vous pour la création d’une association de camionneur? Je paraphrase un brin, car j’y vais de ma déficiente mémoire. Je me dis, et je suis d’ailleurs allé l’écrire quelque part sur la page (je ne sais trop où, car j’ai été incapable de me retrouver!): n’en a-t-on pas déjà assez? Il y en a pour les grosses compagnies, en lots complets comme en lots brisés, les petites compagnies, les propriétaires-exploitants (en langage de camionneurs: les "brokers"), les chauffeurs, les transporteurs privés et quoi encore? Et ce ne serait pas suffisant? Une autre association aurait besoin d’être créé? Il fallait que j’investigue (???) plus profondément.
La lecture des entrées sur ladite page m’indiqua quelques premiers points. Ça se picosse, ça s’astine, ça se gosse, ça se traite de tous les noms... Hmmm, un air de déjà vu, que je n’arrive pas à identifier. Évidemment, on voit vite arriver l’opposition association-syndicat. Et toute la clique d’antisyndicaux s’en donne à cœur-joie. Tiens, comme trop souvent... Comme je n’en vois pas l’utilité (d’une éventuelle nouvelle association), et j’ajouterais que je ne comprends pas vraiment le but (et que, malgré les apparences, je ne clique pas à tout vent gratuitement (en plus, toute la page est publique), je m’abstiens donc de m’inscrire à cette page. Par contre, je garde l’invitation, afin de me souvenir d’y revenir un peu plus tard. Entre autre parce que quelqu’un a écrit: Invitez vos ami-e-s, vous verrez bien une fois que la page aura un nombre suffisant d’adepte (qui n’est pas préciser...).
Quelques semaines plus tard, la vie de camionneur étant ce qu’elle ait (et la famille passant bien avant les Internets, malgré ce qu’en dise ma Caro), je retourne sur la page. En fait, une autre invitation, avec un nom légèrement différent (selon ma mémoire, mais ça fait quand même un bout, alors je n’en suis pas si sur) m’invite à m’y attarder de nouveau. Me revoici donc sur la page, à lire encore une fois les messages. Pour me rendre compte que ladite page était l’ancienne, dont le nom a été modifié (faisant ainsi de ceux qui voulaient une association des membres, tout autant d’ailleurs que ceux qui étaient membres (de la page), mais n’en voulaient pas (de l’association), ou ont déjà participé dans le passé, ce qui leur a laissé de biens mauvais souvenirs), comme si ceux qui discutaient de la chose allaient automatiquement devenir membre... Moi, ça me laisse un goût d’empicettage! Il me semble que de créer une autre page aurait été plus approprié. Mais bon, ça doit être mon petit côté structuré... Je constate donc à ce moment que la page à maintenant plus de 500 adeptes. Tiens, ce devait être ça le chiffre magique!
Je découvre donc aussi, au fil de la lecture des commentaires, que la page origine, plus ou moins directement, de Truck Stop Québec et de l’émission sur XM Radio (dont je n'ai pu trouvé de trace ni sur le site de la radio, ni sur le site de TSQ). Ah, voilà donc ce qui draine les adeptes. Ce qu’on y lit s’explique mieux!
Je finis par comprendre que ce dont il est question est en fait, du moins ce que je peux en comprendre, de la reconnaissance d’un statut professionnel au métier de camionneur. Ah, bon, on commence à se comprendre! Y’était temps... Et pourquoi, après avoir calé toutes les "maudites associations des maudites grosses compagnies sales", personne n’avait, au moment de ma dernière visite, mentionné l’APRAC, un tantinet plus connu sous l'acronyme anglais OBAC? Peut-être parce que c’est canadian? L’OBAC, parce qu’il faut encore le préciser, est le pendant canadian de l’OOIDA américain. En fait, c’est une association de propriétaires-exploitants et de chauffeurs indépendants (ce dont il faudrait obtenir une définition!).
On en arrive donc au vif du sujet. Les camionneurs devraient avoir une reconnaissance professionnelle? Jusque là, j’en suis. Pour ça, il y a l’Office des Professions du Québec, qui pourrait faire avec les camionneurs comme avec les architectes, les infirmières, et qui encore... Non? Trop simple, probablement!
Pourtant, ce que tous demandent, sur la page, c’est une permission de faire n’importe quoi, généralement dans l’illégalité! Pourquoi doit-on respecter les lois? Câlice, vous ne voulez qu’avoir le droit de plus fourrer l’système d’avantage? Là, je débarque! Où voyez-vous dans cela du professionnalisme nécessitant reconnaissance? Comprenons-nous bien, je ne suis pas pour toutes ces entraves à notre travail. Pour une seule raison par contre: parce que je suis bien capable de respecter les lois par moi-même! Pas parce que j’ai besoin qu’on me laisse l’occasion d’en faire plus au-delà des limites légales, quelles qu’elles soient! J’ai déjà dit qu’on doit en tout temps respecter les lois, et que si une loi ne fait pas notre affaire, de lutter à la faire changer. Entretemps, il faut quand même continuer à la respecter, sauf dans le cadre d’une manifestation organisée.
Quelques phrases édifiantes que j’ai trouvé (j’y vais de mémoire, soyez indulgent), avec ma réaction entre parenthèses:
- Les camionneurs sont des libertariens (ben là, avez-vous fait un sondage? J’ose imaginer que, comme dans la société, il y a une proportion de gens de la gauche, de la droite et du centre... et de libertariens, parce que ceux-ci ne veulent surtout pas être associés à la droite. Par définition, un camionneur est un être solitaire, d’où la difficulté des les regrouper en association, quelle qu’elle soit.)
- Ceux qui sortent du CFTC et du CFTR sont des imbéciles qu’on a emplis, qui ne veulent que conduire un gros Pete chromé et faire de la Calif (wow, surement quelqu’un qui n’a jamais fréquenté ces écoles... parce que je ne considère pas que le CFTC (dans mon cas) ne m’a tracé un mauvais portrait du travail de camionneur, qu’ils m’ont fait réaliser qu’un camion, c’est avant tout un outil de travail, que ce travail est difficile, mal reconnu, mal rémunéré, et quoi d’autre? Bref, ce n’est pas parce que je n’ai pas payé 10 000$ pour ma formation que je suis moins bon pour autant. Et comment que j’en ai vu, des chauffeurs sortis d’écoles de conduite moches qui ne servent qu’à te faire obtenir ta classe 1: oh my! Et dire qu’ils ont payé pour leur formation.)
- Les grosses compagnies, c’est d’la marde (les Robert, Guilbault et autres Transforce ont leurs qualités comme leurs défauts, comme toutes les autres. Un premier problème des biens des chauffeurs est de savoir ce qu’ils veulent pour eux-mêmes. Ces compagnies doivent bien combler les désirs de leurs chauffeurs...)
Édifiant... Bien sur, on sait d’où ça vient. Ça ne peut pas aller dans une autre direction...
Bon, il faut croire que personne ne connait encore la reconnaissance professionnelle Routier à 100%. Évidemment non, vu de cette source, car cette reconnaissance découle du magazine concurrant. Maudit manie des magazines spécialisés de devenir beaucoup plus un album de famille (au sens italien du terme) qu'un véritable organe d'information!
Tout ce beau monde devrait tout d’abord prendre conscience que le problème ne vient pas nécessairement de toute la panoplie d’irritants qui font parti de notre beau métier. Le problème de base est bien plus, selon moi (et ça vaut ce que ça vaut!), la non-rémunération de tous ces irritants! Où dit autrement, le problème, c’est tout le bénévolat qui est attendu de la part de nos patrons, qui est considéré comme faisant parti de la paye, ou qui "sera rémunéré si le client paye"!
Notre travail est bien payé, pour la portion où l’on roule à vitesse d’autoroute. Mais pour tout le reste, ça fait dur! Temps d’attente? Temps pour les bris? Temps pour les douanes? Temps pour l’inspection? Temps pour tout le temps passé au bureau avant de vraiment partir? Bé-né-vo-lat! Frais de repas, de téléphone (interurbain et cellulaire), de compensation pour vie familiale difficile? Si vous avez un éclat de rire, vous êtes déjà parmi les chanceux! Heureusement, on a de bon (gros) retour d’impôt (à condition d’avoir un comptable qui connait le merveilleux monde du transport, ce qui n’est pas donné à tous) pour compenser. Si votre patron n’a pas la merveilleuse idée de vous payer moins de salaire pour y ajouter un per diem (là, vous êtes mieux d’avoir un bon comptable!) afin que LUI économise en impôts... Ou qu'il vous pait à "tant par semaine, montant fixe, plus tant de per diem, plus le reste en argent comptant". Impossible d'emprunter avec ce genre de paye. Et bonjour les dégâts si tu dois recevoir des prestations d'assurance-emploi ou de la CSST! La moitié de moins que rien officiel, ça ne donne pas grand beurre sur ton pain! Les seuls chauffeurs qui aimaient cette façon d'être payé sont ceux qui avaient une pension alimentaire à payer... "Votre honneur, mon client fait tellement pitié, il ne gagne presque rien pour quatre-vingt heures de travail par semaine!" Pfff, belle mentalité envers ton enfant!
Je vais me répéter, mais lorsqu’on demande une pelle mécanique pour creuser chez nous, on se doit de payer disons 100$ de l’heure. Et si, parce qu’on n’a pas pensé au camion pour charrier la terre, l’opérateur de pelle doit attendre tout l’avant-midi, il va facturer son temps d’attente au même tarif. Pourquoi est-ce que ça ne fonctionne pas comme ça dans le transport? Le camion n’avance pas parce que le client le retient au quai? Il n’y a qu’à facturer à grand frais! Certaines compagnies le font, et curieusement, celles-là passent régulièrement devant d’autres qui ne le font pas au moment du chargement ou du déchargement.
On s’est toujours laissé dire que la rémunération au mile venait de la possibilité indirecte de nous pousser dans l’cul. Et on a là le défaut de la qualité. C’est cette façon de payer qui fait qu’un chauffeur qui "fourre le système le plus possible" pourra avoir une plus grosse paye qu’un chauffeur qui respecte les lois. Pour moi, ce n’est pas normal! C’est même décourageant. Et on ne parle pas de ceux qui se déclare comme agence de chauffeur à un chauffeur (lire "payé à leur compte"), aux limites de la légalité, afin de s’imaginer qu’ils sont mieux payer, parce qu’ils sont supposés de "payer leurs frais (impôts et autres)" par eux-mêmes. Ceux-là ont souvent en plus le front de demander les mêmes avantages que les chauffeurs dit "sur la liste de paye"! Ou des différentes façons créatives des compagnies de nous offrir notre paye (avec per diem ou non, plus au mile et moins aux cueillettes-livraisons, moins au mile et plus aux cueillettes-livraisons) rendant quasi impossible toute comparaison entre les différentes compagnies.
Tout ça pour dire qu’il existe une belle structure afin de s’unir et de revendiquer des conditions de travail et de rémunérations améliorés. On appelle ça un syndicat! Le mot qui fait peur... ou fait fuir dès qu’on le prononce dans le monde du transport. Évidemment, on parle dans ce cas d’un travail de longue halène, compagnie par compagnie. Ce n’est pas exactement le propos de cette "requête" en association. Évidemment, j’entends déjà les haut-cris sur tous les défauts des syndicats. Il y a là encore des qualités et des défauts… Dans la vie, ou bedons tu endures ce que ton bon patron t’offre comme conditions (au sens très général), ou bedons tu t’organises pour améliorer ton sort (en solo), ou le sort de tes confrères (en groupe). D’ailleurs, un autre des défauts dans le monde du transport, c’est qu’au lieu de travailler à améliorer son travail, la plupart du temps, un chauffeur changera de compagnie, laissant le problème à celui qui le remplacera! Belle mentalité!
On en arrive donc à un point où, et je l’ai lu sur la page précitée, on pourrait fonctionner dans le transport comme dans la construction. Dans les deux cas, il y a beaucoup de travailleurs, qui sont classés (qui pourraient, dans le cas du transport) en différentes catégories professionnelles (on pourrait avoir: boite fermé, plate-forme, réfrigéré, réservoir solide ou liquide, B-Train, train routier, Québec, Canada, États-Unis, matières dangereuses, différentes cartes de sécurité, etc...) qui amène une rémunération en conséquence, et peu importe qui est l’employeur selon les saisons et les années. Dans le transport comme dans la construction, il n’est pas rare que dans une carrière, un chauffeur aura plusieurs employeurs. Et pour corriger une lacune du monde de la construction, n’oublions pas une bonification salariale ajustée avec l’expérience. Le tout agrémenté des avantages sociaux normaux (fonds de pension, assurances diverses, etc...) qui te suivent toute ta carrière, peu importe les employeurs impliqués. Tant qu’à faire de quoi...
Il faudrait aussi (et c’est ici que je me fais lancer des roches!) qu’il y ait un moyen de vérifier le respect des lois actuelles. Comme la sempiternelle "boite noire". Ce n’est pas parce que les clients, à chaque extrémité, ne sont pas capables de prévoir le temps requis pour effectuer le travail que le chauffeur doit écoper! Déjà, à chaque fois qu’on ne respecte pas la loi "afin d’être là à temps" pour que tout le monde soit content, et je m’inclus là-dedans, on ne se donne pas de chance. Même en respectant les lois, en fait, ce devrait être une condition sine qua non, on devrait être capable de recevoir une rémunération plus que raisonnable.
Pour se faire entendre, pourquoi ne pas faire comme les motocyclistes, avec le CAPM? Le Comité d’Action Politique Motocycliste est composé de quelques membres, ceux qui font le travail de représentation et de revendication, et de milliers de partisans, ceux qui les appuient, moralement et financièrement. Le CAPM s’est faire reconnaitre comme le seul interlocuteur du monde motocycliste pour tout ce qui est des lois et des politiques. Ils sont même représentés à la Table de concertation sur les transports. Pourquoi pas un Comité d’Action Politique des Camionneurs?
Pour conclure, on arrive alors aux fameuses lois du marché. On aura beau faire toutes les démarches que nous voulons, obtenir tous les avantages que nous désirons, il y aura toujours une compagnie quelque part pour nous couper l’herbe sous le pied. C’est déjà le cas dans nos régions, au Québec, au Canada, ou même aux États-Unis (on connait leurs propensions aux revendications et aux syndicats). Alors si les chauffeurs du Québec, à très haut niveau, font de quelquonques gains, nos patrons se feront faire le coup du coupeux d’prix par les autres compagnies. Si ce n’est pas d’ici, comme maintenant, ce sera de nos voisins...
Il y aura toujours quelqu’un pour faire le travail pour moins chers! C’est d’ailleurs un des problèmes, qui se répercute jusqu’à nous les chauffeurs, du merveilleux monde du transport: tous acceptent de faire le travail pour moins cher que le voisin! Souvent même à un cout qui ne couvre même pas leur frais! Pour une poignée de compagnie, de différentes grosseurs, qui tienne leur bout question tarification, il y en a tant qui feront le travail pour moins cher. Belle mentalité!
De notre côté, les chauffeurs, commençons donc par respecter les lois actuelles, ce serait déjà un début, et un commencement de l'ombre d'un chamboulement de la quiétude habituelle.
La lecture des entrées sur ladite page m’indiqua quelques premiers points. Ça se picosse, ça s’astine, ça se gosse, ça se traite de tous les noms... Hmmm, un air de déjà vu, que je n’arrive pas à identifier. Évidemment, on voit vite arriver l’opposition association-syndicat. Et toute la clique d’antisyndicaux s’en donne à cœur-joie. Tiens, comme trop souvent... Comme je n’en vois pas l’utilité (d’une éventuelle nouvelle association), et j’ajouterais que je ne comprends pas vraiment le but (et que, malgré les apparences, je ne clique pas à tout vent gratuitement (en plus, toute la page est publique), je m’abstiens donc de m’inscrire à cette page. Par contre, je garde l’invitation, afin de me souvenir d’y revenir un peu plus tard. Entre autre parce que quelqu’un a écrit: Invitez vos ami-e-s, vous verrez bien une fois que la page aura un nombre suffisant d’adepte (qui n’est pas préciser...).
Quelques semaines plus tard, la vie de camionneur étant ce qu’elle ait (et la famille passant bien avant les Internets, malgré ce qu’en dise ma Caro), je retourne sur la page. En fait, une autre invitation, avec un nom légèrement différent (selon ma mémoire, mais ça fait quand même un bout, alors je n’en suis pas si sur) m’invite à m’y attarder de nouveau. Me revoici donc sur la page, à lire encore une fois les messages. Pour me rendre compte que ladite page était l’ancienne, dont le nom a été modifié (faisant ainsi de ceux qui voulaient une association des membres, tout autant d’ailleurs que ceux qui étaient membres (de la page), mais n’en voulaient pas (de l’association), ou ont déjà participé dans le passé, ce qui leur a laissé de biens mauvais souvenirs), comme si ceux qui discutaient de la chose allaient automatiquement devenir membre... Moi, ça me laisse un goût d’empicettage! Il me semble que de créer une autre page aurait été plus approprié. Mais bon, ça doit être mon petit côté structuré... Je constate donc à ce moment que la page à maintenant plus de 500 adeptes. Tiens, ce devait être ça le chiffre magique!
Je découvre donc aussi, au fil de la lecture des commentaires, que la page origine, plus ou moins directement, de Truck Stop Québec et de l’émission sur XM Radio (dont je n'ai pu trouvé de trace ni sur le site de la radio, ni sur le site de TSQ). Ah, voilà donc ce qui draine les adeptes. Ce qu’on y lit s’explique mieux!
Je finis par comprendre que ce dont il est question est en fait, du moins ce que je peux en comprendre, de la reconnaissance d’un statut professionnel au métier de camionneur. Ah, bon, on commence à se comprendre! Y’était temps... Et pourquoi, après avoir calé toutes les "maudites associations des maudites grosses compagnies sales", personne n’avait, au moment de ma dernière visite, mentionné l’APRAC, un tantinet plus connu sous l'acronyme anglais OBAC? Peut-être parce que c’est canadian? L’OBAC, parce qu’il faut encore le préciser, est le pendant canadian de l’OOIDA américain. En fait, c’est une association de propriétaires-exploitants et de chauffeurs indépendants (ce dont il faudrait obtenir une définition!).
On en arrive donc au vif du sujet. Les camionneurs devraient avoir une reconnaissance professionnelle? Jusque là, j’en suis. Pour ça, il y a l’Office des Professions du Québec, qui pourrait faire avec les camionneurs comme avec les architectes, les infirmières, et qui encore... Non? Trop simple, probablement!
Pourtant, ce que tous demandent, sur la page, c’est une permission de faire n’importe quoi, généralement dans l’illégalité! Pourquoi doit-on respecter les lois? Câlice, vous ne voulez qu’avoir le droit de plus fourrer l’système d’avantage? Là, je débarque! Où voyez-vous dans cela du professionnalisme nécessitant reconnaissance? Comprenons-nous bien, je ne suis pas pour toutes ces entraves à notre travail. Pour une seule raison par contre: parce que je suis bien capable de respecter les lois par moi-même! Pas parce que j’ai besoin qu’on me laisse l’occasion d’en faire plus au-delà des limites légales, quelles qu’elles soient! J’ai déjà dit qu’on doit en tout temps respecter les lois, et que si une loi ne fait pas notre affaire, de lutter à la faire changer. Entretemps, il faut quand même continuer à la respecter, sauf dans le cadre d’une manifestation organisée.
Quelques phrases édifiantes que j’ai trouvé (j’y vais de mémoire, soyez indulgent), avec ma réaction entre parenthèses:
- Les camionneurs sont des libertariens (ben là, avez-vous fait un sondage? J’ose imaginer que, comme dans la société, il y a une proportion de gens de la gauche, de la droite et du centre... et de libertariens, parce que ceux-ci ne veulent surtout pas être associés à la droite. Par définition, un camionneur est un être solitaire, d’où la difficulté des les regrouper en association, quelle qu’elle soit.)
- Ceux qui sortent du CFTC et du CFTR sont des imbéciles qu’on a emplis, qui ne veulent que conduire un gros Pete chromé et faire de la Calif (wow, surement quelqu’un qui n’a jamais fréquenté ces écoles... parce que je ne considère pas que le CFTC (dans mon cas) ne m’a tracé un mauvais portrait du travail de camionneur, qu’ils m’ont fait réaliser qu’un camion, c’est avant tout un outil de travail, que ce travail est difficile, mal reconnu, mal rémunéré, et quoi d’autre? Bref, ce n’est pas parce que je n’ai pas payé 10 000$ pour ma formation que je suis moins bon pour autant. Et comment que j’en ai vu, des chauffeurs sortis d’écoles de conduite moches qui ne servent qu’à te faire obtenir ta classe 1: oh my! Et dire qu’ils ont payé pour leur formation.)
- Les grosses compagnies, c’est d’la marde (les Robert, Guilbault et autres Transforce ont leurs qualités comme leurs défauts, comme toutes les autres. Un premier problème des biens des chauffeurs est de savoir ce qu’ils veulent pour eux-mêmes. Ces compagnies doivent bien combler les désirs de leurs chauffeurs...)
Édifiant... Bien sur, on sait d’où ça vient. Ça ne peut pas aller dans une autre direction...
Bon, il faut croire que personne ne connait encore la reconnaissance professionnelle Routier à 100%. Évidemment non, vu de cette source, car cette reconnaissance découle du magazine concurrant. Maudit manie des magazines spécialisés de devenir beaucoup plus un album de famille (au sens italien du terme) qu'un véritable organe d'information!
Tout ce beau monde devrait tout d’abord prendre conscience que le problème ne vient pas nécessairement de toute la panoplie d’irritants qui font parti de notre beau métier. Le problème de base est bien plus, selon moi (et ça vaut ce que ça vaut!), la non-rémunération de tous ces irritants! Où dit autrement, le problème, c’est tout le bénévolat qui est attendu de la part de nos patrons, qui est considéré comme faisant parti de la paye, ou qui "sera rémunéré si le client paye"!
Notre travail est bien payé, pour la portion où l’on roule à vitesse d’autoroute. Mais pour tout le reste, ça fait dur! Temps d’attente? Temps pour les bris? Temps pour les douanes? Temps pour l’inspection? Temps pour tout le temps passé au bureau avant de vraiment partir? Bé-né-vo-lat! Frais de repas, de téléphone (interurbain et cellulaire), de compensation pour vie familiale difficile? Si vous avez un éclat de rire, vous êtes déjà parmi les chanceux! Heureusement, on a de bon (gros) retour d’impôt (à condition d’avoir un comptable qui connait le merveilleux monde du transport, ce qui n’est pas donné à tous) pour compenser. Si votre patron n’a pas la merveilleuse idée de vous payer moins de salaire pour y ajouter un per diem (là, vous êtes mieux d’avoir un bon comptable!) afin que LUI économise en impôts... Ou qu'il vous pait à "tant par semaine, montant fixe, plus tant de per diem, plus le reste en argent comptant". Impossible d'emprunter avec ce genre de paye. Et bonjour les dégâts si tu dois recevoir des prestations d'assurance-emploi ou de la CSST! La moitié de moins que rien officiel, ça ne donne pas grand beurre sur ton pain! Les seuls chauffeurs qui aimaient cette façon d'être payé sont ceux qui avaient une pension alimentaire à payer... "Votre honneur, mon client fait tellement pitié, il ne gagne presque rien pour quatre-vingt heures de travail par semaine!" Pfff, belle mentalité envers ton enfant!
Je vais me répéter, mais lorsqu’on demande une pelle mécanique pour creuser chez nous, on se doit de payer disons 100$ de l’heure. Et si, parce qu’on n’a pas pensé au camion pour charrier la terre, l’opérateur de pelle doit attendre tout l’avant-midi, il va facturer son temps d’attente au même tarif. Pourquoi est-ce que ça ne fonctionne pas comme ça dans le transport? Le camion n’avance pas parce que le client le retient au quai? Il n’y a qu’à facturer à grand frais! Certaines compagnies le font, et curieusement, celles-là passent régulièrement devant d’autres qui ne le font pas au moment du chargement ou du déchargement.
On s’est toujours laissé dire que la rémunération au mile venait de la possibilité indirecte de nous pousser dans l’cul. Et on a là le défaut de la qualité. C’est cette façon de payer qui fait qu’un chauffeur qui "fourre le système le plus possible" pourra avoir une plus grosse paye qu’un chauffeur qui respecte les lois. Pour moi, ce n’est pas normal! C’est même décourageant. Et on ne parle pas de ceux qui se déclare comme agence de chauffeur à un chauffeur (lire "payé à leur compte"), aux limites de la légalité, afin de s’imaginer qu’ils sont mieux payer, parce qu’ils sont supposés de "payer leurs frais (impôts et autres)" par eux-mêmes. Ceux-là ont souvent en plus le front de demander les mêmes avantages que les chauffeurs dit "sur la liste de paye"! Ou des différentes façons créatives des compagnies de nous offrir notre paye (avec per diem ou non, plus au mile et moins aux cueillettes-livraisons, moins au mile et plus aux cueillettes-livraisons) rendant quasi impossible toute comparaison entre les différentes compagnies.
Tout ça pour dire qu’il existe une belle structure afin de s’unir et de revendiquer des conditions de travail et de rémunérations améliorés. On appelle ça un syndicat! Le mot qui fait peur... ou fait fuir dès qu’on le prononce dans le monde du transport. Évidemment, on parle dans ce cas d’un travail de longue halène, compagnie par compagnie. Ce n’est pas exactement le propos de cette "requête" en association. Évidemment, j’entends déjà les haut-cris sur tous les défauts des syndicats. Il y a là encore des qualités et des défauts… Dans la vie, ou bedons tu endures ce que ton bon patron t’offre comme conditions (au sens très général), ou bedons tu t’organises pour améliorer ton sort (en solo), ou le sort de tes confrères (en groupe). D’ailleurs, un autre des défauts dans le monde du transport, c’est qu’au lieu de travailler à améliorer son travail, la plupart du temps, un chauffeur changera de compagnie, laissant le problème à celui qui le remplacera! Belle mentalité!
On en arrive donc à un point où, et je l’ai lu sur la page précitée, on pourrait fonctionner dans le transport comme dans la construction. Dans les deux cas, il y a beaucoup de travailleurs, qui sont classés (qui pourraient, dans le cas du transport) en différentes catégories professionnelles (on pourrait avoir: boite fermé, plate-forme, réfrigéré, réservoir solide ou liquide, B-Train, train routier, Québec, Canada, États-Unis, matières dangereuses, différentes cartes de sécurité, etc...) qui amène une rémunération en conséquence, et peu importe qui est l’employeur selon les saisons et les années. Dans le transport comme dans la construction, il n’est pas rare que dans une carrière, un chauffeur aura plusieurs employeurs. Et pour corriger une lacune du monde de la construction, n’oublions pas une bonification salariale ajustée avec l’expérience. Le tout agrémenté des avantages sociaux normaux (fonds de pension, assurances diverses, etc...) qui te suivent toute ta carrière, peu importe les employeurs impliqués. Tant qu’à faire de quoi...
Il faudrait aussi (et c’est ici que je me fais lancer des roches!) qu’il y ait un moyen de vérifier le respect des lois actuelles. Comme la sempiternelle "boite noire". Ce n’est pas parce que les clients, à chaque extrémité, ne sont pas capables de prévoir le temps requis pour effectuer le travail que le chauffeur doit écoper! Déjà, à chaque fois qu’on ne respecte pas la loi "afin d’être là à temps" pour que tout le monde soit content, et je m’inclus là-dedans, on ne se donne pas de chance. Même en respectant les lois, en fait, ce devrait être une condition sine qua non, on devrait être capable de recevoir une rémunération plus que raisonnable.
Pour se faire entendre, pourquoi ne pas faire comme les motocyclistes, avec le CAPM? Le Comité d’Action Politique Motocycliste est composé de quelques membres, ceux qui font le travail de représentation et de revendication, et de milliers de partisans, ceux qui les appuient, moralement et financièrement. Le CAPM s’est faire reconnaitre comme le seul interlocuteur du monde motocycliste pour tout ce qui est des lois et des politiques. Ils sont même représentés à la Table de concertation sur les transports. Pourquoi pas un Comité d’Action Politique des Camionneurs?
Pour conclure, on arrive alors aux fameuses lois du marché. On aura beau faire toutes les démarches que nous voulons, obtenir tous les avantages que nous désirons, il y aura toujours une compagnie quelque part pour nous couper l’herbe sous le pied. C’est déjà le cas dans nos régions, au Québec, au Canada, ou même aux États-Unis (on connait leurs propensions aux revendications et aux syndicats). Alors si les chauffeurs du Québec, à très haut niveau, font de quelquonques gains, nos patrons se feront faire le coup du coupeux d’prix par les autres compagnies. Si ce n’est pas d’ici, comme maintenant, ce sera de nos voisins...
Il y aura toujours quelqu’un pour faire le travail pour moins chers! C’est d’ailleurs un des problèmes, qui se répercute jusqu’à nous les chauffeurs, du merveilleux monde du transport: tous acceptent de faire le travail pour moins cher que le voisin! Souvent même à un cout qui ne couvre même pas leur frais! Pour une poignée de compagnie, de différentes grosseurs, qui tienne leur bout question tarification, il y en a tant qui feront le travail pour moins cher. Belle mentalité!
De notre côté, les chauffeurs, commençons donc par respecter les lois actuelles, ce serait déjà un début, et un commencement de l'ombre d'un chamboulement de la quiétude habituelle.
2 février 2009
Mercedes en Amérique
L'histoire n'est pas courte, alors je répond à Fred ici même.
À la fin des années '90, l'Environment Protection Agency (EPA) aux États-Unis, disons le ministère de l'Environnement, décide d'un calendrier afin d'améliorer les normes de pollution des moteurs de camions. Il est décider qu'en 2004, 2007 et 2010, les quantités de divers polluants seront diminués de la fumée de nos échappements. Et les changements sont drastique: d'une nouvelle norme à la suivante, les taux devront être diminués de jusqu'à 90%. Et déjà qu'il était impossible de se suicider avec un camion, parce que la fumée était, avant ces normes, déjà moyennement propre (en tout cas, pas suffisamment toxique pour tuer!). À cette époque, trois compagnies de moteurs américains se partageaint le marché du camion Classe 8 (les plus gros, du type que nous conduisons sur longue distance, soit Détroit Diesel, Caterpillar et Cummins. Il y a aussi Volvo qui offre ses propres moteurs, mais à l'époque, bien peu d'acheteur de camion Volvo les choisissent avec un moteur Volvo. Il y a bien aussi International, Isuzu, Ford et General Motors (les automobiles), mais ce sont des plus petits moteurs, utilisés sur de petits camions de livraisons.
Au tournant de l'an de grâce 2000, l'EPA s'aperçoit que les trois compagnies principales ont, avec l'aide de méthode de vérification des normes de pollution un peu laxiste, fourrer l'système (contourner serait probablement un meilleur terme!). Un moteur était vérifier à une vitesse donnée, sous une charge donnée, et devait polluer moins que la norme. Ces trois compagnies donc, respectaient ladite norme à la vitesse mesurée, mais en dehors de cette vitesse, un peu plus vite ou un peu plus lent, le moteur polluait plus que la norme.
La méthode a été modifié: maintenant, il est spécifié que la norme doit être respecté à toutes les plages de fonctionnement, et les vérifications se font à différentes vitesses, sous différentes charges, etc. Bref, on vérifie beaucoup mieux.
Comme "punition", l'EPA a donc demandé aux trois compagnies de se plier à la future norme (celle de 2004) dès 2002, donc plus vite que les autres compagnies, comme Volvo, ou les autres non-présente en Amérique. Détroit Diesel, propriété de Freigthliner, sous la grande famille Daimler, a donc décidé d'importer les moteurs Mercedes en Amérique. En nous disant que "c'est tellement économique et ça tire tellement en Europe!"... Mon copain Christophe, un français qui conduit chez nous, me disait qu'en Europe, Mercedes est plutôt reconnu comme "ben ordinaire", pas vraiment mieux qu'un autre...
Je dois maintenant arrivé au phénomène que les américains ont baptisé "pre-buy", ou pré-achat. À chaque changement de norme, tout ce qu'un acheteur voit, c'est que la consommation de carburant va augmenter, et que la performance devrait diminuer (ce dernier point semble ne jamais s'être avéré). Il n'y a ici aucun incitatif à acheter un moteur de la future norme avant d'y être obligé. S'en suis donc une précipitation des acheteurs sur les derniers camions avant l'arrivée de la nouvelle norme, afin de ne pas être les premiers cobayes à "tester" les nouvelles technologies (qui sont normalement déjà utilisé soit ici sur d'autres catégories de véhicule, autobus ou wanabago (chez vous, on dit autocaravane), soit déjà utilisé en Europe (chez vous, la norme ressemble à la nôtre, parfois une en arrière environ). Bref, tout le monde panique, pas toujours pour quelque chose de réel.
En 2004, l'année de mon camion, les marques sous la couronne de Daimler, soit Freightliner, Sterling (dont la mort a été annoncé pour le printemps qui vient) et Western Star ont donc commencé à offrir à ceux qui n'osait pas acheté le nouveau moteur moins polluant les moteurs Mercedes.
Par contre, ici est arrivé récemment le nouveau moteur mondial du groupe: en Amérique, il s'appelle DD15 (pour Detroit Diesel 15 litres), en Europe, il devrait exister sous le nom Mercedes, et à ma connaissance, il y aura une version pour l'Asie, avec son nom bien connu là-bas. Mais le moteur est quasi identique dans les trois versions. Le futur DD13 (un peu plus petit) remplacera le moteur Mercedes, entrainant donc la disparition de ce nom sur nos routes...
Alors lorsque je vante mon Mercedes, qui démarre beau temps mauvais temps, je parle en particulier de mon moteur, en opposition à mes confrères conduisant des Volvo à moteur Cummins, qui ne démarrent tellement pas qu'ils doivent être branché (chauffe-moeur) lors des congés, dans la cour du terminal.
À la fin des années '90, l'Environment Protection Agency (EPA) aux États-Unis, disons le ministère de l'Environnement, décide d'un calendrier afin d'améliorer les normes de pollution des moteurs de camions. Il est décider qu'en 2004, 2007 et 2010, les quantités de divers polluants seront diminués de la fumée de nos échappements. Et les changements sont drastique: d'une nouvelle norme à la suivante, les taux devront être diminués de jusqu'à 90%. Et déjà qu'il était impossible de se suicider avec un camion, parce que la fumée était, avant ces normes, déjà moyennement propre (en tout cas, pas suffisamment toxique pour tuer!). À cette époque, trois compagnies de moteurs américains se partageaint le marché du camion Classe 8 (les plus gros, du type que nous conduisons sur longue distance, soit Détroit Diesel, Caterpillar et Cummins. Il y a aussi Volvo qui offre ses propres moteurs, mais à l'époque, bien peu d'acheteur de camion Volvo les choisissent avec un moteur Volvo. Il y a bien aussi International, Isuzu, Ford et General Motors (les automobiles), mais ce sont des plus petits moteurs, utilisés sur de petits camions de livraisons.
Au tournant de l'an de grâce 2000, l'EPA s'aperçoit que les trois compagnies principales ont, avec l'aide de méthode de vérification des normes de pollution un peu laxiste, fourrer l'système (contourner serait probablement un meilleur terme!). Un moteur était vérifier à une vitesse donnée, sous une charge donnée, et devait polluer moins que la norme. Ces trois compagnies donc, respectaient ladite norme à la vitesse mesurée, mais en dehors de cette vitesse, un peu plus vite ou un peu plus lent, le moteur polluait plus que la norme.
La méthode a été modifié: maintenant, il est spécifié que la norme doit être respecté à toutes les plages de fonctionnement, et les vérifications se font à différentes vitesses, sous différentes charges, etc. Bref, on vérifie beaucoup mieux.
Comme "punition", l'EPA a donc demandé aux trois compagnies de se plier à la future norme (celle de 2004) dès 2002, donc plus vite que les autres compagnies, comme Volvo, ou les autres non-présente en Amérique. Détroit Diesel, propriété de Freigthliner, sous la grande famille Daimler, a donc décidé d'importer les moteurs Mercedes en Amérique. En nous disant que "c'est tellement économique et ça tire tellement en Europe!"... Mon copain Christophe, un français qui conduit chez nous, me disait qu'en Europe, Mercedes est plutôt reconnu comme "ben ordinaire", pas vraiment mieux qu'un autre...
Je dois maintenant arrivé au phénomène que les américains ont baptisé "pre-buy", ou pré-achat. À chaque changement de norme, tout ce qu'un acheteur voit, c'est que la consommation de carburant va augmenter, et que la performance devrait diminuer (ce dernier point semble ne jamais s'être avéré). Il n'y a ici aucun incitatif à acheter un moteur de la future norme avant d'y être obligé. S'en suis donc une précipitation des acheteurs sur les derniers camions avant l'arrivée de la nouvelle norme, afin de ne pas être les premiers cobayes à "tester" les nouvelles technologies (qui sont normalement déjà utilisé soit ici sur d'autres catégories de véhicule, autobus ou wanabago (chez vous, on dit autocaravane), soit déjà utilisé en Europe (chez vous, la norme ressemble à la nôtre, parfois une en arrière environ). Bref, tout le monde panique, pas toujours pour quelque chose de réel.
En 2004, l'année de mon camion, les marques sous la couronne de Daimler, soit Freightliner, Sterling (dont la mort a été annoncé pour le printemps qui vient) et Western Star ont donc commencé à offrir à ceux qui n'osait pas acheté le nouveau moteur moins polluant les moteurs Mercedes.
Par contre, ici est arrivé récemment le nouveau moteur mondial du groupe: en Amérique, il s'appelle DD15 (pour Detroit Diesel 15 litres), en Europe, il devrait exister sous le nom Mercedes, et à ma connaissance, il y aura une version pour l'Asie, avec son nom bien connu là-bas. Mais le moteur est quasi identique dans les trois versions. Le futur DD13 (un peu plus petit) remplacera le moteur Mercedes, entrainant donc la disparition de ce nom sur nos routes...
Alors lorsque je vante mon Mercedes, qui démarre beau temps mauvais temps, je parle en particulier de mon moteur, en opposition à mes confrères conduisant des Volvo à moteur Cummins, qui ne démarrent tellement pas qu'ils doivent être branché (chauffe-moeur) lors des congés, dans la cour du terminal.
3 janvier 2009
Retour sur le Bye bye 2008
Ma réponse laissé sur le blogue Dans ma télé...
Moi j'ai adoré le Bye bye 2008. Un petit bémol pour les montées de lait de Mercier (j'imagine qu'il le fait comme ça dans son spectacle) qui avait un extra-fiel a volonté, mais c'est de bonne guerre.
Évidemment, il faut aimé Véro (qui a pris beaucoup de place, mais c'est son "show" après tout), Louis, et l'humour de Mercier et Avard, ce qui, il faut croire, n'est pas donné à tout le monde, malgré les cotes d'écoute qu'ont récolté les Bougons.
Et ce que je me demande: est-ce que Nathalie "el man d'nnée, r'venez-en" Simard est devenu une intouchable? Moi je suis de ceux qui croit que des centaines de femmes (malheureusement) ont vécu la même chose dans l'anonymat le plus complet, pour le meilleur ou pour le pire. Alors sous-entendre qu'on a entendu tout de l'histoire de Nathalie au point de savoir à quel heure elle pète, ce ne peut-être que drôle! Quiquonque à déjà lu un 7 jours, un La semaine ou autre Lundi sait à quel point on apprend tout de ce genre de détail dans ces revues...
Et parce que Véro est la fille de... elle devrait ne jamais touché à ÇA? Ben voyons... ils ont même eu la délicatesse de se permettre de ne pas commenter l'affaire Virginie pour un et l'affaire Simard pour l'autre dans la série des montées de lait. Est-ce que dès lors, tout leur devient permis? Non, mais bon, ils assument surement tout ce qu'ils ont dit...
Nathalie a berné son propre public (que TVA lui avait rentré de force dans la gorge, y'avait une piasse à faire 'ec ça), alors rien que pour ça, elle méritait de figurer au Bye bye...
Et que Véro ait une dent contre TVA, qui le lui rend bien, ce n'est que normal... TVA sont les premiers à exiger des exclusivités et à vouloir tout contrôler (surtout les apparitions aux autres réseaux).
Alors tous ceux qui cherchent une certaine qualité dans la télévision, plutôt qu'une simple recherche de la cote d'écoute à tout prix, autant qu'un dévouement envers certaines niches qui ne sont écouté que par un public réduit mais ultra-fidèle, comprennent à un certain niveau l'humour envers TVA.
Moi j'ai adoré le Bye bye 2008. Un petit bémol pour les montées de lait de Mercier (j'imagine qu'il le fait comme ça dans son spectacle) qui avait un extra-fiel a volonté, mais c'est de bonne guerre.
Évidemment, il faut aimé Véro (qui a pris beaucoup de place, mais c'est son "show" après tout), Louis, et l'humour de Mercier et Avard, ce qui, il faut croire, n'est pas donné à tout le monde, malgré les cotes d'écoute qu'ont récolté les Bougons.
Et ce que je me demande: est-ce que Nathalie "el man d'nnée, r'venez-en" Simard est devenu une intouchable? Moi je suis de ceux qui croit que des centaines de femmes (malheureusement) ont vécu la même chose dans l'anonymat le plus complet, pour le meilleur ou pour le pire. Alors sous-entendre qu'on a entendu tout de l'histoire de Nathalie au point de savoir à quel heure elle pète, ce ne peut-être que drôle! Quiquonque à déjà lu un 7 jours, un La semaine ou autre Lundi sait à quel point on apprend tout de ce genre de détail dans ces revues...
Et parce que Véro est la fille de... elle devrait ne jamais touché à ÇA? Ben voyons... ils ont même eu la délicatesse de se permettre de ne pas commenter l'affaire Virginie pour un et l'affaire Simard pour l'autre dans la série des montées de lait. Est-ce que dès lors, tout leur devient permis? Non, mais bon, ils assument surement tout ce qu'ils ont dit...
Nathalie a berné son propre public (que TVA lui avait rentré de force dans la gorge, y'avait une piasse à faire 'ec ça), alors rien que pour ça, elle méritait de figurer au Bye bye...
Et que Véro ait une dent contre TVA, qui le lui rend bien, ce n'est que normal... TVA sont les premiers à exiger des exclusivités et à vouloir tout contrôler (surtout les apparitions aux autres réseaux).
Alors tous ceux qui cherchent une certaine qualité dans la télévision, plutôt qu'une simple recherche de la cote d'écoute à tout prix, autant qu'un dévouement envers certaines niches qui ne sont écouté que par un public réduit mais ultra-fidèle, comprennent à un certain niveau l'humour envers TVA.
30 décembre 2008
Est-ce si pire que ça ici?
Désolé pour le délai... J'espère ne pas avoir créer une attente, et ainsi donné l'impression que l'éléphant accouche d'une souris...
*****
Suite à un message ou je "parle" de la place du gouvernement dans la société, Fred N'Co m'a laissé un commentaire-question, dont l'extrait suivant:
Tiens, pendant que j'y penses...
Avant vos élections, j'avais l'impression que le Québec était le pire pays de la planète...
Tout le monde (Les Québécois) voulaient partir du Québec, tout le monde avait honte d'être Québécois, tout le monde avait honte du gouvernement du Québec, c'était bien mieux chez les autres (autres provinces Canadienne, voir aux États unis). Mais j'ai l'impression que depuis que la grande crise a commencé à frapper les États unis... Beaucoup ont retourné leurs veste... Ou, du moins, beaucoup on fermé un peu leur bouche, pour faire oublier ces paroles passé, quelques un disent tout le contraire de ce qu'ils disaient, il n'y a pas si longtemps...
Je me trompe, c'est juste une impression, ou j'ai tout faux ??? Ou, peut être ai-je raison ???
Ce message-ci s'adresse donc en premier à Fred, mais tous peuvent bien y réagir librement.
*****
Tout d'abord, je met tout de suite une chose en perspective: il y a un peu de biais dans tes sources, Fred. Certains blogues que je sais que tu fréquentes sont, comment dire poliment, très à droite et conservateurs, en plus d'être fédéraliste. Les gens d'allégeance conservatrice forme une partie de la population, je dirais le quart ou le tiers, et sont surtout concentré dans la grande région de la ville de Québec, ainsi que la région de la Beauce. D'ou l'élection dans ces deux régions de plusieurs député du parti Conservateur au niveau fédéral, et du parti de l'Action Démocratique du Québec (plutôt à l'élection précédente (pas la dernière, l'autre avant).
Au Québec, une bonne partie des gens sont plutôt un peu à gauche du centre. On ne peut pas dire totalament à gauche, mais disons que les mesures dites socialistes sont en général populaire. Certains disent que le gouvernement a remplacé l'église qui, jadis, s'occupait de l'éducation, de la santé, de l'entraide, du secours d'urgence, etc. Conséquemment, nous payons ici une bonne part de nos salaires en impôt. (Curieusement, en parlant avec des états-uniens, on se rend compte qu'eux aussi, au total, en paie une partie apréciable. Trop souvent, vu d'ici, ça a tellement l'air mieux. Sans parler de tout ce qu'ils payent dans le privé).
En échange, nous avons des assurances-médicament, -soins médicaux, -emploi, des rentes pour les retraités, les veufs ou veuves, de généreuses allocations familiales, les frais de scolarité post-secondaire (université et collège) les moins élevés en Amérique du Nord, des garderies à tarifs réduits, et bien d'autres programmes sociaux. Tout ceci administré et géré par le gouvernement, donc des fonctionnaires. La majorité de ses services ont été créés pour améliorer la justice sociale, améliorer les chances de tous. On dit que, pour un salaire moins élevé gagné au Québec, il restera plus d'argent dans tes poches si tu tiens comptes des services qui te seront fournis "sans frais" (que la société aura payé avec les impôts). C'est particulièrement vrai pour les familles avec de jeunes enfants.
Il faut savoir qu'à une époque, soit avant et au début des années soixante, le Québec était assez pauvre collectivement parlant. Les gens étaient peu instruit, le clergé contrôlait la vie de tous, beaucoup de gens n'allait que peu à l'école (à peine un début de secondaire), les soins médicaux coutaient très cher (alors les gens ne se soignaient pas toujours correctement), etc. Du côté du conquérant (lire: les anglais), eux, plus fortunés, étaient bien instruits, donc ils avaient tous les postes de direction dans les compagnies: ils contrôlaient l'économie (et ne se gênaient pas pour nous faire chier avec ça). Tellement qu'il a fallu qu'un québécois invente Desjardins, une coopérative financière afin que les canadiens français (comme on nous appelait alors) puissent avoir accès au crédit. Nous sommes alors passé d'un peuple de locataire à un peuple de propriétaire.
Heureusement, il y a eu ici la Révolution Tranquille. Beaucoup de l'État québécois a été créé à ce moment. Et notre mentalité comme peuple en découle encore une quarantaine d'année plus tard.
Bon, nous arrivons à aujourd'hui. Beaucoup de gens ont l'impression que nous payons trop d'impôt et que les services gouvernementaux sont minables. Autour de nous, l'Ontario a été longtemps cité comme l'exemple à atteindre (c'était la province la plus "riche" grâce à l'industrie automobile, tout étant relatif). Ces années-ci, on cite l'Alberta (maintenant la province la plus "riche" grâce à l'industrie pétrolière), un antre de l'extrême droite, comme exemple. Quelques sources distordues nous martèlent que le privé ferait un meilleur travail dans à peu près tous les domaines de services. Ces sources sont sommes toutes une minorité, mais en raison de la faiblesse de nos médias (deux conglomérats au Québec, trois ou quatre au Canada (en anglais)) et, surtout, de l'implication de chacun de ces conglomérats dans des domaines ou ils ont avantages à faire tomber le monopole de l'état dans différents domaines (en santé notemment, qui accapare la moitié du budget du Québec). Pour faire court, ceux qui pronent un recours au privé en santé jouissent d'une couverture médiatique disproportionnée. Ceux qui ont des solutions aux problèmes qui passeraient par les services publics ont en contreparties bien peu de façon de les faire connaitre. Heureusement, ils peuvent maintenant profiter de l'incontrôle d'Internet.
Je me permets ici de préciser que dans la plupart des cas, contrairement à ce que beaucoup de gens véhicule, les services gouvernementaux sont très bons. Parfois, comme en santé, l'accès en est difficile... En même temps, avec mon père et ma fille cardiaque, je peux affirmer que "lorsque tu es VRAIMENT malade", le service est rapide et excellent. Les matanttes qui ont un mal de tête et qui engorgent les salles d'urgence te diront qu'elles attendent très longtemps, mais c'est très bien comme ça! Évidemment, il y a toute une panoplie entre les deux.
Après tout ce préambule... Est-ce que tout le monde veut effectivement quitter le Québec? Ben, probablement que tout le monde a une vision d'ailleurs ou tout est tellement mieux, une vision idyllique. Le gazon est toujours plus vert chez le voisin, dit-on. Certaines gens auront plus d'informations et, sachant plus de quoi ils parlent, pourront effectivement faire le saut. Ces années-ci, plusieurs vont travailler dans le nord de l'Alberta. On me dit que la Saskatchewan pourrait être le prochain Eldorado. Dans les années soixante-dix, c'était au Québec avec les grands travaux de la Baie James (les immenses barrages hydro-électriques).
J'ai en mémoire un camionneur content de travailler en Alberta pour un salaire horaire de près de vingt dollars, pour du travail régional (disons un voyage pour la journée, avec retour à la maison à chaque soir). J'ai pourtant vu souvent des offres d'emploi semblables pour du travail local à Toronto (bon, peut-être à un dollar de moins l'heure). Si l'on tient compte du cout des logements démesuré en Alberta, Toronto est un meilleur choix... et Montréal encore plus, malgré que le salaire sera plus vers les seize dollars l'heure. Les Tim Hortons (une chaine de café-beignet-sandwich) en Alberta doivent offrir quinze dollars l'heure pour avoir des employés!
Avons-nous honte d'être québécois? Je ne surprendrai personne en répondant que je suis extrêmement fier d'être québécois. Ma fille l'est déjà aussi, à six ans. Certaines personnes, souvent d'allégence fédéraliste, se disent peu fier d'être québéecois, ou même iront jusqu'à ne pas prononcer ces mots. Pour ceux-là, ils sont canadiens avant tout, et ils ne peuvent pas comprendre pourquoi nous (lire: les indépendantistes et les nationalistes (ici, c'est légèrement différent)) voudrions faire de notre nation notre propre pays. Trop souvent, ils en profiteront pour déformer certains faits au passage.
Il y a ici aussi, dans le domaine de la fierté ou non d'être québécois, tout le dilemme gauche-droite additionné de indépendantiste-fédéraliste. Souvent, on associe québécois à nationaliste, donc souvent indépendantiste, alors représenté par le parti qui amena la gauche dans le paysage politique québécois (ça a changé depuis). Alors ceux qui sont plutôt à droite ne voulant pas être associé à la gauche s'identifieront plus aux partis plus à droite, qui sont tous fédéralistes (le seul autre parti indépendantiste est encore plus à gauche que le parti Québécois). Pour ma part, je crois que tous devraient être fier d'être québécois, peu importe leurs allégeances. Le plus beau dans notre histoire, c'est que toute nos luttes internes se sont faites sans effusion de sang (ou si peu: lors de la crise d'octobre) et de façon démocratique dans le cas des référendums.
Le Québec est-il si parfait? Bien sur que non, personne ne le prétend. Doit-on TOUT changer du tout au tout? Je ne le crois pas plus. Il y a bien sur place à de l'amélioration. Beaucoup de gestionnaires mériteraient des coups de pieds au cul. Est-ce qu'il faut blâmer les employés ou encore le système tout entier pour des gestionnaires incompétent? Évidemment non. Je prends cet élément au hasard, comme un problème parmi d'autres. Rien ne peux se régler par un gouvernement dont le bien-être des citoyens et le bien commun serait une priorité. Et ça, on n'en a pas vu depuis longtemps, peu importe le parti qui gouverne. Récemment, nous avons eu des gouvernements qui dirigent en fonction de la prochaine élection...
*****
Malgré la longueur, je présente ça comme une ébauche de réponse!
À Fred: si tu as d'autres questions, pose-les, et je poursuivrai la réflexion. Ton regard extérieur est très aprécié.
Aux autres lecteurs: si vous lisez toujours, premièrement merci, j'aprécie votre persévérance. Comme dit en haut, sentez-vous bien libre de vous exprimez par rapport à mon message ou à la situation de notre beau Québec.
*****
Suite à un message ou je "parle" de la place du gouvernement dans la société, Fred N'Co m'a laissé un commentaire-question, dont l'extrait suivant:
Tiens, pendant que j'y penses...
Avant vos élections, j'avais l'impression que le Québec était le pire pays de la planète...
Tout le monde (Les Québécois) voulaient partir du Québec, tout le monde avait honte d'être Québécois, tout le monde avait honte du gouvernement du Québec, c'était bien mieux chez les autres (autres provinces Canadienne, voir aux États unis). Mais j'ai l'impression que depuis que la grande crise a commencé à frapper les États unis... Beaucoup ont retourné leurs veste... Ou, du moins, beaucoup on fermé un peu leur bouche, pour faire oublier ces paroles passé, quelques un disent tout le contraire de ce qu'ils disaient, il n'y a pas si longtemps...
Je me trompe, c'est juste une impression, ou j'ai tout faux ??? Ou, peut être ai-je raison ???
Ce message-ci s'adresse donc en premier à Fred, mais tous peuvent bien y réagir librement.
*****
Tout d'abord, je met tout de suite une chose en perspective: il y a un peu de biais dans tes sources, Fred. Certains blogues que je sais que tu fréquentes sont, comment dire poliment, très à droite et conservateurs, en plus d'être fédéraliste. Les gens d'allégeance conservatrice forme une partie de la population, je dirais le quart ou le tiers, et sont surtout concentré dans la grande région de la ville de Québec, ainsi que la région de la Beauce. D'ou l'élection dans ces deux régions de plusieurs député du parti Conservateur au niveau fédéral, et du parti de l'Action Démocratique du Québec (plutôt à l'élection précédente (pas la dernière, l'autre avant).
Au Québec, une bonne partie des gens sont plutôt un peu à gauche du centre. On ne peut pas dire totalament à gauche, mais disons que les mesures dites socialistes sont en général populaire. Certains disent que le gouvernement a remplacé l'église qui, jadis, s'occupait de l'éducation, de la santé, de l'entraide, du secours d'urgence, etc. Conséquemment, nous payons ici une bonne part de nos salaires en impôt. (Curieusement, en parlant avec des états-uniens, on se rend compte qu'eux aussi, au total, en paie une partie apréciable. Trop souvent, vu d'ici, ça a tellement l'air mieux. Sans parler de tout ce qu'ils payent dans le privé).
En échange, nous avons des assurances-médicament, -soins médicaux, -emploi, des rentes pour les retraités, les veufs ou veuves, de généreuses allocations familiales, les frais de scolarité post-secondaire (université et collège) les moins élevés en Amérique du Nord, des garderies à tarifs réduits, et bien d'autres programmes sociaux. Tout ceci administré et géré par le gouvernement, donc des fonctionnaires. La majorité de ses services ont été créés pour améliorer la justice sociale, améliorer les chances de tous. On dit que, pour un salaire moins élevé gagné au Québec, il restera plus d'argent dans tes poches si tu tiens comptes des services qui te seront fournis "sans frais" (que la société aura payé avec les impôts). C'est particulièrement vrai pour les familles avec de jeunes enfants.
Il faut savoir qu'à une époque, soit avant et au début des années soixante, le Québec était assez pauvre collectivement parlant. Les gens étaient peu instruit, le clergé contrôlait la vie de tous, beaucoup de gens n'allait que peu à l'école (à peine un début de secondaire), les soins médicaux coutaient très cher (alors les gens ne se soignaient pas toujours correctement), etc. Du côté du conquérant (lire: les anglais), eux, plus fortunés, étaient bien instruits, donc ils avaient tous les postes de direction dans les compagnies: ils contrôlaient l'économie (et ne se gênaient pas pour nous faire chier avec ça). Tellement qu'il a fallu qu'un québécois invente Desjardins, une coopérative financière afin que les canadiens français (comme on nous appelait alors) puissent avoir accès au crédit. Nous sommes alors passé d'un peuple de locataire à un peuple de propriétaire.
Heureusement, il y a eu ici la Révolution Tranquille. Beaucoup de l'État québécois a été créé à ce moment. Et notre mentalité comme peuple en découle encore une quarantaine d'année plus tard.
Bon, nous arrivons à aujourd'hui. Beaucoup de gens ont l'impression que nous payons trop d'impôt et que les services gouvernementaux sont minables. Autour de nous, l'Ontario a été longtemps cité comme l'exemple à atteindre (c'était la province la plus "riche" grâce à l'industrie automobile, tout étant relatif). Ces années-ci, on cite l'Alberta (maintenant la province la plus "riche" grâce à l'industrie pétrolière), un antre de l'extrême droite, comme exemple. Quelques sources distordues nous martèlent que le privé ferait un meilleur travail dans à peu près tous les domaines de services. Ces sources sont sommes toutes une minorité, mais en raison de la faiblesse de nos médias (deux conglomérats au Québec, trois ou quatre au Canada (en anglais)) et, surtout, de l'implication de chacun de ces conglomérats dans des domaines ou ils ont avantages à faire tomber le monopole de l'état dans différents domaines (en santé notemment, qui accapare la moitié du budget du Québec). Pour faire court, ceux qui pronent un recours au privé en santé jouissent d'une couverture médiatique disproportionnée. Ceux qui ont des solutions aux problèmes qui passeraient par les services publics ont en contreparties bien peu de façon de les faire connaitre. Heureusement, ils peuvent maintenant profiter de l'incontrôle d'Internet.
Je me permets ici de préciser que dans la plupart des cas, contrairement à ce que beaucoup de gens véhicule, les services gouvernementaux sont très bons. Parfois, comme en santé, l'accès en est difficile... En même temps, avec mon père et ma fille cardiaque, je peux affirmer que "lorsque tu es VRAIMENT malade", le service est rapide et excellent. Les matanttes qui ont un mal de tête et qui engorgent les salles d'urgence te diront qu'elles attendent très longtemps, mais c'est très bien comme ça! Évidemment, il y a toute une panoplie entre les deux.
Après tout ce préambule... Est-ce que tout le monde veut effectivement quitter le Québec? Ben, probablement que tout le monde a une vision d'ailleurs ou tout est tellement mieux, une vision idyllique. Le gazon est toujours plus vert chez le voisin, dit-on. Certaines gens auront plus d'informations et, sachant plus de quoi ils parlent, pourront effectivement faire le saut. Ces années-ci, plusieurs vont travailler dans le nord de l'Alberta. On me dit que la Saskatchewan pourrait être le prochain Eldorado. Dans les années soixante-dix, c'était au Québec avec les grands travaux de la Baie James (les immenses barrages hydro-électriques).
J'ai en mémoire un camionneur content de travailler en Alberta pour un salaire horaire de près de vingt dollars, pour du travail régional (disons un voyage pour la journée, avec retour à la maison à chaque soir). J'ai pourtant vu souvent des offres d'emploi semblables pour du travail local à Toronto (bon, peut-être à un dollar de moins l'heure). Si l'on tient compte du cout des logements démesuré en Alberta, Toronto est un meilleur choix... et Montréal encore plus, malgré que le salaire sera plus vers les seize dollars l'heure. Les Tim Hortons (une chaine de café-beignet-sandwich) en Alberta doivent offrir quinze dollars l'heure pour avoir des employés!
Avons-nous honte d'être québécois? Je ne surprendrai personne en répondant que je suis extrêmement fier d'être québécois. Ma fille l'est déjà aussi, à six ans. Certaines personnes, souvent d'allégence fédéraliste, se disent peu fier d'être québéecois, ou même iront jusqu'à ne pas prononcer ces mots. Pour ceux-là, ils sont canadiens avant tout, et ils ne peuvent pas comprendre pourquoi nous (lire: les indépendantistes et les nationalistes (ici, c'est légèrement différent)) voudrions faire de notre nation notre propre pays. Trop souvent, ils en profiteront pour déformer certains faits au passage.
Il y a ici aussi, dans le domaine de la fierté ou non d'être québécois, tout le dilemme gauche-droite additionné de indépendantiste-fédéraliste. Souvent, on associe québécois à nationaliste, donc souvent indépendantiste, alors représenté par le parti qui amena la gauche dans le paysage politique québécois (ça a changé depuis). Alors ceux qui sont plutôt à droite ne voulant pas être associé à la gauche s'identifieront plus aux partis plus à droite, qui sont tous fédéralistes (le seul autre parti indépendantiste est encore plus à gauche que le parti Québécois). Pour ma part, je crois que tous devraient être fier d'être québécois, peu importe leurs allégeances. Le plus beau dans notre histoire, c'est que toute nos luttes internes se sont faites sans effusion de sang (ou si peu: lors de la crise d'octobre) et de façon démocratique dans le cas des référendums.
Le Québec est-il si parfait? Bien sur que non, personne ne le prétend. Doit-on TOUT changer du tout au tout? Je ne le crois pas plus. Il y a bien sur place à de l'amélioration. Beaucoup de gestionnaires mériteraient des coups de pieds au cul. Est-ce qu'il faut blâmer les employés ou encore le système tout entier pour des gestionnaires incompétent? Évidemment non. Je prends cet élément au hasard, comme un problème parmi d'autres. Rien ne peux se régler par un gouvernement dont le bien-être des citoyens et le bien commun serait une priorité. Et ça, on n'en a pas vu depuis longtemps, peu importe le parti qui gouverne. Récemment, nous avons eu des gouvernements qui dirigent en fonction de la prochaine élection...
*****
Malgré la longueur, je présente ça comme une ébauche de réponse!
À Fred: si tu as d'autres questions, pose-les, et je poursuivrai la réflexion. Ton regard extérieur est très aprécié.
Aux autres lecteurs: si vous lisez toujours, premièrement merci, j'aprécie votre persévérance. Comme dit en haut, sentez-vous bien libre de vous exprimez par rapport à mon message ou à la situation de notre beau Québec.
Un camionneur québécois emprisonné aux État-Unis
Suite au message de notre répartiteur-blogueur préféré, je publie ici le commentaire que j'y ai laissé. Il se tient en lui-même.
*****
Je ne sais pas pourquoi ce gars semble faire plus pitié parce que c'est Noel??? Ah, nos si bon média qui n'ont pas le temps de chercher les vrais nouvelles dignes de mentions.
Semble t'il que le gars est propriétaire de son camion et, en "achetant" les voyages, il les reçoit déjà chargé dans une remorque qui lui est prêté (et probablement étanche). L'occasion est donc idéale pour ce genre de situation. Il faut qu'une confiance absolue s'installe. Et se maintienne.
D'un côté comme de l'autre, il y a probablement autant de raison de le croire coupable ou non. Souvent dans ce genre de cause, il aura probalbment été trahi (qu'il le sache ou non) par les vrais coupables (qui eux même en ont peut-être profifé pour faire en même temps un plus gros coup).
Pour la justice américaine, je crois que le gars est ben mal pris, qu'il soit responsable ou non du fait. C'est quand même lui qui a entré, via son véhicule, la drogue dans le pays. Et en matière de drogue, en plus pour quelqu'un dont le travail consiste à franchir la frotière à chaque semaine, la justice américaine a plutôt l'habitude d'être intraitable (un peu aussi pour faire peur aux autres...).
Laissons donc la justice suivre son cours, temps des fêtes ou pas. On ne peux que souhaiter que justice soit rendu, et le plus possible dans un délai raisonnable. Être emprisonné n'est déjà pas facile. Encore moins dans un pays étranger.
*****
Je ne sais pas pourquoi ce gars semble faire plus pitié parce que c'est Noel??? Ah, nos si bon média qui n'ont pas le temps de chercher les vrais nouvelles dignes de mentions.
Semble t'il que le gars est propriétaire de son camion et, en "achetant" les voyages, il les reçoit déjà chargé dans une remorque qui lui est prêté (et probablement étanche). L'occasion est donc idéale pour ce genre de situation. Il faut qu'une confiance absolue s'installe. Et se maintienne.
D'un côté comme de l'autre, il y a probablement autant de raison de le croire coupable ou non. Souvent dans ce genre de cause, il aura probalbment été trahi (qu'il le sache ou non) par les vrais coupables (qui eux même en ont peut-être profifé pour faire en même temps un plus gros coup).
Pour la justice américaine, je crois que le gars est ben mal pris, qu'il soit responsable ou non du fait. C'est quand même lui qui a entré, via son véhicule, la drogue dans le pays. Et en matière de drogue, en plus pour quelqu'un dont le travail consiste à franchir la frotière à chaque semaine, la justice américaine a plutôt l'habitude d'être intraitable (un peu aussi pour faire peur aux autres...).
Laissons donc la justice suivre son cours, temps des fêtes ou pas. On ne peux que souhaiter que justice soit rendu, et le plus possible dans un délai raisonnable. Être emprisonné n'est déjà pas facile. Encore moins dans un pays étranger.
S'abonner à :
Messages (Atom)
