11 février 2010

On part - Chapitre Second

Qui dit Grand Rapids, dit douane de Port Huron. Probablement que nous commençons à y être connu, car c’est moins compliquer qu’avant d’y traverser. Avant, c’était quasi automatique qu’on allait à la fouille au rayon X! Ou la dernière fois, le douanier me demande où je vais. Je lui réponds par l’état, comme depuis toujours, donc au Michigan. Il me dit : nous sommes au Michigan et tu n’es pas rendu, donc, où vas-tu? J’ai donc dû lui sortir la ville de ma non-mémoire!

Arrivé chez mon client, je constate que c’est gros. Même très gros. J’oserais dire gros en tabarnak! C’est un centre de distribution pour une chaine de grande surface que je n’avais jamais vu avant. Et à voir les entrepôts (il y en a plusieurs, réfrigérés ou non), il doit y avoir plusieurs magasins… À la guérite, on demande d’avoir notre numéro de P.O. en main en arrivant. Je regarde rapidement, puis je donne les factures au gardien. Après tout, il doit savoir d’instinct où le trouver! Pas toujours… Il me demande ce que j’amène. Des gros rouleaux de papier. Genre pour l’imprimerie, qu’il me dit? En plein dans l’mille! Ah, c’est pour ça que je n’ai pas de numéro de P.O.! On prend des notes pour la prochaine fois…

Il me donne la carte et les directions pour retrouver l’imprimerie. Hé ben, cette chaine imprime elle-même ses circulaires! Ça c’est être visionnaire et créateur d’emploi! Bien sur, il faut être mauditement gros pour que ce soit rentable!

Pour le retour, je me rends dans le village très ancien de Vicksburg, au sud de l’état. J’y ramasse un genre de farine… ou une poudre quelquonque! Puis, de retour sur la route en direction d’un mini-congé de quelques heures afin de reprendre un peu du temps perdu en congé de maladie. Et aussi de profiter de la manne qui passe.

Comme d’habitude lorsque je crois que je pourrai être rentré tôt, j’arrive tout juste à temps pour souper! J’ai encore ben de la misère à prédire mon temps de travail! Je dois laisser ma remorque à notre cours de Lachine, et mon camion pour la soirée aussi. Ma prochaine remorque est à Saint-Chrysostome.

Caro offre que nous allions souper au SunK à Châteauguay. Excellent restaurant chinois. Oubliez les buffets d’un kilomètre de long avec plus de non-chinois que de chinois. Il y a là un buffet raisonnable (assez de variété pour faire deux bonnes assiettes de cochon sans se répéter), mais surtout, délicieux. C’est là que j’ai découvert que la soupe Won Ton, ce n’est pas seulement pour bourrer la panse afin que le client ne pige moins dans le buffet : ça peut aussi être bon!

Le décor est très chinois, on pourrait probablement dire kitsch. Il n’a pas changé depuis des lunes. Et la propriétaire, avec son mari et son fils, était une amie de Brenda, feue la maman de Caro. Cette fois, je crois que c’était la chaleur, on aurait dit que personne de nous trois ne « feelait » pour manger comme des cochons (c’est ça le but d’un buffet, non?).

Une fois rendu à Châteauguay, pourquoi ne pas en profiter pour se rendre chez tante Anna, à Sainte-Martine? Bon, avoir su, j’aurais trainé mon camion. Rendu là, on est à une vingtaine de minutes du bureau. Caro me raconta que Raymond, son cousin, avait vendu sa maison et que depuis aujourd’hui, il était retourné chez sa mère! Il doit ben avoir proche cinquante ans, le cousin, alors la situation est pour le moins cocace. C’est temporaire, mais quand même.

Tout juste derrière nous, Sylvain, un ami de Raymond arriva. Nos deux compères s’en allaient voir un spectacle Hommage à Led Zeppelin (c’est de leur âge!). Et Sylvain n’arrêtait pas de taquiner Raymond : bonsoir, habitez-vous chez vos parents?

Après un brin de jasette, nous sommes retournés vers mon camion. Il faisait si froid que j’ai décidé de retourner au garage pour y passé la nuit, ce qui permettrait à la couchette de se réchauffer, plutôt que d’attendre sur place qu’elle ne réchauffe. Je suis parti sans remorque, ce qui en soit est un événement! Et comme je ne savais pas mon numéro de remorque, je n’ai pas pu vérifier qu’elle n’était pas dans la cour de Lachine (ça t’arrive une seule fois de courir toutes les cours à la recherche d’une remorque!). J’avais donc un genre de doute, tout en ayant confiance car les erreurs sont rares chez TJB.

Arrivé au garage, j’ai rencontré deux confrères de travail qui venaient de rentrer, Reefer et Moustache. Une courte discussion s’en suivit, mais eux s’en allant à la maison, ils étaient plus pressés que moi! Je suis donc allé chercher mes payes et mes papiers de voyage dans ma case avant d’aller au lit. Les payes y étaient, ainsi que l’avance d’argent demandé, mais pas de papier de voyage, ni de numéro de remorque… Louche, mais bon, on verra ça demain avec Jean-Pierre!

Dimanche matin, j’observais la faune déambuler dans la cours tout en me réveillant… Il n’y eut qu’un chauffeur, que je ne connaissais pas. Je déplaçai mon camion à la pompe afin de faire le plein, me permettant de « fermer » la semaine précédent, et de remettre mon enveloppe dans ma case pour traitement futur (et donc paye le jour venu!). Une fois l’opération complétée, avec maintenant plus personne en vue, je suis retourné à l’intérieur afin d’y laisser la précieuse enveloppe. J’en profite pour remplir une de mes bouteilles d’eau, l’eau du puits étant si bonne (par contraste avec celle du village qui était si moche du temps où j’y habitais).

Avant de téléphoner à Jean-Pierre (j’hais ça déranger quelqu’un dans son congé, même lorsque c’est justifié), j’ai eu un éclair de génie! Oui, ça m’arrive une ou deux fois par année. Je me suis dit, perspicace, que si je regarde sous le rideau de fer, je pourrais voir mon numéro de remorque sur le tableau des chauffeurs. Par la suite, je pourrais voir si elle est dans la cour (ou si j’aurais dû faire dodo à Lachine!). Si c’était le cas, je n’aurais qu’à me faire faxer la feuille nouveau genre pour la douane demain sur la route (après vérification dans ma tête qu’on est bien dimanche, donc demain est un jour ouvrable!)… Les papiers pour la livraison eux sont toujours dans le nez de la remorque.

Numéro de remorque en main, je retourne dans mon camion et je me rends au fond de la cour, là où sont stationnées les remorques. Bingo, la mienne est là! Au moins, je ne me suis pas rendu au garage pour rien! J’accroche donc ma remorque et je suis prêt à partir.

La route va bien. La 401 est fidèle à son habitude, longue et en montant. À partir de Kingston, la neige se met de la partie. Rien pour faire peur à un saguenéen, mais assez pour faire une file de voitures. C’est le traditionnel retour à la maison du dimanche en fin de journée! Comme je suis tôt, comparativement à la normale, je décide de me rendre à Dorchester pour la nuit. Je ne suis pas vraiment pressé ne livrant à Springfield, MO que mardi en après-midi, mais avec tout ça, il est une belle heure pour s’y accoster.

Évidemment, qui dit Dorchester le soir dit Internet lent. Parce qu’au petit matin, c’était beaucoup plus rapide. Ce doit donc être l’affluence du soir qui ra—len—tit… Je me couche réellement un peu tard (quelqu’un de surpris?). Je finis par repousser l’heure du réveil.

Je pars donc un peu à la course le lundi matin. J’ai beau ne pas être trop pressé, il y a quand même une limite à perdre son temps, ce que je n’ai d’ailleurs pas trop de misère à faire. J’arrive à Comber, ON peu après dix heures. Mon plan : faire le plein, mettre le diner dans le réchaud, ramasser le fax et le coupon de l’oncle Tim, et repartir vers les douanes (à quarante-cinq minutes de là); en chemin, mettre le diner à chauffer afin qu’il soit prêt une fois les douanes traverser (il y a un stationnement tout de suite après la douane ou une demi-heure plus loin, ce qui est trop pour moi aujourd’hui).

Ça, c’était le plan. Ce qui veut dire que c’est ici que ça se gâte! Je fais le plein, je stationne mon camion, je téléphone à Jean-Pierre afin de lui demander le précieux papier (on a maintenant besoin que d’une feuille à présenter au douanier, feuille que l’on pourra d’ailleurs remplir nous même une fois qu’on en aura à bord). Ce sera fait, qu’il me dit. Je vais donc au toilette et ramasser mon coupon qui ces temps-ci arrive sous forme de carte! Normalement, le temps est ben en masse suffisant pour que l’opération ait fonctionné.

Je vais donc voir Lori (de Comber, à ne pas confondre avec Lori du bureau, même si elle est tout aussi sympathique) qui, connaissant les TJB par leurs maudasses de faces, sait en me voyant qu’elle n’a rien pour moi. Elle vérifie quand même, mais comme elle a beaucoup moins de fax qu’à Tilbury (l’autre relais une sortie plus à l’est), ce n’est pas très long.

Je retéléphone au bureau. Le patron lui-même me répond. Je lui explique la situation. Il vérifie avec Jean-Pierre, qui dit que « c’est parti tantôt ». Comme je ne l’ai pas eu, il me le renvoie. En quelques minutes, Lori de Comber me fait signe. Elle a deux feuilles. Une vierge et une qui dit que je traverse à la douane de Port Huron! Je saute haut d’même (parce que je suis à deux pas de la douane de Détroit)… pour me rendre compte, avec ma mémoire cette fois phénoménale, que c’est la feuille de la semaine dernière (mon voyage chez l’imprimeur dont je parle plus haut).

Je retéléphone au bureau, pour tomber sur Jean-Pierre lui-même. Je lui raconte tout ça. Ce n’est pas très drôle, mais je suis calme (Caro dirait : étonnamment calme, mais au travail, j’ai un calme olympien). Il me dit qu’il va vérifier tout ça et qu’il me rappelle. Bon, autant allé faire chauffer le diner…

Quelques minutes plus tard, la réponse arrive : mon voyage n’a pas été dédouané. Rien, niet, aucun dossier ouvert à mon nom! Je suis donc passé dans la craque du plancher! C’est la première fois qu’une telle chose se produit depuis qu’il faut pré-dédouaner les voyages à destination des États-Unis! Hé ben. Et, bien sur, ça tombe sur l’heure du diner! J’envoie donc la facture de douane au bureau afin qu’eux puissent faire leur bout du travail. Lori de Comber rigole un peu avec moi de la situation. Je déplace ensuite mon camion afin d’être dans le champ d’action d’Internet (je ne capte pas le signal de partout à ce relais). Comme je ne peux plus avancé avant d’avoir ce papier, et qu’il faut qu’un peu de temps s’écoule avant que la douane américaine accorde ses flûtes et nous autorise à nous y présenter, je vais donc me sacrifier sur Internet en attendant que le diner soit prêt (ce qui ne tarda pas avec tout le temps que ça a pris!) et que le fax revienne. J’estime au pif aux alentours de treize heures trente.

Comme prévu dans ma tête, treize heures trente précise, je peux quitter (enfin) Comber, papier en main. Merci Jean-Pierre! Moins d’une heure plus tard, me voici sur le pont Ambassadeur, le seul endroit où, pour passer du Canada aux États-Unis, il faut monter vers le nord! Sur ledit pont, on peut voir que l’eau n’est pas gelée du tout. Fin janvier, c’est assez exceptionnel! Et comme toujours ces temps-ci, grâce à la récession qui se prolonge et aux nombreuses compagnies de transport en faillite ou au ralenti, il n’y a pas beaucoup de camions en attente au poste de la douane américaine.

8 février 2010

L'orteil - Chapitre premier

Notez que j'ai écrit cette histoire il y a quelques jours...

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J’ai l’impression, depuis quelques semaines, de m’être métamorphosé en orteil. On ne me dit plus "Bonjour, comment vas-tu?", on me dit plutôt directement et froidement : "Ton orteil, est rendu comment?". Non mais, l’humain derrière ça (je devrais dire au dessus), on l’oublie?

Revenons un peu en arrière. Résumons l’épisode orteil, pour la postérité et pour mes lecteurs qui ne sont pas mes "ami-e-s Facebook" qui eux ont vu défiler l’histoire…

Depuis la mi-novembre, j’ai une infection à un orteil. En me coupant les ongles trop court (maintenant je sais), je me suis coupé un peu la peau. Comme ça arrive de temps à autre. Un peu de sang, et normalement, ça cicatrise et ça guérit tout seul. Mais pas cette fois! Il s’est donc mis à me pousser une petite « scrappe » (le mot est de mon docteur belge; à la clinique où l’on va, il y a « le belge » et « le chinois ») sur le rebord de l’ongle du gros orteil. Du pied droit pour tout vous dire. Et comme l’ongle gosse directement dans la « scrappe », ça s’auto-ré-infecte en permanence!

Caro : t’es infecté! Caro voit du rouge sur la peau et dit : "t’es infecté, fait d’quoi"! Du genre que tu te donnes un coup de marteau sur un doigt, ça rougit, et elle dira que c’est infecté. Pas toujours, chérie. Mais cette fois, elle avait raison. Mais je suis un maudit gars quand même… et les gars et les médecins, c’est deux!

Je suis donc allé voir le médecin, Le Belge (en fait, on ne choisit pas, ils font chacun leur semaine), au CLSC de Saint-Michel-des-Saints. Première visite : on me prescrit des antibiotiques et je dois faire trempette à l’eau de Javel trois fois par jour! Je dois revenir dans deux semaines.

Je pars donc travailler avec mon ensemble à trempette : tasse à mesurer, cuillère à mesurer, plat à céleri (ça a la forme d’un pied, non?), vieille serviette et gallon d’eau de Javel La Parisienne (celle-là, elle fait mieux pour les trempettes, il y a un ingrédient nocif en moins que les autres marques).

Je réussis à me faire la trempette environ une fois et demi par jour (c’est une moyenne évidemment!). Au moins, j’ai réussi à guérir ma brûlure sur le dessus du pied que je m’étais faite à Jonquière (là où les trempettes ont commencé, avant de voir le médecin) parce que j’avais mis l’eau trop chaude! Vive la crème Barrière et la crème Mon bébé!

Je réussis donc à prendre tout mes médicaments (pas évident en camion, surtout que je devais être à jeun : je me suis donc rendu compte que je mange tout le temps) et à faire une bonne partie des trempettes suggérées. En plus, j’ai eu des voyages un peu pompier, donc sans vraiment de temps pour prendre trente minutes pour me minoucher! Et j’ai fait deux semaines collées (avec un gros six heures de congé entre les deux) afin d’être certain de pouvoir revoir Le Belge à temps.

Dimanche en après-midi, me revoici donc dans la salle d’attente du CLSC, sachant bien que ma "scrappe" n’a pas vraiment diminuée. Un peu au jour 9 et 10 des antibiotiques, mais elle est redevenu  "normale" aussitôt que j’ai eu terminé (après 10 jours). Et en blague, je me dis que le doc va certainement m’amputer au genou… Il faut savoir que ce CLSC est aménagé en quasi hôpital (mais hôpital de brousse) afin de servir de poste de prétraitement ou de stabilisation pour les urgences, car cette ville est tellement loin de la mappe qu’un malade en ambulance aurait le temps de mourir ben des fois avant d’arriver à l’hôpital de Joliette. Sans compter que, une bonne heure de route plus au nord, il y a la réserve de Manouane… Ça c’est loin! Il faudrait d’ailleurs aller les visiter un de ces jours… avec notre Bleu qui frotte partout!

Le Belge décide de m’opérer afin d’enlever le morceau de "scrappe", et ensuite de tailler l’ongle en biseau afin qu’il cesse de gosser d’dans le temps que ça guérisse. Il me dit : "le pire, ça va être la piqure pour que je te gèle, après tu ne sentiras rien". Ben, que j’me dis, c’est ça l’but d’être gelé!!! Mais imaginez vous ça comme vous voulez, il n’y a pas grand muscle ni gras dans un gros orteil… Ça pince en mausus! Jusqu’au cœur! Par la suite, tchique, clouk, pow, et un peu de nitrate d’argent. Parti Le Belge, retour de l’infirmière. Je ne sais pas ce que ça avait l’air (je ne suis vraiment pas "game" de regarder), mais elle a dit: "wow, que c’est ça? Du nitrate d’argent?" Je réponds positivement. Elle me fait donc le plus beau des pansements. Le Belge se présente la binette et échange avec l’infirmière. Je ne sais pas trop si il parle de moi ou de son suivant cas. Finalement, c’est bien de moi qu’ils parlent. Je dois revenir demain en fin de journée pour me faire nettoyer tout ça et refaire un beau bandage tout neuf. Et, disent-ils à ce moment, à chaque jour pour quelques jours.

Je me dois ici de raconter mon retour à la maison, sinon Caro va l’écrire en commentaire… Quand elle peut se payer ma tête…

Une fois l’opération effectuer, nous réembarquons tous les trois dans l’auto afin de retourner chez nous. Erreur! Je passais mon temps à dire à Caro qu’elle allait trop vite, que ça brassait (ça n’étant évidemment pas de sa faute, mais la route est très sinueuse et elle était partiellement glacée), etc. Je lui demande s’il y a de l’eau à bord. Non, bien sur! Il n’y en a que lorsqu’on n’a pas soif! Je lui dis qu’elle pourrait arrêter à Saint-Zénon pour m’en procurer. Pourtant à une vingtaine de minutes, j’ai trouvé que le village n’arrivait jamais! Une fois stationné, tout en sueur, j’ouvre la fenêtre pour me rafraichir pendant que mes femmes vont à l’épicerie. Je trouve ça ben long, évidemment. À leur retour, je demande à Caro s’il y a eu une éclaircie pendant le long voyage (une vingtaine de minutes, rappelez-vous). Elle rigole bien et me dit :  "non, il a fait ce temps nuageux tout le long". Dehors, il faisait sombre comme dans un film de vampire! Ben, en plus d’être passé ben proche de perdre connaissance, j’ai vu le soleil… pis pas rien qu’un peu! Rassurez-vous, je n’ai quand même pas vu la célèbre lumière au bout du tunnel… Après avoir bu un peu et repris mes esprits pendant quelques minutes, ce que j’aurais d’ailleurs dû faire au CLSC, comme on nous le demande pour les vaccins, nous nous sommes rendu à la maison.

Bon… Mon premier congé de maladie officiel! Comme j’étais supposé partir le lendemain, j’écris donc à Jean-Pierre et à Jocelyn afin de leur dire que je ne pourrai pas travailler au moins jusqu’à la mi-semaine, si ce n’est pas de toute la semaine. Le Belge réévaluera au jour le jour. Je me transforme donc en malade à la maison au grand plaisir de Sarah.

Le lendemain, de retour à Saint-Michel-des-Saints. L’infirmière me retire le bandage, y jette un œil, fait vérifier par Le Belge et commence la procédure du nettoyage. Elle sort une seringue digne d’une péridurale! Les yeux me sortent presque des orbites!!! Elle rempli la seringue avec du Dakin, un peu comme de l’eau de Javel médicale. Elle place mon pied sur un piqué, vise… et arrose généreusement "là où ça fait mal"! C’est froid! Et ça chatouille… Je deviens blême et sens que je vais m’évanouir. Le Belge me dit : "met ta tête contre tes genoux, tu vas t’évanouir!" L’infirmière essuie l’orteil et refait un beau bandage tout neuf. Changement de programme, je dois refaire le bandage moi-même demain (Caro, ça va faire pareil!) et revenir dans deux jours, soit le mercredi. Une fois débandée, je dois me laver le bobo à la douche tout simplement…

Dans la journée de mardi, Êve me téléphone. Êve, c’est le département de la paye chez TJB. Elle me dit : "est-ce que je te mets sur le chômage?" Bon, ça y est, une petite blessure et ils sont prêts à me foutre à la porte! Temporairement bien sur… Je réponds que non, car ce sera pour moins d’une semaine. Et que l’assurance-emploi, pour s’activer, à besoin d’une semaine à zéro heure (pour un cas de maladie, je dois avouer que je ne sais pas, mais pour un "manque de travail", c’était ça il y a encore quelques années). Je lui dis donc que je les tiendrai au courant de l’évolution vers la fin de la semaine…

Caro n’est pas très chaude à l’idée de me voir la boucherie… Elle pouvait bien se payer ma tête l’autre jour! Je prends donc une douche, en arrosant allègrement ma plaie. Ça chatouille un peu, mais je peux presque regarder sans m’évanouir. Ah, pas si pire! Je me contais ça épeurant pour pas grand-chose, finalement. Caro m’a fait un beau pansement digne d’une professionnelle de la santé!

Mercredi en fin de journée, de retour au CLSC où je commençais à être connu. Eux aussi disait : "tient, l’orteil est arrivé!". L’infirmière me confirma que Caro avait fait un beau bandage de professionnelle. On me demanda de continuer ce type de bandage pour quelques jours, pour ensuite mettre un simple diachylon. Et c’en était fini des visites au CLSC. Mais au dire du Belge, le travail n’est pas garanti… J’espère que ce sera suffisant.

Aussitôt arrivé à la maison, je téléphone au bureau afin de me vanter d’être toujours en vie. À ma question "avez-vous du travail?", je me fis répondre :  "on est débordé cette semaine!". Je fus donc mandater pour Byron Center, MI, en banlieue de Grand Rapids. Nous avons toute une panoplie de client autour de Grand Rapids!

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À suivre...

4 janvier 2010

Fin de séjour au Saguenay

Après la fête de Sarah, nous avons décidé, au jour le jour, de rester à Jonquière pour le Jour de l'An. Nous avions tous les deux une certaine apréhension pour le diner du Jour de l'An. Et une envie pour le souper. Chacun étant dans sa famille (les deux miennes, côté père et côté mère).

Pour différentes raisons personnelles, Caro ne pouvait pas s'occuper d'organiser le souper du Jour de l'An de son côté, à Montréal. Dont entre autre la grippe qui la crissa à terre à un mois dudit Jour de l'An. Un vrai KO! Déjà, à ce moment, elle ne se voyait pas dans ses chaudrons, ni d'ailleurs sur le téléphone! Et qui connait Caro sait qu'on ne l'enlève pas facilement de ses chaudrons! Elle était vraiment malade.

Ceci expliquant donc le pourquoi de notre Jour de l'An à Jonquière. Il y avait longtemps qu'on ne l'avait pas vécu! Nous sommes donc allé au diner des Couture. La famille a été marqué par deux décès cette année. Je croyais bien y voir certains cousins et cousines habituellement présent, mais pas cette fois. Par contre, Marie-Christine, cousine que je n'avais pas vu depuis des lustres, y était.

J'y ai dégusté une excellente soupe asiatique. Vraiment, la modernisation du menu chez Saint-Hubert a amené de la bonne bouffe dans les assiettes! En passant, c'est la même chose pour Mike's: les nouveaux items sur le menu sont très bon.

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Au souper, l'oncle Gaby avait cuisiné une tourtière (du Lac bien sur!) chez tante Henriette, que nous étions tous invités à déguster chez mononque Marc. Après avoir bien souper, nous avons sorti les cartes. Francis nous a fait jouer à la Salade de fruit. Un peu difficile à résumé comme jeu, mais un peu basé sur la Dame de Pique (celle ou l'on ne doit pas récolté de coeur ou ladite dame de pique).

Et c'est à ce moment que ça m'est apparu évident. La tradition fut respecté. Nous avons eu des jeux (feu oncle Yvon était notre expert organisateur de tournois de toutes sortes), un mononque saoul-mort (dont je tairai l'identité, mais on sait tous qu'il s'agit de Gaby (oups!) au souper du 25), ça a parlé fort (mais il manquait tante Thérèse, le summum de la voix et du rire aigu), ça a beaucoup jasé de la saga des Maltais (comme ils disent dans les téléromans, chaque famille a ses secrets, ses mystères, la nôtre ne fait pas exception, loin de là), les enfants étaient à boutte (dans ce cas, LES enfants étaient représentés par ma fille) et on a bien mangé! Je crois que je n'oublie rien. Ça m'a rappellé les partys de Maltais du bon vieux temps, ou moi j'étais Les enfants...

Tante Henriette, sur permission spéciale, en fait, grâce à son caractère de Maltais, a pu s'évader temporairement de l'hôpital afin de venir fêter le nouvel an avec nous tous. C'était assez évident dans son regard que ça lui a fait un bien énorme de se sentir, ne serait-ce qu'en apparence, guérie pour quelques heures.

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Et parlant de tradition, nous avons maintenant tout un chapelet d'endroit à visiter à chaque visite dans la région. Cette fois-ci, nous avons dégusté la poutine (râpée-BBQ chérie) de Chez Bébé, visité les deux Corneau & Cantin et le IGA Guy Bergeron (pas pour encourager PE le voleur!), mangé du fromage Boivin et Saint-Laurent, visité le magasin Eugène Allard et la Maison de quartier (Caro et Sarah seules). S'est ajouté à la tradition deux boites de Fritou, une recette de poudre magique de chez Dixie et Paul pour nous concocter nous même des croquettes de poulet et autres oignons français (aussi appelé gno-gnonne ring).

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Le voyage de retour s'est bien déroulé, malgré l'apparence de tempête qui s'annonçait. En fait, la tempête est arrivé le lendemain. Avec "tout ce monde qui retourne chez lui" et ladite tempête, nous étions bien content d'avoir choisi de partir dès samedi.

Nous avons diner dans un Burger Nounours de Québec. Par la suite, direction maison. Nous avons essayer notre jeu Automany, édition spéciale Lanaudière, avant de finir la journée en beauté par un souper en famille, à trois.

Finalement, et ça fait une éternité que je n'ai pas dit ça, un excellent temps des fêtes 2009. Vous pouvez cocher le calendrier!

31 décembre 2009

En plein jour N!

Après une courte nuit (quiquonque a un enfant saura de quoi je parle!), nous nous sommes efforcés à avoir mal aux ch'veux pour une bonne partie de la journée. Le café coula à flot, mais il fut, question de justifier notre problème de boisson, d'Amarula et autre mélange brandy-machin (désolé, la bouteille n'ayant pas survécu, difficile pour moi de retracer la marque!)...

Le soir du 25, un autre souper. Le repas était la traditionnelle dinde, avec farce et tout le tralala. Bien sur, comme c'était chez mononcle Marc, Françoise et Francis, il y avait le traditionnel punch. Il est impossible de retracer la recette employée, mais il est toujours succulent! Et parfois allonger. Sacré problème!

Le matin du 28, nous avons décidé d'offrir le déjeuner à notre clique. Il faut savoir que tante Françoise étant allergique aux oeufs, et très sévèrement, tout le menu doit être adapté en conséquense en sa présence. Et comme je dis, il est beaucoup plus agréable d'avoir la compagnie de Françoise que de manger des oeufs (et tous les dérivés!)...

Donc, il suffit d'offrir le déjeuner, le repas où l'oeuf est roi, pour voir affluer la foule! Ce qui fut fait. La clique, les cousins Laval et Hervé de Gatineau en plus, mais Françoise exclue, revint donc chez moman pour le déjeuner. Moman ayant de plus en plus une propention à la panique, Caro a pris le contrôle de la spatule à oeuf. Et la main qui mène la spatule mène la cuisine!

Caro choisit donc moi sur la plaque à oeuf, Nico sur le montage d'assiette, et elle se réserva la manufacture de roties. Beaucoup de nos convives ayant reçu de nos conserves, dont évidemment des confitures, ils étaient donc bien heureux qu'on en ait des nôtres offertes pour le déjeuner! Ça leur permettait donc de ménager les leurs...

À ma propre surprise, je pus surtir les oeufs rondement, passant les assiettes au vol à mon frère, qui garnissait le tout de bacon, patates et fèves au lard. À la bonne franquette, nous avons tous déguster nos victuailles, en poursuivant la mise à jour des potins!

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Le lendemain, nous nous sommes rendu, moi, Caro et mon frère, à l'Hôpital de Jonquière afin de rendre visite à tante Henriette, donc la santé s'est détérioré récemment. Heureusement, c'est plus dû au fait qu'au départ, elle refusait d'être soigné. Puis, elle a fini par accepté que la vie valait la peine de continuer. Depuis ce temps, elle est en remontant la côte. Je crois humblement que notre visite lui a fait du  bien au moral. Elle a eu elle aussi droit à son cadeau de conserve puisque, la santé eut été là, elle aurait été du réveillon avec nous tous!

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Arrivé au 30, ce fut au tour de fêter l'anniversaire de notre petite Sarah. Elle a eu sept ans hier (au moment où j'écris)! Ils nous semblent, à moi et Caro, que c'était hier qu'elle se tenait sur mon bras! Les fesses dans la main, la tête qui touche à peine le bras! Mini-bébé, je vous dis.

Nous avons donc concocter, avec l'aide de Katy et sa trâlée (elle a quatre enfants et un conjoint) une mini-fête improvisée la veille. En après-midi, nous sommes allés nous glisser (au Saguenay, on SE glisse!) avant l'arrivée de nos invités. Eux trouvaient la température trop froide pour jouer dehors! Ils ne sauront pas ce qu'ils ont manqué. :P

Moi, Caro, Nico et Sarah avons eu bien du plaisir avec l'espèce de surf de Sarah, ainsi qu'un trois-skis et une soucoupe empruntés des filles de Yannick, qui ne pouvaient pas participer à la fête, leur maman fêtant son anniversaire le même jour! À la surprise de tous, la grand-mère est venu nous retrouver à notre lieu de descente, à quelques minutes à pied de la maison. À l'étonnement de tous, mamie s'est même essayer à une descente!

De retour à la maison, nous avons attendu l'arrivée de la trâlée. Après un peu de placottage, nous avons servi le souper. Tous furent très content d'embouveter le spaghetti préparé pour l'occasion. Ensuite, arriva le gâteau et les cadeaux. Sarah était très contente d'avoir eu une vraie fête le vrai jour de sa fête (ceux qui ont un enfant né fin décembre comprendront). Elle et ses ami-e-s se sont amusé-e-s comme fous et folles!

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Une fois tout ce beau monde reparti, j'ai pu regardé l'émission À l'année prochaine, version fin d'année de l'émission À la semaine prochaine, que j'écoute religieusement à la Première Chaine (et maintenant disponible en baladodiffusion). C'était assez plaisant de "voir" comment sont réalisées les prouesses techniques de cette émission humoristique radiophonique.

30 décembre 2009

La nativité... de qui déjà?

Arrivé à Jonquière, chez moman, nous avons révisé le programme des fêtes: Réveillon du 24 chez maman, souper du 25 chez mononcle Marc et tante Françoise, et le reste à la va comme je te pousse. Jour de l'An le premier sera assurément fêté à la maison... la nôtre (Caro ayant abdiqué la préparation du Jour de l'An "de son bord" pour cette année).

Maman, toujours à l'écoute de ses fistons, avait concocté une tourtière (du Saguenay, à ne pas confondre avec un pâté à la viande) parce que j'avais sous-entendu que "ça faisait longtemps qu'on n'n'a pas mangé"... Mon voeux fut exaucé, au grand désespoir de mon frère qui lui, travaillait jusqu'au 24 à midi. À son arrivée, il ne restait que la croûte! Mais au moins, lui, il pourra manger celle du Jour de l'An.

Après avoir chercher sur Internet, ma mère, Caro et Nico avait abandonné la recherche pour répondre à la fameuse question: à quel heure tu vas à la messe de minuit c't'année? En cherchant d'autre chose, j'ai trouvé le site du diocèse contenant tout ce qui concerne les messes de minuit, les églises (comme bâtiment) et les paroisses (dont plusieurs ont fusionnées vu la désertion pendant le reste de l'année).

Une fois rassuré, ma mère et ma fille ont pu allé à la messe de minuit de dix-neuf heures trente! Pendant ce temps à la maison, Caro et moi avons préparé la mise en scène du réveillon (que maman avait préparé de longue date, comme toujours: mangez pas ça, c'est pour Noël!).

Au retour des religieux, nous avons attendu patiemment l'arrivée de la visite pour le réveillon. La fébrilité commençait à gagner tout le monde. Vers vingt-trois heures, la visite arriva. Les oncles Gaby et Marc, tante Françoise et cousin Francis se sont joint à nous, soit Maman Nicole, Michel, mon meilleur frère Nico ainsi que moi, Caro et Sarah. Ne manquait que tante Henriette, retenu à l'hôpital.

Francis a fait la Fée des Étoiles et a distribué les cadeaux qui dormaient sous le sapin depuis quelques temps. Généreuse récolte cette année. Afin de préserver un peu de magie, parce que "ça achève", le Père Noël a laissé une lettre à Sarah. Dans la lettre, le vieux bonhomme en rouge explique que comme la famille (nous) a maintenant un sapin de Noël (ben, c'est peut-être plus un pin, mais bon...), il a laissé un cadeau à la maison!

Parce qu'on lui avait dit, les autres années, que le Père Noël laissait tous les cadeaux chez Mamie car elle, elle a un sapin. Pas de sapin chez nous, pas de cadeaux! Évidemment, Sarah s'en souvient.

Bon, qui dit réveillon dit Problème de boésson. Nous nous en sommes donc donné à coeur joie afin que la visite n'ait pas à ramener de bouteille semi-vide. Ben quoi?

Puis, vint le repas préparé par ma tendre maman. Abondance de nourriture, abondance de dessert. Miam. Merci maman.

La visite quitta vers quatre heures de la nuit, parce qu'il fallait bien se coucher avant le souper du soir même, et qu'"on n'a pu vingt ans"!