13 mars 2010

La loi, c'est pourtant la loi!

En ce moment, dans l'Outaouais, l'entreprise Dormez-vous n'existe pas. En fait, pas sous ce nom. Comme dans le ROC, c'est plutôt sous la bannière Sleep Country qu'elle opère.

J'ai lu que c'était encore un scandale que des gens s'en offusque et demande à la compagnie d'utiliser son nom en français. C'est que la loi dit pourtant que "si une raison sociale en français existe, celle-ci doit être utilisée au Québec". C'est simple... et ça vaut pour tout le monde.

Ces commerces-ci l'ont compris. En fait, ils en ont inventé une, une raison sociale en français, j'imagine par respect pour leurs clients québécois...

Marché Express (On the Run), Bureau en gros (Business Depot), Tigre Géant (Giant Tiger), L’Équipeur (Wear House), PFK Poulet frit Kentucky (Kentucky Fried Chicken), Centre japonais de la photo (Japan Camera Center), Queues de castor (Beaver Tail), Chalet suisse (Swiss Chalet), Village des valeurs (Value Village), La Baie (The Bay), La Source (The Source), Couche-Tard (Winks), Dollar ou deux (Buck or Two)

Travailler en français, dans un environnement en français, c'est non négociable!

25 février 2010

En route vers la fin.

Me voici donc dans le dernier droit de ma relation avec mon Vieux Wes’. Depuis quelques mois, je dirais depuis la fin de l’automne dernier, je commençais à avoir mon Vieux Wes’ de travers. L’âge étant ce qu’il est, les petits bobos, que j’appellerais plus des irritants que de véritables problèmes, commençaient à me peser de plus en plus. Rien de si grave en réalité, rassurez-vous.

D’ailleurs, dans la plupart des cas, ces irritants-là étaient présents depuis presque le Jour Un où j’ai reçu la responsabilité du 892. Je parle entre autre de l’infiltration d’eau invisible qui amène des départs à l’intérieur d’une cabine humide, ou encore un tapis de couchette qui parfois fait des "flouche flouche" lorsque je marche dessus. Le garage a bien cherché, mais c’est évidemment difficile de reproduire en garage ce qui arrive lorsqu’il pleut. Ou mon miroir électrique qui branle. Ou mon coupe-tension de la couchette qui faisait que mon chauffage de nuit ne réussissait pas à finir la nuit, par manque de courant. Et comme il n’y a dans le Wes’ aucune alarme pour m’en aviser, je me réveillais une heure plus tard gelé comme un creton (ou un crouton comme dirait Sarah). Certains chauffeurs de Volvo avaient la même situation, mais à la différence qu’avec une alarme, tu peux te réveiller bien au chaud afin de démarrer le moteur pour le reste de la nuit.

Tout ça pour dire que mon Wes’ n’était pas parfait, mais l’amour que je lui ai porté tout ce temps effaçait en quelques sortes les petits défauts. Tiens, pareil comme l’amour que j’ai pour ma Caro. Ça dure un temps, pour le camion je veux dire, et un moment donné, on dirait que notre tolérance s’estompe. J’avais donc atteint ce point de saturation il y a quelques mois.

Il faut préciser que chez TJB, les camions nous sont assignés dans un certain ordre en partant des plus vieux vers les plus jeunes chauffeurs, de façon à ce que chacun, après un certain temps, reçoive un nouveau camion, généralement neuf ou presque neuf (mon Wes’ avait un an lorsque je l’ai eu). Chez nous, ce n’est pas "les plus vieux ont les camions neufs et les suivants ramassent les restes à chaque année". Une fois que tu as TON camion, tu peux le rouler pendant quelques années (et c’est un peu ajusté en fonction du kilométrage annuel du chauffeur: certains gros rouleux ont leurs camions moins longtemps que des rouleux moins assidus, comme moi, genre).

On m’avait suggéré il y a un petit moment que je pourrais me voir assigné un nouveau camion. Je dis suggéré, parce que l’insistance n’y était pas vraiment. Alors, avais-je demandé, "est-ce parce que ça pourrait être difficile de trouver un nouveau preneur pour mon Wes’"? Un peu, m’avait-on répondu. Donc, j’ai suggéré que je pouvais bien garder mon Wes’ pour le temps qu’il sera rentable ou efficace de continuer à le rouler sur de longue distance. Je le dis comme ça, parce que mon Wes’ précédant m’avait été enlevé pour cette raison, il était devenu trop cher d’entretien à maintenir sur le route. En même temps, je ne voulais pas vraiment me retrouver dans un Volvo. J’en ai eu un pendant une semaine, et ça ne s’était pas tellement bien passé. À ce moment, je me disais qu’avoir un Volvo, j’aurais mangé mon volant. Et comme il y avait déjà un moment que les nouveaux camions étaient toujours des Volvo, Jocelyn, notre Meilleur Patron, ne voulant se diriger que vers des moteurs Cummins, ce que Western Star n’offre plus. Avec le retour des Cummins chez Freightliner, compagnie sœur de Western Star, je continue d’espérer!

Les temps étant assez difficile ces mois-ci dans le merveilleux monde du transport québécois et nord-américain, mondial même, plutôt que de continuer l’achat de camion neuf, comme la plupart du temps chez TJB, Meilleur Patron achète maintenant des camions "ayant déjà été aimés". Décision d’affaire que je respecte. Elle démontre que le mouvement de la compagnie s’ajuste continuellement avec la conjoncture. C’était d’ailleurs déjà arrivé lors du passage de la compagnie de sous-contractants pour un autre transporteur au statut de transporteur complètement indépendant. En réduisant les dépenses, ça laisse plus de marge de manœuvre pour les mêmes revenus, ou une certaine marge si les revenus diminuent.

Toujours est-il que ces nouveaux camions sont arrivés, un solitaire tout d’abord, puis quatre ou cinq nouveau camion tout récemment. Encore là, je reconnais Meilleur Patron, qui teste toujours un produit ou une pièce d’équipement pendant un temps avant de se lancer plus à fond. Le test semble donc avoir été concluant!

Ces camions, pour tout vous dire, sont d’anciens combattants de la compagnie Bruce R. Smith chez nos voisins ontariens. Cette compagnie est présentement sous la protection de la loi sur les arrangements contre ses créanciers. Elle a donc de l’équipement à vendre pour se restructurer. Les camions sont déjà verts, à un demi-ton du Vert TJB. Disons que sur l’autoroute, même un œil averti ne voit pas la différence. Mais côte à côte, on peut voir une différence minime.

Contrairement aux camions "naturels" que TJB se procure habituellement, les Smith sont des camions montés pour travailler fort. Smith fait en effet du transport en tout genre, avec des remorques ayant de deux à sept ou huit essieux. Ils sont quand même montés pour un poids raisonnable, soit avec un essieu 13 000 lbs à l’avant et un tandem de 40 000 lbs à l’arrière. Certaines différences seront peut-être existantes pour la suspension et les longerons (le "frame"), mais je devrai investiguer plus là-dessus lorsque j’aurai le mien à temps complet.

Voici donc qu’arrive le temps où mon Vieux Wes’ a besoin d’une ou deux petites retouches mécaniques. En fait, j’ai arraché un garde-boue sur le camion, parce qu’il a accroché la patte de la remorque, son support plus exactement. La remorque étant avancée le plus possible afin de maximiser l’économie de carburant (l’espace diminuant entre le camion et la remorque faisant diminué la consommation de carburant; l’espace idéal est de trente centimètres). Le manque d’un garde-boue a déclenché la visite au garage, mais la liste de réparation mineure était longue. Après tout, je n’étais pas allé au garage depuis le congé de Noël!

Toujours est-il que, après deux jours de dur labeur de la part des mécaniciens, il arriva que mon embrayage, qui collait, ait encore un petit quelque chose qui ne tournait pas rond. Ils l’ont ressenti en sortant le camion pour me le rendre. Je me suis donc vu assigné un autre camion pour la semaine, afin de pouvoir faire ma semaine de travail. Et cet autre camion était le solitaire dont je parlais plus haut.

Cette fois, peut-être sachant que ce serait mon futur camion, bien que non-officiellement au moment de partir, j’étais beaucoup plus prêt à l’idée de conduire un Volvo. J’ai donc transférer la base de mon bagage dans le 811. C’est toujours à ce moment que je me rends compte que, dans mon camion, il y a beaucoup d’objet inutile. Tous ceux que je n’ai pas déménagés et dont je n’ai pas ressenti un manque de quoi que ce soit!

La semaine dans mon futur nouveau camion s’est, un peu à ma propre surprise, très bien déroulé. Je crois sincèrement, après coup, que je suis prêt à passer au merveilleux monde de Volvo. Ah, je peux vous dire que, malgré mon amour du véhicule européen, très souvent mieux conçu pour une utilisation routière extrême, toujours avec un souci du détail incroyable, ne s’applique pas vraiment au camion Volvo. Certains vices de conception, sur lesquels j’élaborerai plus dans d’autres billets futurs, me laisse pantois! Est-ce parce que la conception se fait plus aux bureaux états-uniens de la compagnie? Peut-être. J’imagine que l’ami Fred pourra, lorsque je publierai quelques images de l’intérieur, confirmer si l’intérieur est identique, ou au moins ressemblant, aux Volvo européens.

Deux anecdotes qui me sont arrivé avec le Volvo. Sur la I-71, quelque part entre Cincinnati et Louisville, dans les montagnes, je crois l’ami Gilbert, suivi d’un autre TJB. Gilbert est l’heureux chauffeur d’un des deux Wes’ plus récent que le mien, les derniers acquis par TJB. Il est, en plus d’être un bon "jack", le genre de chauffeur qui lave et frotte son camion mieux que si c’était le sien. En tout cas, beaucoup plus que moi! On voit la réflexion au loin lorsqu’il s’approche. Au moment de se croiser donc, il me reconnait dans ma trop grande fenêtre. S’étonnant que je sois au volant d’un Volvo, il me dit qu’il trouve ça comme une drôle de façon de me remercier de toutes mes années dans la compagnie. Un peu comme une démotion. Après les salutations d’usage, je me mets à réfléchir. Peut-être que je devrais aller le "bumper" pour avoir son Wes’? Serait-il moins déçu pour moi? Héhé, pas si certain! Honnêtement, je préférerais un Kenworth T660 ou un Western Star 4964, au pire un Peterbilt 389... mais je comprends que c’est la compagnie qui les camions, et que surtout, je ne veux plus vraiment de mon Wes’. Pour le reste, du moment que la paye est là (lire: que mon camion, quel qu’il soit, me permet de gagner ma croute et celle de ma famille). Je fais la différence entre ce qui serait une belle gâterie et une façon plus utilitaire d’exécuter mon boulot.

La deuxième anecdote arrive au moment de repartir de Lebanon, ma destination. En m’approchant de la sortie, je croise Homer (Simpson), un de nos chauffeurs qui arrive. Très drôle de lui voir la figure, tellement surpris de me voir au volant d’un autre camion. Avec lui, un "gars de Pete", j’ai pu constater quelques légères différences entre nos Volvo, le sien un naturel TJB, le mien un Vieux Smith recyclé.

Le coup de grâce m’est arrivé à mon retour au garage. Coup de grâce qui me fait dire que je suis prêt à faire le changement. En me rassoyant dans mon Wes’, afin de retransférer mes bagages, je me suis senti tout drôle, comme "pas dans mon élément", je le trouvais vieux, le siège défraichi, assis à une drôle de position, etc. Bref, un inconfort. Ah, en peut de temps, le naturel est revenu. Mais je serai donc prêt lorsque mon Vieux Smith me sera donné, dans quelques semaines.

On en revient - Chapitre quinquagénaire et final

Je me rends ensuite à Strafford, MO, à une quinzaine de minute de Springfield, pour passer la nuit. Il est déjà vingt-trois heures! C’est un relais de pauvre, comme je les aime... mais, ironie du sort, le béton du stationnement est digne de Port-au-Prince! Et ce dans la section qui sert à la circulation... Misère.

Au petit matin, de retour sur la route. À la radio, l’animateur raconte que les câbles qu’il y a au centre de l’autoroute ont servi environ cinq cents fois la journée précédente (signifiant que des voitures ont dérapées vers la voie du sens inverse, mais ont été interceptées par lesdits câbles qui ont fait leur boulot!). L’animatrice lui répond : dont deux fois pour moi et mon conjoint!

Poursuivant en Illinois, je peux voir les labours laissés par les camions et les automobiles que j’avais vus la veille embourbés dans le terre-plein. Ils ont tous été ramassé pendant la journée. Plus loin, un animateur de radio très conservateur se moque du Discours sur l’état de l’union à être présenté le soir même. C’est un nouvel animateur que je n’avais jamais entendu, mais il n’est pas moins démagogue que les autres.

Le soir, le campement pour la nuit, de retour dans la tempête, s’installe à Warren, IN. J’y ai bien quatre ou cinq connexion Internet disponible, mais je ne peux me connecter à aucune avec suffisamment de force pour que ça fonctionne! Je veux une carte WiFi N... Ou un nouvel ordinateur...

Jeudi matin, je reprends la route. Il est si tôt que la route est toujours glacé. Mais la tempête est sur les derniers miles. Je n’ai plus de nourriture avec moi, donc ce sera le festival du restaurant pour le reste de la semaine. Caro me demande de ramasser de l’Amaretto di Saronno pour son problème de boisson à la boutique hors-taxe. J’acquiesce. Je me fais un Festival de la cochonnerie au Pilot de Toledo, OH : sandwich industriel, rouleaux douteux qui roulent d’ailleurs depuis des années sur leur réchaud à tuyau, croustilles, soda, etc. Miam, mais pas terribles pour la santé du bedon! En entrant dans le Michigan, un message de Lori qui veut savoir où je suis rendu, sous-entendu pour savoir si c’est moi qui ira faire la livraison à Montréal. Je serai là juste dans le bon temps.

Presque tout de suite après, Jean-Pierre qui se cherche des chauffeurs pour partir en fin de semaine, parce qu’il a beaucoup de voyage cette fin de semaine. Je lui réponds que je serai prêt à repartir dimanche. Il est heureux comme un balai fou! Avec tout ce blabla, j’arrive aux douanes. Je passe les doigts dans le nez (voulant dire très facilement; je me demande ce que dirait un douanier si j’arrivais avec les doigts dans l’nez? Je ne l’essaierai même pas).

Arrive Comber. C’est l’heure du plein, un côté, visite chez l’Oncle Tim, le plein en café, un bon beigne bien gras, et on repart pour se faire la 401. La route est relativement belle. Mais de temps en temps, il y a une zone de "white out", ou traduit, un bout où ne voit ni ciel ni terre parce que le vent et la neige forment un mur dans lequel on doit foncer. Le problème, c’est toujours les autres qui roulent en pépère sur les feux de détresses. Tassez-vous pis laisser passer les gros bateaux! Heureusement, chaque blizzard est de courte durée. Et finalement, il n’y en a pas eu beaucoup. Trois ou quatre si ma mémoire se souvient bien.

Je choisis le TA de Woodstock, ON pour le souper. Je me rends compte que j’ai oublié le problème de boisson! Tant pis, mais comme je repasse à chaque semaine... Je commande un bon "chicken stir fry", qu’eux traduisent comme une fricassé de poulet. À la télévision, ils appelaient ça un Touski. Tu vas dans le frigidaire, tu prends tout ce qui reste, tu le fais sauter, tu ajoutes du poulet, et tu déposes sur un lit de riz. Succulent. Je constate qu’une des serveuses qui a commencé du temps ou ce relais appartenant à Bob Lodge (du relais 730 de Cardinal, ON.) est toujours à son poste. Je ne serais pas surpris que ce ne soit d’ailleurs la seule après tout ce temps. Elle est d’ailleurs de plus en plus belle. Mais comme ce n’est pas elle qui m’a servi, ne me demandez pas son nom. Avant je le savais, mais je ne mange plus souvent dans les restaurants, alors avec le temps j’ai oublié.

Puis, alors que je déguste mon poulet machin, un message de Jean-Luc. Il est trop tordant, alors je le transcris intégralement:
"Consternation chez TJB: M. Maltais enfreint le règlement. 75,5 heures de travail. Rien ne va plus. Que se passe-t-il?"
J’en ai pour le reste du repas à m’en remettre! Voyez, c’est la façon qu’il s’y prend, le Jean-Luc, pour me taper sur les doigts! Vous pouvez constater en même temps que ça n’arrive pas très souvent. D’ailleurs il faudra bien que je lui réponde... mais j’attends une connexion, pour lui répondre, lui envoyer mes papiers de travail, et publier ce texte! C’est la vie de "squatteur" de connexion...

De retour sur la route, la température est à son meilleur. Ben, pour un mois de janvier! Toronto se traverse plutôt bien, mais au ralentit avec une heure de plus que la normal. En sortant de la ville, j’arrête à la halte de Port Hope, pendant qu’elle existe encore, pour y ramasser le traditionnel café de la victoire. Victoire d’avoir survécu à Toronto. La place est remplie de gens qui allongent la fin de semaine pour aller au ski. Ça se voit à leur habillement! Par la suite, je me rends jusqu’à Kingston, ON. pour y faire mon dernier campement de nuit.

Vendredi, jour d’arrivée et de livraison. Un autre diner de cochonnerie à Cornwall, parce que je ne crois pas que je vais pouvoir me rendre à la maison sur un chausson et un café. Sandwich artisanal dans un pain pita, fromage (du Québec, il n’y avait même pas de Saint-Albert, une institution franco-ontarienne!), croustilles, dessert et soda.

Ensuite, direction client. Il est situé près du Marché Central. J’apprends donc que l’ancienne ville de Saint-Laurent va jusque là! Hé ben! Le client est un fournisseur en ventilation et/ou électricité. Tout petit, mais très efficace. J’avise Jean-Pierre de mon arrivée. En peu de temps, je sais que je finirai à la maison avec le camion. Parfait! Ce sera plus simple, surtout pour le départ dimanche.

Aussitôt vide, aussitôt sur la route, direction Lavaltrie, à la halte suicide où je dois/peux faire le plein. C’est maintenant le seul endroit au Québec, outre la cour de TJB, où je peux faire le plein, depuis que celle de Vaudreuil a été fermée. Une autre place qu’il n’y avait pratiquement que moi qui fréquentait! Ah, une halte suicide, c’est une halte routière qu’il faut prendre à partir de la voie rapide. Pour le ministère des Transports, ça permet de faire une halte qui pourra desservir les deux sens de circulation de l’autoroute (et en plus, à l’époque, c’était une autoroute à péage, "on n’avait d’l’argent"! Pour les automobiles, c’est plutôt dangereux. Mais pour les camions, c’est simplement suicidaire d’y entrer! Ralentir à cinquante kilomètres-heures (ce qui est encore un peu vite en plus) dans la voie rapide, ça cause toujours des frictions. Mais bon, en sortant de Montréal par l’autoroute 40, c’est la seule avant un bon bout de temps. Donc pas trop le choix!

Un plein complet plus tard, me revoici sur la route. Direction autoroute 31 maintenant. Je vais décrocher ma remorque chez notre gros client (qui me permet d’aller chez moi avec le camion : ben, c’est mon patron qui me permet, mais c’est à cause de ce client-là, qui est plus près de chez moi que de Montréal que ça se peut) à Joliette. De là, je me rends au centre commercial où m’attendent mes deux femmes. Ça adonne bien!

Après un bon petit café, et des chocolats de noël acheté à prix dérisoire dans le vieux stock de Sears, je rentre donc à la maison, où le froid m’a attendu toute la semaine. Tellement que, en prévision du souper, Caro a la merveilleuse idée de nous amener, à pied, chez le boucher (à deux pas de chez nous, mais quand même!). En y allant, ça va. Je dis à Caro: si en y allant ce n’est pas pire que ça, on va payer pour en revenant. Elle ne porte même pas attention à ce que j’ai dit.

On rigole un peu avec le boucher qui, lui, ira le lendemain vendre ses excellentes saucisses Louis-Cyr dans une cabane sur la glace au Village sur glace de Saint-Zénon. Il nous explique comment ils ont isolé leur cabane, et comment le poêle BBQ peine à réchauffer la saucisse! On lui souhaite bonne chance!

En sortant dehors, le temps est calme. Nous arrivons presque à rejoindre la maison sans nous transformer en cube de glace, mais au moment de passer entre la maison et la caserne, une bourrasque de vent nous glace sur place.

On peut ben vouloir un poêle à bois… et du vin chaud!

On vide la remorque, on remplit la remorque - Chapitre quaternaire

Dès mon arrivée, je vais à l’intérieur afin de me faire assigner une porte... Il n’y a personne aux alentours, ni même un bureau. Je décide tout seul comme un grand de reculer à l’une des trois portes selon la loi de "la plus facile fera l’travail". La cour est drôlement faite, du genre "pour reculer droit, il faut aller croche". Avec des quais en descendant, tout croche, tout teur (tordu)! Et il y a même une porte condamnée, parce que l’asphalte est défoncé.

À mon retour à l’intérieur, je lis sur la barrière que je dois appuyer sur le bouton rouge sur le mur à la droite de la porte, pour allumer la lumière d’appel du chariot à pince. Ah! Je trouve le bouton rapidement. J’appuie dessus. Et la lumière, un stroboscope ambre, clignote dans toute l’usine! Pas vraiment discret... Bon, c’est ça l’but, en fait. Hé ho, je suis là, dit la lumière. Comme rien ne bouge, je retourne au camion pour y faire chauffer mon souper. Comme ça, je pourrai manger pendant que l’opérateur fait son travail... ou bien aller me trouver un beau stationnement avec une connexion Internet à "squatter".

De retour à l’intérieur. Le chariot à pince arrive, surmonté de son opérateur. Je lui donne mes papiers et j’attends qu’il ouvre la porte, question de m’assurer que j’ai bien aligné ma remorque avec le quai. Je retourne dans le camion aussitôt que je suis assuré qu’il pourra procéder au déchargement. Je m’installe dans la couchette et j’allume l’ordinateur (pour taper ce texte et jouer aux cartes).

À peine quelques minutes plus tard, mon ami l’opérateur arrive et cogne à la porte. J’ouvre la fenêtre. Il me tend un tableau à pince en me disant de mettre mes initiales "là" et de lui remettre les clefs. Je m’exécute avec le crayon, et je retire les clefs du contact pour les lui remettre. Il enlève le tuyau rouge de la remorque et y installe une barrure (ce faisant, la remorque est sur le frein de stationnement et on ne pourrait plus réinstaller le tuyau pour l’avancer sans en retirer ladite barrure). Il repart en coup de vent pour débuter son travail.

Mais... Il y a bien sur un mais, et tout un en plus! Mon camion ayant des vitres électriques, je ne peux plus les opérer sans la clef! Merde, je devrai survivre quasi-dehors à un gros moins cinq degrés. Bon, ce n’est pas si mal, et il faisait déjà chaud dans le camion. Avec un peu de chance, il opérera rapidement et je n’aurai pas le temps de me transformer en bloc de glace. Ah non! En plus, sans la clef, l’allume-cigare, dans lequel je branche mon réchaud, ne fonctionne plus. Pas de souper non plus (ben, un peu plus tard, bien sur!)... Décidément, livrer en après-midi est toute une aventure!

J’envoie donc mon message à Lori pour lui signaler que je suis arrivé chez mon client. Le temps de quelques parties de cartes et la réponse arrive. J’ai hâte de savoir mon avenir. Pas besoin de Jojo Savard (ou d’une saucisse de la fortune: référence: Fred sur Facebook) pour ça, juste d’une répartitrice! J’irai charger chez un client de ventilateurs industriels, à deux usines-entrepôts différentes, dans la même ville de Springfield, MO, où je suis déjà. L’astuce, c’est que je dois y être en dix-huit heures et vingt-deux heures! Ah, c’est donc pour ça que je pouvais livrer en après-midi, et qu’il n’y avait en fait pas vraiment d’heure d’arrivée. Comme c’est un client que j’ai déjà visité, entre autre une fois dans une crise de verglas presque digne de la nôtre, alors je sais qu’il ne sert à rien de m’y rendre avant l’heure dite... et encore là, il arrive parfois que la totalité du chargement ne soit pas prête. Le tout pour livrer vendredi à Montréal, par moi ou un autre... mais au pif, je serai justement en ville vendredi en avant-midi, ça devrait donc être pour moi.

En peu de temps, moins qu’il en faut pour geler en fait, mon ami a terminé son travail. Il me rapporte donc les clefs, réinstalle le tuyau pour que ma remorque retrouve sa liberté de mouvement, me rends les papiers du chargement signés, et retourne aussitôt à l’intérieur. Je m’avance, sort pour refermer les portes, et me voilà sur la route à la recherche d’un stationnement d’où je pourrais "squatter" une connexion Internet. La totalité des hôtels du la ville sont, par définition, en ville, et n’ont donc pas de stationnement digne d’accueillir un camion et sa remorque. Je me rends donc jusqu’au mini-relais que j’ai découvert sur le chemin de l’arrivée, plus tôt.

Une fois stationné, je constate qu’il n’y a pas de connexion! Je serai donc obligé de manger mon souper tranquille. Une fois rassasié, comme il me reste une heure trente, et que j’ai fortement l’air d’en avoir besoin, je m’étends pour faire une courte sieste. Il faut savoir que l’on dort par cycle d’environ une heure trente: sommeil léger, sommeil profond, sommeil léger. Et ça recommence, à moins que l’on ne se réveille. Donc, s’il faut dormir peu de temps, l’idéal est de mettre le cadran pour une phase de sommeil léger. À une heure trente, à trois heures, à quatre heures trente, etc. Bon, d’une personne à l’autre, ça pourra varier un peu en plus ou en moins: ce pourrait être quatre-vingt ou cent minutes, à vous de trouver pour vous-même! Ah, et ça sert à quoi de le savoir? Ben, lorsque le réveil est difficile et qu’on met des heures à se remettre les yeux en avant des trous, c’est que le cadran à sonner au beau milieu du sommeil profond!

Une fois réveillé... ça fait du bien, mais ce fut un peu court! Je serais bien resté dans les bras de Morphée toute la nuit! Donc, je vais à l’intérieur de mon mini-relais. Je constate qu’il y a une "zone Internet" avec table, télévision, etc. Donc, logiquement, le signal doit se rendre dehors. Je dois donc être stationné trop loin! Grrr! J’ai hâte d’avoir mon futur nouvel ordinateur! Après avoir fait le tour du propriétaire, je me ramasse un traditionnel café, sachant que la veillé pourrait être longue. La caissière me dit: fais-toi z’en pas avec ça! Ce qui signifie en bon français: c’est gratis! Wow, merci Hop & Go (tiens, ici Hop & Go, ce sont des gâteaux; dans le Missouri, ce sont des relais de camions!).

J’arrive chez mon client à dix-huit heures trente. Le temps que "le bon gars" revienne, il m’assigne une porte. Il est tout content que j’ai toute une panoplie de numéro de commande. Ben, disons qu’on se fait prendre une fois (on étant la compagnie, parce qu’on semble aller à ce client un tantinet régulièrement). Bien qu’elle soit disponible de chez elle pour de telles exceptions, Lori n’aime pas vraiment se faire déranger à la maison (comme tout le monde, ben évidemment!). Je la comprends tellement... Après deux heures environ, comme la remorque ne dandine plus, je me rends à l’intérieur pour constatation. Wow! C’est plein jusqu’au porte! Et l’autre entrepôt, lui, il va la mettre où, sa partie du chargement? Comme l’entrepôt est désert pour cause de pause, je retourne dans le camion pour ramasser mon téléphone. Il faudra bien que j’avise Lori.

Quelques minutes après avoir gagner mon siège, j’entends et je sens que la plaque s’enlève. Le travail a repris. De retour au bureau, l’homme qui m’a chargé termine mes papiers. Celui qui semble le responsable me dit qu’il n’y a qu’une pièce à l’autre entrepôt, alors il n’aura qu’à la mettre sur ou sous la dernière pièce sur le bout. Ah, ok! Les autres fois, c’était plutôt chacun sa moitié de voyage! Pour une pièce, ce sera correct, mais n’en jeté plus!

Je me rends donc au deuxième entrepôt. Ce fut évidemment plus long de reculer au quai que de me faire charger la pièce en question. J’ai aussi pu faire faxer la quinzaine de feuille pour faire dédouaner le chargement. Et ça aussi, ce fut plus long que de me stationner!

11 février 2010

On roule aux z'États - Chaptire Tertiaire

Comme il n’y a que peu de camions, on dirait que les douaniers se permettent d’être plus suspicieux. Du temps où j’avais l’air d’un tueur, je n’ai pas eu vraiment de démêlé avec la douane… On aurait dit que cette fois, c’était mon tour! Décidément… Rien de bien sérieux, mais lorsque tu es habitué à te faire envoyer la main, la moindre question te fait sentir drôle! Peut-être est-ce dû au fait qu’ils n’ont eu les papiers qu’une heure à l’avance, contrairement à l’habituel « environ une journée »… Je finis quand même par avoir mon OK. Je reprends donc la route.

Fidèle à leur habitude, comme la météo annonce une possibilité de neige, pluie ou verglas, les états-uniens ne roulent pas très vite. Ils ont peur d’avoir peur, aurait dit mon père! Le Michigan, avec à peine une micro-neige, se traverse très bien. Arrive Toledo, OH. Je prends donc la voie de contournement pour aller prendre la US-24. Cette route est un genre de raccourci. Maintenant que l’autoroute est ouverte sur une plus longue partie, on peut même y sauver du temps (parce qu’avant, on sauvait de la distance, mais je ne crois pas que l’économie se transformait en temps). En tout cas, ceux qui « logguent au mile » (plutôt qu’en temps réel, comme il faut le faire) aimaient bien passer par là.

Toujours est-il que, sur ladite US-24, là, l’hiver se montre la binette. La neige tombe allègrement, et le vent de l’ouest pousse très fort contre mon camion. Mais, comme je suis chargé en papier, à près de 80 000 lbs (le maximum légal aux États-Unis), et que j’ai déjà vu neigé (c’est le cas de le dire), je suis confiant. La chaussé d’ailleurs n’est pas gelée, seulement mouillée. Il y a aussi de moins en moins de véhicules sur la route, ce qui dans les fait nous facilite la tâche, nous qui n’avons pas vraiment le choix de poursuivre notre route.

Arrivé à Fort Wayne, IN, je prends donc la voie de contournement pour aller rejoindre la I-69 qui m’amènera à Indianapolis. Là, même le saguenéen qualifie la situation de vraie tempête! Le vent, qui sur la US-24 était contre moi, moi allant vers l’ouest et le vent arrivant de l’ouest, me pousse maintenant de la droite vers la gauche, moi qui roule maintenant vers le sud. Et il pousse… La chaussé est maintenant plus glissante, mais pas encore dangereuse, à ce moment du moins.

Parce qu’un peu plus loin, ça se gâte. Encore! Après avoir vu un camion du côté nord de l’autoroute qui avait été poussé dans le fossé, et la circulation, pour le peu qu’il y avait sur mon côté, qui ralentit pour sentir, il y avait au loin au même moment sur notre côté des lumières de police qui clignotent dans l’accotement. Il y avait donc assurément un problème à cet endroit. En quelques minutes, nous y étions. Une automobile, ayant probablement dérapée et frappée le muret du pont, était immobilisée sur l’accotement. Le pont étant au bas d’une côte, et les gens ayant si peur de passer à vitesse raisonnable à côté d’une auto-patrouille qui clignote, tous faisaient un quasi-arrêt pour, encore-là, sentir la situation. Circulationnez, je vous pris… parce que sur la glace, ce n’est pas la vitesse qui pose danger, mais le besoin de freiner ou de changer de direction brusquement. Il faut d’ailleurs voir aller les camions de bois en longueur sur les monts Valin en hiver pour comprendre… et voir les traces lorsque l’un d’entre eux manque sa courbe! 120 000 lbs, ça va ben loin, même si il n’y a plus de chemin! Donc, en m’approchant de la côte à descendre, je tente tant bien que mal de ralentir au même rythme que le camion qui me précède, qui lui doit faire la même chose par rapport à l’automobile devant lui, qui ralentit beaucoup trop pour rien. Mais comme je dis toujours, moi je connais mon poids, l’état de mes pneus (très bon pour l’hiver), et mes capacités. Les américains, autant les automobilistes que les camionneurs (une bonne partie d’entre eux), sont trop souvent mal chaussé (leur véhicule!), mal préparé et ils conduisent avec la peur. Pas pour rien que dès que la météo annonce une mince possibilité de tempête, que dis-je, une simple chute de neige, tous restent à la maison et toute activité de loisirs est annulée, et souvent des chaines de montage sont fermées, devant la possibilité d’un fort taux d’absentéisme. Loin d’être comme ça chez nous.

Toujours est-il que la remorque du camion devant moi se met à valser allègrement de gauche à droite (et vice versa, ben évidemment!)! Je constaterai un peu plus tard qu’il s’agit d’une compagnie de messagerie, alors même chargé, il devait être très léger. En le voyant valser, j’ai donc ralentit encore plus, en surveillant ma remorque minutieusement, mais étant très lourd, elle ne broncha pas au début. Mais elle a eu un petit dandinement par la suite. Tout en manœuvrant, je constatais à ce moment que la chaussée était maintenant glacée comme une patinoire. C’est toujours le cas en zone d’accident où la circulation est ralentie. Les véhicules ne créant plus suffisamment de chaleur par leur vitesse, l’eau a le temps de geler complètement. Quelques kilomètres plus loin, la circulation reprenant un peu de vitesse, la chaussée redevint mouillée… mais le vent ne diminua pas d’intensité.

En approchant d’Indianapolis, la circulation s’alourdit, et la température s’améliora légèrement. Prenant l’I-70 vers l’ouest, il ne restait plus qu’une neige légère, nous laissant une chaussée mouillée. Comme mon niveau d’émotion était à son comble, j’ai décidé de campé à Little Point, IN pour la nuit. J’étais plus confiant de trouver un stationnement là qu’à la halte routière de Mooresville ou au relais TA de Clayton, spécialement un soir de tempête.

Comme il me restait passablement de kilomètres avant d’arriver à destination, et qu’en plus de livrer à une heure imprécise en début d’après-midi me déboussole complètement, j’ai fait une courte nuit. Et la plupart du temps, la tempête a le temps de passer (et les déneigeuses aussi) pendant le divin repos.

Mardi, journée de la livraison. Je me réveille aux petites heures. À cinq heures, je suis sur la route, avec un bon café. La journée s’annonce bien. Comme je ne le sais pas encore, je me demande bien où j’aurai à recharger ce soir, ce qui justifie ma livraison en après-midi. Je ne peux parler pour les autres compagnies, mais chez TJB, c’est très exceptionnel de livrer autrement que l’avant-midi. Et encore, ce n’est que depuis que nous faisons beaucoup de transport de rouleaux de papier que nous livrons autrement qu’à sept ou huit heures. J’ai beau chercher dans ma mémoire, je ne vois pas où je pourrais bien aller. Je pense au client de la grotte (en fait, ils ont transformé une ancienne mine en entrepôt semi-réfrigéré naturelle), mais j’y étais allé de jour.

La tempête est effectivement terminée. La route demeure plutôt glacée, mais dégagée et sécuritaire. Et surtout, déserte! Et moi, j’étais très bien reposé, malgré la courte nuit. Dormeur, mon premier répartiteur dans mon premier travail (en fait, j’en avais plusieurs, mais celui-là valait quelque chose, ce qui n’était pas le cas de tous! He-hum!), m’avait déjà dit, parce qu’on était jeune et fou, et que c’était une compagnie de panique, m’avait dit, donc : « Dormez les gars. Pas longtemps si il faut, mais dormez! » Bon, venant d’un gars qui se faisait appelez Dormeur du temps où il conduisait, on avait pris ça pour la Bible!

Vers sept heures trente, le téléphone sonne : ma fille. Sarah me raconte qu’à la maison, la pluie a finalement tourné à la neige. Il était temps, c’est quand même janvier! Il y a toujours un redoux en janvier, mais de là à avoir une semaine de pluie… Elle me demande ensuite où j’en suis rendu. Pour l’anecdote, Sarah a deux questions préférées : 1- Qu’est-ce que tu fais? 2- T’es rendu où? J’ai beau répondre à chaque fois que je conduis mon camion, elle me redemande toujours ce que je fais dans mon travail! Et elle me demande où je suis rendu même si parfois elle me l’a demandé dix minutes avant. Alors je réponds que je suis quelques kilomètres plus loin que tout à l’heure.

Elle me demande ensuite le temps qu’il fait en Indiana. Je lui dis que la tempête est passé pendant que je dormais, parce qu’il était plus sécuritaire de m’arrêter pour dormir que de continuer à rouler fatigué. Et c’est là qu’elle m’a dit, dans une maturité que je ne lui connaissais pas encore : sois prudent et fait attention, papa! Petite émotion dans mon cœur de papa. C’est la première fois qu’elle se préoccupe des conditions routières dans lesquelles j’évolue.

Ensuite, je parle avec Caro. Je lui raconte ce que Sarah m’a dit, et que ça me surprend un peu. Elle me répond qu’à la télévision, ils ont beaucoup parlé de la température (du verglas à Montréal ce jour-là) et qu’il fallait être prudent en voiture. Ah, ceci explique cela, mais je suis quand même fier de voir que ma fille a fait tous les liens qu’il faut! Caro me dit ensuite qu’il pleut encore plus que la fois où le locataire avait téléphoné en panique vers cinq heures au petit matin disant que la chute du Niagara coulait dans son salon! Bon, à peine était-ce les chutes Wilson. N’empêche, cela signifie que mes réparations de la toiture fait l’automne dernier ont été bien faites. Satisfaction du devoir accompli pour le propriétaire qui apprend sur le tas. J’avais bien « tout déjà fait ça » avec mon père à la maison familial de Jonquière, mais la technologie d’une maison du début des années ’70 et une maison de près de 150 ans, c’est loin de se ressembler! Bravo à Caro qui a lutté contre la glace qui cherche à s’accumuler dans le coin, au point qu’elle s’est auto-ensevelie, tellement que le gars de RÉGIM (la cueillette du recyclage) qui passait au même moment est accourue pour la sauver! Voyant qu’elle riait aux éclats, il lui a même demandé s’il pouvait en rire lui aussi… Plus de peur que de mal avec nos joies de l’hiver!

Vers huit heures, j’envoie un message à Jean-Pierre afin qu’il sache que je suis toujours vivant. Je lui annonce que je devrais arriver vers quatorze heures. Arrive ensuite le Missouri, où la température est pareille comme en été. C’est fou ce que le Mississipi (la rivière) peut changer le climat entre un côté et l’autre. Comme notre fleuve en fait. Par contre, le Missouri est très montagneux, et vu mon voyage de rouleaux de papiers et mon tant aimé Mercedes, je peine à avancer sur l’autoroute.

Presque rendu à destination, voilà Lori qui me cherche. Je lui réponds qu’il m’en reste pour une trentaine de minutes. Je suis de plus en plus curieux à savoir où je vais me ramasser pour mon chargement de retour. Je le saurai bientôt. Mon client est du côté sud-ouest de la ville. Je prends donc la US-65 vers le sud, plus la US-60 vers l’ouest. De la sortie, je suis presque rendu dans le parc industriel où mon client est situé.