7 février 2013

Pout en bas...

Encore une fois, je me suis réveillé à 4:00, afin d'arriver chez mon client à 10:00. Malgré le zouf qui s'était stationné en face de moi un peu trop large (je dirais qu'il y en avait au moins trois de trop dans leur rangée), j'ai pu sortir quand même. Merci à mon voisin qui est parti avant moi...

Aussi tôt, il n'y a pas beaucoup de circulation. Ce qui ajoute à l'agrément. Je constate que même aussi tôt, il fait déjà au dessus de zéro, genre trois degrés!

Je me suis donc rendu jusqu'à Horse Cave, KY pour ma première pause. Comme il est tout juste avant 8:00, l'heure où le bureau reprend vie, j'ai envoyé un message pour aviser de mon heure d'arrivée, ainsi que pour rafraîchir la mémoire sur la nécessité d'être à la maison samedi matin. C'est préférable de le rappeler, au cas où ce se serait perdu dans la malle.

De retour sur la route... Une heure plus loin, je prends la sortie 2. Quelques kilomètres plus au sud, arrive la frontière de Tennessee, et tout de suite après, la route 109 qui m'amènera directement au client.

Depuis que la route a été achevé à quatre voies, ça va encore mieux qu'avant. Il y avait là, sur la vieille 109, deux ou trois buttons au coeur d'une piste tout en tortillon. La vitesse moyenne était donc très basse. Mais voilà, maintenant, c'est le gros luxe.

Je suis arrivé à Lebanon à 10:00, comme estimé. À la barrière, je donne mes papiers et mon permis de conduire pour être enregistré. Puis, je vais debarrer mes essieux de remorque. Retour au volant, j'avance, ce qui recule mes essieux tout au bout. Il se rebarre tout seul en repartant, c'est magique! Le gardien me remet ma copie et mon permis. Je vais donc trouver une place libre afin d'y laisser ma remorque pleine. En passant, je vérifie nos remorques afin de voir si l'une d'elles est vide. À l'heure où je passe, ça pourrait arriver qu'il n'en reste qu'une.

Il y a deux espaces contigues, alors je choisis l'un de ceux là. Pas fou... Parce qu'il faut reculer du côté aveugle, le plus difficile. En deux temps, trois mouvements, je n'ai plus de remorque. Je poursuis ma route, et une remorque est encore du côté de l'entrepôt. Normalement, c'en sera une vide qui n'a pas été ramassée.

Une vérification rapide me confirme que c'est le cas. Je l'accroche et je l'avance un peu, afin de pouvoir fermer les portes. Je descends et en même temps, je débarre les roues pour les replacées. Cette fois, c'est le vieux système à tige; il doit être débarré et rebarré à chaque opération.

Au moment de bouger les essieux, ça se complique. Ils sont bloqués! Comme je commence à avoir faim, je décide de sortir et de régler ça sur la rue. J'envoie à Lori mon numéro de remorque. Je passe la guerite, laissant un moment pour que le gardien constate que c'est bien une vide.

Le message arrive déjà. J'irai à Nashville, puis à Clarksville, tous deux dans le Tennessee, bien sur. La routine... Je me rend sur la rue où tous les TJB se stationne au besoin. Je fais une dernier essaie afin de bouger mes roues. Je barre mon différentiel et j'enlève l'air sur mon essieu mort. Peut-être est-ce la combinaison de tout ça, mais ça finit par bouger. Enfin. Je peux maintenant dîner.

Après coup, de retour sur la route, en direction de Nashville. Nous allons sur le côté est de la ville, tout près du Briley Parkway, l'autoroute qui ceinture la ville. La palette d'étiquette devrait être prête vers 13:00, je suis donc en fait un peu en avance.

À mon arrivée, je recule au quai, qui ici est passablement mal foutu. En tout cas, pour une remorque de cinquante-trois pieds! Mais je ne serais pas surpris que nous soyons les seuls à venir ici aussi long. Les autres sont soit des camionnettes de livraison, soit des petites remorques de vingt-huit pieds. Mais bon, on est habile, et en plus, on recule en tournant du bon côté! C'est juste loin et en demi-lune.

Je vais voir à l'intérieur. Personne sur place, ils doivent tous être allé dîner. Je cherche ma palette. Elle est là, mais incomplète. Il manque environ une rangée de boîtes. Je reviens dans le camion pour un petit repos inopiné.

De dix minutes en trente minutes, j'ai fini par en passer du temps. Et dire que tout ce qu'on attend est que la dame prenne les gros rouleaux pour en faire des petits rouleaux! C'est mon client principale qui va être content. Quoique, c'est le même client à chaque bout, alors ils se parleront de leur vitesse entre eux!

J'ai fini par avoir ma palette à 15:00. Pas pour vous écœurer, mais ici, il fait 20! Ça, c'est plaisant.

J'ai repris le Briley Parkway vers le nord pour contourner une partie de la ville. Puis, j'ai pris la 24 (la route, pas la caisse) vers l'ouest. Arrivé au milage 29, tout s'arrête. Je finis par apprendre qu'il y a un problème obscure au milage 27,6. La prochaine sortie étant à 24, on est cuit. Bon, ça avance quand même potablement, alors ça ne devrait pas être si pire.

Le problème est qu'un camion avec un conteneur s'est renversé. Et les pompiers bloquent la voie de droite. Et tout le monde doit évidemment scruter tout ça minutieusement! Une fois passé, ça repart de plus belle.

Arrive finalement la sortie 4. Je sors et tourné vers le nord. Environ un kilomètre et, à la lumière, à droite sur le boulevard Industrial. Juste après le chemin de fer, le client est là, à droite. La dame à la guérite se souvient, comme.toujours, de la première lettre de mon nom. Je lui épèle... Ensuite, je me rends au quai. Ici, on recule directement sans demander à personne. C'est libre? On y va. Je recule mes roues, ouvre les portes, et mets la remorque au quai. J'entre à l'intérieur, j'appuie sur le bouton de la.sonnette et j'inscris le numéro de commande sur le tableau. Un nouveau chauffeur de chariot-élévateur arrive. Il complète mes papiers. Ainsi, je peux aller les faxer pendant qu'il procédé au chargement.

En me rendant au bureau, je m'arrête à la cafétéria pour poser mes autocollants et compléter avec mes informations. J'ai les papiers pour mes deux clients à envoyer.

Je vois revenir le gars qui devrait me charger. Il me demande d'aller rebarrer mes roues. C'est que cette remorque, avec quelques autres, un système à bras: tu tires la poignée, tu pousses là poignée. La plupart de nos remorques ont un système à l'air: tu débloques les essieux, tu ajustes, et quand tu rebouges la remorque, ils se rebloquent automatiquement. Je ne suis donc pas habitué à rebloquer. Je sors m'exécuter. Puis de retour à mon fax.

Je termine mes écritures et je vais rejoindre la machine. Cette fois, la dame va même faire le numéro pour moi. Quelques minutes plus tard, j'ai ma confirmation en main. Je retourne aux quais, où je suis presque déjà chargé. Peu de temps après, je suis dehors à fermer mes portes, mettre le sceau de sécurité, et tenter de replacer les roues. Ce ne fut pas chose facile, encore une fois. Une fois ceci fait, il était temps de souper.

Après souper, je suis reparti en prenant la 79 vers le nord. En quelques minutes, j'arrivais au Kentucky. C'était soir de bingo à Guthrie. Le stationnement était rempli.

Puis, là où le signal cellulaire avait habitude de couper, pendant une vingtaine de minutes, eh ben non, j'ai l'impression que ça ne coupe plus. Mais je n'était pas vraiment attentif, alors il faudra revérifier...

Un peu plus loin, la traversée de Russellville nous rappelle qu'on est pesant. Monter la côte en face de singe est long... Et la descente de l'autre versant l'est tout autant. Ensuite, je joins la US-68 qui est une quasi-autoroute. Et ça roule jusqu'à Bowling Green, où je rejoins la I-65, vers le nord.

Tout en poursuivant ma route, je commence à songer à m'arrêter pour la nuit. J'aurai besoin d'un endroit avec une balance, comme ça je serai certain d'avoir bien positionné mes essieux. J'arrête mon choix sur le Love's de Horde Cave, KY.

Il y a déjà beaucoup de camions. On dirait un Frying J, tout le monde attend pour faire le plein! Heureusement pour moi, la balance, elle, est solitaire. Je vais donc me poser dessus. Un appel à l'intérieur pour faire prendre mon poids. Puis au stationnement. Je me trouve un bel endroit calme et paisible... Je vais au comptoir chercher mon billet: 12 440, 33 480, 33 120, total: 79040. Quand on dit chargé à bloc! Les maximums sont de plus de 13, 34, 34 et 80 000 lbs.

Je crois qu'on peut parler d'une bonne journée...

6 février 2013

En allant par là.

Quand on se couche tôt, il faut se lever tôt... Sinon, ça devient du temps perdu. Et autant à la maison je suis un couche-tard, autant en camion je suis passablement un couche-tôt. Et je ne sais pas si ce n'est qu'une impression, mais je crois que nous ne sommes pas si nombreux à être des couche-tôt...

Enfin...

Mon bon ami Fred me faisait remarquer l'autre jour qu'en fait, ce n'était que "sécurité avant tout". Et ma foi, c'est une maxime que je pourrais faire mienne! J'ai toujours dit que "aucun africain ne va mourrir si nous sommes en retard"... Ou que "si les clients ne savent pas combien de temps nous allouer pour bien faire le travail, je n'ai pas à combler en coupant sur la sécurité". Et encore moins sur le sommeil.

Bref, contrôler ces mastodontes, avec la circulation et la température, sans parler de tout le reste, est un travail ardu, quoiqu'en pense Joe Public. Il est donc de mon devoir de "garder ça entre les lignes" comme le veut l'expression. Et parfois, ça signifie de s'arrêter avant Toronto pour la nuit, même si en distance, la journée aurait dû se poursuivre encore quelques heures. Mais je l'ai déjà dit, le client de Lebanon ne nous attend pas vraiment tôt. Alors raison de plus pour rester en forme. Et sécuritaire...

Donc, j'y reviens, au lit tôt signifiait que j'allais repartir assez tôt. J'ai donc régler mon cadran pour 4:00. Le temps de manger et j'étais prêt à partir. Il était 4:45. J'étais content, parce qu'au moins, j'allais ainsi passer la ville avant l'heure de pointe. Ce sera ça de pris...

Et effectivement, bien que la circulation de jour commençait à se pointer, Toronto s'est traversée comme un charme. C'est plaisant, car souvent, si je dors avant Toronto, je me lève pas toujours assez tôt pour qu'une fois rendu en ville, je sois avant ou au pire après la circulation...

En observant la température, -5 depuis que je suis parti, et on anonçait ça pour la journée à Toronto, je me suis dit que je pourrai reprendre mon jogging très bientôt, probablement ce voyage-ci. Ça me fera grand bien, mes muscles s'étant métamorphosés en gras. Ce n'est vraiment pas long...

Mais le mois de janvier a été vraiment froid, et en plus je suis aller plus au nord.

D'ailleurs, j'ai appris que notre amie Sophie-Les-Souliers tient en magasin des souliers de courses pour l'été, parce qu'elle courre elle-même. Et aussi sur commande pour l'hiver. J'ai déjà hâte au printemps... Elle est à Sorel...

Après une petite pause à la halte de Ingersoll, je me suis rendu jusqu'à Tilbury. En arrivant, j'ai croisé la cohorte de TJB, quatre ou cinq, qui commençait leur journée. Quelques uns parmi ceux-là vont à la même place que moi. J'ai commencé par faire le plein. En même temps, j'ai fait un nettoyage de vitre, car en Ontario, sur les autoroutes, il y a un surplus de déglaçant, ce qui nous fait de beaux camions blanc-sel.

Je me suis ensuite stationné et j'ai mangé. Ensuite, une soixantaine de kilomètres pour me rendre à Windsor. Un espèce de frustré de la vie m'a bloqué le passage, parce que moi je peux prendre la voie de gauche, car je suis approuvé Express, mais cette voie va du côté des automobiles... Et je veux arrêter à la boutique hors-taxes, question de visiter leurs toilettes... Et de ramasser la café gratuit! L'espèce de cromagnon donc, me dépassa plutôt que de me laisser passer. Mentionnons que lui a une voie sur sa droite... Enfin... Le pont Ambassador m'amène aux douanes américaines. Côté Express, justement, il y a foule. Et ce qui est inhabituel, c'est que côté régulier, il y a bien peu de camions.

Malgré tout, en trente minutes, j'étais entré en territoire américain. Et comme nous n'avons plus besoin de payer physiquement pour le pont (ça se fait électroniquement par caméra), ça aide à la rapidité.

Et avec la nouvelle voie de contournement pour reprendre l'autoroute, la sortie des lieux est d'autant plus facilitée.

En repartant, la température a fait un bond un peu en haut du zéro... Ça y est, c'est aujourd'hui que je reprends la course!

Me restait à déterminer l'endroit. Parce que déjà qu'il est difficile de marcher et courir à bien des endroits aux États-Unis, les trottoirs étant plutôt rares. Et en hiver, alors impossible de se tasser sur le gazon, il est soit recouvert de neige, soit c'est plutôt de la vase...

Puis j'ai trouvé. Allons à Bluffton, OH. Là où il y a un McDo. J'y arrête parfois pour Internet, accessible du stationnement. Je crois que le village sera approprié pour accueillir un humble coureur.

Deux heures après être parti des douanes, je me stationnais derrière ledit McDo. Le temps de remplir ma bouteille d'eau, de sortir ma pomme, afin d'être prêt pour mon retour, et je partais. Avant d'arriver, j'avais déjà  troquer mes bottes de ski-soo contre mes espadrilles.

Il y a un bout de temps, j'avais déjà configuré mon application d'intervalle à 24 minutes au total. Normalement, je fais des séances de 45 minutes. Mais là, après plus de six semaines d'arrêt, je recommence en douceur.

Et comment que je dois y aller progressivement. Je fais huit blocs de courses entrecoupés de pause pour marcher. Le septième a été difficile. Et curieusement, moins le dernier...

À mon retour, la pomme était la bienvenue. Ainsi que l'eau. Je suis ensuite retourné sur la route.

Un peu plus loin, à la halte de Piqua, OH., je me suis arrêté pour souper. En allant aux toilettes, je me suis rendu compte de la fatigue que mes muscles avait accumulé. Ouch... Je crois que ça va bien dormir ce soir!

Tout en roulant, je commençais à réaliser que j'étais debout depuis 4:00. Il commençait donc à être le temps de planifier la nuit. Alors que je réfléchissais aux différentes avenues, je lis que la 75 est fermé à un nom de rue qui n'est inconnu. Lorsque vers la sortie 3 la circulation se bloqua, j'ai décidé de suivre cette route; ça disait US-27 sud. Ça adonne bien, le pont est au sud.

En plus, dès la fin de la rampe, on indiquait la "truck route". J'ai donc pris la direction de la flèche. Tout juste plus loin, je suis tourné sur une espèce de ruelle pas nécessairement rassurante, si ce n'est que pour sa pancarte disant que la route alternative pour la 75 sud était celle-là.

J'étais donc béni des dieux. J'ai suivi les indications, qui me ramenèrent juste avant la rampe où sortait finalement les véhicules. Tout juste après la rampe, il y avait ce qui semblait un gros accident, avec un camion impliqué.

Nous pouvions rejoindre l'autoroute tout juste de l'autre côté de la rue. À une minute du pont et de la célèbre grand côte de Cincinnati (qui dans les faits est à Covington, dans le Kentucky).

Après avoir passer la ville de Florence, j'ai poursuivi sur la 71, vers Louisville. Mais j'ai sorti au Love's de Sparta. C'était amplement suffisant pour aujourd'hui...

Et ça recommence!

Aujourd'hui, je reprend la route. C'est un peu rapide, mais je veux, je dois en fait, être de retour pour la fin de semaine. Dire que je suis passé à côté d'un voyage à Lake Charles... Mais l'avoir accepter, je ne serais revenu que lundi prochain. Il faut ce qu'il faut.

Après avoir déjeuner, j'ai envoyé mon courriel à Martin, au bureau. Il m'a répondu rapidement que mon bauge était prêt, que c'était pour Lebanon, et que je recevrais les données un peu plus tard.

Comme hier nous avions tout préparé et mis dans le camion, sauf mes vêtements et mon eau, il ne me restait que peu à faire pour ce matin. J'avais donc encore un peu de temps pour relaxer... Un café de plus!

Vers 9:30, mon message de Anna arrive. Tous mes numéros y sont, je peux donc partir. Mais il n'y a pas le feu non plus. Car Lebanon, dans le Tennessee, est à deux jours de route, et qu'il n'y a pas d'heure de livraison (en fait, c'est à 16:30 heure centrale, mais je serai là vers 10:00; ça me laisse une bonne marge). Vers 10:00, je ramasse mon sac et mes deux bidons. Je monte tout ça dans le camion. Je le démarre, puis je sors pour ramasser mon fil. Depuis que je sais qu'on peut les brancher pour recharger les batteries, je peux y laisser le chauffage. Et ça redémarre toujours comme en été aussi!

Un câlin à ma blonde, elle part en auto de son côté, et me voici aussi parti. Je me rends à Joliette. À la barrière, il y a une nouvelle gardienne. Elle m'enregistre et me remet ma carte magnétique et ma passe de sortie, à faire signer pour sortir...

Je me rend ensuite à l'expédition. En passant, je croise Denis et Daniel. Ils sont prêts à repartir. Je vais chercher mes papiers, et je fais signer ma passe. Ensuite, je retourne au camion et je pars à la recherche de ma remorque. Je la retrouve à l'autre extrémité de la rangée. Je l'accroche et sors pour en faire, après avoir relevé les pattes, l'inspection. Tout est parfait. Je remonte dans le camion pour remplir toute la paperasserie nécessaire. Une bonne demi-heure plus tard, je suis prêt à partir. Je vois arriver Gilles. Nous serons plusieurs à Lebanon jeudi!

Je ramène donc le tout à la barrière. Je remet mes documents; le gardien sort pour faire ses vérifications. Tout est en règle. La barrière s'ouvre, et c'est un départ.

Je me rends, malgré l'heure, jusqu'à Laval, pour dîner au Pétro-Canada. Le seul endroit à environ une heure de Joliette où il est possible de se stationner en camion. Il est un peu tard, mais il faut ce qu'il faut...

Ensuite, je reprend la route. Je traverse ce qu'il me reste du grand Montréal à traverser. Puis, l'Ontario et la 401. La journée va bien. Et après trois semaines dans le nord sur les routes à rencontre, ça fait du bien de faire un bout sur les autoroute.

Je fais une petite pause au onRoute de Ingleside. En reprenant la route, j'entends sur le CB des gars qui font leur chiâlage hebdomadaire. Ou est-ce quotidien? Le sujet est l'arrivée en Amérique des carrefours giratoires. Ils en nomment plusieurs, en citant l'hécatombe d'accidents qu'ils ont "causé"! Me semblait que ce n'était pas la route qui cause les accidents, mais ses usagés? J'imagine qu'un jour, les gens vont comprendre comment aborder un tel carrefour. Ceux-ci d'ailleurs n'ont jamais eu la prétention de diminuer la quantité des accidents aux intersections. Mais la gravité de ceux-ci! Les véhicules arrivent moins vite, donc l'accident sera de moindre gravité. Et il sera de côté, de type tamponnage, plutôt que d'angle droit ou pire, face à face. Avoir eu un CB qui passe plus loin que "le chien sur le hood", je leur aurais répondu...

Par la suite, je suis arrêter souper à la halte de Napanee. Puis un autre petit bout de route pour finalement poser mes pénates à Clarington pour la nuit, exténué...

Demain sera un autre jour!

Envoyé de mon iPhone
Jean-François Maltais
Saint-Jean-de-Matha, Québec
Grand Manitou

4 février 2013

Encore un petit bout, et ça y est!

Ça, c'est ce que je me disais en commençant la journée...

Nairn Centre, ON. Au matin, j'ai pris mon nouveau traditionnel déjeuner Pita-Beurre-d'arachides-Banane-Lait (tellement santé et bourratif, j'adore!) avec un bon café préparé, à boire sur la route une fois parti.

Mais avant, il fallait faire le plein... au frette. J'ai avancé le camion aux pompes. Malgré le froid, qui semble pire parce que je viens à peine de mettre le pied hors du lit, je m'exécute. Nairn, c'est loin, c'est au nord, c'est frette! Mais bon, j'ai du carburant pour deux jours, alors il faut ce qu'il faut!

Puis, voilà le temps de prendre la route. En quelques minutes, me voici à Sudbury, ville minière au nord du nord, dont on qualifie l'allure de la région immédiate de lunaire. Ça commence à être moins pire, avec les années, mais c'est encore un désert de roches. J'ai fini un jour par savoir. Bien sur, il y a les montagnes de résidus miniers... Mais en fait, c'est que dans des temps très anciens, un grand feu brûla une bonne partie de la ville de Chicago. Il y eut donc un besoin pressant de bois pour reconstruire la ville. Et où pouvait-il aller, pas trop loin, où il y avait une forêt de beaux arbres disponibles? À Sudbury. La forêt a donc été complètement rasée à ce moment... Dans ces temps, on ne passait pas des mois de commissions à se demander si les ti-z'oiseaux allaient voler vers d'autres cieux si les arbres changeait de place... Pendant une bonne heure, donc, on se croirait sur la lune... Maintenant, il faut dire que ça repousse tranquillement, alors ça parait de moins en moins. Encore quelques années, et seuls ceux qui s'intéressent à l'histoire se souviendront.

Par la suite, direction North Bay, autre ville minière au nord du nord. Et entre les deux, tout un chapelet de beaux petits villages. Et des forêts, lacs et rivières pour amuser tous les amateurs de plein air. Un jour, il faudrait bien que j'y retourne en famille, genre en Westfalia... Et si il y a des brasseries, pourquoi pas avec le Fred et/ou le Louis (ou les deux, un West, ça contient)... Bon, enfin, ça ferait une place à aller, en touriste.

Mais pour l'instant, ce sera en camion... Et c'est reparti. Un peu plus loin, arrive le village de Verner. Au relais, tenu par des franco-ontariens, il y a un congrès de policiers de l'OPP, la Police Provincial de l'Ontario. Bon, deux ou trois auto-patrouilles. Quatre, tout au plus. On y mange très bien, j'y ai dormi quelques fois, et manger une fois.

Puis, arrive North Bay. En montant, je me suis rendu aux autres relais, que j'avais visualisé sur Google Maps la semaine précédente. Ceux que j'avais trouvé, un Pétro-Canada et un Husky, étaient à la sortie nord de la ville, par la route 11. Mais il faut monter une espèce de côte de la mort, "comme dans face d'un singe"! Tellement qu'en redescendant, il y a une voie d'arrêt-catastrophe, un genre de lit ensablé, pour arrêter les camions en perte de contrôle. Donc, en hiver, quand on n'est plus très certain de la traction de la route, ce n'est pas vraiment rassurant de sortir monter ladite côte pour un simple souper.

Côté sud, toujours par la 11, il y a à la première sortie un Fifth Wheel, un relais Esso, et entre les deux, un Tim Hortons. Le stationnement est par contre un peu juste. Lors de mon passage, il était déjà passablement plein, et on était à l'heure du souper. Ben, un peu tard disons, mais disons un peu après souper... l'heure où plusieurs s'arrêtent pour la nuit. Question stationnement donc, peut-être que c'est mieux à ceux d'en haut. D'ailleurs, je suis plutôt certain que le stationnement du Pétro-Canada a été agrandi.

Un peu plus loin, là où l'on arrive à la rivière des Outaouais, donc où la route commence à suivre la frontière avec le Québec, il y a le village de Mattawa. Par un bel été, je suis arrivé en plein festival de... bûcheron, j'imagine. Ça se déroulait sur la grande place, là où aujourd'hui il y a un carrefour giratoire.

Encore un bout, et me voici à Rolphton. Il y a là un petit stationnement pour y dormir... et un restaurant dans le motel. Mais j'ai entendu des gars au CB dire que c'était bon mais un peu cher. On verra le jour où j'y arrêterai pour manger... Il y a là aussi un barrage qui permet de traverser au Québec, en automobile bien sûr.

Plus loin, parce que le stationnement de Rolphton n'est dégagé que pour quelques camionnettes de motoneigistes (je n'oserais m'y aventurai en camion, parce que déjà, en été, c'est tout juste...), arrive la ville de Chalk River. J'avais souper là, mon repas de camion, il y a trois semaines, à mon premier retour par cette route depuis... un bon deux ou peut-être même trois ans! Tout ça parce que le stationnement de Corbeil n'est pas déneigé en hiver. Et ce fut le prochain stationnement disponible. J'ai pu constater que le restaurant y est ouvert 24 heures.

Cette fois-ci donc, j'avais besoin d'un repas de restaurant. Ça adonnait donc bien pour faire une découverte. J'arrête donc au Tree Top. Il y a un autre camion dans la cour. Mais comme il n'y a pas beaucoup de camion, ni plus d'autres véhicules d'ailleurs (j'imagine que tout le monde ajustait son écran en vue du Super Bowl), j'imagine que c'est relativement normal.

Voici ce que j'ai écrit sur Facebook juste avant de quitter:
Premier arrêt avec repas ici, après un dodo la semaine dernière. C'est un véritable typique petit Resto de village, avec quelques banquettes, de l'autre côté du mur une salle à manger plus grande (fermée parce que hors de la grande affluence), ouvert 24 heures, qui sert d'arrêt pour Greyhound (mais qui ne vendent pas de billet, allez au Pétro-Canada, s'est fait répondre une cliente!), avec un quasi-dépanneur intégré (croustilles, chocolats, gommes, etc.). La bouffe ne casse rien: beau, bon, pas cher... Mais ça fait le travail.
Vrai que ce n'était pas un dodo, mais un souper à l'heure du dodo... j'ai poursuivi par la suite pour finalement, cette fois, dormir à Arnprior...

Mais revenons à nos moutons. Je n'ai pas été convaincu par la nourriture. Pour un tel restaurant, où une bonne vieille dame cuisine et une autre fait le service, me semble que j'aurais penser y trouver de la bonne bouffe de grand-mères. Sinon, ça faisait tellement typique que c'est le tout qui fait que ce fut très agréable. Avoir été là au moment du passage de l'autobus, j'aurais probablement adoré! Ça arrive régulièrement aux États-Unis... Toujours émouvants de voir passer les nomades!

En quittant Chalk River, là, ça commençait drôlement à sentir la maison. Mais comme dirait Jean Perron, il y avait loin de la coupe aux lièvres! En passant à Petawawa, j'ai eu une pensée pour nos militaires. Merci les gars!

En écoutant les nouvelles, ils annoncèrent que la Fromagerie Saint-Albert était en feu, à ce moment, un premier bâtiment était déjà perte totale, et le second était grandement affecté.

Ça m'a attristé, autant pour les employés que pour les clients. On est très chauvins de notre fromage. Au Saguenay, avec nos trois fromageries (si on s'en tiens aux cheddars frais traditionnels), nous en sommes marqué pour la vie. Dans cette région de l'est ontarien, cette usine a, je crois, valeur de symbole. Et c'est évidemment un employeur majeur.

Je sais de quoi je parle. Mon premier emploi d'été, à mon deuxième été, j'ai appris par un beau samedi matin, vers 9-10:00, je me souviens, j'étais au Camp du Couteau de Poche de mon oncle Marc, aux nouvelles à la radio, que je l'avais perdu car la Laiterie Lamontagne avait brûlée dans la nuit. Tu te sens tellement démuni, c'est incroyable les sensations. Et à ce moment-là, avec l'innocence de la jeunesse, je n'étais même pas aller voir si, par un miracle, j'avais encore un boulot. Évidemment, à ce moment, en chercher un autre, il était trop tard, tout était pris. Ben, merci au grand patron, le bon Monsieur Gravel, à qui, dans les faits, je n'avais même pas affaire, il avait réussi à me retracer chez moi! Je ne me souviens plus comment il avait retracer mes coordonnées (je crois qu'une partie des bureaux avait été épargnée), mais toujours est-il que j'ai eu du travail pour jusque la fin de l'été. Nous avons fait, moi et deux ou trois autres qui n'étions pas à notre premier été tout le ramassage des bons produits boucanés, franchement dégoutant, et ensuite du démantèlement de la machinerie. Ce fut sommes toutes un bel été...

Mais la production a été transféré à une autre usine, à Alma. Celle de Jonquière n'a jamais été reconstruite. La ville a acheté le terrain qui est devenu un très beau site de spectacle et un marché estival.

Dans le même ordre d'idée, la Fromagerie Boivin a brûlé récemment, et elle a été reconstruite. Les concurrents ont même accepté de faire une partie de la production entre temps. Belle solidarité...

C'est ce que je souhaite qui arrive aux gens de Saint-Albert. Un peu de houle pour les prochaines semaines, mais qui mèneront à une reconstruction et à un retour de leur bon fromage.

D'un autre côté, j'apprenais qu'ils avaient retrouvé la veille les deux corps manquant à la carrière de L'Épiphanie, près de la maison, dans Lanaudière. Il y a eu un gros glissement de terrain. Un opérateur de pelle a miraculeusement survécu, mais deux camionneurs, un homme et une femme, ont eu moins de chance. D'ailleurs, dans le Journal de ce matin, je lisais que la dame avait passé devant un autre chauffeur qui, ayant un problème avec son camion, lui avait laissé sa place le temps qu'il répare son camion. Ouf... lui aussi doit se sentir bizarre! Tellement triste... On ne devra pas mourir en travaillant!

J'étais à ces réflexions quand, Ottawa traversée, j'arrivais à Dunvegan, tout à côté du Relais Routier, sied un Tim Hortons. Étant à environ deux heures du garage, où je devais passer avant de continuer ma route vers la maison, je me suis pris mon traditionnel café et muffin, la récompense hebdomadaire.

J'ai ensuite fait le petit bout de chemin qui me restait jusqu'au Hâvre de Paix, le garage de TJB. Encore une fois, personne aux alentours. Même un appel à tous afin de trouver des compagnons pour le souper n'a pas porté fruit. J'ai constaté qu'il y avait déjà une remorque et son camion dans le lave-camion. On m'avait demandé de laisser la mienne là, pour ne pas que ça gèle. Ne me demandez pas comment des bouteilles vides peuvent geler... ni comment ne sont-elles pas déjà gelé après deux jours en dessous de -20. Des fois, on exécute, même si on n'est pas certain de comprendre!

J'ai envoyé un message à Martin afin de savoir ce que je faisais. J'ai commencé par me demander si il prenait ses messages hors de ses heures. Je veux bien croire que les répartiteurs n'ont pas de vie, mais bon, je leur en permet une... Quelques minutes plus tard, il me répondait de la laisser avec les autres dehors pour la nuit, qu'eux la rentrerait le lendemain, et qu'en fait, c'était plus que ça ne devait pas rester dehors par grand froid pour quelques jours.

Je suis allé donc souper au grec, celui en avant de la banque... Ben oui, il faut préciser, il y a deux grec dans le village! D'autant plus qu'ils ont le même nom, avec à peine une légère différence. Sans compter tous les autres restaurants... À croire que personne ne cuisine dans ce village! Fidèle à son habitude, le repas n'a pas attendu sa propre fin avant de faire le voyage jusqu'aux toilettes! Je vous épargne les détails...

Après avoir terminé mes paperasseries, j'ai fini par trouver ma remorque, l'accrocher, puis je suis parti en direction de Montréal. Puis vers Joliette. En direction de l'usine pour y laisser la vide.

Pour finir à la maison. En calculant ma journée, j'arrivais à 957 km. Comme il était presque minuit et que je trouvais que "tu parles d'une heure pour arrivée", j'ai réalisé que c'était parce que dans les faits, il me restait une journée de travail... qui a pris une journée à faire.

Ouf!

Le retour à la maison

Samedi matin, après avoir fait un beau gros dodo légal, je me suis avancé à la pompe à DEF. Elle était identique à celle que j'ai utilisé à Green Bay la semaine dernière. Je ne suis dit qu'elle ne devrait pas être gelé!

Effectivement. Tout fonctionnait correctement. J'ai donc fait le plein. Je suis rentré à l'intérieur pour payer. La journée de route pouvait donc commencer.

Contrairement à la veille, il faisait très beau. Froid, mais beau. Un froid normale par contre, rien de sibérien. Un temps pour faire de la montoneige...

La route était bien dégagée. La circulation était légère. Bref ça allait bien. J'ai même reçu rapidement ma confirmation du bureau pour la douane. Et un peu plus tard, les étapes de mon arrivée, puisque le bureau sera fermé lors de mon arrivée.

Je me suis arrêté à un nouveau relais, à Stiles, dans le Wisconsin, pour dîner. Juste avant, je suis allé déglacer légèrement ma remorque. Il y avait encore, tout comme la semaine dernière, énormément de glace. À la différence que cette fois-ci, c'est de la glace indécrottable. J'ai réussi malgré tout à en décrotter une partie. Le soleil avait fait une partie du travail. À savoir, le poids maximum autorisé, de 80 000 lbs aux États-Unis, inclus la neige et la glace. Alors quand le chargement lui-même vous amène tout près de ce poids, il ne reste plus une grosse marge pour accumuler de la neige. Vous pouvez toujours espérer la clémence de la force constabulaire mais...

En repartant, j'arrive rapidement à la US-41. On vire ça au nord, direction Marinette et Menominee, les deux vieilles villes frontalières du Wisconsin et du Michigan respectivement.

En quelques minutes, ces deux villes étaient traverser. Arrive la MI-35, qui longe le lac Michigan, dans sa section Green Bay, qui donna son nom à la ville. Pendant ce temps, la US-41 elle, s'éloigne à l'intérieur des terres, allongeant d'autant la route. Sur la 35, il y a une suite innombrable de chalets, de motels, de campings, de parcs, de haltes... La grosse vie, quoi!

En hiver, dans ces contrée, il est de rigueur de rencontrer l'homo-motoneigeus... Camionnettes et remorques abondes au devant des motels, trop heureux d'avoir pu rester ouvert en hiver. Sinon, c'est la chasse, la pêche, le bateau... La grosse vie, je vois disais.

En camion, il y a un endroit où nous pouvons nous arrêter, sur le bord du lac, et aller marché un peu au bord de l'eau. Moment magique quand on peut insérer ça dans notre horaire...

Cette fois, je m'arrête encore à Manistique. Petit arrêt vite fait, mini-pause et collation. Et on repart.

Dans ce bout de route, la neige s'est un peu mis de la partie. Mais bon, rien de bien grave quand on sort des deux dernières semaines. D'autant que ça n'a duré que 45-60 minutes...

Puisqu'il fallait bien souper, je me suis arrêté à Newberry, dans le Michigan. Derrière le dépanneur qui sert de relais, avec comme voisin le bar de sous-sol et la terrasse. Et encore, quelques hôtels environnants... Tous peuplés de motoneigistes.

Deux heures plus tard, j'arrivais aux douanes de Sault-Sainte-Marie. Pour s'y rendre, il faut emprunter le pont à deux bosses. Pont qui passe directement au dessus des écluses canadiennes et américaines (deux chacunes).

Ça me rappelle qu'en été, il y a tellement de pêcheurs dans les rapides, entre les écluses, que les douaniers sont sur le pont et surveillent que tout ce beau monde reparte du côté d'où il est arrivé.

Le passage aux douanes se fait bien aisément, comme toujours à celle-ci. Je ne sais trop quoi répondre l'orque le douanier me demande qui sont les clients (maudite mémoire de poisson rouge!) parce l'écriture n'est pas trop lisible. Mais bon, c'est le Soo, alors ça va quand même. C'est ça ou bien j'ai un air tellement sympathique!

En contournant la ville, je me fais interpeler par un autre camionneur. "Depuis quand que TJB a des Peterbilt?" "On n'en a que deux, et ce seront les derniers" que je lui répond. Il s'adonne a être copain avec notre Gros Minet, qui se la coule douce le derrière dans le sable en ce moment. Alors on a échangé pendant quelques minutes, le temps de se rendre au Husky, de l'autre côté de la ville.

Un petit café plus tard, je reprenais la route, convaincu de me rendre à Nairn Centre. C'est là notre point de ravitaillement désigné depuis que celui du Soo a été ramassé.

Le beau temps aidant, autour de 23:00, je me stationnais dans la cour, satisfait de ma journée.

Envoyé de mon iPhone
Jean-François Maltais
Saint-Jean-de-Matha, Québec
Grand Manitou