7 août 2011

Moments de bonheur en famille - Partie 2

Au petit matin, le réveil fut agréable. Personne ne s'est rendu compte que notre abri avait été démonté de tôt matin. En effet, Caro, dès sa sortie de la tente, a soigneusement ramassé les dégâts. En réalité, seul une section de la structure a cassé. Les autres sections sont éjarées, mais le tout demeure fonctionnel! Je suis moi-même surpris. Mais l'an passé, au Marché, lorsqu'il y a eu le fameux coup de vent, l'un des abris avait eu le même sort, et n'avait pas eu vraiment de dommage!

Après un bon déjeuner sur le grill (les oeufs, le bacon, les rôties, le café), Caro a évalué que nous allions manquer d'oeufs, car c'est le seul item mangeable dont elle n'a pas calculé la quantité requise. Quatre déjeuners, trois personnes, deux oeufs la "shot"... On arrive facilement à deux douzaines! Bon, on avisera les autres matins... et on a du creton et du pain rien qu'en masse! Comme disait feue grand-mère: "Faute de pain on mange de la galette"! Et feu mon père: "Ceux qui sont pas contents, ils iront à l'hôtel!"

Bref, chez les Maltais comme chez les Labrèche, c'est ben rare qu'on manque de manger! Une fois tous rassasié, les Gravel sont passé à la "maison". Anecdote: Sarah, qui est aussi à cheval sur les mots que moi, nous a repris à chaque fois qu'on a dit "à la maison" ou "chez nous"... La tente, ce n'est pas la maison, et le camping, ce n'est pas chez nous... Bon bon, ok, mais c'est quand même là qu'on reste pour quelques jours! Des fois, tu expliques à ta fille que c'est important d'utliser le bon mot pour chaque chose... pis elle s'en souvient! Donc, les Gravel nous expliquent qu'on partira en bateau un peu avant l'heure normal du diner, alors ils faut qu'on se présente chez eux avec notre diner.

On avait déjà prévu le coup, alors nous nous sommes concocter des sandwichs et des tites crudités (comme dans la chanson, deuxième ligne...), rajouter quelques breuvages, alcoolisés et régulier. Le reste est déjà su'l bateau.

Une fois notre mini-glacière bien remplie, nous nous rendons à la roulotte des Gravel. Leur quai est juste en bas de la côte (ben tsé, sur l'eau là...). Eux sont prêts aussi, alors l'embarquement se fait comme indiquer par notre capitaine Jean-Marc. Le bateau est un tout petit Baja Outlaw de 20 pieds.Tiens, je constate qu'il ne s'en fait plus de si court. Dans celui des Gravel, aucun petit salon sous le nez. Que de l'espace de rangement.

Après avoir constaté qu'il y avait une veste de sauvetage approprié pour Sarah, et suffisamment pour tous les adultes, nous avons donc quitté le quai. À cet endroit, nous avons un petit canal étroit sur quelques mètres avant d'arriver dans une petite baie, qui donne évidemment sur le lac. Rendu tout juste sur le lac, Jean-Marc enfila dans le nez afin de nous sortir les vestes de sauvetages... au cas ou la chienne nous prendrait en s'en allant. Sarah bien sur enfila la sienne.

Sarah était d'ailleurs craintive devant l'inconnu. Et un Baja qui déjauge, le nez lève rien qu'en masse! Surtout si ledit Baja est aussi court! L'angle est assez impressionnant. Le tout se stabilise assez rapidement et nous voguons allègrement. Notre destination est la plage de la Pointe-Fine. Mais en peu de temps, nous constatons que le sud-ouest est à la flotte. Nous dévions donc vers le sud-est, puis franc est, en direction de la plage du cadran solaire. Le lac Taureau est si grand que tu peux presque toujours y contourner les orages.

Le cadran solaire est situé sur une presqu'ile. Arrivant du côté du lac, nous nous sommes fait indiqué qu'il valait mieux arrivé par le côté de la baie. Le côté lac est plutôt rocailleux. L'intérieur de la baie est beaucoup plus sableux. En nous retournant, nous avons constaté que l'orage nous avait suivi. Tellement que nous nous sommes fait mouiller en contournant la presqu'ile! À peine par contre, car nous avons accosté au sec! Le temps change vite là-bas. Le temps de se ramasser une bière, et nous voici sur la plage...

La plage du cadran solaire abrite, comme son nom l'indique, un cadran solaire. Bien utile car en mode plage ou sur un bateau, on perd vite toute notion du temps. On se demande comment on a si faim, pour se rendre compte que l'heure normale du diner est passé depuis longtemps. Genre... Là, on peut donc voir avancer l'heure grâce au soleil. C'est d'ailleurs quelques choses que je voudrais sur mon terrain, un cadran solaire... ça et des drapeaux. Mais je m'égare!

Sur le Taureau (dans le parlé local, on oublie le mot lac), on rencontre toujours quelqu'un qu'on connait. Est-ce ce que j'appelle la "mentalité de bateau" qui fait que tout le monde se parle, donc on finit par se trouver des affinités? Fouille-moi... toujours est-il que Jean-Marc connaissait un des trois couples qui squattent la plage de l'horloge. L'une des femmes y crèche depuis plus de vingt ans! Des camionneurs en plus... Le monde est petit!

Après un peu de potinage, de pateaugeage et de constat que la pluie est disparue d'où l'on vient (et qui se trouve à être vers où l'on va en même temps), nous décidons de repartir pour gagner la Pointe-Fine et d'y manger. Des amis des Gravel devraient d'ailleurs s'y rendre eux aussi.

Cette fois, notre capitaine, ayant constaté que finalement nous avions le pied marin, Sarah inclus, s'est permis d'opérer un peu plus sa bête! Et quelle bête! Wow! Et Sarah qui criait des "wahou" presqu'à chaque vague!

Bien que petit, ce bateau est tout simplement incroyable! Lorsque la "mer" est belle, ça rentre au poste! Ça navigue droit comme une automobile sur la route. Vraiment, incroyable!

Quelques minutes après notre départ, nous avons bifurqué vers une jolie baie. Jean-Marc disait qu'un ami devait s'y rendre cette journée-là. Il y avait des beautés qui rôtissent, un ponton dont la fumée émanait du Bar-B-Q, des enfants qui se baignent, et plein de beau monde qui semblait avoir un plaisir four! Mais pas l'ami recherché.

Nous sommes donc reparti de plus belle! Tout juste avant d'accoster, un ballon dérivait très loin de la rive. Nous l'avons ramasser. Sarah avait les yeux ronds! Mais nous lui avons dit que c'était probablement à quelqu'un sur la plage. Mais que si personne ne le réclamait, ben alors il serait à elle.

Après avoir repéré un espace, nous avons accoster sur la plage de Pointe-Fine. Nous avons sorti tout l'attirail: chaises, table, glacières, parasol. La grosse vie sale. Encore une p'tite bière... Puis ce fut le tour du bon diner!

5 août 2011

Moment de bonheur en famille - Partie 1

Pour les vacances, nous aimons bien partir en camping en famille. C'est pour moi une retour à la vie de bois, la vie primitive, la façon la plus efficace de décrocher... D'ailleurs, ma Caro a bien de la difficulté à décrocher si elle ne quitte pas la maison... et les Internets et le cellulaire, comme moi d'ailleurs!

Pour la petite histoire, nous avons une tente condo (à deux têtes: une pour les parents, une plus petite pour Sarah, avec un tunnel entre les deux; vraiment mignon, et ça fait jaser!). Aussi, nous cuisinons au charbon, sur un Hibachi à l'ancienne, mais acheté chez Lodge (la compagnie qui fabriquait les vieilles poêles en fonte de nos vieilles tantes, ou plutôt grand-mères). Qu'on allume avec une cheminée de la même compagnie, qui fait aussi jaser!

On a aussi depuis le début un fanal Coleman au naphta (je crois que le terme français est: gas de naphte), comme mon père et mes oncles appellaient: un p'tit crosseux... dû à l'action de pomper le réservoir pour faire monter la pression. Vous me direz: heille le vieux, ils en font au propane avec les tites bombonnes, c'est ben moins de troube! E ben, tchèque, chose, as-tu vu comment ça coute, les petites bombonnes? Quatre fois le prix de mes 20 lbs pour Caro et ses conserves.

L'an passé, Caro a trouvé dans un Émaus un poêle Coleman au même naphta, pour un gros 2$. Ma Caro, c'est une dépensière!!! ;) Elle s'est dit: je ne sais même pas si il fonctionne, ni même si il a tous ses morceaux, mais bon, à ce prix-là, on ne peut pas vraiment se faire fourrer!!! Cré Caro!

La semaine dernière donc, au kiosque à légumes, nous avons testé ledit poêle et comme tout était complet et fonctionnel, nous avons pu manger les meilleurs blés d'Inde du monde!

Ah, et notre potte à café est un vieux percolateur en céramique du bon vieux temps. Tellement ancien que je ne peux le retrouver en image sur les Internets. À faire chauffeur directement sur le rond. Ah oui, parlant d'images, Caro a pensé à amener l'appareil-photo... mais pas la carte-mémoire! Désolé, mais pas d'images du voyage donc.

Bon, donc, je reviens à nos moutons. Parmi les petites madames de la Boulangerie, il y a Johanne, qui se trouve à être l'épouse de Jean-Marc, notre déneigeur. Disons pour faire cour que entre elle et nous, ça a bien cliqué. Donc, c'est à elle que nous devons la plogue pour le Camping Saint-Ignace, de Saint-Ignace-du-Lac, au nord du nord de Saint-Michel-des-Saints. Tiens, moi qui croyait que la terre coupait à Saint-Michel. Bon, à part que si on fourche un brin pour contourner le Lac Taureau, dépassé la fin du monde et au-delà de la nuit des temps (c'est vraiment un osti d'boutte), Manouane, une communauté Attikameke nous attends. Je rigole, mais je crois que par la route dans un lamentable état (à ce qu'on dit, il faudrait bien que j'aille constaté de visu), il y a plus d'une heure pour s'y rendre, de Saint-Michel. Donc, la plogue, parce qu'en fait, la proportion de terrain pour les passants est plutôt faible, alors c'est mieux d'y être inviter par un autre campeur...

Donc, après deux ans sans camping (je vous ai déjà dit que j'ai été élevé sur un camping?), à mon grand désarroi (il fallait bien déménager...), voici donc que cette année, tout s'imbriqua pour que nous puissions partir quelques jours (et quatre nuits, en fait) entre les jours de Marché de Caro et la noce de la belle Isabelle, ce samedi, à Kénogami!

Dimanche dernier, au petit matin, nous avons donc paqueter le Bleu (ceux qui ont de la mémoire se souviendront que c'est le nom que l'on donne à notre Jetta). C'est incroyable ce que ça peut contenir, un Volkswagen. Ça a vraiment été pensé pour vivre sur la route. Dire qu'il y a la Passat et en plus les modèles familiales... Mais je m'égare...

Une fois ledit Bleu paqueter, mais bien sur, pas le chauffeur, nous voici parti pour... Heille, là, wo. Premier arrêt: la pharmacie. Deuxième arrêt: la maion. Troisième arrêt: la boulangerie pour un pain (il faudra bien déjeuner). Bon, on est prêt là là??? Oui oui, go go go!

Ça défile... Sainte-Émilie-de-L'Énergie, Saint-Zénon (le village le plus haut du Québec, hen, que je vous en apprend des belles affaires?), puis Saint-Michel-des-Saints (là où tous les français viennent faire du Ski-Doo-de-Li-Doo). Comme il est passé midi depuis longtemps, nous arrêtons à la cabane à rotteux (pour mes amis français: à la cantine le long de la route ;) ) pour diner, mais non sans être d'abord passé chez Korvette. Caro y va seul et y achète une surprise de camping. Malheureusement, Sarah la découvre aussitôt qu'elle ressort, merci au sac transparent (mais pour vous, chers lecteurs et chères lectrices, je vous garde la surprise)!!!

Grâce à Google Maps, j'avais le chemin bien écrit sur un beau papier. Pas trop compliquer. N'oubliez rien, car le dépanneur du village de Saint-Ignace-du-Lac est fermé, alors il faut trente minutes pour retourner à Saint-Michel-des-Saints. Ça revient cher la pinte de lait...

Nous tournons donc dans le petit chemin de garnotte, là où l'affiche le dit. Parce qu'en fait, la rue selon Google serait la suivante. On n'arrête pas le progrès... mais on peut déjouer Google!

Arrive à la barrière. Le gars nous regarde un peu comme si nous sommes des extras-terrestres. Évidemment, j'ai un blanc sur le nom de famille de nos amis (qui ont avisé de notre arrivée quelques jours auparavant).
Moi: Un terrain (ça semble évident qu'on a une tente...)
Gars pas vraiment sympathique: Suis le chemin, tu arrives au bout (en fait, juste avant de tomber dans l'eau), à gauche, à côté de la toilette séche (ouf, ça promet!). Ça coute tant. Je ne peux pas y aller avec vous, parce que je suis tout seul pour l'instant. Si il y a de quoi, revenez me voir.
Je lui remet l'argent, et il me donne un carton qui indique la journée de notre départ. Un billet de sortie, en quelque sorte!

Nous roulons jusqu'à l'eau. Je ne suis pas trop certain de terrain, mais Caro répète: à côté de la toilette. C'est ça, la toilette. Une magnifique toilette bleue!!! Bon, enfin... j'enfile le Bleu (l'auto, celle-là) entre ladite toilette et la série de roche qui délimite le chemin. Une fois complètement sur le gazon, j'arrête le tout, et le déchargement commence. Encore une fois, épaté qu'on ait pu emporter tout ça, sans rien d'autre que l'auto elle-même.

En deux temps, trois mouvements, la tente est monté. oups, pardon, les tentes sont montés, tout l'attirail est à sa place, et nous sommes prêts à faire le plus beau rien dont nous sommes capables. Comme dans E-Rien, même. D'ailleurs, vive la mentalité de camping, à peine débarquer de l'auto, Sarah avait déjà une amie! La voisine d'en haut (les terrains sont en escalier, alors tous ont vu sur le lac, par dessus la roulotte du terrain d'en dessous).

Nous partons donc à pied à la recherche de Johanne et Jean-Marc. Le seul Hummer sur place est vite localisé. Ne reste qu'à les attendre, ils sont surement parti en bateau. Vraiment, le nautisme est le but de ce camping.

La soirée fut dès plus tranquille... Johanne nous avait déjà invité pour un tour de bateau, mais nous a dit que "les chemins sur le lac, ça n'annonce rien de bon". Le couché de soleil fut magnifique. Je dirais que c'est presqu'identique à Saint-Gédéon-Granmont: vu sur le lac côté ouest, couché de soleil toujours majestueux.

Nous nous sommes couché avec une bonne mais belle journée, rêvassant au lendemain.

Puis, la fin du monde arriva... Un orage éclata, comme seuls probablement les riverains d'un immense lac, mer ou les madelinots les connaissent. En fait, personne là-bas n'avait jamais rien vu d'aussi pire, c'est tout dire! Pendant un moment interminable, un bon deux heures, du tonnerre à en faire trembler le sol (j'en ai sauté ça d'haut sur mon matelas!), des éclairs à allumer la tente comme en plein jour (deux murs blancs sur quatre), de la pluie jusqu'à ce que ça entre par la porte (qui ben évidemment était dans le trou du terrain! Caro qui est sorti plus tard avait de l'eau dans ledit trou par dessus le pied) et du vent à nous faire croire que la tente (et nous tous dedans) allait s'envoler. La chienne, je vous dit, on a eu la chienne!!!

Mais, bien sur, au beau milieu de tout ça, les choses importantes. Sarah demande à Caro:
Maman, est-ce que demain on va quand même faire un tour de bateau?
Caro: E, ben, surement, oui...
Drôle, mais après ça, Sarah semblait un peu moins craintive!

Sarah a très peur des orages. Il faut dire que quand elle était plus jeune, un éclair tomba sur l'Église de Sainte-Émilie-de-L'Énergie, qui prit feu. Dans sa tête, un orage, ça fait des gros dégats. On a donc eu le temps de lui faire écouter le tonnerre, qui s'éloignait, et revenait. Aussi que si l'éclair précède de beaucoup le tonnerre, c'est que l'orage est loin. Mais bon, si près d'un lac, ça résonne fort et loin.

En regardant dehors, nous avons constaté que l'abri pare-soleil et moustiquaire a été arraché par le vent, et est retombé sur le Bleu. Wow... Par la magie des distances, nous aurions pu l'avoir en pleine tronche. Donc, je prends un moment pour vous dire que je suis content de vous avoir connu, et que j'aurais pu ne pas y être pour vous le raconter. Pas de farce!

Comme la pluie cessa, et qu'après tant d'émotion je n'allais pas me rendormir de sitôt, je suis parti prendre une marche pour constater les dégâts. Ben y'en n'avait pas! Sauf nous bien sur... La raison? Plus loin... Au moment où je suis revenu dans la tente, la pluie recommença... et rebelote, un autre orage tout aussi fou que le premier (notez que j'ai dit plus haut deux heures, c'est pour les deux parties ensemble). Interminable je vous dit!

Le lendemain matin, c'était bien sur le sujet du jour. J'ai aussi constaté, après mais quand même, que personne ne laissait quoi que ce soit à l'extérieur, et jamais de fenêtres ouvertes. Le temps, nous l'apprendrions pendant notre séjour, y est tellement changeant qu'on ne peut laisser sa fenêtre ouverte le temps d'aller prendre une marche (et pour donner une idée, en trente minutes on en fait le tour...).

19 juin 2011

Des fois, dans la vie, il faut s'assumer!

Après avoir passé une belle journée chez Véro, et son bébé tout neuf de deux semaines, avec toute la belle-famille (et même des amis), pour un diner de la Fête des Pères, en revenant, il fallait bien souper. En fait, avec tout ce que nous avons mangé et avec l'heure à laquelle le diner c'est terminé, je me demande bien si il fallait VRAIMENT souper. Mais bon, on n'engraisse pas les cochons à l'eau claire...

Caro, celle qui en fait avait faim (et c'est aussi un peu à cause du diabète) a choisi le met, puis le restaurant... et la destination. Nous nous sommes donc attablés chez Benny & Co. à Joliette, pour du si bon poulet. Bon, de mon côté, je me serais bien rendu à la maison (une vingtaine de minutes plus loin) avant de manger. J'étais loin d'avoir faim à ce moment!

Ne sachant pas trop quoi commander, Caro, qui avait choisi je-ne-sais-plus-quoi, me suggère de plutôt partager un Club-à-deux*. Comme je n'avais pas trop faim, alors j'acquisce.

Puis, mon cerveau se mettant à fonctionner (ça lui arrive, des fois...), je me suis dit que ça faisait un peu "assisté social" de se partager un simple sandwich (fut-il trois étages!) pour le souper de la Fête des Pères! Le restaurant était rempli... D'ailleurs en arrivant, une gang de zouf ressortait en bougonnant, parce qu'il se sont fait dire qu'il y avait une grosse heure d'attente... Le hic, c'est qu'ils étaient une bonne vingtaine! Z'avait qu'à réserver, tsé...

Mais revenons à nos moutons. Alors que je réfléchissais à tout ça, j'avais de plus en plus l'impression que la serveuse avait baissé la qualité de son service, sachant qu'avec une si mince facture, elle ne ferait certainement pas sa soirée avec nous. Attention: après coup, je sais que ce n'était qu'une impression; le service fut impeccable, comme toujours!

Puis après avoir terminé son repas, Caro, accroc des gratteux**, en sort un et se met à gratter. Après avoir fini, elle en sort quelques uns et me dit: tiens, comme c'est la Fête des Pères, choisis en un pour toi! Alors à la visite suivante de la serveuse, il y avait Caro et moi qui grattait, et Sarah qui contre-vérifiait un billet déjà gratté... Là je me suis dit: on fait vraiment assistés-sociaux là...

En plus, pour combler la pauvreté, Sarah découvre sur son menu que le dimanche soir, c'est gratuit pour les enfants!!! Ah ben, en plus, on ne paye pas pour Sarah!!!

Mais bon, l'important, c'est de s'assumer...

* Pour les ami-e-s français, un Club Sandwich est un sandwich à trois étages dans lequel on met du poulet, du bacon, de la laitue, des tomates et de la mayonnaise dans la version officielle. À la maison, on peut y mettre diverses autres viandes froides. Un Club-à-deux, c'est qu'on le sert pour deux personnes dans des assiettes séparées, chacune avec sa portion de frites...
** Un gratteux, c'est un billet de loterie recouvert d'une couche de quelque chose que l'on gratte (d'où le nom) afin de voir si on a des symboles identiques et donc que nous gagnons un montant d'argent.

6 juin 2011

Rencontre de chauffeurs chez TJB

La semaine dernière, j'ai eu l'occasion d'avoir une rencontre avec Mathiew, notre responsable des ressources humaines. Il a décidé de faire des rencontres de groupe avec tous les chauffeurs, une dizaine à la fois. De mon côté, habitant loin du bureau, je ne pouvais pas vraiment me rendre à l'une des rencontres sans causer du kilométrage supplémentaire au camion ou sans arriver trop tard, les rencontres étant à 9:00 et moi ayant de la difficulté à me présenter la binette au bureau avant 11:00 (y'a un bout à se lever tôt). Vivre aux Iles Mouk Mouk a ses avantages, mais aussi quelques inconvénients...

J'étais plutôt content d'être seul avec Mathiew, étant de nature plutôt gêné. En groupe, j'aurais probablement pris mon trou, étant conscient d'être un peu un extra-terrestre dans le merveilleux monde du camionnage. La rumeur veut que des chauffeurs ont dit qu'ils n'étaient pas des secrétaires, qu'ils n'étaient pas des mécaniciens, ou quoi encore? Un autre m'avait dit qu'aucune mention "salariale" (à prendre au sens très large) n'avait été fait. On m'avait aussi dit que je verrais "l'avenir de la compagnie" défiler sous mes yeux...

Bon, on se calme un peu le pompon, s'il vous plait! En fait, la rencontre est celle qu'on aurait dû avoir lors de notre embauche... mais bon, ce n'était pas inventé dans ce temps-là (moi étant un vénérable meuble de la compagnie). D'ailleurs, dans la plupart des cas, les compagnies de transport limitent l'entrainement, ou l'intégration en fait, à la remise des clefs du camion. Dans les deux cas, c'est ce que j'ai eu...

J'ai donc pu savoir que le système informatique est en reconstruction. Celui que nous avions est désuet... dépassé par les événements. Il faut dire que TJB est maintenant rendu à 55 camions! Et 120 remorques, selons l'offre d'emploi du Journal de Montréal de samedi (on recherche un répartiteur et un aide-répartiteur). Lorsque le système informatique, digne d'un boulier chinois, a été installé, il n'y avait que quelques camions. C'était même avant que j'arrive. On dit même qu'il fonctionne à vapeur...

Éventuellement, nous pourrons faire presque tous nos rapports directement via téléphone intelligent. Vérification CTPAT? Clic... Changement d'état? Clic... On fait le plein? Clic... Arrivé chez le client? Clic... Après une heure chez le client, le répartiteur aura un signal afin de vérifier si "rien n'a encore bougé". Si c'est le cas, le téléphone se fera aller aussitôt! Dès le retour du chauffeur, les rapports se produiront directement au bureau. Bref, si on ajoute la possibilité d'auto-faxer les papiers pour la douane (même Apple et son iPhone ont une application pour ça!), il ne nous restera plus que le registre des heures à remplir... en attendant que ce soit électronique ça aussi. En passant, si vous avez un GPS dans votre camion, sachez que l'Ontario a passé une loi à l'effet que leurs "bonhommes verts" peuvent vous le requisitionner afin de corroborer votre registre "à la mitaine". Je vous dit ça d'même...

Ensuite, un peu de déblatération sur l'importance de faire notre travail comme... comme... en fait, juste normalement! C'est pas drôle de voir que certains ont besoin de se faire rappeler des petites choses normales de la vie du camionneur. Comme de balayer sa remorque vide, de bien remplir tous ses rapports, mécanique ou de gestion, etc. Oui, ça en fait des papiers et du temps, mais bon, le camionnage fonctionne comme ça... Il y a eu de l'abus par le passé, alors maintenant il y a une tonne de paperasse à remplir. Et c'est partout comme ça... Nous sommes souvent au minimum du personnels ou des rapports, alors il ne faut pas se formaliser des quelques feuilles à remplir. Dans ma première compagnie, il y a quinze ans, on n'avait presque rien à remplir, mais on sait comment ils fonctionnaient aussi... Bric à brac est un mot trop ordonné pour qualifier ça!

Puis quelques mots sur la vérification mécanique des remorques. Tant que nous avions nos remorques en main propre en tout temps, ça allait plutôt bien... Maintenant, nous en laissons chez différents clients, et même des transporteurs amis nous en échangent à court terme régulièrement. Dans les deux cas, tout peut arriver dans le délais ou la remorque n'est pas entre nos mains. Différentes photographies illustrants quelques "cas vécus" ont été présenté... Devant l'évidence, j'ai trouvé les bobos. Dans un des cas, le chauffeur a quitté la cour du client. Il a donc dû retourner sur place, et là ce fut la discussion à savoir que c'était bien de la faute du client si la remorque avait été brisé. C'eut été évité si le client, et notre compagnie, avait été avisé dès la découverte du bris.


Un autre bel exemple a démontré que le chauffeur est toujours l'ambassadeur de la compagnie. Et que chez nous comme ailleurs, il y a des chauffeurs qui font durs en mausus! Dans mon ancienne compagnie, on disait qu'un des patrons devaient descendre chez un gros client presqu'à chaque semaine afin de réparer les gaffes des chauffeurs. Retard, bris, engeulade, etc... Il ne faut pas oublier qu'on se présente avec un camion, une remorque, et même souvent des vêtements, avec le nom de la compagnie écrit "gros comme ça". Comme si le client n'allait pas nous retrouver si on lui chante des bêtises! Où si on agit en "mal élevé pas d'adon"!

J'ai toujours cru que ce n'est pas de mon ressort de "donner d'l'marde" à un client, aussi mérité soit-elle. Et nos répartiteurs sont assez bien équipé lorsqu'il est temps de se faire respecter. Je leur passe la "puck" au besoin... et c'est très rare que ça arrive de toute façon. Les clients à problème, nous ne les gardons pas longtemps. Pour le reste, ce sont des choses qui arrivent!

Et le problème est souvent qu'un chauffeur se fait des plans avant le temps. J'ai vite compris qu'on n'était certains d'être arrivé que lorsqu'on était assis sur notre divan. Ou qu'il suffit de se faire un plan de retour pour se le faire débâtir par les dieux de la route.

Bref, rencontre sympathique. On m'a dit que j'étais un bon ambassadeur de la compagnie, que je comprenais bien la dynamique du transport et de la compagnie (pas juste ma petite personne), et en plus, que j'étais vraiment le champion de l'économie du carburant sur toute une année! Wow, celle-là, elle m'a fait plaisir!

Encore des fleurs.

Un extra-terrestre, je vous dit...

3 mai 2011

Élections Fédérales 2011

Résultats au Canada: Conservateurs: 167; Néo-Démocrates: 102; Libéraux: 34; Bloc Québécois: 4; Parti Vert: 1 (au matin du 3 mai 2011, selon Radio-Canada).

Résultats au Québec: Néo-Démocrates: 58; Libéraux: 7; Conservateurs: 6; Bloc Québécois: 4 au matin du 3 mai 2011, selon l'analyse de Mario Dumont au Show du Matin à V. En pourcentage de vote: NPD 43%; BQ 23%; PC: 17%; PLC: 14%, Autres: 3%.

Wow, quelle soirée! On la présentait historique... et comment que ce fut historique. Toutes les prédictions, les optimistes autant que les pessimistes, ont été déjoués!

Après un début de campagne plutôt morne, lent et franchement inintéressant, autour du congé de la fête de Pâques, le vent a tourné. Tous semblent avoir compris qu'ils pouvaient, voire qu'ils devaient voter pour le Nouveau Parti Démocrate (qui incidemment n'a plus rien de nouveau!). Je ne suis pas certain que la population s'est informé réellement du programme du parti... ou du nom de son candidat, voire de sa langue (la circonscription voisine ici ayant, comme quelques autres, une unilingue anglophone. Imaginer un instant un unilingue francophone qui se présenterait au Canada, ou un unilingue espagnole qui se présenterait aux États-Unis. Il serait, dans les deux cas, immédiatement descendu sur la place publique (au sens figuré, bien sur)! Ici, non seulement le parti a osé les inscrire comme candidat, mais les gens ont aussi osé voter pour ces candidats.

J'ai vérifié pour notre nouvelle députée... Francine Raynault. Une femme de la place, née à L'Assomption, qui a tenu un commerce à Laval dans les années '70, puis agricultrice fin '70 et début '80. Par la suite, elle fut Agente d'immeuble et Responsable de l'entretien de 120 logements. Parallèlement, elle a été membre de diverses associations sociales, ainsi que de l'UPA et de syndicats agricoles. Bref, chez nous, la candidate-type du NPD. J'imagine que nous sommes chanceux...

Si on résume vite vite en tournant les coins ronds... Plus de la moitié des députés de l'opposition officielle, du NPD, sont du Québec. Chez les Libéraux, Marc Garneau, Justin Trudeau (je peux pas croire!), Stéphane Dion (?!?) et Denis Coderre, entre autre, sont réélus. Chez les Conservateurs, Denis Lebel, du comté Roberval-Lac-Saint-Jean, Christian Paradis et Maxime Bernier, entre autre, sont réélus. Et une surprise, Elizabeth May, du Parti Vert, est élue. Un nouveau parti fait donc son entrée à la Chambre des Communes.

Côté débandade... Voyant le Bloc Québécois quasi disparaitre, avec seulement quatre députés élus, Gilles Duceppe remet dignement sa démission sur le champ. Voyant le Parti Libéral subir le même sort, Michael Ignatieff ne le fait pas. On apprendra plus tard, soit aujourd'hui, qu'au moment de son discours, il se croyait réélu comme député. S'il avait su qu'il ne l'était pas, il aurait lui aussi démissionné hier soir. Il aura même battu Stéphane Dion dans la plus petite quantité de candidats élus. Dire que le Québec a déjà eu 74 députés Libéraux sur 75. J'apprends à l'instant que John Turner avait fait pire que Stéphane Dion... Wow!

Parlons taux de participation. Il est habituellement en déclin. Cette fois, on a droit à une légère augmentation. Revenons un peu dans le temps. En 2006, le taux fût de 64,7%. En 2008, en baisse à 58,8%. Plusieurs furent désolés que le taux passe sous les 60%. Cette fois, en 2011, retour à 61,4%. Plusieurs personnes sont donc sorti pour exercer leur droit de vote qui ne l'avaient pas fait la dernière fois. Espérons que c'est le début d'une lancée.

Poursuivons maintenant de la couverture télévisée. Chez nous, c'est la tradition de regarder Bernard Derome depuis toujours. Mais ayant pris sa retraite, c'était donc cette fois le début de Céline Galipeau à la barre de la Soirée Électorale. Elle était entourée de Patrice Roy et de la belle Emmanuelle Latraverse. Notons que je n'ai pas écouté la couverture de TVA. Juste pas capable de Pierre Bruneau et son Rigueur, rigueur, rigueur, eux qui ont mis morts avant leurs temps combien de personnages connus, ou qui sont rapide à auto-plugguer leur télé-réalité comme si la vie du Québec en dépendait... Je ne pourrai donc pas comparer les deux.

Chez Radio-Canada donc, l'emphase avait été mis sur la technologie. L'écran tactile qui démontrait les cartes étaient assez impressionnant à voir allé, et Emmanuelle, de son profil de Miss Météo, nous démontra qu'elle avait assurément fait beaucoup de pratique avec le système. Lors du changement de "chiffre", on a pu constater que Patrice Roy n'avait pas autant de faciliter à manier la chose. Probablement que le fait de livrer le Téléjournal de 18 heures y est pour quelque chose.

Ce matin, le Journal de Montréal avançait que c'était leur émission qui avait dit la première que le gouvernement Conservateur serait Majoritaire, à 22h37, quelques minutes avant Radio-Canada. Ce matin, au Show du Matin à V, Mario Dumont racontait que lui, en ouverture de son émission à 22h30, en direct spécialement pour l'occasion, avait dit comme entrée en matière que le gouvernement serait effectivement Conservateur et majoritaire. Quelques minutes donc avant TVA... mais comme le Show du Matin le montre assez régulièrement, V n'existe pas pour Québécor... Ils sont trop occupé à démolir Radio-Canada!

Maintenant, un mot sur mon Québec. Je suis déçu de la déconfiture du Bloc. C'était assez évident qu'il y aurait une baisse des votes en leur faveur, mais de là à voter pour des poteaux en bloc (c'est ironique), sans trop savoir en quoi consiste le programme du parti. Question relation Québec-Canada, le NPD est probablement le pire parti. Bien sur, son programme de gauche rejoint beaucoup de québécois. Mais pour ce département, il est équivalent à celui du Bloc. Et il était évident que Jack ne deviendrait pas Premier Ministre directement. L'eût-il été, que c'eût été par la suite d'un renversement d'un gouvernement minoritaire.

Je suis par contre bien content de la déconfiture du Parti Libéral. Après tout le tort qu'ils ont causé au Québec, et au Canada, et qu'ils se croient encore les créateurs du "Canada tel qu'on le connait" (le système de santé, les programmes sociaux, le rapatriement de la Constitution (contre le Québec et qui ne l'a toujours pas signé), etc. Ben là, c'est peut-être vrai, mais on ne vous doit rien pour autant. Ceci dit, la défait doit être amer et difficile à prendre pour les députés. La connexion ne semble plus se faire entre ce parti et les électeurs.

Le Québec, encore une fois, a voté à l'encontre du ROC. Une autre belle démonstration des deux nations, des deux solitudes. Le Canada vire plus à droite? Le Québec vire plus à gauche! Le Canada remercie le gouvernement Conservateurs en le faisant majoritaire? Le Québec le rejette en bloc (encore une belle ironie) en votant NPD! Je crois que la thèse de Denise Bombardier qui dit que le Québec rejette le pouvoir est assez pertinente.

Un jour, il faudra bien se dire Oui à nous-même.
C'était simplement pissant de voir les commentateurs de droite s'émouvoir, pour ne pas dire en faire dans leur culotte, de la déconfiture du Bloc et de la victoire incroyable du NPD, un parti encore plus à gauche! Savez-vous vraiment ce que vous voulez?