6 juin 2011

Rencontre de chauffeurs chez TJB

La semaine dernière, j'ai eu l'occasion d'avoir une rencontre avec Mathiew, notre responsable des ressources humaines. Il a décidé de faire des rencontres de groupe avec tous les chauffeurs, une dizaine à la fois. De mon côté, habitant loin du bureau, je ne pouvais pas vraiment me rendre à l'une des rencontres sans causer du kilométrage supplémentaire au camion ou sans arriver trop tard, les rencontres étant à 9:00 et moi ayant de la difficulté à me présenter la binette au bureau avant 11:00 (y'a un bout à se lever tôt). Vivre aux Iles Mouk Mouk a ses avantages, mais aussi quelques inconvénients...

J'étais plutôt content d'être seul avec Mathiew, étant de nature plutôt gêné. En groupe, j'aurais probablement pris mon trou, étant conscient d'être un peu un extra-terrestre dans le merveilleux monde du camionnage. La rumeur veut que des chauffeurs ont dit qu'ils n'étaient pas des secrétaires, qu'ils n'étaient pas des mécaniciens, ou quoi encore? Un autre m'avait dit qu'aucune mention "salariale" (à prendre au sens très large) n'avait été fait. On m'avait aussi dit que je verrais "l'avenir de la compagnie" défiler sous mes yeux...

Bon, on se calme un peu le pompon, s'il vous plait! En fait, la rencontre est celle qu'on aurait dû avoir lors de notre embauche... mais bon, ce n'était pas inventé dans ce temps-là (moi étant un vénérable meuble de la compagnie). D'ailleurs, dans la plupart des cas, les compagnies de transport limitent l'entrainement, ou l'intégration en fait, à la remise des clefs du camion. Dans les deux cas, c'est ce que j'ai eu...

J'ai donc pu savoir que le système informatique est en reconstruction. Celui que nous avions est désuet... dépassé par les événements. Il faut dire que TJB est maintenant rendu à 55 camions! Et 120 remorques, selons l'offre d'emploi du Journal de Montréal de samedi (on recherche un répartiteur et un aide-répartiteur). Lorsque le système informatique, digne d'un boulier chinois, a été installé, il n'y avait que quelques camions. C'était même avant que j'arrive. On dit même qu'il fonctionne à vapeur...

Éventuellement, nous pourrons faire presque tous nos rapports directement via téléphone intelligent. Vérification CTPAT? Clic... Changement d'état? Clic... On fait le plein? Clic... Arrivé chez le client? Clic... Après une heure chez le client, le répartiteur aura un signal afin de vérifier si "rien n'a encore bougé". Si c'est le cas, le téléphone se fera aller aussitôt! Dès le retour du chauffeur, les rapports se produiront directement au bureau. Bref, si on ajoute la possibilité d'auto-faxer les papiers pour la douane (même Apple et son iPhone ont une application pour ça!), il ne nous restera plus que le registre des heures à remplir... en attendant que ce soit électronique ça aussi. En passant, si vous avez un GPS dans votre camion, sachez que l'Ontario a passé une loi à l'effet que leurs "bonhommes verts" peuvent vous le requisitionner afin de corroborer votre registre "à la mitaine". Je vous dit ça d'même...

Ensuite, un peu de déblatération sur l'importance de faire notre travail comme... comme... en fait, juste normalement! C'est pas drôle de voir que certains ont besoin de se faire rappeler des petites choses normales de la vie du camionneur. Comme de balayer sa remorque vide, de bien remplir tous ses rapports, mécanique ou de gestion, etc. Oui, ça en fait des papiers et du temps, mais bon, le camionnage fonctionne comme ça... Il y a eu de l'abus par le passé, alors maintenant il y a une tonne de paperasse à remplir. Et c'est partout comme ça... Nous sommes souvent au minimum du personnels ou des rapports, alors il ne faut pas se formaliser des quelques feuilles à remplir. Dans ma première compagnie, il y a quinze ans, on n'avait presque rien à remplir, mais on sait comment ils fonctionnaient aussi... Bric à brac est un mot trop ordonné pour qualifier ça!

Puis quelques mots sur la vérification mécanique des remorques. Tant que nous avions nos remorques en main propre en tout temps, ça allait plutôt bien... Maintenant, nous en laissons chez différents clients, et même des transporteurs amis nous en échangent à court terme régulièrement. Dans les deux cas, tout peut arriver dans le délais ou la remorque n'est pas entre nos mains. Différentes photographies illustrants quelques "cas vécus" ont été présenté... Devant l'évidence, j'ai trouvé les bobos. Dans un des cas, le chauffeur a quitté la cour du client. Il a donc dû retourner sur place, et là ce fut la discussion à savoir que c'était bien de la faute du client si la remorque avait été brisé. C'eut été évité si le client, et notre compagnie, avait été avisé dès la découverte du bris.


Un autre bel exemple a démontré que le chauffeur est toujours l'ambassadeur de la compagnie. Et que chez nous comme ailleurs, il y a des chauffeurs qui font durs en mausus! Dans mon ancienne compagnie, on disait qu'un des patrons devaient descendre chez un gros client presqu'à chaque semaine afin de réparer les gaffes des chauffeurs. Retard, bris, engeulade, etc... Il ne faut pas oublier qu'on se présente avec un camion, une remorque, et même souvent des vêtements, avec le nom de la compagnie écrit "gros comme ça". Comme si le client n'allait pas nous retrouver si on lui chante des bêtises! Où si on agit en "mal élevé pas d'adon"!

J'ai toujours cru que ce n'est pas de mon ressort de "donner d'l'marde" à un client, aussi mérité soit-elle. Et nos répartiteurs sont assez bien équipé lorsqu'il est temps de se faire respecter. Je leur passe la "puck" au besoin... et c'est très rare que ça arrive de toute façon. Les clients à problème, nous ne les gardons pas longtemps. Pour le reste, ce sont des choses qui arrivent!

Et le problème est souvent qu'un chauffeur se fait des plans avant le temps. J'ai vite compris qu'on n'était certains d'être arrivé que lorsqu'on était assis sur notre divan. Ou qu'il suffit de se faire un plan de retour pour se le faire débâtir par les dieux de la route.

Bref, rencontre sympathique. On m'a dit que j'étais un bon ambassadeur de la compagnie, que je comprenais bien la dynamique du transport et de la compagnie (pas juste ma petite personne), et en plus, que j'étais vraiment le champion de l'économie du carburant sur toute une année! Wow, celle-là, elle m'a fait plaisir!

Encore des fleurs.

Un extra-terrestre, je vous dit...

3 mai 2011

Élections Fédérales 2011

Résultats au Canada: Conservateurs: 167; Néo-Démocrates: 102; Libéraux: 34; Bloc Québécois: 4; Parti Vert: 1 (au matin du 3 mai 2011, selon Radio-Canada).

Résultats au Québec: Néo-Démocrates: 58; Libéraux: 7; Conservateurs: 6; Bloc Québécois: 4 au matin du 3 mai 2011, selon l'analyse de Mario Dumont au Show du Matin à V. En pourcentage de vote: NPD 43%; BQ 23%; PC: 17%; PLC: 14%, Autres: 3%.

Wow, quelle soirée! On la présentait historique... et comment que ce fut historique. Toutes les prédictions, les optimistes autant que les pessimistes, ont été déjoués!

Après un début de campagne plutôt morne, lent et franchement inintéressant, autour du congé de la fête de Pâques, le vent a tourné. Tous semblent avoir compris qu'ils pouvaient, voire qu'ils devaient voter pour le Nouveau Parti Démocrate (qui incidemment n'a plus rien de nouveau!). Je ne suis pas certain que la population s'est informé réellement du programme du parti... ou du nom de son candidat, voire de sa langue (la circonscription voisine ici ayant, comme quelques autres, une unilingue anglophone. Imaginer un instant un unilingue francophone qui se présenterait au Canada, ou un unilingue espagnole qui se présenterait aux États-Unis. Il serait, dans les deux cas, immédiatement descendu sur la place publique (au sens figuré, bien sur)! Ici, non seulement le parti a osé les inscrire comme candidat, mais les gens ont aussi osé voter pour ces candidats.

J'ai vérifié pour notre nouvelle députée... Francine Raynault. Une femme de la place, née à L'Assomption, qui a tenu un commerce à Laval dans les années '70, puis agricultrice fin '70 et début '80. Par la suite, elle fut Agente d'immeuble et Responsable de l'entretien de 120 logements. Parallèlement, elle a été membre de diverses associations sociales, ainsi que de l'UPA et de syndicats agricoles. Bref, chez nous, la candidate-type du NPD. J'imagine que nous sommes chanceux...

Si on résume vite vite en tournant les coins ronds... Plus de la moitié des députés de l'opposition officielle, du NPD, sont du Québec. Chez les Libéraux, Marc Garneau, Justin Trudeau (je peux pas croire!), Stéphane Dion (?!?) et Denis Coderre, entre autre, sont réélus. Chez les Conservateurs, Denis Lebel, du comté Roberval-Lac-Saint-Jean, Christian Paradis et Maxime Bernier, entre autre, sont réélus. Et une surprise, Elizabeth May, du Parti Vert, est élue. Un nouveau parti fait donc son entrée à la Chambre des Communes.

Côté débandade... Voyant le Bloc Québécois quasi disparaitre, avec seulement quatre députés élus, Gilles Duceppe remet dignement sa démission sur le champ. Voyant le Parti Libéral subir le même sort, Michael Ignatieff ne le fait pas. On apprendra plus tard, soit aujourd'hui, qu'au moment de son discours, il se croyait réélu comme député. S'il avait su qu'il ne l'était pas, il aurait lui aussi démissionné hier soir. Il aura même battu Stéphane Dion dans la plus petite quantité de candidats élus. Dire que le Québec a déjà eu 74 députés Libéraux sur 75. J'apprends à l'instant que John Turner avait fait pire que Stéphane Dion... Wow!

Parlons taux de participation. Il est habituellement en déclin. Cette fois, on a droit à une légère augmentation. Revenons un peu dans le temps. En 2006, le taux fût de 64,7%. En 2008, en baisse à 58,8%. Plusieurs furent désolés que le taux passe sous les 60%. Cette fois, en 2011, retour à 61,4%. Plusieurs personnes sont donc sorti pour exercer leur droit de vote qui ne l'avaient pas fait la dernière fois. Espérons que c'est le début d'une lancée.

Poursuivons maintenant de la couverture télévisée. Chez nous, c'est la tradition de regarder Bernard Derome depuis toujours. Mais ayant pris sa retraite, c'était donc cette fois le début de Céline Galipeau à la barre de la Soirée Électorale. Elle était entourée de Patrice Roy et de la belle Emmanuelle Latraverse. Notons que je n'ai pas écouté la couverture de TVA. Juste pas capable de Pierre Bruneau et son Rigueur, rigueur, rigueur, eux qui ont mis morts avant leurs temps combien de personnages connus, ou qui sont rapide à auto-plugguer leur télé-réalité comme si la vie du Québec en dépendait... Je ne pourrai donc pas comparer les deux.

Chez Radio-Canada donc, l'emphase avait été mis sur la technologie. L'écran tactile qui démontrait les cartes étaient assez impressionnant à voir allé, et Emmanuelle, de son profil de Miss Météo, nous démontra qu'elle avait assurément fait beaucoup de pratique avec le système. Lors du changement de "chiffre", on a pu constater que Patrice Roy n'avait pas autant de faciliter à manier la chose. Probablement que le fait de livrer le Téléjournal de 18 heures y est pour quelque chose.

Ce matin, le Journal de Montréal avançait que c'était leur émission qui avait dit la première que le gouvernement Conservateur serait Majoritaire, à 22h37, quelques minutes avant Radio-Canada. Ce matin, au Show du Matin à V, Mario Dumont racontait que lui, en ouverture de son émission à 22h30, en direct spécialement pour l'occasion, avait dit comme entrée en matière que le gouvernement serait effectivement Conservateur et majoritaire. Quelques minutes donc avant TVA... mais comme le Show du Matin le montre assez régulièrement, V n'existe pas pour Québécor... Ils sont trop occupé à démolir Radio-Canada!

Maintenant, un mot sur mon Québec. Je suis déçu de la déconfiture du Bloc. C'était assez évident qu'il y aurait une baisse des votes en leur faveur, mais de là à voter pour des poteaux en bloc (c'est ironique), sans trop savoir en quoi consiste le programme du parti. Question relation Québec-Canada, le NPD est probablement le pire parti. Bien sur, son programme de gauche rejoint beaucoup de québécois. Mais pour ce département, il est équivalent à celui du Bloc. Et il était évident que Jack ne deviendrait pas Premier Ministre directement. L'eût-il été, que c'eût été par la suite d'un renversement d'un gouvernement minoritaire.

Je suis par contre bien content de la déconfiture du Parti Libéral. Après tout le tort qu'ils ont causé au Québec, et au Canada, et qu'ils se croient encore les créateurs du "Canada tel qu'on le connait" (le système de santé, les programmes sociaux, le rapatriement de la Constitution (contre le Québec et qui ne l'a toujours pas signé), etc. Ben là, c'est peut-être vrai, mais on ne vous doit rien pour autant. Ceci dit, la défait doit être amer et difficile à prendre pour les députés. La connexion ne semble plus se faire entre ce parti et les électeurs.

Le Québec, encore une fois, a voté à l'encontre du ROC. Une autre belle démonstration des deux nations, des deux solitudes. Le Canada vire plus à droite? Le Québec vire plus à gauche! Le Canada remercie le gouvernement Conservateurs en le faisant majoritaire? Le Québec le rejette en bloc (encore une belle ironie) en votant NPD! Je crois que la thèse de Denise Bombardier qui dit que le Québec rejette le pouvoir est assez pertinente.

Un jour, il faudra bien se dire Oui à nous-même.
C'était simplement pissant de voir les commentateurs de droite s'émouvoir, pour ne pas dire en faire dans leur culotte, de la déconfiture du Bloc et de la victoire incroyable du NPD, un parti encore plus à gauche! Savez-vous vraiment ce que vous voulez?

17 avril 2011

Encore une fleur

Aujourd'hui, j'ai eu une fleur venant de mon bureau. Gardons ça anonyme... Quelqu'un m'a dit que c'était bien de travailler avec moi. Ah? Ben merci. Tout dépend toujours d'avec qui la comparaison se fait... Et je me suis mis à réfléchir, parfois même tout haut avec ma Caro...

Comment se fait-il que moi, bougonneux si terrible, jamais je n'ai rien à redire au travail. Il m'arrive souvent de dire au bureau, après m'être fait dire que je fais parti de ceux qu'on n'entend jamais chialer sur le boulot, que "si ma blonde vous entendait, elle ne vous croirait pas"! Y doit bien y avoir une raison!

J'ai donc réalisé que de mon côté, je n'essaie pas de me "dispatcher" moi-même. Et je regarde toujours les résultats sur le moyen et le long terme. Autant pour les dollars (la paye), les beaux et moins beaux voyages, les distances parcourues...

Ceux qui ont toujours à redire, la plupart du temps, ce sont ces points-là qui sont en litige. Certains chauffeurs voudraient toujours avoir la crème de la crème. Parfois les voyages les plus longs. Parfois les voyages les moins difficiles (ce qui est bien relatif à chacun). Et toujours ceux ou l'on peut "fourrer l'système" le plus possible afin d'être revenu au plus vite. Ceux qui font que le rapport dollars/temps parti est le plus haut. La légalité dans tout ça? Bof, vous répondront-ils.

Dans une compagnie de transport, tous les voyages doivent être fait. Autant que possible par les chauffeurs (et courtiers si il y en a). Si les chauffeurs ne sont pas disponibles, alors les voyages pourront être échangé avec d'autres compagnies amies, ou vendus sur le Link (genre de bourse au chargement de camion). En passant, chez nous, on ne tord pas de bras. Tous ceux qui s'auto-poussent finissent par se le faire dire: "ben, t'as juste à dire non".

Un autre point: lorsque je travaille, je remets ma vie entre les mains de mon répartiteur. Bon, j'exagère un peu. Disons plutôt mon emploi du temps. Je ne ferais pour rien au monde le travail de répartiteur. Il faut trop de conciliation entre les clients et les chauffeurs (et même le garage)... Il me semble que j'aurais trop tendance à péter les plombs. Je ne durerais pas longtemps.

Par contre, je suis pleinement conscient que le rôle premier du répartiteur est de rentabiliser chaque camion. Ensuite, de faire travailler chaque chauffeur au meilleur de ce qui est permis par les lois. Tout en s'assurant que les besoins des clients sont comblés. Quand je vous parlais de conscilliation!

De mon côté, une fois parti, je me laisse porter par le bon vouloir de mes répartiteurs (on en a deux, avec maintenant trois assistants). Parfois, il faut accepter un voyage moins drôle. Mais c'est relativement rare en fait. La plupart des voyages moches ne nous reviennent pas si souvent, vu la grosseur de la compagnie. Et si tous les chauffeurs sans exceptions en prenait un de temps en temps, alors ils reviendraient encore moins souvent!

J'essaie plutôt de voir le bon côté de la chose. Nouvelle-Angleterre? Pas de problème, ça me rappelle des souvenirs de mes débuts. En effet, je n'ai fait que ça, et pour un salaire de misère en plus, pendant quatre ans. Voyage court? On en fera deux, même trois si il faut (trois voyages dans une semaine, ça met arrivé une fois, pour 2800 miles quand même, semaine normale). Virginie, avec en prime Baltimore et Washington? Il y a là tant de circulation que ça nous fait aimer tout le reste de la route. Bref, il y a toujours un côté intéressant à voir. Même sur mes quarante et plus Lebanon par année, duquel je croyais bien m'écoeurer après deux ou trois semaines...

Il faut bien sur au départ aimer le travail de camionneur pour les bonnes raisons. Serait-ce là une partie du problème?

11 février 2011

Mise au point FAST - CTPAT


Étant donné les élucubrations répandues ailleurs, il est de bon usage de faire une mise au point.

J’ai dit dans un message précédant qu’AUCUNE raison concernant le chargement ne peut remettre en cause la carte EXPRESS/FAST d’un chauffeur. En effet, cette carte est une carte d’identité pour le chauffeur, sans plus. Il faut évidemment pour l’obtenir être plus blanc que blanc, mais sinon, reste que ce n’est qu’une carte d’identité qui, si elle nous est accordé, sous-entends que l’on a respecté, jusqu’à ce jour, les normes et règlements de la douane américaine (principalement), ainsi que la douane canadienne.

Parmi les raisons qui pourraient voir les autorités nous retirer notre carte FAST, il y a de faire une fausse déclaration au sujet de nos bagages (ou contenu personnel du camion), ou enfreindre d’autres règlements, comme celui de transporter de l’alcool aux États-Unis. Comme me disait la dame, lors d’un achat à la boutique hors-taxe américaine, nous sommes toujours en sol américain pour la distance qui reste avant d’entrer au Canada. Il serait donc possible d’être vérifier dans ce court bout de chemin, et le cas échéant se faire retirer ladite carte sur le champ.

Pour la compagnie, il y a le programme C-TPAT, qui joue un peu le même rôle. Pour être accréditer, la compagnie doit mettre en place diverses mesures afin d’assurer que ce qui entre dans une remorque n’est que ce que le client expédie. Ceci vaut tout autant pour la compagnie de transport que pour les clients. Chez certains clients où l’on entrait « comme dans une grange », des barrières, voire des cages dans certains cas, ont été installé. Impossible de déambuler dans l’entrepôt sans escorte.

Chez TJB, pour y entrer, un chauffeur se verra remettre une pastille à puce codée et identifiée à son nom. La puce sera codé différemment selon les accès possibles de tous et chacun. Les chauffeurs, les mécaniciens et le personnel de bureau ont chacun une codification différente, selon les endroits où leur travail leur donne accès. Par exemple, les chauffeurs n’ont pas accès au bureau ou au garage, mais ont accès aux aires communes (entrées, cuisine, salon), au lave-camion et à l’entrepôt. Un visiteur devra de son côté remplir un registre à son arrivée et au départ. Il est donc possible de retracer « qui a fait quoi »!

Tout ce système est sujet à revérification aux trois ans. C’était ce moment à la fin de janvier dernier. Un matin que j’étais au bureau, tout le personnel s’était mis belles et beaux, et tous étaient fébriles. Spécialement Mathiew, à qui il revenait de faire faire le tour du propriétaire aux deux inspectrices.

Lors de ma deuxième visite au garage en autant de fin de semaine, je me suis donc informé de l’état des lieux, étant donné ladite rumeur que je croyais tout à fait non-fondée. Et comment! Mathiew me confirma que c’était bien une simple visite de routine. Les deux dames sont reparties en nous laissant un pointage parfait (aucune recommandation ou point à améliorer). La précédente visite, au moment de la mise en place du système, nouveau pour tout le monde, avait laissé pas moins de trente-deux points à améliorer!

J’étais donc rassuré. Et beaucoup plus sur mon ancien ami que sur ma compagnie, ben évidemment…

2 février 2011

24 janvier 2011

Toute une journée m'attendait pour ce "congé". J'avais demandé à être ramené au garage, parce que je rentrais le dimanche (le 23) et qu'aujourd'hui, je devais me rendre à Champlain, NY (le côté américain de la douane de Lacolle, QC) afin de passer mon entrevue pour le renouvellement de ma carte EXPRESS, plus connue sous son acronyme anglais FAST (pour Free And Secure Trade). Cette carte est une pièce d'identité pour les camionneurs, qui nous permet de traverser les douanes un peu plus rapidement. Pour les touristes, la carte NEXUS en est l'équivalent. Les formulaires de demande en sont quasi identiques. En temps normal, cette carte n'est pas essentiel, mais si un autre événement digne du 11 du 9 se produisait, la frontière serait fermée à tous ceux qui ne l'ont pas.


Tout d'abord, un petit tour dans le passé...

Mon ancienne carte était expirée depuis mai dernier. Une première fois, je me suis présenter au bureau de Détroit, MI. Mais comme j'avais mis trop de temps pour fixer mon rendez-vous, mon "cas" ne fut pas traiter! Et la dame a saisi sur le champ ma vieille carte (désactivée): ils doivent craindre un certain marché noir, comme pour les passeports...

Donc, par la suite, j'ai donné le mandat à Mathiew, notre responsable des Ressources Humaines (et homme à tout faire du bureau). Après tout, c'est un peu son travail. Il a donc rempli la demande par Internet. Parce qu'après avoir été pré-approuvé, nous avons trente jours pour répondre. Et comme j'y ai mis trop de temps, c'est donc une toute nouvelle demande (et bien sur un nouveau paiement).

Une fois la confirmation reçu, nous fixons ensemble un rendez-vous. Le jour venu, je me présente à Champlain. C'était en décembre... Notez que pour être là, je dois prévoir mon travail afin d'être en congé un jour précis, et comme je demeure à deux heures de Champlain, j'en ai pour la journée... Donc, tout cela doit être minutieusement planifié! En plus, c'était pendant que Caro était à l'hôpital pour son abcès. J'arrive donc à la douane "pour les chars". Quelques questions d'usage, et je pars à la recherche de la bonne porte... après avoir improvisé pour trouver le bon chemin qui mène au bon stationnement. Déjà que c'est rare que je traverse à Champlain... et en plus que ce n'est pas toujours évident de trouver le bon bureau dans un tel complexe! Dire que "dans mon temps", il n'y avait que deux guérites pour camions...

Je finis donc par trouver le minuscule bureau. Arrive au comptoir, présente mes papiers, donne l'heure de mon rendez-vous. "Vous n'existez pas!" E ben eeee... non, rien à faire, et je vois la liste imprimée des rendez-vous de la journée: pas de trace de mon nom nulle part!

Le douanier américain fait de venir le douanier canadien, qui vérifie mais je n'existe pas plus pour lui. "Qu'est-ce qu'on peut faire?" "T'es chanceux, je viens d'avoir une annulation pour mercredi". Ben, c'est ben beau les congé, mais pas payant. Si je suis toujours ici mercredi, il ne me restera pas assez de temps pour travailler une semaine normale. Je demande donc un lundi, autour de l'heure du diner. Ça donne le 24 janvier, soit plus d'un mois plus tard!

Sur le chemin du retour, je contacte Mathiew pour lui faire part de la nouvelle. Il est presque sous le choc, ne comprenant pas trop comment cela est possible, qu'il a la feuille qui confirme mon rendez-vous, et que ce n'était pas trop le temps que je perde mon temps avec ma Caro a l'hôpital... Bon, l'erreur est humaine, et je suis plutôt certain que ce doit être un "clic-enter" qui manquait. À ma visite suivante au bureau, ladite page était dans ma case. Tout au bas, le bouton "confirmer" brillait de tous ses feux. Voilà, ne restait qu'à lui cliquer dessus! En comparaison, la page que le douanier m'avait remise avait plus d'informations dessus, et certainement pas de bouton "confirmer"...

Revenons donc à la journée présente...

Encore une fois, cela a demandé de la prévision. D'autant plus que deux fins de semaines avant, nous avons fait un diner pour la Xième fête de Sarah (comme dans deuxième party, vu qu'un anniversaire dans le temps des fêtes, on fête ça plusieurs fois!). Possible d'arranger notre horaire, mais pas trop souvent, et pas deux fins de semaines de suite (en tout cas, si on veut garder la possibilité de faire des semaines normales).

Avec mon voyage, c'était possible, et même mieux en fait, que je demande à terminer au garage (parce qu'habituellement, je termine chez moi). Possibilité accordé (c'est toujours le répartiteur qui a le dernier mot; les nôtres sont très accomodants). Caro désirait rendre visite à Tante Anna, qui réside à Sainte-Martine, village près de Saint-Chrysostome. Ça adonnait donc bien, on pourrait y coucher. Et comme Sarah devait voir son docteur à Longueuil le matin, nous étions "ben correct".

Nous avons donc laisser le camion au garage dimanche en après midi. Nous avons souper avec Tante Anna, toujours heureuse de recevoir à manger. Puis après un peu de télé, un beau dodo.

Le lendemain, nous devions partir tôt, pour être à Longueuil pour dix heures. En prenant la nouvelle 30, nous nous sommes fait dépassé par un camion de TJB, qui tirait la remorque neuve que Marteau est allé cherché en Iowa! Mille miles "bobtail" (camion seulement), le chanceux!

Vive une clinique médicale qui sait se planifier! Pour une rendez-vous à 10h30, ben à 10h30, nous étions passé et assis dans l'auto, prêt à repartir! Wow, je suis épaté. Le verdict: Sarah doit continuer à porter ses orthèses d'orteils (ça se dit drôle!), et ça devrait se replacer tout seul. Et notre Sophie-les-souliers a eu des beaux compliments du doc pour la qualité de ses orthèses (fait à la main). Nous lui avons fièrement retransmis. Et venant du meilleur doc de Sainte-Justine de son domaine, ce n'est pas rien!

Nous pouvions donc maintenant passé à mon tour, soit ma carte FAST... Nous nous sommes rendu au relais de camionneurs de Lacolle, ou mes femmes pourraient m'attendre (Caro n'a pas de passeport) le temps de mon incursion en sol américain. Nous avons donc diné, puis placoté, lu des journaux, fait des dessins, et même rencontré Benoit, un ancien collègue de mon temps de plate-formes chez les Bleus. Wow, qu'il m'ait reconnu est déjà fort. Ça fait tout de même dix ans que j'ai quitté!

J'ai donc fini par partir de là. Encore comme la première fois. Je traverse la douane des chars (mais cette fois, une jolie douanière sympathique, contrairement au précédant, un homme au style et manière quasi militaire), je me rends à la sortie 43 (la première), reviens vers les bâtiments de la douane, me stationne et me rends à l'intérieur.

Cette fois-ci, j'ai bien un rendez-vous. Le douanier américain vérifie mes papiers, prends ma photo et mes empreintes, et m'explique en long et en large ce que je peux ou non entrer aux États-Unis comme viande, fruits, légumes et autres plantes, etc. Ce n'est pas toujours logique, mais bon, c'est chez eux alors ce sont eux qui décident!

Après quelques minutes "su'l banc", la douanière canadienne me reçoit à son bureau. Je retiens deux choses. Premièrement: transporter de l'acool en camion étant interdit aux États-Unis (sauf comme cargaison bien sur), il est possible de se faire arrêter sur le terrain de la boutique hors-taxe, qui est toujours en sol américain, et ça entraine automatiquement le retrait de la carte FAST! Cher payé pour une petite économie. Deuxièment: aucun problème avec le chargement ne peut entrainer le retrait de la carte FAST. AUCUN! (Et toc, troisième prise, le joueur vient d'être retiré!). C'est fou ce que ça adonne bien de se faire dire ça à ce moment précis...

Je suis donc retourné chercher mes deux amours au Resto-à-6 (que dans mon temps on appelait Chez Freddy). Nous nous sommes rendu au garage, vu que j'avais prévu de repartir de là dès le lendemain. Après vérification des disponibilités, nous avons pu aller, mes femmes et moi, souper chez IKEA (oui oui, drôle de place!) et ensuite y magasiner une autre armoire... Plus tard, je retournai couchai au camion.