13 juin 2013

Nashville, TN

Je me suis réveillé à une heure raisonnable, parce que je me suis couché à une heure raisonnable. Et même à ça, je serai à Lebanon, TN avant mon habituel dix heures. Il faut croire que ça a bien été hier.

Je suis donc parti à sept heures trente. Il me restait deux heures avant d'arriver chez mon client. Très bon. J'ai hâte de voir la suite de la journée.

À mi-chemin, je me suis rendu compte que je n'avais pas envoyé de message à Lori pour l'aviser de mon éventuelle arrivée. Mais à l'heure qu'il est, ils auraient assurément vérifié ma position avec le machin "satellite".

Autant poursuivre ma route. À Franklin, KY, je suis sorti pour prendre la US-31 sud. Et tout juste en entrant dans le Tennessee, j'ai pris la TN-109. Celle-ci m'amena directement chez notre client de Lebanon.

Après avoir passer la guérite et les vérifications d'entrée, le "shunter" me fait signe d'aller le voir. Il me donne une porte à laquelle reculer ma remorque. C'est bien la première fois que ça m'arrive! Il me mentionne aussi que les deux vides seront à ce moment juste en face.

Je recule donc au quai et y décroche ma remorque. Puis, je me retourne afin d'accrocher l'une des deux remorques vides. Comme toujours, je prends la plus récente. J'envoie ensuite un message à Lori avec le numéro de ma nouvelle remorque. Je vais ensuite en faire l'inspection. À mon retour, le message est revenu. Ce sera Nashville, TN à quatorze heures, puis Chattanooga, TN avant vingt heures.

Ça me laisse le temps de faire ma course. Je vérifie si je peux trouver du stationnement pour aller près du barrage J. Percy Priest. Il ne semble pas y en avoir. Très résidentiel comme endroit.

Deuxième possibilité: allons à Nashville, au TA et allons vers le centre-ville. En fait, je ne sais pas trop où se situe l'action, mais bon, Pizza m'a dit dix minutes à pieds. Et je cours près de cinq kilomètres dans mon quarante-cinq minutes. Je devrais bien voir quelques choses intéressantes...

Je me suis donc rendu au TA en regardant mon client en passant. J'y suis déjà allé, et ce ne sont pas les plus rapides. Inutiles d'y aller avant l'heure que j'ai eu. Et même à ça, ça se pourrait que ce ne soit pas prêt à mon arrivée.

Après avoir mis mes vêtements de course, je suis parti vers le pont. Chanceux, un escalier permet de monter directement sur le pont, qui m'amène vers la ville. Au loin, j'entends de la musique. Mais... C'est la fin de semaine du CMA Fest, aussi connu comme le Fan Fair. Il va y avoir du monde en ville.

Et effectivement, bien qu'il n'était que dix heures, déjà, il y avait beaucoup de gens. Les groupes dans les bars jouaient pour les quelques spectateurs déjà debout ou, oserais-je dire, suffisamment en forme!

J'ai parcouru la Deuxième Avenue, puis la rue Broadway. Wow! Du monde, du monde, et plus de monde. J'ai même pris une pause de ma course pour profiter de la foule. En remontant jusqu'au Bridgestone Arena, maison des Prédateurs de Nashville de la Ligue Nationale de Hockey, le son devenait de plus en plus fort. Et avec raison. Il y avait là la scène où des spectacles se déroulent à longueur de journée!

J'ai par la suite redescendu Broadway et en reprenant la Deuxième, j'ai reparti mon mode course, en me dirigeant vers mon camion et le TA.

En ville, j'ai donc vu le Hooters, le Coyote Ugly, le Hard Rock Café, le musée de Johnny Cash, et en vérifiant avec la carte, j'ai pu constaté que j'ai même manqué le B.B. King Blues Bar. Et plusieurs autres bien sur, plus ou moins connu comme le Margaritaville de la chanson, qui appartient à Jimmy Buffet. Il faudra revenir en vacances plus longtemps. Ou au minimum aménager mon horaire avec le bureau pour y rester une soirée. Ou deux.

J'ai donc détricoter mon chemin pour retourner au camion. Il était temps de me réhydrater, faute d'avoir pu boire de la bière. Ou de n'avoir voulu faire la file au Mountain Dew gratuit. Temps aussi de dîner avant d'aller rejoindre mon client. 

En entrant dans le camion, j'ai réalisé que le temps avait passé un peu plus vite que je ne l'aurais cru. Et dire que je n'ai rien fait. J'ai démarré le camion, mis les deux climatiseurs en marche, et je me suis installé pour manger.

Puis, je suis parti pour aller chez mon client. Je fus surpris, mais c'était normal, que Google me fasse passer par en ville. Mon client est à trois sorties d'autoroute du TA, quasiment sous l'autoroute. J'ai donc contourné le Stade LP Field pour prendre le pont. À ce point, j'étais revenu là où, en courant, j'ai fait demi-tour! J'ai pris à gauche et après quelques longueurs de camions, la rue de mon client était à ma gauche. Serrée pour y accéder, et en passant sous les rails, serré pour tourner dans la cour du client.

Je me suis reculé au quai, puis je suis allé voir la gentille dame de l'expédition. Comme je m'y attendais, elle m'a dit que le chargement n'était pas complètement prêt. Je suis retourné dans le camion.

Ils ont effectivement transporté les palettes quelques unes à la fois. J'étais presqu'à m'endormir quand j'ai entendu cogner sur la porte. La dame me signalait que c'était terminé. Je l'ai suivi à l'intérieur et nous avons finalisé les papiers, incluant les envoyés à Lori.

Je suis ensuite parti vers Chattanooga par la 24. Il y avait un accident impliquant un camion en sens inverse, alors la circulation était au ralenti pour sortir de la ville. En plus qu'il y a eu un orage...

J'ai roulé un bout puis, la faim me gagnant, je me suis arrêté au Shell de Christiana, TN. Le restaurant, qui a tout pour ressembler à un ancien Huddle House, se vante d'avoir les meilleurs "chicken fried steak" de la région. C'est presque dommage que je mange santé...

Je reprends la route vers mon client. Une heure avant d'arrivée, je me demande si Chattanooga, TN est à l'heure centrale ou à l'heure de l'est. Parce que je dois être là avant vingt heures, et si c'est l'heure de l'est, ce sera par la peau des fesses!

Mon client est à la même sortie que Covenant Transport. Je me demande si cette compagnie est encore de la même grosseur qu'avant? On ne les voie plus, enfin, presque. Le siège social est toujours aussi imposant et magnifique en tout cas.

En prenant la rue du client, on ne remarque pas vraiment l'affiche qui dit de tourner dans la rue avant l'entrée des automobiles. Je m'y pointe donc le nez et je vois juste à temps la pancarte Camion Interdit, cachée dans le feuillage des arbres.

Je recule donc, heureusement rendu là, c'est peu passant. Et je prends la ruelle, qui m'amène à une deuxième ruelle. Qui m'amène finalement aux quais. Ils n'ont pas exagéré sur les affiches de direction!

Il n'y a pas vraiment de cour. Je dois donc faire demi-tour et revenir aux quais à reculons. Et comme l'affiche disait Expédition et Réception, je m'arrête pour aller ouvrir mes portes et je vais à l'intérieur m'informer à savoir où est quoi.

Le gars a un peu l'air d'avoir hâte de s'en aller. Ou c'est un genre bougonneux. Et les Maltais, on s'y connaît en fait de bougonneux! Il me dire de reculer au quai. Ce que je vais faire aussitôt. Je préfère toujours aller demander avant, question de politesse et de bon service aux clients.

Dès que je débarque du camion, il a commencé à charger. Les douze palettes se rendent au pas de course... Puis, voyant ma page de présentation de fax me dit: je n'ai pas de fax! Pas grave... Et il faut croire que je ne suis pas son premier TJB! C'est beau la technologie. Je vois les papiers de douanes, mais pas de connaissement. Il pitonne sur un grand écran tactile, me fait signé dans la case et, voilà! Il va dans le bureau et en revient avec des beaux papiers tout chauds... Wow!

Je retourne au camion. Je l'avance et je vais fermer les portes, puis je vais me stationner plus loin dans la ruelle. J'envoie mes papiers au bureau. Au moment de partir, ça fait que trente minutes que je suis arrivé!

Je repars en prenant la 24 est, puis à Chattanooga-en-ville, je fourche pour la 75 nord. Je me demande bien jusqu'où je me rendrai, d'autant plus que la 75 n'est pas si bien pourvu en relais. Je suis rassuré lorsque je constate que Knoxville est à environ une heure en sortant de la ville. C'est là où il y a plusieurs relais. Ce sera mon maximum.

Mais il y a une halte routière à Delano, TN, et c'est plutôt ici que je terminerai la journée.

12 juin 2013

Misère de pompe

Je suis parti ce matin à huit heures. Après une bonne nuit de sommeil, bien reposé. J'ai réalisé que j'ai vraiment atteint ma limite avec Caro. J'en aurais tellement à dire. Mais les proches sont déjà tous au courant. Je ne me servirai pas des Internets pour la salir. Mais... En tout cas... Comme je crois qu'elle n'en dira probablement rien à personne, je l'ai mis sur mon Facebook. Elle a toujours nié les problèmes, alors que ça ne va pas trop bien depuis le jour un.

Mais bon, passons... Je reçois un message de Seven Up, notre Recherche et Développement. Il nous envoie quelques fois par semaine un message avec les relais à privilégier pour le diesel. Ça adonne bien, je dois aller à Comber dans quelques kilomètres. J'ouvre pour voir si ça a changé. Comber n'apparaît pas dans la liste! Oups...

Je lui envoie un message pour lui faire remarquer. Il répond que ça devrait être en deuxième position, derrière Sarnia, ON. Ça reste donc le choix pour moi. Je me rends donc sur place et je fais le plein de diesel. En arrivant aux pompes, je réalise que j'aurai bientôt besoin de DEF aussi, alors j'aurais pu aller au Pilot de Tilbury. Mais là, un peu tard pour y penser! Ça ira aux États.

Je suis allé chercher ma carte-cadeau du Tim et je suis reparti. J'ai eu une bouffée d'émotion. Il faut croire que ça me fait quand même de quoi. Surtout pour Sarah. Mais aussi pour l'image de la famille qui est détruite... Caro semblait si fière qu'on soit tous ensemble depuis longtemps. Grrr!

Je suis arrêté à la boutique hors taxes pour le traditionnel café. Il y avait là un Autocar Jasmin, de Jonquière. Wow, ça sort loin, des bleuets...

Je me suis ensuite présenté aux douanes. Quasiment instantanée. Puis, j'ai pris vers le sud sur la 75. Moins d'une heure plus loin, je m'arrêtais à Luna Pier, MI pour dîner. Ça faisait un bout que je n'y étais pas allé.

Je me suis ensuite rendu jusqu'à North Baltimore, OH au Pétro, pour y faire le plein de DEF. Je choisis une pompe. J'insère mes cartes, j'entre mes infos, et ça dit que ma carte est invalide... Je réessaie. Je me dit que je me suis peut-être trompé de numéro secret, je vérifie dans le camion... Non, même réponse! Merde.

Je vais voir à l'intérieur. Mais maintenant, ils ne peuvent plus faire rien de plus en dedans que directement sur la pompe. Je ne suis donc pas vraiment confiant. Je dit à la dame ce qui est arrivé à la pompe. Elle pitonne à la main... Et dit: la pompe est en marche. Ouf! Allons-y avant que la pompe ne change d'idée. Un peu de DEF et, après être retourné chercher la facture, je repars.

J'arrête pour une pause à la halte de Piqua, OH. Puis, je continue et je m'arrête pour souper à la halte de Monroe, OH. J'aurais cru pouvoir me rendre au Kentucky, mais c'est la faim qui a gagné!

J'ai repris la route vers Cincinnati, OH. Malgré les travaux, la ville s'est très bien traversée. Vers le nord, ça semblait plus difficile. En haut de la grande côte de Covington, KY, à la hauteur de la 275, j'entends un retentissant pouf! Une crevaison de pneu de camion. Je regarde mes pneus: rien ne semble voler en éclat. Je cherche autour... Rien, sauf un gars dans une camionnette qui me regarde en faisant signe, comme moi, qu'il ne sait pas trop d'où vient le bruit. Après coup, je me suis dit que c'était peut-être sur le côté nord. 

Je me suis quand même arrêter à la halte suivante, à Richwood, KY, pour être bien certain que ce n'était pas l'un de mes pneus. Non, tout était encore en place. Ouf...

J'ai continué pour prendre la 71 vers Louisville, KY, puis la 264 pour contourner la ville par l'intérieur de ladite ville, et enfin la 65 vers le sud. Je me suis demandé si je m'arrêtais à Glendale, KY, mais j'ai décidé de poursuivre jusqu'à la halte de Horse Cave, KY. C'est une excellente place pour passer la nuit.

11 juin 2013

Je suis aprécié!

Ce matin, j'attendais mon message pour partir. En fait, bien que j'avais dit à Anna que je sera prêt vers dix heures, comme toujours, j'étais prêt avant ça. Alors que j'allais lui écrire pour lui dire de ne pas se gêner pour m'envoyer mes numéros plus tôt, le message qu'elle avait envoyé dès huit heures trente se présenta de lui-même. Il devait être perdu dans le néant des Internets...

J'ai commencé la journée par aller livrer un café à Caro (que je dois maintenant m'habituer à appeler "mon ex"!). Après la chicane de plus tôt, qu'elle semblait maintenant renier, elle était plus d'humeur. Mais je ne m'étendrai pas la dessus...

Je suis finalement parti à dix heures trente. La première étape était d'aller accrocher la remorque à l'usine de Joliette, QC. J'ai ramassé les papiers au bureau de la belle Martine, puis retrouvé la remorque, l'ai accroché et en ai fait l'inspection. Ensuite, j'ai mis tous mes papiers en ordre. Finalement, le temps était venu de retourner à la guérite pour sortir et pouvoir partir vers Lebanon, TN.

Cette fois, parce que la rentrée précédente avait été faite un peu en rapidité excessive, pour ne pas dire en catastrophe, je devais commencer par aller laisser mon enveloppe dans la boîte aux lettres à notre cour de Montréal-Est. J'allais donc devoir me taper la traversée de Montréal, et lorsqu'on passe toujours par en arrière, soit via la route 158, Terrebonne et Laval, on ne se rend pas toujours compte à quel point ça va plus rapidement. Jusqu'à ce qu'on ait à traverser Montréal...

Je me suis donc stationné dans notre section une fois arrivé. Je suis allé déposer ladite enveloppe, puis j'ai envoyé un message à Anna afin qu'elle la fasse ramassé. Rendu au mercredi midi, il est possible que les chauffeurs de ville vérifie un peu moins la présence des enveloppes. C'était ensuite le temps de dîner. Tant qu'à être déjà arrêter.

Je suis ensuite réparti pour entamer la traversée de Montréal. Qui était plus ou moins congestionnée. Rien d'inhabituel...

J'ai fait un arrêt express au ONRoute de Bainsville, ON. Puis, j'ai téléphoné à mon bon ami Goofy. Ça m'a fait du bien de ventiler... Tellement qu'il n'a pas eu le temps de placer un mot! Merci l'chum...

Avec tout ça, je me suis rendu au ONroute de Mallorytown, ON où c'était en plein le temps d'un café-muffin. On ne vas pas changer une formule gagnante pour si peu!

Je suis ensuite réparti vers Toronto. Me semblait que, pour la route en tout cas, ça allait bien. Tout ne peut pas être négatif! J'ai fait un autre arrêt express au ONroute de Trenton, ON. Mais je pouvais encore faire un bout avant de devoir souper. Et le Goofy, qui était dans Toronto, allait finir par en ressortir; nous pourrions peut-être prendre un café ensemble.

J'ai repris la route pour me rendre jusqu'au Ultramar de Port Hope, ON.  J'ai laissé un message à Goofy, puis j'ai soupé. Au moment de repartir, toujours pas de nouvelles... Ça peut être long de sortir de Toronto. Et bon, dans les faits, autant lui que moi n'avons pas nécessairement le temps de perdre quelques heures la dessus... Parce qu'on sait quand ça commence, mais on ne sait pas quand ça finit, ce genre de rencontre!

Alors que je reprenais l'autoroute, et à cette sortie, elle monte "comme dans face d'un singe", qui entends-je qui fait des "Yahoo"? Mon Goofy qui descend "à pine, à planche" sur l'autre côté. On se fait les salutations d'usage, et on se reprendra pour le café.

Rendu dans le coin de Kitchener (enfin, je crois), la circulation s'est arrêtée. Nous avons roulé à pas de tortue pendant quelques minutes. Puis, une voie en moins. Un peu plus loin, une autre... Deux voies à gauche qui ferme pour des travaux. Voilà la raison. Ça a finit par se passer, et j'ai pu reprendre de la vitesse.

Je me suis rendu plus loin, jusqu'à Drumbo, ON au Shell, pour y passer la nuit.

Et quelque part dans la soirée, Christine, une amie Facebook qui est vendeuse chez Excellence Peterbilt, me raconta qu'elle avait rencontré Jocelyn, mon patron, et qu'il n'avait eu que des éloges à mon endroit. Tout se sait, comme on dit. Même elle en était contente pour moi! Je lui ai mentionné que c'était réciproque et qu'en fait, c'était donnant-donnant.

C'est très bon de se savoir apprécié. Surtout cette semaine...

8 juin 2013

La guedaille?

J'avais mis mon cadran pour quatre heures. Mon but étant de rentrer vers l'heure du souper. Car d'ici, il y avait encore une journée entière de route devant moi. Légalement, je pouvais partir dès minuit, ayant fini ma journée d'hier à quatorze heures (he-hum... pas vu, pas pris, comme dit mon ami).

Je n'ai par contre jamais entendu le cadran sonner. Mais la vie m'a réveillé quand même: j'ai entendu congé dans la porte. Ma première pensée: on n'a peut-être pas le droit de dormir ici, et le McDo, ou pire, la police, fait le ménage. Dans ce dernier cas, si tu es chanceux, ils te disent de partir, et sinon, l'infraction est déjà écrite. Et même dans certains cas, la vérification mécanique est déjà faite!

Mais cette fois, j'ai entrouvert le rideau un peu. Je dors nu (hoooouuuu!) alors je ne vais pas me montrer à n'importe qui. En fait, c'est le policier que je crains le plus... Les américains ont une drôle de relation avec la nudité et le sexe. J'ouvre un peu le rideau, donc, et je vois un dame, habillée normalement, l'air un peu fâchée que je ne réponde pas. Elle s'éloignait en gesticulant. Bref, était-ce une hystérique ou une guidoune, le mystère demeure. Mais ayant déjà la première et n'ayant pas besoin des services de la deuxième, je l'ai laissé faire. D'autant que je venais de lire, il y a quelques heures, un message à la halte routière près de Cincinnati racontant que tous les quêteux qui font semblant d'avoir manqué d'essence et faisant bien pitié, sont des crosseurs, en bon québécois.

Définitions pour les européens: Guidoune: prostituée; Crosseur: escroc.

J'ai fini par partir à six heures et quart: on va rentrer tard! Mais bon, avec le temps que ça a pris pour charger au premier client, je ne me sentirai pas coupable de ne pas être là ce soir. Parce que le client traque ses pièces avec acharnement, mais je sais que ce que nous amenons ce soir ne sera pas utilisé, ni même déchargé, avant quelques (plusieurs?) jours. Fa que là, wo, on prend le temps qu'il faut.

J'ai donc rejoins le Michigan et ses bosses; le Michigan est une démonstration que les routes aux États-Unis, c'est aussi de la merde! En Ontario aussi, juste après Napanee, ON direction est. Mais bon, la rumeur ambiante dit que c'est au Québec qu'on trouve les pires routes... Sortez de chez vous, c'est pareil ailleurs!

Je suis arrivé aux douanes encore de tôt matin. Sur les trois guérites ouvertes côté camions, personne en attente. Je me suis donc présenté directement au douanier. Et ce fut expéditif. Bonne affaire! Et Windsor, ON s'est bien traversée. Des fois, se lever tôt (et en bonus après avoir bien dormi...), c'est payant.

J'étais au téléphone avec Caro. On peut se parler gratuitement en autant que nous sommes tous les deux au Canada. Alors on en profite. Après avoir retrouvé l'autoroute, j'arrive à la balance. Elle fait parti des trois que je qualifie de traitres, celle qui sont ouvertes les soirs de fins de semaines dans le but express de vérifier si on n'a pas défoncé nos heures de semaine ou de soirée. Les deux autres étant sur la I-75 au Michigan et près de North Baltimore, OH. Toujours à faire attention si la soirée est hors-normes, disons...

En arrivant à quelques longueurs de camions de la balance, elle qui était fermée se réouvre! Je raccroche le téléphone, parce que la balance de Windsor, et celle de London aussi, nous fait voir l'officier en personne dans une guérite. Et lui parler, alors c'est encore mausus d'arriver en étant au téléphone...

La plupart du temps, on passe sur la balance dans la rampe, on se présente à la guérite, où l'officier nous demande d'où l'on vient (ce qui lui permet d'évaluer le genre de semaine qu'on a eu), parfois, il poussera l'audace jusqu'à se rendre aux roues de la remorque et nous demandera de faire fonctionner les freins, afin qu'il constate que ça fonctionne, et d'un signe de la main, nous retournera sur la route.

Mais aujourd'hui, c'était mon jour de chance! Le gars, après les salutations d'usage, me demande mon registre des heures, mes factures où je rechargé, celle où j'ai livré, même les reçus de diesel (avec la puce, je n'en ai plus pour le pont). Et il m'indique la place numéro deux, à côté de l'autre camion.

Bon, c'est mon tour... Heureusement, j'ai dormi encore plus longtemps que mon dix heures requis. Aucun danger. Aucun? Merde! Mon premier client, à Springfield, TN, a pris tant de temps qu'il a indiqué mes heures de départ et d'arrivée, afin que je puisse être payé (ainsi que la compagnie, par extension) pour ce temps. Et ce doit être indiqué sur la facture... Que le gars a entre ses mains. Il ne peut pas ne pas le voir. Mais il peut refuser de le voir, comme ça arrive parfois. En tout cas, mon registre étant réarrangé pour qu'il soit légal, il y a des heures qui sont notées la nuit qui ont été vécues le jour.

Une fois dans la place numéro deux, l'officier revient après avoir laisser tous mes papiers dans le bureau. Là, ce fut le tour de l'inspection Niveau 1. Le Niveau 1, c'est l'inspection complète: permis, papiers, et mécanique assez élaboré: les lumières, les ajustements de freins, le jeu du volant et de la sellette, les klaxons pour Éric Lange, et quoi encore... Vraiment complet, du genre que si on en sort vivant, on reçoit un collant pour le trimestre de l'année, et les prochaines fois, les balances où je vais passer sauront que il y a moins de trois mois, tout était parfois. Ouf!

Après la mécanique, il me dit d'amener tous les papiers du camion et de la remorque, ainsi que mon permis de conduire à l'intérieur pour le reste des vérifications. Je continuais de me dire que c'est là que ça passera ou que ça cassera.

Après de longue minutes où l'on ne sait rien, ne voit rien, ni n'entend rien, j'ai vu l'officier sortir dehors et se rendre jusqu'à mon camion. Je me demandais bien pourquoi sur le coup. Quelques minutes plus tard, lorsqu'il est revenu, j'ai entendu l'imprimante fonctionner. Je me suis dit: ça y est, on va savoir bientôt...

Il est finalement sorti du bureau avec tout mes papiers, plus la feuille qu'il venait d'imprimer, sorte de constat des lieux de l'inspection. Il me dit: "Tout est parfait, passez une belle journée"... Et lui est reparti dans le bureau.

J'ai remis de l'ordre dans mes papiers et vérifié que tout y était, puis je suis retourné au camion. J'ai mis à jour mon registre, qui en fait n'avait même pas la ligne pour avoir passé aux douanes (faute d'avoir arrêter assez longtemps sur une lumière rouge en traversant Windsor, ON).

Je pouvais enfin partir pour le déjeuner à Comber, ON. Ça m'apprendra à me dire que je mangerai un peu plus tard plutôt qu'au départ... J'aurais donc dû. Et en fait, avoir pris le temps de manger, je serais probablement arrivé ici à un autre moment, et donc évité tout ça. Mais bon, c'est de la fabulation. Au moins, je suis sorti d'ici sans amende, moi et mon patron, nous sommes bien content!

Arrivé à Comber, ON, j'ai tout d'abord fait le plein de diesel. Puis je suis allé me stationner à côté d'un confrère qui, ma foi, avait l'air d'un gars qui se lève! Après avoir été chercher ma carte-cadeau, je me suis rendu au Tim pour y manger un bagel B.E.L.T. (pour Oeuf, Laitue, Tomate et Bacon, bien sur...). Ça fait du bien quand on a si faim.

Ne restait donc qu'à rentrer à la maison... enfin, à peine près de mille kilomètres plus loin. Mais une fois les douanes passées et le plein fait, on dirait qu'on est déjà presqu'à la maison.

Je me suis rendu jusqu'au Fifth Wheel de Milton, ON pour diner. Je n'aurais pas pu traverser Toronto avant de manger. J'ai pris un wrap au poulet, tout nu, avec un café. C'est quand j'ai eu la facture que j'ai été le plus surpris: 17,27$! C'est sur qu'avec le café à plus de deux dollars et demi, ça ne peut pas faire autrement... Après, on nous reprochera, aux chauffeurs, de ne plus manger dans les restaurants et d'amener notre nourriture de la maison. C'est un peu l'oeuf et la poule. On mange dans le camion pour la qualité, et moi maintenant pour une question de quantité (au moins deux fois trop gros comme assiette...). Ben, maintenant, on va ajouter à ça le prix!

Je suis allé ensuite entamé la grande traversée de Toronto la pure. Qui s'est assez bien déroulé. Il y a des jours comme ça. J'anticipais que les autres balances soient ouvertes... Pour leur montrer mon papier qui dit que je suis tellement parfait! Ben, mon camion, disons... Mais non.

Je me suis arrêté au ONroute de Trenton, ON. J'avais bien mérité un muffin... Avec un café, c'est tellement bon! Et en bon dimanche après-midi, il y avait pas mal de monde sur place.

Je me suis rendu ensuite jusqu'à Cardinal, ON où je me suis arrêté pour souper au 730 Truck Stop. Ce relais, un des meilleurs de la 401, semble maintenant tout bonnement voué à la disparition. C'est très malheureux. Mais la cour, où l'on peinait à se stationner à mes débuts il y a plus de quinze ans, est maintenant quasi-vide en permanence. D'ailleurs, l'asphalte est toujours de plus en plus endommagé (les rues de Montréal à côté de ça, c'est une table de billard). Et les jeux électroniques du portique d'entrée ont été retirés.

Et une fois à l'intérieur, une partie des étagères a été déplacée, comme si ils sont pour rapetisser le côté boutique. Il y a aussi un mur des rabais extra-ordinaires... tous les morceaux de chromes et lumières pour camions. Bref, ça sent la fermeture!

J'y ai mangé un excellent poulet cacciatore. Et avec soupe et dessert inclus, plus un café, seulement pour 15 dollars et des poussières. Hé ben, ça c'est un prix relativement raisonnable. Vrai qu'il y a longtemps qu'on ne mange plus pour 10$...

De retour au camion, je constate que Martin m'a envoyé un message il y a quelques minutes: est-ce que je serai bon pour livrer ce soir à L'Assomption? Je répond que oui, après tout, c'est à deux heures trente d'ici... Puis, après avoir fait Envoyer le message, je constate qu'il est presque vingt-et-une heures. Ça m'amène au client à presque minuit! Ouin, j'aurais pu dire que j'irais demain matin... ça va me mettre tard pas mal sur mon horaire habituel. Bon, je suis en forme, je viens de bien manger, il fait beau, je devrais être bon pour me rendre...

En m'en allant, j'allume: lors de mon inspection du matin, j'ai eu mon collant!!! Oui, c'est ça qu'il est retourné apposé sur mon pare-brise! Je cherche... il l'a mis du côté passager, et il est peu visible de l'intérieur. J'étais à réfléchir que lorsqu'on passe une inspection Niveau 1, normalement, on reçoit un autocollant... Ben voilà, j'en ai eu un. Et avec le 72 heures d'inspections intensives qui commence, je m'en sauverai...

Je suis donc parti confiant que tout irait bien. J'ai terminé l'Ontario, puis j'ai traversé Montréal, QC. Ensuite, je suis sorti pour L'Assomption, QC. Je suis arrivé à l'usine et le gardien avait le goût de parler. Vous savez, un peu comme le douanier de Woburn, QC qui voit arrivé un camionneur inconnu un soir où ça fait longtemps que le dernier villageois est passé... Et ce que j'ai retenu le plus, c'est qu'il savait déjà qu'il n'avait pas là de vide pour moi. Pas besoin donc d'aller la porter à l'usine de Joliette! Presqu'une heure de moins...

Je me suis ensuite avancé pour aller me trouver une place à laisser ma remorque. Mais le dimanche soir, il y a des remorques partout! Heureusement, j'ai fini par réussir de quoi de pas trop mal. Mais j'ai dû tricoter un peu.

Par la suite, je me suis rendu jusqu'à la halte de Lavaltrie, QC, la célèbre halte du milieu, pour un dodo bien mérité.

Au petit matin, je me suis réveillé en fonction d'aller surprendre Sarah qui se réveille vers sept heures. Je suis allé déjeuner au Benny, il parait qu'ils y a des bons déjeuners, selon Dalton. Bon, comme j'ai mangé là la semaine dernière, j'en ai une bonne idée... Et en effet, c'était très bon.

Puis, direction maison. Je suis arrivé à temps pour voir la belle Sarah. Et profitez de deux belles journées de congé.

7 juin 2013

Gaffe fut faite, je suis un Goofy

Étant déjà sur la journée d'aujourd'hui dans mon registre, merci au Texas de la semaine dernière, je pouvais me lever très tôt. Le cadran sonna dès cinq heures quarante-cinq. Je me suis dit que de toute façon, je ne pourrai pas traverser les douanes ce soir (avant minuit), alors à quoi bon? Je l'ai donc repoussé de deux heures.

Même à mon deuxième réveil, naturel et juste avant le cadran, je me suis dit que c'était un dur matin. Constatant qu'on n'était rendu en juin, je me suis dit: déjà? Beau temps aussi pour mettre un message sur la page de TJB.

Beau temps aussi pour me vanter de ma gaffe. J'ai donc envoyer un message au bureau afin de savoir quoi faire avec ma remorque. Ce client est le genre qui téléphone aux deux minutes (j'exagère à peine!) pour savoir où sont rendu les remorques. Mais qui peut mettre des semaines à vider une remorque... Et dans ce coin, les clients où elle risque d'être rechargée sont très pointilleux la-dessus. J'ai donc aviser la répartition du retour (c'est leur client), la répartition local (qui s'occupe des livraisons et cueillettes) et le garage (qui va effectuer la réparation). Ouf... Mon orgueil a encore mal, mais ça aussi, j'imagine que ça va passer.

Je suis finalement parti à neuf heures quinze. Pas mal pour avoir mis le cadran avant six heures!

Quelques longueurs de camions plus loin, je prenais la KY-461 en direction de Mount Vernon, KY. Si hier, j'étais au pays des (du?) lacs, aujourd'hui, c'est la forêt vierge! Le Kentucky, un très bel état à visiter un jour, en Westfalia ou en bateau...

Arrivé à Mount Vernon, la route devient la US-25 et nous amène à la I-75. Et pour la petite histoire, la fameuse grange, c'est ici, juste en bas, dépassé la 75. Essayons de retenir ça: la grange, c'est à Mount Vernon, KY...

De là, j'ai filé vers le nord. Passant Lexington d'abord. La balance de Georgetown, KY était ouverte. Mais cette fois, je suis si léger qu'il n'y a aucun danger!

J'ai ensuite traversé Cincinnati, OH pour me rendre jusqu'à la halte de Monroe, OH pour dîner et relaxer un peu. Il ne me reste que quatre hures avant d'arriver aux douanes, et je devrai attendre après minuit pour les traverser... Rien ne presse donc.

À mon arrivée, il y avait un confrère ici avec une remorque flambant neuve, une 2014! Épatant de beauté et de propreté! Le temps d'aller aux toilettes et il était réparti.

Et j'ai reçu le message de Martin: je vais laisser la remorque comme d'habitude à L'Assomption, QC. Je me suis assuré qu'il avait eu mon message pour le bris, et j'ai mentionné que je repartirai mercredi. J'ai besoin de repos, je crois!

Je me suis rendu ensuite jusqu'au Speedway de Beaverdam, OH. En faisant ma ronde autour du camion, j'ai vu quelque chose dans un pneu. J'ai sorti les pinces: une vis d'un pouce de long, pas suffisamment pour être passée au travers, mais a peu causer des dommages à la longue.

Je me suis couché en me disant que c'était pour la nuit. J'ai réglé mon cadran comme tel. Je me suis dit que si une sieste était suffisante, alors je me réveillerais plus tôt, et on verrait rendu là... Ma journée de registre se terminant là, je pouvais en repartir dès minuit...

Je me suis finalement réveillé deux heures plus tard. Et j'avais faim. J'ai donc souper. J'avais pris un gros dîner, alors il avait "duré" longtemps. Mais il était tard et toute bonne chose a une fin.

J'ai ensuite repris la route pour me rendre au Meijer de Toledo, OH. C'est ouvert 24 heures, mais ça ne me tentait pas d'aller faire mes emplettes en début de nuit. Et devoir m'arrêter après une heure de route, ça casse le rythme... Enfin.

Je devais ensuite dormir ici. En fait, ici ou à Monroe, MI, où un de nos chauffeurs a été victime de vol à main armée. On va choisir ici, mais je ne suis pas très rassuré. Maudite pauvreté!