16 juillet 2013

Passer droit

J'avais pourtant mis le cadran beaucoup plus tôt, mais je me suis réveillé paisiblement à... huit heures! Ouf, vite, course contre la montre. Je déjeune, et je vais chercher mon assignation, afin de partir pour l'inspection de mon camion.

Des chauffeurs, qui placottaient près de l'entrée me félicite pour ma perte de poids. L'un deux, qui m'avait déjà vu il y a quelques mois, a eu du mal à me reconnaître! Vrai que le changement est assez radical. Moi-même, je commence tout juste à intégrer le nouveau moi...

C'est beau la jasette, mais je dois partir. Je quitte donc les confrères pour aller voir Anna. Ayant oublié mes clés au camion, je lui demande de me donner ma feuille dans ma case par en dedans. 

Ce sera à Valleyfield, QC en camion pour l'inspection, puis à Cornwall, ON pour aller chercher une remorque vide. Ensuite, Lachute, QC pour échanger avec une remorque déjà chargée pour Danville, KY. Beau programme!

Pierre-Luc me dit que depuis ma dernière visite, j'ai touché le 11 miles au gallon, soit environ 25 litres au 100 kilomètres. C'est la première fois qu'il voit ça! Bon, j'ai eu de l'aide de mes trois retours plutôt légers, encore que, mais aussi de mes pneus fesses. Tellement qu'ils les ont enlevé et remplacé par des neufs.

Martin me parle ensuite pour mes deux semaines "par la peau des fesses". C'est un concours de circonstances, lui dis-je. Ce n'est pas dans mes habitudes de risquer de passer la fin de semaine en attente. Mais n'empêche que le client ne sait pas faire correctement la répartition de ses voyages. Je lui dit aussi qu'avec la fête de l'Indépendance américaine, il pourra bien me faire revirer au train en revenant. Jeudi prochain, aux États-Unis, presque tout sera fermé.

Je sors et je me rends au camion. Je peux enfin partir. Enfin, presque... Jocelyn me fait signe qu'il veut me parler. Je vais à sa rencontre. Il me dit qu'il vient d'arriver et qu'on devra remettre notre rendez-vous à plus tard. Il s'informe même de ma situation à la maison. Il me dit qu'il est satisfait du changement apporté par l'ajout de Isaac dans les camions. Tous les chauffeurs font des efforts, alors la flotte au complet s'améliore. J'en suis le premier surpris!

Je peux finalement partir. Enfin, je le sauve avant d'être retenu une fois de plus. Je serai en retard, mais ça devrait aller.

J'arrive effectivement quinze minutes après l'heure de mon rendez-vous. Je vais l'enregistrer à la jolie secrétaire, puis je vais laisser mes clés à l'aviseur technique du garage.

Et chanceux comme je suis, je tombe dans l'heure du dîner. Le mécanicien n'ayant pas de vie, il termine sa partie sur l'heure du dîner. Mais la sexy secrétaire en ayant une, je dois attendre qu'elle revienne afin de me donner le résultat.

Chanceux, à treize heures tout juste, je reçois mes papiers et mon camion. Je le sors du garage et je m'installe dans la cour pour dîner. 

Quarante-cinq minutes plus tard, tout fébrile, je pars pour Lachute. Déjà, sortir de la ruelle est pénible. Et faire demi-tour avec un camion est assez ardu. J'aurais été aussi bien de reculer dans la cour du garage et sortir à la bonne rue pour m'éviter tout ça. Mais bon, c'est fait maintenant.

Je finis par réussir et à prendre la 201 nord vers la 20. Mais avant d'y arriver, je sors suivre le canal Soulanges. Puis, à Coteau-du-Lac, QC, la route tourne pour aller joindre la 20. C'est la que je me souviens que je dois avoir une remorque vide pour aller à Lachute! Merde, j'oubliais une étape!

Je fais demi-tour dans l'entrée du parc industriel et je retourne prendre la 20 ouest vers l'Ontario. Heureusement que je me suis réveillé ici. Ça aurait pu être pire!

Quelques kilomètres après être entré en Ontario arrive Cornwall, ON. Je sors pour mon client, un immense centre de distribution. Il y a foule. Et deux files pour entrer. Je prends celle pour les camions seuls. J'enfile la veste réfléchissante en attendant mon tour. Le temps de le dire, je suis à l'intérieur à m'enregistrer. Puis? Aucune consigne. Je trouverai bien les remorques vides. La dernière fois que je suis venu en chercher une... Bingo, la TJB traîne dans son coin. C'est même le bon numéro: tout va pour le mieux, en autant qu'on pense d'y aller!

J'accroche la remorque et j'en fais l'inspection. Puis, je fais mes papiers de départ. Il est plus que temps. Je me rends à la barrière ou la gardienne constate que la remorque est bien vide, et me voici en route.

Je prends la 401 vers l'est, puis je sors pour prendre la 34 vers Hawksbury, ON. Juste avant de passer Herb's, le sympathique relais, je crois un confrère. Je ne serais pas surpris qu'il revienne de Lachute lui aussi.

En arrivant à Hawksbury, ON, je roule vers le pont qui m'amène au Québec. Je continue jusqu'à ce que j'arrive à l'autoroute 50, que je prends vers l'est. Un peu plus loin, elle devient à quatre voies, et je prends la première sortie pour Lachute, QC qui m'amène directement à mon client.

Je vais tout d'abord au bureau chercher les papiers. Je dois ensuite aller dans la section des remorques vides afin de laisser la mienne. C'est toujours un peu difficile, m'as cette fois, il y a en plus deux camionnettes de travailleurs, chacune avec sa remorque, qui sont en quelques sorte dans nos jambes. Je me faufile quand même au travers et je réussis à reculer ma remorque avec sa sœur et ses cousines. J'ai eu quelques difficultés à reculer mes essieux, merci au système à bras à l'ancienne. Heureusement, on n'en a pas beaucoup de celles-là.

Reste à accrocher celle qui est chargée maintenant. Je dois sauter le trottoir, alors je ne suis pas certain que ça ira. Je ne prends pas de chance: je barre mon essieu moteur, et je dégonfle celui non motorisé. Ainsi, ça devrait me donner une chance pour monter la marche... Et ça fonctionne, deux fois plutôt qu'une! Étant à côté, j'ai dû redescendre et recommencer. Comme un charme! Qui a dit qu'un seul différentiel ce n'était pas bon?

Une fois la remorque accrochée, je vais en faire l'inspection. Puis, c'est un départ. On soupera chez Herb's...

J'ai donc repris la 148 vers la 50, pour sortir vers le pont pour Hawksbury, ON. Puis la 34 jusqu'à la 417. Je me suis dit que je mangerais plus loin. Alors j'ai pris la 417 ouest jusqu'à La Nation, ON où je suis arrêté au Pétro-Canada pour souper. Sympathique restaurant ici, j'aime bien y manger au besoin. Mais cette fois, j'ai mon repas maison.

Une fois rassasié, je repris la route 417 ouest pour quelques sorties, le temps de rejoindre la 138 sud en direction de Cornwall, ON. Et rendu là, je retrouvais la 401 que je pris vers l'ouest.

Je me suis rendu au ONroute de Mallorytown, ON pour la pause café et muffin. Puis je suis reparti pour un dernier droit, le plus long possible, avant la nuit. Parce que bien que le rendez-vous de livraison soit à onze heures, plutôt que les habituels 5-6-7-8:00, ça ne laisse pas une si grosse marge de manœuvre.

À Kingston, ON, la circulation s'est arrêté. Le bouchon était assez long, pour cause de construction mais, surtout, parce que les barils de protection nous forçaient à rouler très coller à la glissière. Pour ne pas dire dans le gazon! Une chance que c'est pour protéger les travailleurs...

La circulation a repris et j'ai roulé un bout, mais dès Trenton, ON, je me sentais trop fatigué pour continuer. Je suis donc entré au ONroute pour y passer la nuit.

15 juillet 2013

Un bout en char

Vers la fin de la journée, j'ai eu un message de Martin: mon inspection est pour 10:30 (et il faut une heure pour m'y rendre) demain matin. Je suis donc parti dans la soirée avec la limousine de la compagnie. Nous avions tout préparé, et autour du souper tout mis dans la voiture. Ne restait donc qu'à souper et, après quelques câlins et salutations, je suis parti vers vingt-et-une heures. Ouf... Plus tard que j'aurais voulu, mais en même temps, faute de pouvoir partir demain...

Comme on ne change pas une formule gagnante, je me suis arrêté au Tim à Notre-Dame-de-Lourdes, QC pour le traditionnel café et muffin.

Je pouvais ensuite prendre la route et entamer la traversée de Montréal. Du moins en partie. Car je suis passé par la 25 et le tunnel Louis-Hippolyte Lafontaine, puis la 132, qui longe le fleuve.

Je suis ensuite sortie pour continuer sur la 132, vers Saint-Constant. Je me suis arrêté au Sonic pour faire le plein d'essence de la voiture. La compagnie fourni la voiture, mais nous devons fournir l'essence. Normal, quand même...

J'ai ensuite continuer sur la 209 sud qui m'amenait directement au garage de la compagnie. En allant chercher mon camion, qui était stationné le premier de sa rangée, j'ai constaté que mon nom avait été installé sur le côté de la couchette. Un seul côté d'ailleurs, ce qui restera à éclaircir... Même si c'est fait à ma demande, et à mes frais, ça fait un petit velours...

Je me suis rendu au stationnement des autos afin de transférer tous mes bagages. Puis j'ai stationné la limousine à son endroit de repos. Je suis ensuite retourné dans la cour arrière avec mon camion pour la nuit. 

Le temps de placer tout ça à sa place, et je me suis étendu pour la nuit, en réglant le cadran pour être prêt pour huit heures. La nuit allait être paisible.

2 juillet 2013

Pause plus ou moins volontaire

Bonjour, distingués lecteurs!

Par un concours de circonstances, les publications de cette semaine seront décalées. Le congé ayant été très court, j'ai préféré profiter de la présence de mes deux femmes pour le peu de temps que j'avais à ma disposition plutôt que de mettre en place les publications de la semaine.

Je sais que vous comprendrez. Et puisque l'écriture se poursuit, dans les faits, rien ne sera perdu.

Passez du bon temps, soyez prudent sur les routes...

29 juin 2013

L'Ontario nord

La nuit fut relativement courte, comme à chaque fois qu'on revient au Canada. Lorsque je me suis réveillé, le premier TJB s'en allait déjà, vers le Soo. L'autre est parti un peu plus tard, mais je n'ai pas vu quel côté il a pris. Je ne crois pas que c'était mon copain rencontré en montant.

J'ai pris la route vers sept heures quarante-cinq. Les pompes avaient toutes des cônes. Une chance que je n'avais pas attendu pour faire le plein ici. De toute façon, je ne me serais probablement pas rendu!

En tournant au coin de la voie de contournement à Sudbury, ON, j'ai croisé un confrère qui montait lui aussi. Grosse semaine dans la nord!

Je me suis arrêté au MacEwen de Corbeil, ON. Enfin! Il y a si longtemps que j'attendais ce moment. La dernière fois, c'était en hiver, et le trou de bouette qui sert de stationnement n'est pas déneigé... Ou en montant et ce n'était pas un bon moment.

Ce que j'aime à cet endroit, c'est qu'ils font sur place du pain, des pâtisseries et autres biscuits. Tous les jours. Le matin, vers sept ou huit heures, ça sent toujours très bon. Je me suis trouvé cette fois des danoises "passées date" dans le rayon des rabais. Avec un bon café... Délicieux.

Je suis réparti ensuite avec le sourire qui reflétait ce moment de bonheur. J'ai roulé jusqu'au Irving de Pembroke, ON où je me suis arrêté  pour dîner. Il y avait beaucoup de touristes sur les lieux.

Je suis reparti vers Ottawa, ON. Ça commençait drôlement à sentir la maison. Mais j'avais encore plusieurs étapes à franchir avant de rentrer.

Comme entre autre m'arrêter au Relais Routier de Vaughn, ON ou North Glengarry, ON, selon respectivement le répertoire et Google Maps! Ici, le traditionnel café et muffin du Tim, mais comme c'est la spécialité régionale, un sac de fromage en crotte Saint-Albert, ou comme disent les franco-ontariens, la curd, fait juste à côté, à Casselman, ON. Très bon, mais chauvinement, je préfère le Boivin...

Je suis parti pour le dernier bout en direction de notre cour de Lachine, QC, destination finale de ma remorque. J'en ai profité pour jouer au facteur en ramassant les enveloppes à ramener au bureau. Cette fois, une seule, celle de mon ami Morue.

Je suis retourné au garage en camion, sans remorque. Un fait très rare en lui-même! Une heure plus tard, j'arrivais. J'ai fait le plein de diesel, puis de DEF. J'ai ensuite complété mes papiers. Ensuite, les enveloppes au bureau. Et mon rapport mécanique du camion au garage. Il y en avait long à faire...

Je suis ensuite monté au salon pour regarder la spectacle de la Fête Nationale sur les Plaines d'Abraham. Puis le film Louis 19, diffusé après. Tant qu'à se coucher tard...

Le lendemain, j'ai transféré tout mon bagage dans la limousine de la compagnie. Puis je suis allé parler avec Martin-du-Garage pour le déroulement de mon entretien, mais surtout du départ pour l'inspection annuelle. Une fois tout ça éclairci, il ne restait qu'à partir vers la maison.

28 juin 2013

On reprend le bois

Je me suis réveillé "tard" pour un besoin naturel, puis je me suis recouché. Je me suis réveillé à nouveau pour déjeuner. C'est alors que je me suis rendu compte qu'il n'était que sept heures! Il devait être assez tôt la première fois alors! J'ai mangé, puis, horreur, je me suis mis à chercher mon téléphone... Introuvable dans tous le camion. L'aurais-je oublier chez le client? Ah, non, je me souviens d'avoir noter quelque chose ici en arrivant, à moitié endormi, tellement brulé. Logiquement, il est donc forcément dans le camion. Je cherche donc partout où il m'arrive parfois de m'endormir avec. Introuvable!

Je capotais un peu, mais en même temps, il fallait qu'il soit dans le camion. J'ai fini par l'apercevoir, bien caché, en fait, bien rangé là où je le met tout le temps, mais horizontalement cette fois plutôt que verticalement. Invisible pour l'homme donc, surtout si ledit homme est encore endormi! Ouf!

Je pars donc à huit heures et quarante-cinq. Il me reste encore quelques minutes d'autoroute avant de rentrer dans le bois. Je pars donc sur la 94 vers l'est qui est au sud. Elle rejoint la 90 un peu plus loin. Je sors ensuite pour suivre la WI-82 est, qui deviendra la WI-23 est. Puis, je prends la WI-44 nord pour aller rejoindre la US-41 nord.

Je m'arrête pour manger au Mobil de Little Chute, WI. Je repars ensuite vers Marinette, WI, à la frontière avec le Michigan. Du côté du Michigan, c'est la ville de Menominee, MI qu'il faut traverser. Ces deux villes, bien que nordique, sont très liées aux affaires maritimes, tant pour le travail que pour les loisirs. Tout le monde et sa mère a un bateau!

À Escanaba, MI, je m'arrête au Elmer's pour le magasinage du lait. Il me semble que tout soit ici bien plus cher qu'au sud (lire: autour de Détroit, MI). Vivre au nord, ce n'est pas donné à tout le monde.

Je reprends donc la route un temps. Arrivant à la MI-35, il y a un détour à faire. Il suffit de continuer devant pour quelques mètres, puis tourner à droite pour aller directement à la 35. Je m'exécute pour m'arrêter ensuite pour souper à Newberry, MI, derrière le petit bar du sous-sol. Les habitués connaissent surement la place... Puis, ça commencent à sentir la douane.

Je repars avec la ferme idée de me rendre aux douanes. Mais je me dois de constater que quelques minutes un peu relâché ont vite fait de moi un gars qui a besoin de quelque chose... Comme genre une toilette! Je me dois donc de faire un arrêt-express à la halte routière de Sault-Sainte-Marie, MI.

Je me rends ensuite aux douanes, qui sont en fait quinze minutes plus loin. J'y passe comme dans le beurre, étant le seul camion des environs. Mais avec la configuration de l'endroit, je dois attendre après les autos. Je m'attendais à devoir aller à l'intérieur, comme lorsque j'arrive hors des heures, et un camion sur le stationnement m'incitait à le croire, mais non, j'ai été traité directement dehors à la guérite de la façon habituelle.

Je me suis rendu ensuite au super relais Flying J de Sault-Sainte-Marie, ON. Misère, il faut être pauvre! J'ai fait le plein de diesel... parce que de toute façon, impossible d'avoir autre chose! Que deux pompes dans un stationnement du pseudo concessionnaire Freightliner. Mais bon, à fréquenter les Relais Routier, on s'habitue à n'avoir aucun service. Dire qu'ils font des milliards de profits! Enfin...

Tout crinqué, même sans un bon café, parce que à l'heure qu'il était, ça ne me tentait pas de faire un arrêt supplémentaire au Husky, à l'autre bout de la ville, j'ai commencé la longue traversée du nord de l'Ontario. Il fallait que je sois assez confiant, car les stationnements pour camions, même improvisés, y sont plutôt rares.

Je me suis rendu jusqu'au Relais Routier de Nairn Centre, ON, où deux autres TJB étaient déjà dans les bras de Morphée. Je me suis installé tout au fond, tranquille. La nuit allait être belle et reposante. Mais il restait encore beaucoup de chemin avant le congé...