7 mars 2013

Et passe la douane

J'avais laissé la question en suspend lors de mon voyage via Niagara Falls, en quel honneur le Queen Elizabeth Way se nomme ainsi? Comme je le croyais, c'est en hommage à la reine mère Elizabeth, qui incidemment est venu avec le roi Georges VI pour y parader lors de son inauguration. Pour eux, il s'agissait en fait d'une tournée préparant leurs bons sujets à la première guerre mondiale (référence: Wikipédia). J'ai appris au passage que c'est la seule autoroute ontarienne qui ne se présente pas avec une direction nord-sud ou est-ouest. Elle utilise plutôt le nom des villes à ses extrémités. Donc QEW-Toronto ou dans l'autre sens, selon la ville intermédiaire suivante. Hé ben, je n'avais encore jamais remarqué cela à l'usage...

Mais revenons à nos moutons. Le cadran sonna dès 4:30. Le temps de bien manger, et à 5:00, je roulais. Il me restait un bon bout de route à défiler, alors je me devais de partir tôt, afin de compenser pour la courte soirée. Le sommeil ayant été réparateur et de durée raisonnable, j'anticipais une belle journée. Il faisait froid dans le camion au réveil. Je ne sais pas pourquoi, car le chauffage était réglé comme à l'habitude. Dehors, la même chose... Froid. Pourtant, me suis-je plaint en janvier sous les moins trente? Cherchez l'erreur...

Je me suis arrêté, comme chaque fois, à la halte de Clarington, ON, la dernière avant Toronto, ON. Ne jamais traverser une grosse ville sans avoir fait le vide avant, si vous voyez ce que je veux dire...

En repartant, il se mit à neiger à plein ciel. Les voies se sont progressivement enneigées, à tel point qu'on a perdu celle de gauche, faute de circulation suffisante. J'étais à me dire que la traversée allait être longue, lorsque j'ai réalisé qu'il ne neigeait plus, et qu'on était dimanche, alors la circulation était pas vraiment présente. Pour la neige, c'est la deuxième fois que la tempête semble incroyable à Clarington, et que ça dure quelques minutes. Un autre micro-climat comme à Mexico, NY?

En traversant Toronto, Caro m'appelle. Elles ont eu un très bon souper pour le vingt-cinquième anniversaire de mariage de Manon et Philippe. Sarah a dansé comme une folle. Et elles ont dormi sur place, parce qu'elles ont jasé jusque trop tard dans la nuit.

Je me suis arrêté à la halte de Ingersoll, ON pour dîner. Encore là, peu de monde sur place. Vite mangé, vite réparti...

Un coup d'œil au courriel de Seven Up pour la forme. Surprise! Cette semaine, c'est à Comber, ON qu'il faut faire le plein. Ça faisait un bout que c'était Tilbury, ON. Il y a là un Relais Routier Impérial, ou comme on dit entre nous, un Cardlock Esso. Avec un dépanneur, un Tim Horton et un Burger Nounours autour. Belle place... Et tout neuf, ben, un peu moins maintenant, mais encore à l'état de.

Je me ramasse une pomme et c'est reparti. Prochain arrêt: les douanes et la boutique hors-taxes. J'y arrive vers treize heures trente. Le temps de visiter les toilettes et de ramasser un café, gratuit, et je repars à la conquête du pont.

En redescendant, je me rappelle que la fin de semaine, les voies Express sont fermées, et que donc, ça en fait du monde dans les autres voies. Je constate aussi que la plus à gauche semble avoir peu de camions. Je la choisis, et au moment d'arriver, il n'y a que deux camions devant moi. Le passage est donc très rapide: trente minutes en tout, incluant le temps passé à la boutique hors-taxes...

En sortant, je prends la rampe direction sud. Je commence à voir poindre le souper, mais ce n'est pas encore urgent. Plusieurs choix s'offre devant moi, alors on verra dans quelques minutes.

J'ai eu, au garage, une nouvelle puce, pour le pont Ambassador. Elle a été installé dans le pare-brise, dans le coin inférieur du côté chauffeur, juste au-dessus de celle pour la douane américaine. Ainsi, je pourrai passer le pont en ne payant pas, physiquement. Mais dans les faits, on ne paie plus depuis quelques semaines, par un système de facturation via caméra et les plaques d'immatriculations. J'imagine qu'avec la puce, ça se facture plus sécuritairement. Et pour la douane? Il y a un frais de traitement de 10$ par passage, ou 200$ pour l'année, pour l'inspection par la douane américaine. La puce nous identifie et indique que nous avons payé pour l'année. Avant, nous recevions un autocollant, avec une couleur et le dernier chiffre de l'année. Le dernier fut un 5 rouge, en 2005 si j'ai bonne mémoire. À l'époque aussi, ce n'était que 100$ pour l'année, ou 5$ par passage. Nous finissions donc par avoir une collection de numéros dans la vitre du conducteur.

J'ai finale y souper au relais de Luna Pier, MI. S'y apathique petit relais inconnu de plusieurs. Il y a même un restaurant, mais je n'ai jamais eu la chance de l'essayer. Et il y avait un temps un fille et sa mère qui y travaillait le jour. C'était l'une ou l'autre, et parfois même les deux. Tout ça pour dire que la fille avait des yeux magnifiques. Mais on a fini par ne plus les voir toutes les deux...

J'ai repris la route ensuite pour me rendre jusqu'à Beaverdam, OH. Normalement, je passe droit et je me rend plutôt à Wapakoneta, OH. Entre autre parce qu'on mieux reçu au TA qu'au Pilot. Et je ne parle pas du J Volant, dont le seul but dans la vie est de repousser le client. Et le monde ne jure que par eux... Quand ce n'est que pour un stationnement, ou un café, je préfère le Speedway, de l'autre côté. Ils ont d'ailleurs agrandi le stationnement, donc il y en a.

J'ai ensuite complété la traversée de l'Ohio, vers Dayton, puis Cincinnati. En haut de la grand côte, en entrant dans le Kentucky, à Richwood, je suis entré à la halte routière, et ce sera tout pour aujourd'hui. Il me reste deux heures pour rejoindre Danville, KY. Ça va aller à demain...

2 mars 2013

Et on repart

Le départ de la maison ce matin fut au ralenti. Je me suis réveillé trop tôt, et Caro s'étant levé de tôt matin, était occupée en bas à en virer déjà pas mal grand. J'aurais bien redormi encore un peu, mais entre le mouvement et les câlins, difficile de retrouver le sommeil.

Puis, Caro s'est aperçue que son souper était plus tôt qu'elle croyait. Alors elle et Sarah se sont littéralement sauvées de la maison. Quelques minutes derrière elles, je faisais pareil, après avoir charger la limousine de tous mes bagages.

Deux heures plus tard, j'arrivais au Hâvre de Paix. Avant même de transférer mes bagages dans mon camion, je suis allé dans la cuisine pour y manger. Arrive dans cuisine: pu d'cuisine! Avec le conteneur et la remorque du contracteur qui traînent dans la cour, il n'y a pas à dire, les travaux vont ton train. La cuisine est donc déjà parti en haut.

Jocelyn m'a donc fait faire le tour du propriétaire. La nouvelle cuisine, environ trois fois plus grande que l'ancienne. Les nouveaux bureaux pour les dirigeants, séparés et isolés, les futures salles de conférences, une plus petite et une plus grande. Et même l'espace "de trop", dont on ne sait pas trop encore ce qu'il va advenir...

Encore une fois, ce sera sûrement très bien, mieux pour tout le monde. Il m'a aussi parlé du nouveau système d'informatisation de la répartition, qui commence a être déployé, lentement mais sûrement. Beaucoup de travail sur bouts de papier, sur tableau et dans "sa tête" de la répartition sera éliminé. Ça facilitera le travail, et aussi le remplacement des congés, car tout aura toujours des traces, et dans le même format.

La compagnie grossit et se modernise. Nous sommes bien loin du petit bureau à même le garage à une baie et deux tiers.

Après avoir pris connaissance de tout ça, j'avais plutôt faim. J'ai tout retrouvé mon dîner, et je suis monté dans la nouvelle cuisine pour le manger. Au moins, l'essentiel est déjà fonctionnel. Pas le choix, il y a bien une vingtaine de personnes qui mangent au bureau la plupart presque tous les jours. Pour le reste, ça ne saurait tarder.

Ensuite, je suis allé retrouver mon camion. Premier coup d'œil: ils ont bien inversé mes pneus entre les essieux. Ça devrait mieux mordre... Ce ne sera pas difficile! Après les vérifications d'usage, je mets le contact. Je constate que la lumière de bas niveau de DEF est allumée. J'ai pourtant fait le plein en revenant. Et l'aiguille d'ailleurs indique que le réservoir est plein. La lumière de "vérifiez le moteur" jaune est aussi allumé. Bon, une chance qu'il revient de chez Peterbilt!

Je trouve que le moteur tourne mieux. Difficile de dire en quoi, mais audiblement mieux. Je sors du clos afin de retrouver la limousine pour transférer mes bagages. Les sacs dans le camions, je retourne dans la cour.

Je vais voir Martin, celui du garage. Je lui explique la situation. À sa demande, je ramène le camion dans le garage. Après vérification vite faite, il décide de me laisser aller comme ça, car il ne peut pas vraiment vérifier plus, car pour mon moteur, ils ne sont pas équipés pour pénétrer dans son cerveau.

Je termine donc mes papiers à remplir. Ensuite, je vais à la machine à café pour remplir ma tasse. De retour au camion, Martin m'ouvre la porte. Je lui signale que mon indicateur DEF clignote maintenant. Il me dit, voyant les autres symboles, que le moteur regénère, mais c'est comme si il n'a pas de DEF. Rassurant! Il finit par dire: en cas de problème, tu as le numéro de Pierre-Luc! On se regarde en riant alors que je sors à l'extérieur.

Je suis donc rendu à me rendre à ma remorque afin de l'accrocher. Mes "nouveaux" pneus mordent plus, mais ça n'a pas changé la configuration du camion. Je dois donc sortir mes habiletés afin de ne pas trop rester pris dans les traces et les bosses. Et ça ne me prend pas grand chose pour rester pris.

Ça me rappelle que Martin me disait que vendredi, au moment d'aller chez Excellence Peterbilt avec les deux camions, dont l'autre y est d'ailleurs resté pour cause de problèmes autre que le rappel, lui et Pierre-Luc ont été démarrer les camions et les ont approché du garage afin de les laisser se réchauffer un peu. Au moment de partir, le mien était pris là sur la glace. Même si ils n'auraient pas voulu me croire que les pneus devait être changés...

Je trouve ma remorque au confin de la cour. Je recule en douceur pour vérifier que je suis à la bonne hauteur. Comme ça va, je m'avance et recule à nouveau un peu plus vigoureusement. J'entend le clougne qui confirme que c'est accroché. Je tire pour confirmer. Et voici Jean, le beau-frère qui arrive à pied. Il veut voir ma guitare, qu'il n'a toujours pas vu. Je lui sors, joue ce que je crois me rappeler d'un ou deux accords, et je lui tend afin qu'il constate par lui-même. Il est bien content pour moi. Puis, son élève, qui était dans le camion car il est l'un de nos deux entraîneurs, lui téléphone car il le cherche!

Ça adonne bien, car il faut que je parte un moment donné. Je vais donc finir le travail, soit accrocher les tuyaux pour l'air et le fil électrique, et faire une partie des vérifications d'usage. Je m'avance au milieu de la cour pour pouvoir faire le reste. Tout est dans les normes, alors me voilà prêt à partir. Je vérifie avec Louis, car je vais passer à deux pouces de son nez. Mais cette fois, il ne part que demain.

Je prend donc la route vers le village. En faisant mon arrêt, puis en bifurquant pour prendre le pont, je constate que mes alarmes sont toutes les deux éteintes. Je suis soulagé. Ce ne me faisait pas vraiment peur, mais j'anticipais de perdre mon temps d'ici quelques heures, voire quelques jours...

Après avoir traverser Saint-Antoine-Abbé, Ormstown et Valleyfield, je rejoins la 20. En entrant en Ontario, elle devient la 401. La balance de Lancaster est ouverte. À mon arrivée, il y a un camion arrêté et l'agent est dehors à vérifier. Au même moment, le chauffeur descend (ce qui est inhabituel) et l'agent me fait signe de passer dans la voie à côté. Je crois qu'il y a quelqu'un en trouble...

Je poursuis ensuite jusqu'à Cardinal, ON où je m'arrête pour souper. En même temps, Caro m'envoyait des images de son souper à elle, pour le 25ième anniversaire de mariage de son amie. Ça avait l'air très bon! Le mien aussi, remarquez...

Je suis en suite reparti. Avec la nuit que j'avais passé, je me suis rendu jusqu'à la halte ONroute de Napanee, ON. Ouf... Mais on est fait fort, on repartira de bonne heure demain matin.

On rentre au bercail

Pour faire changement, je me suis réveillé de tôt matin. Aussi tôt que la loi me le permettait en réalité. Il me restait à déjeuner, mais pas pour les autres repas. Je me suis donc exécuter. J'ai ensuite évalué que j'avais le temps en masse de me rendre à Boucherville pour ma livraison. J'étais curieux de savoir où j'irais ensuite... autant que possible directement au garage, mais ça, on ne le saurait qu'une fois livré sur place.

Mais auparavant, il fallait commencer par rouler. Je suis donc parti de Kingston dans un temps de neige légère. En route, j'ai rencontré quelques véhicules ayant quitté le chemin. Pourtant, le temps n'était pas si mal, en tout cas si on le compare à seulement la veille au soir. De mon côté, la routine. Si ce n'est que des gens qui refusent d'apprivoiser l'hiver, rien à signaler ou digne de ralentissement... Enweye en bas!

J'ai fait un arrêt à la halte de Rivière-Baudette, en entrant au Québec. Je me suis stationné à l'endroit, contrairement à tous les autres camions, comme d'habitude. Mais là, quelque chose que je n'avais encore jamais vu: deux camions, dont un que j'ai eu le temps de prendre en photo, à suivre sur ma page Facebook, stationné non seulement à l'envers eu aussi, mais dans la rue, enfin la voie qui sépare la section camion et autobus (ou Wannabago, VR et autres automobiles avec remorques). Le plus drôle, c'est que le premier, qui était face à moi, mais dans un espace sur ma gauche, me regardait avec le même air que si j'étais arrivé en soucoupe volante. Allo mon Joe, non seulement je ne suis pas dans l'erreur, même si tous les autres camions pourraient laisser croire le contraire, mais toi, tu es dans la rue! J'ai déjà eu les menottes pour bien moins que ça dans le Michigan!

Je suis donc rentrer à l'intérieur me chercher un café. Je me suis dit que ça irait tellement mieux ainsi pour l'heure qui me restait, ainsi que le retour... Alors que je déambulais, je me suis dit que je pourrais bien essayer la nouvelle autoroute 30, moins le pont (payant... pour eux), donc via Sallaberry-de-Valleyfield, QC. C'est bien la première fois que je pouvais m'en servir et en tirer un quelconque avantage.

J'ai donc repris la route. À la sortie 14, j'ai pris la 201 vers l'est. De l'autre côté de la ville, j'ai continué sur la nouvelle 530. Cette portion d'autoroute nous amène à la 30, juste de l'autre côté du pont payant, qui lui relie Vaudreuil-Dorion et la 40, en passant par la 20. J'ai donc roulé à belle autoroute toute neuve pendant un bon moment, jusqu'à ce qu'elle rejoigne l'ancienne partie, puis l'ancienne nouvelle partie, qui nous amène à la 15. Je l'ai prise vers le nord, et elle devient la 132, longeant la Voie Maritime du Saint-Laurent, avec le port de Montréal, et la ville, juste de l'autre côté de l'eau.

Encore quelques minutes plus loin, j'ai sorti pour la 20 est. Et quelques sorties plus loin, arriva ma sortie, soit pour la rue Nobel. J'ai tourné à droite. Mon client était en fait la deuxième bâtisse après le premier coin de rue. Passe l'entrée des automobiles. Arrive une deuxième entrée. Il y a une affiche: Camions, entrer par en arrière, via l'autre rue dans l'autre sens! Bon, c'est bien le temps de me le dire! J'ai donc tourné du mauvais côté à la sortie...

Je poursuis donc en avant, prend la première rue sur ma droite, à la recherche d'une cour pour pouvoir me tourner de sens. Peine perdue J'ai donc continué jusqu'au bout, pris à gauche, à la lumière, encore à gauche, pour revenir devant mon client, pour passer la sortie, pour prendre à gauche à la lumière. Et dans le coin de la rue, une entrée. Ah! C'est la même cour que nos amis, où on ne semble plus aller incidemment.

J'entre donc. Des indications m'envoient là où je dois aller. Il y a au moins trois compagnies dans cet entrepôt. Mon client est à la porte 12, sur la droite. Je roule en suivant un autre camion. Nous contournons le bâtiment. Arrive, presque de retour sur la rue Nobel, ladite porte 12. Je vais voir au bureau. Je serai déchargé à la porte 10, tout de suite après l'autre camion. Pas mal, mon rendez-vous étant à treize heures, et il est maintenant dix heures.

Une heure plus tard, le premier camion est terminé. Je prend donc la place. Ça va un peu lentement, mais bon, comme je suis bien avant mon temps, qui va s'en plaindre. Puis, ça ne bouge plus. Vers midi trente, alors que ça fait bien une trentaine de minutes qu'il ne se passe plus rien, je vais voir à l'intérieur. Mes papiers, signées, m'attendent sur le comptoir. Bon, moi qui croyais avoir vu quelqu'un sortir pour les apporter au camion précédant. Aurais-je rêvé à ça?

J'ai donc envoyé un message à Martin, disant que j'étais vide, et de ne pas oublier que j'allais au garage pour terminer. Puis j'ai avancé le camion et suis sorti pour aller refermer les portes de la remorque. Après mure réflexion, j'ai fini par décider d'aller diner au Voyageur, à l'autre bout du Parc Industriel, à la sortie De Mortagne. Très bon petit restaurant fréquenté par les routiers et bien d'autres types de... voyageurs! On y mange d'ailleurs très bien. Beau, bon, pas cher, comme on dit.

À mon arrivée, la réponse de Martin entrait: je vais porter la vide à Montréal-Est, de l'autre côté du tunnel Louis-H.-Lafontaine, à notre cour, puis retour au garage de TJB. Parfait, ce sera vite fait, bien fait, et la semaine sera terminer!

Je suis donc rentrer pour manger. Et comme j'avais dû me stationner en double (façon de parler), j'ai choisi ma table en fonction de pouvoir observer mon camion, au cas où l'un des autres camions ne pourrait pas repartir. Je me suis commandé une salade jambon fromage digne d'un roi! Tout en écoutant Gilles Proulx à la nouvelle radio Internet du Journal de Montréal. Il est tout à fait intéressant, le vieux routier de la radio...

Avec tout ça, deux heures plus tard, je retournais au camion. Oui, toute une heure de diner, me dirai-vous. Mais une fois les obligations remplies, on prend ça plus relaxe... DES messages du bureau avaient rentré en mon absence. Et un appel manqué. Je lis les messages de Martin: il y aura une remorque à ramener au garage, à prendre à notre cour où je vais laisser la mienne. Y'a rien là, pas de panique! Hihi...

Je suis donc parti en traversant le lac, littéralement, sur la partie sortante du stationnement. Je vous dit, mes roues de remorque était tellement immergées qu'on ne voyait plus le pneu! La partie du bas, s'entend.

En quelques clics, j'étais de retour sur la 20, vers l'ouest maintenant. Puis, elle devient la 25 nord en entrant dans le tunnel. Plus loin, la 40 est pour deux sorties. Passons près de la raffinerie, tournons à gauche, puis au bout, à droite. Nous voici chez TJB, version Cour de Montréal-Est.

J'y laisse ma remorque, non sans peine. Le sol, sous les remorques, est en sable mou, dégel oblige! Au devant, c'est maintenant asphalté. J'ai donc eu toute la misère du monde à réussir à sortir de sous ma remorque vide. Et tout autant à entrer sous la remorque pleine. J'ai fini par réussir!

Restait à accrocher la nouvelle remorque. Ben, croyez-le ou non, ce fut aussi difficile! Malgré qu'elle était chargée, celle-là, et donc qu'elle ajoutait du poids sur les roues du camion, ce qui aurait dû, hors dégel, leur donner plus de mordant. Quelques saints sont descendus du ciel, je dois dire...

J'ai fini par réussir. J'ai donc ramassé les enveloppes du courrier interne pour les ramener au garage. Et ce fut le temps de repartir. J'ai donc pris la route vers le tunnel, dont la circulation s'était passablement alourdie depuis mon passage en sens inverse. Mais ça allait quand même relativement bien malgré tout.

Je suis arrivé au garage quinze minutes avant dix-sept heures. Tout le monde s'est sauvé en me voyant... Ou était-il déjà l'heure pour eux de partir? J'ai eu, encore une fois, tout la misère du monde pour décrocher ma remorque. Il faut dire que les mécaniciens doivent inverser mes pneus, entre l'essieu avant, motorisé, et celui arrière, mort. Car ceux à l'avant ont perdu de leur mordant... Ça devrait aller mieux la prochaine fois. Au pire, ce sera parce que la neige aura fondue!

Je n'ai donc pas vu voir personne du bureau. Sauf Martin et Patricia... Martin fût tout surpris lorsque je lui ai dit que je repartirais dès samedi. Ben, depuis toujours que je prend le reste de la journée où j'arrive plus une journée complète de congé, non? Alors voilà, le temps de faire mes rapports, d'amener ça au bureau, avec les enveloppes des autres, de transférer les choses pour la maison dans la limousine, de rencontrer un confrère que je connais peu mais qui lui me connaissait (vive Facebook!), et j'étais parti.

Outre un arrêt pour souper au P'tit Québec de Saint-Constant, je me suis rendu directement à la maison...

28 février 2013

On en revient

Je me suis réveillé avant le cadran encore ce matin. Ça m'a laissé du temps, d'autant plus que j'avais une connexion Internet.

Je me suis encore pogné avec ma fille, car une journée sans chicane semble une journée incomplète... Des fois, je me demande si je parle chinois. Pourtant, à chaque visite dans me famille, tout le monde me comprend. Drôle pareil. Et après dix ans, les deux personnes avec qui je vis en permanence ne me comprennent toujours pas. Misère...

Et alors que je redoutais d'avoir ensuite la mère sur le dos parce que je sais pas parler à ma fille, au contraire, j'ai eu son appui. Ça, vraiment, ça fait du bien. L'adolescence va être longue...

Je me suis arrêté à Napoléon, OH pour une minute... Ou deux. En Ohio, ils doivent attendre une tempête, car ils étendaient déjà du sel sur l'asphalte sèche. Du vrai sel en poudre là... J'ai continué jusqu'à Monroe, MI, ou un bon Tim m'attendait.

Après une bonne soupe et un bon sandwich, je me suis rendu aux douanes. Le passage s'est fait rapidement. J'ai eu droit aux traditionnel yeux étranges en demandant à ce que la "facture" de la réparation soit elle aussi estampillée. TJB exige ça, mais je crois que nous ne sommes pas nombreux, vu la face des douaniers...

Ensuite, je traverse la ville de Windsor, ON. On a hâte que le nouveau pont soit prêt. Et la nouvelle autoroute dans Windsor. Il y aura maintenant quatre choix de passage. Quatre, dites-vous? Oubliez-vous le tunnel et la barge, bien que non praticable en camion de grosseur régulière pour le premier, ou très dispendieux et sûrement pas disponible en tout temps pour le second. Bref, il en restera deux pour nous. On verra ce que la compagnie décidera de faire au moment opportun. Une chose est sûre, ça va désengorger le pont Ambassador.

La balance était fermée. Ça m'a surpris, mais bon, je passe habituellement aux heures où il y a risque que le cumulatif hebdomadaire soit défoncé. Ils le savent... Et ne m'ont pas eu la dernière fois! Je poursuis donc jusqu'à Tilbury, ON, pour faire le plein au Pilot. Diesel seulement, d'autant que je m'en vais éventuellement au garage.

Je reprends ensuite la route. Tout le monde semble attendre une tempête. Le bureau nous enverra même un message de prudence, car au garage il a commencé à neiger. Comme je disais avec Caro, nous sommes rendu comme les américains: nous commençons à paniquer dès l'annonce de la pointe de l'ombre du bout de la queue de la tempête. Pas moi personnellement, au contraire, rouler dans la tempête, ça m'allume! Si ce n'était de tout ceux qui ne savent pas comment se comporter...

Je m'arrête à Dutton, ON pour le traditionnel café et muffin. La récompense de la journée. Et c'est réparti. Un appel de Marc-André. C'est louche, il n'est pas de ce côté de la force... Car chez nous, le répartiteur fonctionne par direction: l'équipe de Martin nous envoie, celle de Lori nous ramène. Et habituellement, c'est le côté Martin qui s'occupe des livraisons au Québec. Donc, Marc-André veut avoir une idée de mon heure d'arrivée. Je lui dit vers le dîner. Il veut savoir afin de planifier la livraison. Et ne sait pas si ce sera moi ou un autre, mais la première étape est évidemment que je sois rentré.

Quelques minutes plus tard, il me dit que c'est moi le chanceux, et que la livraison, à Boucherville, QC, sera pour treize heures. Je poursuis donc ma route en me disant que je devrais me rendre à la halte de Port Hope pour le souper. Un coup d'œil à l'horloge, bon, ce sera peut-être un peu serré vu l'heure qu'il est et qu'il reste Toronto, ON à traverser. Mais comme nous ne sommes pas vendredi, ça de fait aller. Je fais un mini-arrêt express à Mississauga, ON. La neige commence à tomber pour la peine. Mais rien pour ébranler son bleuet. Et vogue la galère dans Toronto... Qui même en ressortant côté est n'était pas vraiment bloqué. C'en est presque louche!

Je m'arrête donc au ONroute de Port Hope pour le souper. Je commence par mon entrée dans le camion: jus de tomates maison et carottes. Ça me permet de vider le frigo. Puis, au Extrême Pita, parce que le Tim serait redondant.

J'ai ma deuxième conversation de la journée avec Sarah qui est tout à fait normale. J'en suis bien heureux. Puis-je soupçonner un peu de travail de la maman derrière ça? Pour une fois, ce serait très bien. Rafraîchissant en tout cas. Parce que la relation du camionneur avec son ou ses enfants est loin d'être évidente, si je me fie à ceux dont je suis ou fût assez proche pour savoir.

En repartant, je peux le dire: là, il neige! Il me reste un petit deux heures et quart à rouler. Ça devrait m'amener vers Kingston, ON. Et malgré quelques ralentis pour cause de voiture incroyablement pas à leur place, ça a bien été. Je m'arrête à la halte de Odessa, ON. Pas de chance, le stationnent est déjà débordant. Au point qu'à première vue, je me demandais même si je pourrais en ressortir! Mais il restait un espace, serré mais quand même, tout au bout. J'ai continué jusqu'à Kingston. Là, le Pétro-Canada était lui aussi complet. Mais côté Esso, là il restait plusieurs espaces. Ce fut donc la fin d'une autre belle journée.

27 février 2013

Dans la tempête

Je me suis réveillé tôt, dès cinq heures trente. En zieutant par la craque du rideau, j'ai constaté qu'il y avait un ou deux centimètres de neige au sol. Et qu'il neigeait à plein ciel. Beau temps pour rentrer à la maison!

J'ai bu la dernière gorgée du café du sympathique gardien. Mausus qu'il goûte le cul! Mais un café, c'est comme la bière, c'est aussi l'ambiance et la compagnie...

Je rallume le téléphone. Évidemment, ça sonne de partout. Patricia me dit que mes papiers sont illisibles; je devrai les renvoyer à Marc-André. Je ferai ça tantôt. Commençons par déjeuner. J'aime ma petite routine du matin. Et moi qui riait tellement de Sarah qui mangeait ses rôties pas cuites, ben, je suis rendu que j'aime ça!

Après un si bon repas, je reprend en image mes sept pages, et je m'y reprend de trois à cinq fois par page! Très difficile de bien faire cette fois. Je finis par réussir, mais je ne suis pas trop certain. Espérons! Ensuite, tant qu'à être dans ça, je fais de même avec mon rapport de destinations pour l'envoyer à Jolie Julie. Ainsi donc, j'aurai une paye. Mais surtout, elle sera fait à mon goût. Car lorsqu'on fait un genre de semaine bizarre comme celle-ci, tout peut arriver.

Je finis par partir un peu avant sept heures. Aussitôt sur la US-60, je constate que c'est une tempête digne de ce nom. On peine à y voir. Et les indigènes locaux ne savent pas vraiment comment se comporter dans la neige. Même celui qui avant un gros Expedition! Si au moins ils se tassaient...

Le bureau à peine ouvert, je reçois un message de Marc-André: je devrai lui refaxer une page. La plus importante, en fait. Je lui indique que je pourrais le faire dans environ une heure.

Je m'arrête donc au Pilot de Saint-Robert, MO. Je fais faxer ladite page. Et je demande de confirmer que c'est lisible avant de quitter les lieux. Je vous dit, même directement sur la feuille, j'arrive tout juste à lire. Marc-André me répond que c'est limite, mais ça devrait aller. Bon, on s'en sort! Il ne neige presque plus. Je reprend la route.

En passant, je remarque que la ville de Cuba se présente elle-même comme la ville des murales ("Mural City"). Probablement pour ça que même le relais de camionneurs arbore des murales! En tout cas, comme dirait Patrice L'Écuyer: c'est réussi!

Je m'arrête pour dîner au Monsieur Fuel de Villa Ridge, MO, juste avant d'entrer dans Saint-Louis. La bonne nouvelle arrive enfin: mon chargement est accepté aux douanes. Enfin! C'est qu'on ne sait plus quoi faire, un moment donné!

Je reprend la route, seulement pour mieux m'arrêter au Love's de Greenville, IL. Je constate sur les télévisions toute sur le canal météo que la tempête est pognée au nord, en Iowa et en Illinois, le long de la 80, en gros. Rien à signaler à la hauteur de la 70 en tout cas.

De retour sur la route, je reçois unes sage de Jolie Julie. Par un concours de circonstances, je n'aurai pas de paye cette semaine. Ouch... Mais bon, avec mon début de discipline financière, je crois que je survivrai. À préciser demain, que je lui dit. Quand je vous disais qu'une semaine de ce genre, tout peut arriver...

En entrant en Indiana, je m'arrête à la halte de Terre Haute pour y souper. En faisant ma ronde de vérifications sommaires, je vois que j'ai un peu écrasé sur la remorque. Hé ben, son jumeau est à plat, voilà pourquoi! Le survivant travaille deux fois plus fort... Et je suis chargé à plein.

Tout en soupant, j'appelle Pierre-Luc. Après vérifications, il m'envoie au Pétro de Brazil, IN, à vingt-trois miles plus loin. Comme c'est le pneu intérieur, il survivra jusque là. Jocelyn, qui est lui aussi au bureau, dit qu'il y a des bons burgers à Brazil. Je lui mentionne que je ne sais pas si le menu à changer depuis la conversion en Pétro... mais c'est vrai qu'on y mangeait très bien. Je finis de souper, et je me ramène à Brazil.

La femme au comptoir a l'air tellement blasée. Elle prend mes informations et m'ouvre un bon de travail. Elle me dit ensuite d'entrer par la porte deux. Je retourne au camion, pour revenir avec à ladite porte. Le service routier est à débarquer ses cochonneries alors j'attend qu'il aie terminé. Aussitôt fait, un mécano vient enlever la chaine afin que je puisse entrer. Je m'avance à l'intérieur du garage. Je suis surpris d'arriver à un si bon moment. Je crois que les relais ont une bonne façon de gérer leur personnel, car à toute heure du jour où de la nuit, il y a quelqu'un de disponible, et même si le garage est rempli, autant que si il n'y arrive qu'un seul camion dans toute la nuit.

Caro est heureuse, car elle a réussi à faire un pain. Alors que je lui mentionne qu'avant elle faisait la majorité du pain que nous mangions, elle me rappelle que si elle le moulait, c'était quand même la machine à pain qu'il le mélangeait et s'occupait de le faire lever. Effectivement! Mais ne doute pas de tes talents en cuisine... Tu es incroyable! J'ai bien hâte d'y goûter, à ce pain... Mais j'ai bien peur que ça en sera un autre...

Patricia (?!?) me téléphone. C'est que la blasée lui a tout de suite téléphoné pour les autorisations de notre compte national. Bon, je vous l'aurais dit moi-même d'appeler Pierre-Luc, mais depuis toujours tout ceci se fait après la réparation... Enfin, bon. Toujours est-il que deux heures après y être entrer, j'en suis ressorti avec un beau pneu neuf. Signez ici, quelqu'un d'autre paiera pour vous...

J'ai roulé pendant presqu'une heure, pour m'arrêter à la halte de Mooresville, IN. Je suis allé vérifier que ma roue était toujours bien en place. Tant bien que mal, il va sans dire, mais c'est quand même mieux que rien du tout.

J'ai ensuite poursuivi ma route dans Indianapolis, puis vers la 69 nord. Je me suis posé pour la nuit au Pilot de Daleville, IN.