Drelin, drelin... Tiens, me dit l’afficheur (ce qui est louche, vu que je ne l’ai plus), encore Boubou! Encore, parce que la veille, nous avons parlé pendant une heure! Je me dis qu’on doit bien avoir épuisé tous les sujets.
Le Boubou m’explique qu’il est en studio pour l’émission Truckstop Québec. Il voudrait que je fasse un hommage à notre Sophie-Les-Camions, à être enregistré pour ensuite être monté et diffusé en ondes ce mercredi. Hmmm, moi pis les voies, le téléphone, la radio… Autant j’adore Sophie, autant je suis touché par ce qui lui arrive, autant je suis un peu gêné de participer. La peur bleu de « choker »… En même temps, la belle Sophie a besoin en ce moment de tous les appuis et de tout le support qu’elle peut… En jasant un peu, je finis par accepter. Sophie mérite que je fasse un effort, après tout!
Nous convenons que le tout se passera vers vingt heures. Je devrai être arrêté, question de sécurité et de me faire entendre sans bruit de fond. Tout en poursuivant ma route, je me fais des discours dans ma tête (et parfois tout haut!). Aussi, je vérifie où je pourrai me stationner aux alentours de dix-neuf heures quarante-cinq, question de ne pas passer des heures arrêter (en fait, je n’ai vraiment pas de temps à perdre!). Je choisis le Pilot de Jackson, MS. Sophie d’ailleurs aime bien le café des Pilot… Moi aussi. Ça adonne don ben! J’y serai dans un peu plus d’une heure. Dans quoi me suis-je donc encore embarqué?
Juste avant d’arriver, je reçois par courriel-téléphonique le numéro de téléphone du studio. Une fois stationné, je constate qu’un camion est bien positionné pour ma tentative de projet « un camion par jour » que j’ai commencé cette semaine pour Le photographe ambulant. Tantôt, en allant chercher mon café! Je m’installe donc, crayon et papier en main, et je compose…
*****
Ah! Sophie-Les-Camions,
Autant elle est timide et secrète, autant elle se révèle dans son blogue. Je l’ai lu depuis la page un. Quelle vie, quelle femme exceptionnelle!
Sophie, c’est la détermination, le dépassement de soi incarné. Dressez-lui une barrière, elle la défoncera! Bien peu la voyait travailler, encore moins camionneuse… Sophie les a tous fait mentir!
Je veux te dire, Sophie, toute mon admiration. Tu as tout mon appuie, tout mon support aussi. Tu dois voir ce moment comme une nouvelle étape dans ta vie. Je suis certain qu’une fois la poussière retombée, tu sauras nous surprendre encore une fois.
Prends soin de toi, on est tous avec toi.
Ton ami Jeff, Le Train De La Nuit, et la petite famille.
*****
L’heure dite arriva. Je compose, ne sachant pas trop dans quoi je m’embarquais… Évidemment, je crois que c’est bien plus de ne pas trop savoir ni connaitre qui sera à l’autre bout du fil… et, comme dirait Pérusse à Sexe-et-conseille, nos 450 000 auditeurs! Si c’est pas le Boubou lui-même qui me répond! « Tiens, t’es rendu Big, Boubou! » Après un peu de blabla, on me met « dans le studio ». À partir de ce moment, j’entends tout le monde autour. L’animateur qui fait un test de son avec un interlocuteur par Skype; Boubou qui reçoit les appels des autres amis qui feront comme moi. Après quelques essais pour confirmer que le son est au poil (c’est quand même loin, le Mississipi), je suis le premier à passer. Je lis donc mon texte (ci-haut), en essayant de ne pas trop avoir l’air du gars qui lit son texte. Une certaine fébrilité me gagne. Une fois terminé, l’animateur confirme que c’est techniquement parfait, coupe le son de mon téléphone, et donne la parole aux deux autres. Je peux les entendre, et eux aussi ont un témoignage touchant. C’est que c’est quelqu’un, notre Sophie!
Les seuls que je ne pourrai pas entendre, par contre, sont Boubou, qui lui est en studio, et Yvan Domingue, si je ne m’abuse, le directeur des ressources humaines chez Trans-West, l’employeur de Sophie, Boubou et les autres, qui sera rejoint par téléphone plus tard dans la semaine.
*****
Encore touché, pour ne pas dire ébranler par tout ça, je suis allé me chercher un café (à plus de 35 degrés, beau temps pour prendre un café!). En passant, j’ai photographié le camion qui cachait le camion que j’aurais voulu prendre initialement… Bingo! Trois en trois!
L’émission a été diffusé mercredi le 23 juin, entre 20 et 22 heures, sur XM Radio et sur Internet.
26 juin 2010
Un excellent restaurant!
J’adore la Louisiane. Pour l’histoire des cajuns, si proche de la nôtre. Peut-être aussi parce que c’est une vision notre future, n’en déplaise aux immobiles de la langue…
Toujours est-il que récemment, nous avons une recrudescence de voyage à destination de Lake Charles, LA. Comme pour les Lebanon, TN, qui viennent du même client, je crois que j’en ai plus que ma part, et pour la même raison : j’habite à deux pas de l’usine qui nous les fournit! Je ne m’en plaindrai surtout pas, si ce n’est qu’ils sont trop pompier (ça, ce n’était pas grave jusqu’à ce soir!). J’adore ce secteur. Il y en a pour qui c’est la Californie… moi c’est la Louisiane (et le sud du Texas, et le Mississipi, et l’Alabama, et pour finir la Géorgie). Le sud-est américain, quoi! Moins glamour, mais plus humain… enfin, je crois.
J’ai toujours su, par science infuse, qu’on mange très bien en Louisiane. Probablement parce qu’il y a là-bas moins de « restaurants à chaine » et plus de restaurants indépendants. Je rêve encore d’aller manger chez Landry, chez Bergeron ou chez Préjean! Ou de tomber sur un souper-spectacle! Parce qu’en plus de la bonne bouffe, j’adore la musique cajun.
Encore faut-il en avoir le temps… et y arriver à l’heure des repas. La pêche étant aux cajuns ce que les beleuets sont aux Jeannois, il faut bien sur aimer les fruits de mer pour apprécier la cuisine cajun. Il y a quelques voyages, je suis passé à côté du buffet fruit de mer du vendredi au Kings Truck Stop d’Iowa, LA. La religion catholique voulant qu’on s’abstienne de manger de la viande le vendredi, il n’est pas rare de trouver poissons et fruits de mer dans les buffets du vendredi chez l’Oncle Sam. L’aviez-vous remarqué? Vous en savez maintenant la raison (ceci dit pour mon jeune public!).
Tout ça pour dire que je fais un spécial restaurant lorsque je traverse la Louisiane. À la recherche de la bonne bouffe. Aussi pour les Hooters, mais c’est très rare qu’un stationnement digne de recevoir un camion et sa remorque est situé près d’un Hooters. Ça fait longtemps d’ailleurs pour le Hooters… Tellement pas souvent « lay-over »…
J’y arrive! Ayant livré à Lake Charles mes boites vides, je me vois assigné, contrairement aux derniers voyages où j’ai rechargé à Lake Charles même, un chargement pour Port Neches, TX. Wow, je suis tout emballé : un changement! Même notre voyage préféré finira par devenir routinier! Je commence dès lors à chercher dans ma célèbre mémoire où je pourrais arrêter manger. Je me dis qu’entre Orange, TX et Port Neches, TX, il y a toute une panoplie de restaurant, alors je devrais bien être capable de trouver un stationnement. Hé ben non, j’avais tort! Par contre, juste avant d’arriver à mon client, une façade avait attiré mon attention : Larry’s French Market & Cajun Cafeteria. Dans ma tête, un « market », c’est un marché. Je me dis : ça doit être une épicerie avec un endroit pour y manger. Je poursuis ma route au-delà de la rue de mon client, afin de me rendre au village. Peine perdu : il y a bien quelques restaurants, mais toujours le problème de stationnement.
Je décide donc de revenir sur mes pas et d’aller « squatter » le stationnement en face de chez Larry. Il y a trois stationnement chez Larry : à chaque bout de la bâtisse, ainsi que de l’autre côté de la route. C’est ce dernier que je choisis. Et il doit servir, ce stationnement : une traverse piétonnière, avec bande peinte et feu clignotant y est disponible!
Je traverse le boulevard et j’entre. À ma surprise, les deux tiers de la surface consistent en une brasserie, le tiers restant étant une cafétéria. La caissière voyant que je n’ai aucune idée dans quoi je me suis embarqué me dit :
- C’est pour manger?
- Eee oui…
- Fais la file et prends-toi un plateau!
Tiens, une vraie cafétéria, comme à l’hôpital! Premier îlot : bar à salade. Je réussis à décoder le prix : pas cher si c’est pour accompagner un gumbo géant. Ah, il y a du gumbo, me dis-je! Va pour la salade alors. Modèle IKÉA : tu l’assembles toi-même. À ce moment, je ne sais même pas ce que ça a l’air, un gumbo. Seulement, c’est comme le met national des cajuns. Je me dois d’essayer ça, depuis le temps que j’en rêve!
Arrivé à la hauteur des plats de gumbo, ce n’est pas rassurant. Ça ressemble, vu d’en dessus, à un ragout pas trop ragoutant, justement. Et la dame remue tout ça pour en servir aux gens qui me précèdent… Eux en prennent principalement en accompagnement de leur met principal. Ça doit être comme les patates pour les Maltais : ils en mangent tellement avec tout qu’on est (la génération de moi et mes cousin-e-s) pour la plupart traumatisés des patates! Mais je m’égare… Donc, malgré l’apparence semi-douteuse, je fais un homme de moi et je me jette à l’eau. Il faut bien manger local en voyage, fut-ce un voyage d’affaire…
C’est mon tour. Je constate qu’il y en a quatre sortes!!! Et trois formats. Oh… Saucisses, poulet, crevettes et écrevisses. Ben là, ça prends des fruits de mer… Va pour la crevette!
- Gumbo géant aux crevettes.
- Ça vient sur un lit de riz…
- OK.
- Avec « ché pas quoi » ou de la salade de patates. (J’ai compris sur le coup, mais je ne me souviens plus…)
- Va pour la salade de patates.
Ça va ben adonner avec ma salade IKÉA… La dame prend la grosse bolle, étend ben du riz pour couvrir le fond, et ajoute le gumbo : ben des crevettes (encore sans pétrole, pensez-y!), ben du bouillon. Alors qu’elle manœuvre la louche, j’entends crier au loin :
- Vous buvez quoi?
Cherchant du coin de l’œil s’ils sont Coke ou Pepsi, je trouve et dis :
- Sprite.
En moins de temps qu’il en faut pour faire « pouiche » (c’est de la liqueur en fontaine!), j’ai un grand verre avec ben de la glace… Dehors, il fait près de 100 Fahrenheit (ça fait presque 38 Celsius!), alors ça prend de la glace! La non-caissière me fait une facture. Comme j’ai l’air de chercher mon argent elle me dit :
- Vous payez en sortant, près de la porte.
Déformation professionnelle. Dans de nombreux restaurants qui sont soit des buffets, soit qui s’apparente à une cafétéria, on paie en arrivant… Ils sont fou, ces américains!
Je me choisi donc une table. Je m’installe, avec mon magazine de bateau (ça fait concept avec le décor) et mes assiettes. Tout en dégustant la salade IKÉA, j’observe la décoration. Dommage, j’ai laissé la caméra dans le camion. Ça me fera une raison pour y retourner! Tout est décoré « pêcheur-marin-bateau-antique »! Je suis aux anges.
Puis, arrive le plat de résistance tant attendu. Le gumbo aux crevettes. Ce fut délicieux. Le riz, cuit préalablement à la vapeur, prend la saveur du généreux bouillon, et y termine sa cuisson. La crevette fut généreuse (il y en avait en masse!)… La saveur bien présente! Un délice… Et le format approprié pour en faire son plat principal.
À l’entrée, on annonçait le buffet fruit de mer seulement pour un peu plus de 20$, les soirs sur la fin de la semaine… Dommage, je suis reparti quand arrive le souper! Je m’en suis tiré pour moins de 15$, incluant le Sprite à 2$ (hé baptême!).
Vraiment, une adresse à conserver! Le plus drôle, c’est que ce restaurant est situé non pas en Louisiane, mais au Texas! Mais ça doit être pour ça que ça s’appelle French Market…
Larry’s French Market & Cajun Restaurant
3701 Atlantic Highway
Groves, TX 77619
P.S.: Pour nos chauffeurs : tout juste avant d’arriver au client de Port Neches, dans le village précédant…
Toujours est-il que récemment, nous avons une recrudescence de voyage à destination de Lake Charles, LA. Comme pour les Lebanon, TN, qui viennent du même client, je crois que j’en ai plus que ma part, et pour la même raison : j’habite à deux pas de l’usine qui nous les fournit! Je ne m’en plaindrai surtout pas, si ce n’est qu’ils sont trop pompier (ça, ce n’était pas grave jusqu’à ce soir!). J’adore ce secteur. Il y en a pour qui c’est la Californie… moi c’est la Louisiane (et le sud du Texas, et le Mississipi, et l’Alabama, et pour finir la Géorgie). Le sud-est américain, quoi! Moins glamour, mais plus humain… enfin, je crois.
J’ai toujours su, par science infuse, qu’on mange très bien en Louisiane. Probablement parce qu’il y a là-bas moins de « restaurants à chaine » et plus de restaurants indépendants. Je rêve encore d’aller manger chez Landry, chez Bergeron ou chez Préjean! Ou de tomber sur un souper-spectacle! Parce qu’en plus de la bonne bouffe, j’adore la musique cajun.
Encore faut-il en avoir le temps… et y arriver à l’heure des repas. La pêche étant aux cajuns ce que les beleuets sont aux Jeannois, il faut bien sur aimer les fruits de mer pour apprécier la cuisine cajun. Il y a quelques voyages, je suis passé à côté du buffet fruit de mer du vendredi au Kings Truck Stop d’Iowa, LA. La religion catholique voulant qu’on s’abstienne de manger de la viande le vendredi, il n’est pas rare de trouver poissons et fruits de mer dans les buffets du vendredi chez l’Oncle Sam. L’aviez-vous remarqué? Vous en savez maintenant la raison (ceci dit pour mon jeune public!).
Tout ça pour dire que je fais un spécial restaurant lorsque je traverse la Louisiane. À la recherche de la bonne bouffe. Aussi pour les Hooters, mais c’est très rare qu’un stationnement digne de recevoir un camion et sa remorque est situé près d’un Hooters. Ça fait longtemps d’ailleurs pour le Hooters… Tellement pas souvent « lay-over »…
J’y arrive! Ayant livré à Lake Charles mes boites vides, je me vois assigné, contrairement aux derniers voyages où j’ai rechargé à Lake Charles même, un chargement pour Port Neches, TX. Wow, je suis tout emballé : un changement! Même notre voyage préféré finira par devenir routinier! Je commence dès lors à chercher dans ma célèbre mémoire où je pourrais arrêter manger. Je me dis qu’entre Orange, TX et Port Neches, TX, il y a toute une panoplie de restaurant, alors je devrais bien être capable de trouver un stationnement. Hé ben non, j’avais tort! Par contre, juste avant d’arriver à mon client, une façade avait attiré mon attention : Larry’s French Market & Cajun Cafeteria. Dans ma tête, un « market », c’est un marché. Je me dis : ça doit être une épicerie avec un endroit pour y manger. Je poursuis ma route au-delà de la rue de mon client, afin de me rendre au village. Peine perdu : il y a bien quelques restaurants, mais toujours le problème de stationnement.
Je décide donc de revenir sur mes pas et d’aller « squatter » le stationnement en face de chez Larry. Il y a trois stationnement chez Larry : à chaque bout de la bâtisse, ainsi que de l’autre côté de la route. C’est ce dernier que je choisis. Et il doit servir, ce stationnement : une traverse piétonnière, avec bande peinte et feu clignotant y est disponible!
Je traverse le boulevard et j’entre. À ma surprise, les deux tiers de la surface consistent en une brasserie, le tiers restant étant une cafétéria. La caissière voyant que je n’ai aucune idée dans quoi je me suis embarqué me dit :
- C’est pour manger?
- Eee oui…
- Fais la file et prends-toi un plateau!
Tiens, une vraie cafétéria, comme à l’hôpital! Premier îlot : bar à salade. Je réussis à décoder le prix : pas cher si c’est pour accompagner un gumbo géant. Ah, il y a du gumbo, me dis-je! Va pour la salade alors. Modèle IKÉA : tu l’assembles toi-même. À ce moment, je ne sais même pas ce que ça a l’air, un gumbo. Seulement, c’est comme le met national des cajuns. Je me dois d’essayer ça, depuis le temps que j’en rêve!
Arrivé à la hauteur des plats de gumbo, ce n’est pas rassurant. Ça ressemble, vu d’en dessus, à un ragout pas trop ragoutant, justement. Et la dame remue tout ça pour en servir aux gens qui me précèdent… Eux en prennent principalement en accompagnement de leur met principal. Ça doit être comme les patates pour les Maltais : ils en mangent tellement avec tout qu’on est (la génération de moi et mes cousin-e-s) pour la plupart traumatisés des patates! Mais je m’égare… Donc, malgré l’apparence semi-douteuse, je fais un homme de moi et je me jette à l’eau. Il faut bien manger local en voyage, fut-ce un voyage d’affaire…
C’est mon tour. Je constate qu’il y en a quatre sortes!!! Et trois formats. Oh… Saucisses, poulet, crevettes et écrevisses. Ben là, ça prends des fruits de mer… Va pour la crevette!
- Gumbo géant aux crevettes.
- Ça vient sur un lit de riz…
- OK.
- Avec « ché pas quoi » ou de la salade de patates. (J’ai compris sur le coup, mais je ne me souviens plus…)
- Va pour la salade de patates.
Ça va ben adonner avec ma salade IKÉA… La dame prend la grosse bolle, étend ben du riz pour couvrir le fond, et ajoute le gumbo : ben des crevettes (encore sans pétrole, pensez-y!), ben du bouillon. Alors qu’elle manœuvre la louche, j’entends crier au loin :
- Vous buvez quoi?
Cherchant du coin de l’œil s’ils sont Coke ou Pepsi, je trouve et dis :
- Sprite.
En moins de temps qu’il en faut pour faire « pouiche » (c’est de la liqueur en fontaine!), j’ai un grand verre avec ben de la glace… Dehors, il fait près de 100 Fahrenheit (ça fait presque 38 Celsius!), alors ça prend de la glace! La non-caissière me fait une facture. Comme j’ai l’air de chercher mon argent elle me dit :
- Vous payez en sortant, près de la porte.
Déformation professionnelle. Dans de nombreux restaurants qui sont soit des buffets, soit qui s’apparente à une cafétéria, on paie en arrivant… Ils sont fou, ces américains!
Je me choisi donc une table. Je m’installe, avec mon magazine de bateau (ça fait concept avec le décor) et mes assiettes. Tout en dégustant la salade IKÉA, j’observe la décoration. Dommage, j’ai laissé la caméra dans le camion. Ça me fera une raison pour y retourner! Tout est décoré « pêcheur-marin-bateau-antique »! Je suis aux anges.
Puis, arrive le plat de résistance tant attendu. Le gumbo aux crevettes. Ce fut délicieux. Le riz, cuit préalablement à la vapeur, prend la saveur du généreux bouillon, et y termine sa cuisson. La crevette fut généreuse (il y en avait en masse!)… La saveur bien présente! Un délice… Et le format approprié pour en faire son plat principal.
À l’entrée, on annonçait le buffet fruit de mer seulement pour un peu plus de 20$, les soirs sur la fin de la semaine… Dommage, je suis reparti quand arrive le souper! Je m’en suis tiré pour moins de 15$, incluant le Sprite à 2$ (hé baptême!).
Vraiment, une adresse à conserver! Le plus drôle, c’est que ce restaurant est situé non pas en Louisiane, mais au Texas! Mais ça doit être pour ça que ça s’appelle French Market…
Larry’s French Market & Cajun Restaurant
3701 Atlantic Highway
Groves, TX 77619
P.S.: Pour nos chauffeurs : tout juste avant d’arriver au client de Port Neches, dans le village précédant…
9 juin 2010
Ma jeunesse par les "chars"!
Il y a quelques semaines, début mai, lors d'une de nos innombrables discussions (ou peut-être séance de picossage!) avec Isa-Le-Cherokee, j'ai eu une de mes nombreuses réponses courtes! Après de légères modifications et ajouts, je la retranscris ici pour votre bon plaisir.
*****
Quand j'étais très jeune, mon père vénérait les véhicules de la famille Chrysler, et tout spécialement le moteur V-8 318. Nous avions un Plymouth Sattellite, comme le Général Lee dans Sherriff, fais-moi peur, sur lequel j'avais dormi sur la tablette de la vitre d'en arrière en montant à Sept-Iles, chez tante Jocelyne. J'avais moins de six ans, parce que mon frère n'était pas né. Pour l'anecdote, avec ce char, mon père avait reculé dans le coin de la maison, un peu trop pompette... Donc, on a eu pendant des années une aile du char réparée mais non peinturée, et une encoche dans le coin du clapboard!!!
Ensuite, premier char neuf du paternel, un Dodge Monaco vert forêt (c'était l'époque!). Premier accident dans la famille, une femme avait embouti les deux portes (du même côté bien sur!)... Réparation très bien faite, parce que tout le reste du char a fini par se manger par la rouille (ça aussi, c'était l'époque!), sauf ces deux portes-là!
Celui que j'ai conduit illégalement: un Dodge Diplomat rouge et blanc. Et c'est drôle, parce que, en même temps que le précédent, mon oncle Marc avait un Plymouth Salon (pareil, mais brun)... et en même temps que le Diplomat, lui avait un Diplomat rouge au complet! Et les clef étaient les même! Bonjour la sécurité!
Ensuite, les huit-cylindres étant pratiquement disparus de la circulation, c'est là qu'est arrivé le Chrysler LeBaron... avec un vénérable 2,6 litres! Super confortable, mais vache comme les 2,6, 2,5 et 2,2 du temps. Et contrairement à la rumeur, si peu plus économique que le Diplomat. Vrai que ça dépend toujours de comment c'est m'né!
Un 4, c'est moins intéressant, mais continuons pareil: le 2,6 a sauté, la compagnie nous en a installé un beau neuf. Mais un beau jour, la rouille s'est installé autour des puits des amortisseurs avants. Avant que ça tombe à terre, il a bien fallu s'en débarrasser!
Arriva le Dodge Spirit rouge, un V6 3,0 litres. Ça, ça torchait solide... mais, comme toute bonne berline de bonhomme, ça ne tenait pas trop dans l'chemin. Après une an, accident de face qui détruit le nez au point de légèrement déplacer le moteur. Comme ça ne fait pas toujours des enfants forts...
Il en restait un neuf, même année, qu'on a pu avoir pour pas cher. Même mécanique. Celui-là, ma mère l'a usé, puis mon frère l'a eu après...
Dans ces années-là, jeune étudiant, après une année d'autobus de la CITS en allant au CÉGEP, mon père m'a un peu poussé dans l'cul afin que je me trouve une automobile. La perle rare fut un Ford Escort, manuelle... En peu de temps, le moteur a sauté. On l'a fait changé... mais à y penser, je ne suis pas certains que le nouveau moteur n'était vraiment mieux que celui qu'il remplaçait!
Comme mon père pensait à changer son pick-up, je lui ai proposé de vendre mon Escort et de l'échanger avec ledit camion. Je me suis donc ramasser avec un Mazda B2000, l'original! On pourrait dire: dans l'temps que c'était des Mazda, pas des Ford!
À mon premier été sur la route, ma mission consistait à aller rejoindre la famille au chalet à Ferland-Boileau. De mon Jonquière natal, comptez environ une heure... Je suis monté en tabarnak! Le Mazda, y marchait pas rien qu'un peu... et ça tenant quand même bien dans l'chemin! 17 ans, nouveau chauffeur... 140 km-h! En entrant dans le village de Boileau, à 15 minutes d'arrivée au but... Shit, c'était la police! Mon premier ticket de radar. Je me suis juré que c'était mon dernier... et ça a tenu pendant un très long moment (une bonne dizaine d'année!).
Après le Mazda, je me suis trouvé une vrai job, pour la Société Radio-Canada. Vint donc le moment de me trouver un vrai char. Avant que vous de faisiez dans vos culottes, je qualifie de vrai char, dans ce cas-ci, un véhicule qui pourra être possédé à long terme. L'histoire s'écrira d'ailleurs à TRÈS long terme!
Étant génétiquement vendu moi aussi à Chrysler, nous avons fait la tourner des concessionnaires. L'un d'eux avait la perle: un Plymouth Sundance de curé! 4 ans, 40 000 km, pour la moitié de sa valeur initiale. Après un essai, et toutes les technicalités, je me suis retrouvé seul, tard le soir sur la route!
En peu de temps, j'ai réalisé qu'avoir dépensé plus pour un neuf, ou une sportive, ne m'aurais donné aucun satisfaction supplémentaire. J'étais heureux! Et il me restait de l'argent!
Après onze ans, arrivé à 325 000 km, il a fini par rendre l'âme! J'ai remercié le ciel pour avoir déniché un si bon véhicule!
À ce moment, Caro, et assez vite, une petite Sarah, étaient arrivé dans ma vie. C'est d'ailleurs Caro qui a profité des derniers moments plus que moi.
Sans véhicule, nous avons dû magasiner en catastrophe. Chanceux dans notre malchance, nous avons déniché une vielle Volkswagen Passat. Même âge que le Sundance, mais un peu moins de 200 000 km. Pas jeune, mais en ordre, récemment remonté, etc. Un autre char de curé. La blonde du vendeur, qui n'aimait pas conduire une manuelle, avait hérité du Pontiac Grand Am de son grand-père, qui avait décidé de cesser de conduire.
Par mon frère, qui avait lui une Jetta ancestrale, nous étions devenu vendu à Volks. Nous aurions préféré une Diesel, mais dans le délai requis, il a bien fallu faire un compromis! Pour la petite histoire, nous avons roulé le Passat pendant dix-huit mois, au cout de revient de 100$ par mois! Lorsqu'il nous a lâché (l'embrayage), ça ne nous a pas vraiment dérangé. Comme dirait ma mère: la crème était sorti de d'dans!
Un événement heureux était arrivé pendant ce temps. J'avais complété le paiement de ma Harley. Ça dégageait donc l'équivalent d'un vrai paiement de voiture. Malgré que nous avions prévu prendre le temps de magasiner pour le prochain, évidemment que nous avons été un peu pris de court. Par contre, nous avions maintenant un vrai budget à y consacrer.
J'avais un seul critère: vu notre kilométrage élevé, une cinquantaine de miliers de kilomètres par année, le moteur devait fonctionné au Diesel. Ça en élimine une bonne gang! Caro avait elle aussi un seul critère: n'importe quelle couleur sauf gris-argent. Ça, c'est un peu plus compliqué. Les Jetta sont tous gris. En tout cas, à l'époque, c'était vrai!
À notre premier arrêt, chez Joliette VW, il y avait dans le coin de la cour, celui que nous avons baptisé Le Bleu. En passant, un excellent concessionnaire, tant pour la vente que pour le service. Nous avons bien fait la tournée, mais c'était toujours Le Bleu qui ressortait du lot. Nous avons donc sauté dessus. C'est le cas de le dire, car pendant que nous achètions, il aurait été vendu! Environ à 10 heures le lundi matin.
Nous roulons cette perle, sans problème, depuis ce temps. Pour l'avenir, Caro meurt pour un Tiguan. Moi, en bon bonhomme à chapeau, je penche plus vers la Passat CC.
De son côté, ma mère est présentement l'heureuse propriétaire d'un Chrysler Sebring, avec le 2,7.
Ça complète le portrait de mes 23 ans sur la route.
P.S.: Lorsque j'avais l'âge du primaire, notre locataire avait une Firebird 454 (6,6 litres)... et elle m'emmenait à l'école avec! Bon, l'hiver, je payais pour: son char de brosse, c'était une Tercel! Mais elle m'emmenait quand même!!!
*****
Quand j'étais très jeune, mon père vénérait les véhicules de la famille Chrysler, et tout spécialement le moteur V-8 318. Nous avions un Plymouth Sattellite, comme le Général Lee dans Sherriff, fais-moi peur, sur lequel j'avais dormi sur la tablette de la vitre d'en arrière en montant à Sept-Iles, chez tante Jocelyne. J'avais moins de six ans, parce que mon frère n'était pas né. Pour l'anecdote, avec ce char, mon père avait reculé dans le coin de la maison, un peu trop pompette... Donc, on a eu pendant des années une aile du char réparée mais non peinturée, et une encoche dans le coin du clapboard!!!
Ensuite, premier char neuf du paternel, un Dodge Monaco vert forêt (c'était l'époque!). Premier accident dans la famille, une femme avait embouti les deux portes (du même côté bien sur!)... Réparation très bien faite, parce que tout le reste du char a fini par se manger par la rouille (ça aussi, c'était l'époque!), sauf ces deux portes-là!
Celui que j'ai conduit illégalement: un Dodge Diplomat rouge et blanc. Et c'est drôle, parce que, en même temps que le précédent, mon oncle Marc avait un Plymouth Salon (pareil, mais brun)... et en même temps que le Diplomat, lui avait un Diplomat rouge au complet! Et les clef étaient les même! Bonjour la sécurité!
Ensuite, les huit-cylindres étant pratiquement disparus de la circulation, c'est là qu'est arrivé le Chrysler LeBaron... avec un vénérable 2,6 litres! Super confortable, mais vache comme les 2,6, 2,5 et 2,2 du temps. Et contrairement à la rumeur, si peu plus économique que le Diplomat. Vrai que ça dépend toujours de comment c'est m'né!
Un 4, c'est moins intéressant, mais continuons pareil: le 2,6 a sauté, la compagnie nous en a installé un beau neuf. Mais un beau jour, la rouille s'est installé autour des puits des amortisseurs avants. Avant que ça tombe à terre, il a bien fallu s'en débarrasser!
Arriva le Dodge Spirit rouge, un V6 3,0 litres. Ça, ça torchait solide... mais, comme toute bonne berline de bonhomme, ça ne tenait pas trop dans l'chemin. Après une an, accident de face qui détruit le nez au point de légèrement déplacer le moteur. Comme ça ne fait pas toujours des enfants forts...
Il en restait un neuf, même année, qu'on a pu avoir pour pas cher. Même mécanique. Celui-là, ma mère l'a usé, puis mon frère l'a eu après...
Dans ces années-là, jeune étudiant, après une année d'autobus de la CITS en allant au CÉGEP, mon père m'a un peu poussé dans l'cul afin que je me trouve une automobile. La perle rare fut un Ford Escort, manuelle... En peu de temps, le moteur a sauté. On l'a fait changé... mais à y penser, je ne suis pas certains que le nouveau moteur n'était vraiment mieux que celui qu'il remplaçait!
Comme mon père pensait à changer son pick-up, je lui ai proposé de vendre mon Escort et de l'échanger avec ledit camion. Je me suis donc ramasser avec un Mazda B2000, l'original! On pourrait dire: dans l'temps que c'était des Mazda, pas des Ford!
À mon premier été sur la route, ma mission consistait à aller rejoindre la famille au chalet à Ferland-Boileau. De mon Jonquière natal, comptez environ une heure... Je suis monté en tabarnak! Le Mazda, y marchait pas rien qu'un peu... et ça tenant quand même bien dans l'chemin! 17 ans, nouveau chauffeur... 140 km-h! En entrant dans le village de Boileau, à 15 minutes d'arrivée au but... Shit, c'était la police! Mon premier ticket de radar. Je me suis juré que c'était mon dernier... et ça a tenu pendant un très long moment (une bonne dizaine d'année!).
Après le Mazda, je me suis trouvé une vrai job, pour la Société Radio-Canada. Vint donc le moment de me trouver un vrai char. Avant que vous de faisiez dans vos culottes, je qualifie de vrai char, dans ce cas-ci, un véhicule qui pourra être possédé à long terme. L'histoire s'écrira d'ailleurs à TRÈS long terme!
Étant génétiquement vendu moi aussi à Chrysler, nous avons fait la tourner des concessionnaires. L'un d'eux avait la perle: un Plymouth Sundance de curé! 4 ans, 40 000 km, pour la moitié de sa valeur initiale. Après un essai, et toutes les technicalités, je me suis retrouvé seul, tard le soir sur la route!
En peu de temps, j'ai réalisé qu'avoir dépensé plus pour un neuf, ou une sportive, ne m'aurais donné aucun satisfaction supplémentaire. J'étais heureux! Et il me restait de l'argent!
Après onze ans, arrivé à 325 000 km, il a fini par rendre l'âme! J'ai remercié le ciel pour avoir déniché un si bon véhicule!
À ce moment, Caro, et assez vite, une petite Sarah, étaient arrivé dans ma vie. C'est d'ailleurs Caro qui a profité des derniers moments plus que moi.
Sans véhicule, nous avons dû magasiner en catastrophe. Chanceux dans notre malchance, nous avons déniché une vielle Volkswagen Passat. Même âge que le Sundance, mais un peu moins de 200 000 km. Pas jeune, mais en ordre, récemment remonté, etc. Un autre char de curé. La blonde du vendeur, qui n'aimait pas conduire une manuelle, avait hérité du Pontiac Grand Am de son grand-père, qui avait décidé de cesser de conduire.
Par mon frère, qui avait lui une Jetta ancestrale, nous étions devenu vendu à Volks. Nous aurions préféré une Diesel, mais dans le délai requis, il a bien fallu faire un compromis! Pour la petite histoire, nous avons roulé le Passat pendant dix-huit mois, au cout de revient de 100$ par mois! Lorsqu'il nous a lâché (l'embrayage), ça ne nous a pas vraiment dérangé. Comme dirait ma mère: la crème était sorti de d'dans!
Un événement heureux était arrivé pendant ce temps. J'avais complété le paiement de ma Harley. Ça dégageait donc l'équivalent d'un vrai paiement de voiture. Malgré que nous avions prévu prendre le temps de magasiner pour le prochain, évidemment que nous avons été un peu pris de court. Par contre, nous avions maintenant un vrai budget à y consacrer.
J'avais un seul critère: vu notre kilométrage élevé, une cinquantaine de miliers de kilomètres par année, le moteur devait fonctionné au Diesel. Ça en élimine une bonne gang! Caro avait elle aussi un seul critère: n'importe quelle couleur sauf gris-argent. Ça, c'est un peu plus compliqué. Les Jetta sont tous gris. En tout cas, à l'époque, c'était vrai!
À notre premier arrêt, chez Joliette VW, il y avait dans le coin de la cour, celui que nous avons baptisé Le Bleu. En passant, un excellent concessionnaire, tant pour la vente que pour le service. Nous avons bien fait la tournée, mais c'était toujours Le Bleu qui ressortait du lot. Nous avons donc sauté dessus. C'est le cas de le dire, car pendant que nous achètions, il aurait été vendu! Environ à 10 heures le lundi matin.
Nous roulons cette perle, sans problème, depuis ce temps. Pour l'avenir, Caro meurt pour un Tiguan. Moi, en bon bonhomme à chapeau, je penche plus vers la Passat CC.
De son côté, ma mère est présentement l'heureuse propriétaire d'un Chrysler Sebring, avec le 2,7.
Ça complète le portrait de mes 23 ans sur la route.
P.S.: Lorsque j'avais l'âge du primaire, notre locataire avait une Firebird 454 (6,6 litres)... et elle m'emmenait à l'école avec! Bon, l'hiver, je payais pour: son char de brosse, c'était une Tercel! Mais elle m'emmenait quand même!!!
18 mai 2010
Syndicat, regroupement et autres associations professionnelles
Bon... j’ai reçu récemment une invitation, via Facebook, pour un groupe. Celui-ci concerne le camionnage: Seriez-vous pour la création d’une association de camionneur? Je paraphrase un brin, car j’y vais de ma déficiente mémoire. Je me dis, et je suis d’ailleurs allé l’écrire quelque part sur la page (je ne sais trop où, car j’ai été incapable de me retrouver!): n’en a-t-on pas déjà assez? Il y en a pour les grosses compagnies, en lots complets comme en lots brisés, les petites compagnies, les propriétaires-exploitants (en langage de camionneurs: les "brokers"), les chauffeurs, les transporteurs privés et quoi encore? Et ce ne serait pas suffisant? Une autre association aurait besoin d’être créé? Il fallait que j’investigue (???) plus profondément.
La lecture des entrées sur ladite page m’indiqua quelques premiers points. Ça se picosse, ça s’astine, ça se gosse, ça se traite de tous les noms... Hmmm, un air de déjà vu, que je n’arrive pas à identifier. Évidemment, on voit vite arriver l’opposition association-syndicat. Et toute la clique d’antisyndicaux s’en donne à cœur-joie. Tiens, comme trop souvent... Comme je n’en vois pas l’utilité (d’une éventuelle nouvelle association), et j’ajouterais que je ne comprends pas vraiment le but (et que, malgré les apparences, je ne clique pas à tout vent gratuitement (en plus, toute la page est publique), je m’abstiens donc de m’inscrire à cette page. Par contre, je garde l’invitation, afin de me souvenir d’y revenir un peu plus tard. Entre autre parce que quelqu’un a écrit: Invitez vos ami-e-s, vous verrez bien une fois que la page aura un nombre suffisant d’adepte (qui n’est pas préciser...).
Quelques semaines plus tard, la vie de camionneur étant ce qu’elle ait (et la famille passant bien avant les Internets, malgré ce qu’en dise ma Caro), je retourne sur la page. En fait, une autre invitation, avec un nom légèrement différent (selon ma mémoire, mais ça fait quand même un bout, alors je n’en suis pas si sur) m’invite à m’y attarder de nouveau. Me revoici donc sur la page, à lire encore une fois les messages. Pour me rendre compte que ladite page était l’ancienne, dont le nom a été modifié (faisant ainsi de ceux qui voulaient une association des membres, tout autant d’ailleurs que ceux qui étaient membres (de la page), mais n’en voulaient pas (de l’association), ou ont déjà participé dans le passé, ce qui leur a laissé de biens mauvais souvenirs), comme si ceux qui discutaient de la chose allaient automatiquement devenir membre... Moi, ça me laisse un goût d’empicettage! Il me semble que de créer une autre page aurait été plus approprié. Mais bon, ça doit être mon petit côté structuré... Je constate donc à ce moment que la page à maintenant plus de 500 adeptes. Tiens, ce devait être ça le chiffre magique!
Je découvre donc aussi, au fil de la lecture des commentaires, que la page origine, plus ou moins directement, de Truck Stop Québec et de l’émission sur XM Radio (dont je n'ai pu trouvé de trace ni sur le site de la radio, ni sur le site de TSQ). Ah, voilà donc ce qui draine les adeptes. Ce qu’on y lit s’explique mieux!
Je finis par comprendre que ce dont il est question est en fait, du moins ce que je peux en comprendre, de la reconnaissance d’un statut professionnel au métier de camionneur. Ah, bon, on commence à se comprendre! Y’était temps... Et pourquoi, après avoir calé toutes les "maudites associations des maudites grosses compagnies sales", personne n’avait, au moment de ma dernière visite, mentionné l’APRAC, un tantinet plus connu sous l'acronyme anglais OBAC? Peut-être parce que c’est canadian? L’OBAC, parce qu’il faut encore le préciser, est le pendant canadian de l’OOIDA américain. En fait, c’est une association de propriétaires-exploitants et de chauffeurs indépendants (ce dont il faudrait obtenir une définition!).
On en arrive donc au vif du sujet. Les camionneurs devraient avoir une reconnaissance professionnelle? Jusque là, j’en suis. Pour ça, il y a l’Office des Professions du Québec, qui pourrait faire avec les camionneurs comme avec les architectes, les infirmières, et qui encore... Non? Trop simple, probablement!
Pourtant, ce que tous demandent, sur la page, c’est une permission de faire n’importe quoi, généralement dans l’illégalité! Pourquoi doit-on respecter les lois? Câlice, vous ne voulez qu’avoir le droit de plus fourrer l’système d’avantage? Là, je débarque! Où voyez-vous dans cela du professionnalisme nécessitant reconnaissance? Comprenons-nous bien, je ne suis pas pour toutes ces entraves à notre travail. Pour une seule raison par contre: parce que je suis bien capable de respecter les lois par moi-même! Pas parce que j’ai besoin qu’on me laisse l’occasion d’en faire plus au-delà des limites légales, quelles qu’elles soient! J’ai déjà dit qu’on doit en tout temps respecter les lois, et que si une loi ne fait pas notre affaire, de lutter à la faire changer. Entretemps, il faut quand même continuer à la respecter, sauf dans le cadre d’une manifestation organisée.
Quelques phrases édifiantes que j’ai trouvé (j’y vais de mémoire, soyez indulgent), avec ma réaction entre parenthèses:
- Les camionneurs sont des libertariens (ben là, avez-vous fait un sondage? J’ose imaginer que, comme dans la société, il y a une proportion de gens de la gauche, de la droite et du centre... et de libertariens, parce que ceux-ci ne veulent surtout pas être associés à la droite. Par définition, un camionneur est un être solitaire, d’où la difficulté des les regrouper en association, quelle qu’elle soit.)
- Ceux qui sortent du CFTC et du CFTR sont des imbéciles qu’on a emplis, qui ne veulent que conduire un gros Pete chromé et faire de la Calif (wow, surement quelqu’un qui n’a jamais fréquenté ces écoles... parce que je ne considère pas que le CFTC (dans mon cas) ne m’a tracé un mauvais portrait du travail de camionneur, qu’ils m’ont fait réaliser qu’un camion, c’est avant tout un outil de travail, que ce travail est difficile, mal reconnu, mal rémunéré, et quoi d’autre? Bref, ce n’est pas parce que je n’ai pas payé 10 000$ pour ma formation que je suis moins bon pour autant. Et comment que j’en ai vu, des chauffeurs sortis d’écoles de conduite moches qui ne servent qu’à te faire obtenir ta classe 1: oh my! Et dire qu’ils ont payé pour leur formation.)
- Les grosses compagnies, c’est d’la marde (les Robert, Guilbault et autres Transforce ont leurs qualités comme leurs défauts, comme toutes les autres. Un premier problème des biens des chauffeurs est de savoir ce qu’ils veulent pour eux-mêmes. Ces compagnies doivent bien combler les désirs de leurs chauffeurs...)
Édifiant... Bien sur, on sait d’où ça vient. Ça ne peut pas aller dans une autre direction...
Bon, il faut croire que personne ne connait encore la reconnaissance professionnelle Routier à 100%. Évidemment non, vu de cette source, car cette reconnaissance découle du magazine concurrant. Maudit manie des magazines spécialisés de devenir beaucoup plus un album de famille (au sens italien du terme) qu'un véritable organe d'information!
Tout ce beau monde devrait tout d’abord prendre conscience que le problème ne vient pas nécessairement de toute la panoplie d’irritants qui font parti de notre beau métier. Le problème de base est bien plus, selon moi (et ça vaut ce que ça vaut!), la non-rémunération de tous ces irritants! Où dit autrement, le problème, c’est tout le bénévolat qui est attendu de la part de nos patrons, qui est considéré comme faisant parti de la paye, ou qui "sera rémunéré si le client paye"!
Notre travail est bien payé, pour la portion où l’on roule à vitesse d’autoroute. Mais pour tout le reste, ça fait dur! Temps d’attente? Temps pour les bris? Temps pour les douanes? Temps pour l’inspection? Temps pour tout le temps passé au bureau avant de vraiment partir? Bé-né-vo-lat! Frais de repas, de téléphone (interurbain et cellulaire), de compensation pour vie familiale difficile? Si vous avez un éclat de rire, vous êtes déjà parmi les chanceux! Heureusement, on a de bon (gros) retour d’impôt (à condition d’avoir un comptable qui connait le merveilleux monde du transport, ce qui n’est pas donné à tous) pour compenser. Si votre patron n’a pas la merveilleuse idée de vous payer moins de salaire pour y ajouter un per diem (là, vous êtes mieux d’avoir un bon comptable!) afin que LUI économise en impôts... Ou qu'il vous pait à "tant par semaine, montant fixe, plus tant de per diem, plus le reste en argent comptant". Impossible d'emprunter avec ce genre de paye. Et bonjour les dégâts si tu dois recevoir des prestations d'assurance-emploi ou de la CSST! La moitié de moins que rien officiel, ça ne donne pas grand beurre sur ton pain! Les seuls chauffeurs qui aimaient cette façon d'être payé sont ceux qui avaient une pension alimentaire à payer... "Votre honneur, mon client fait tellement pitié, il ne gagne presque rien pour quatre-vingt heures de travail par semaine!" Pfff, belle mentalité envers ton enfant!
Je vais me répéter, mais lorsqu’on demande une pelle mécanique pour creuser chez nous, on se doit de payer disons 100$ de l’heure. Et si, parce qu’on n’a pas pensé au camion pour charrier la terre, l’opérateur de pelle doit attendre tout l’avant-midi, il va facturer son temps d’attente au même tarif. Pourquoi est-ce que ça ne fonctionne pas comme ça dans le transport? Le camion n’avance pas parce que le client le retient au quai? Il n’y a qu’à facturer à grand frais! Certaines compagnies le font, et curieusement, celles-là passent régulièrement devant d’autres qui ne le font pas au moment du chargement ou du déchargement.
On s’est toujours laissé dire que la rémunération au mile venait de la possibilité indirecte de nous pousser dans l’cul. Et on a là le défaut de la qualité. C’est cette façon de payer qui fait qu’un chauffeur qui "fourre le système le plus possible" pourra avoir une plus grosse paye qu’un chauffeur qui respecte les lois. Pour moi, ce n’est pas normal! C’est même décourageant. Et on ne parle pas de ceux qui se déclare comme agence de chauffeur à un chauffeur (lire "payé à leur compte"), aux limites de la légalité, afin de s’imaginer qu’ils sont mieux payer, parce qu’ils sont supposés de "payer leurs frais (impôts et autres)" par eux-mêmes. Ceux-là ont souvent en plus le front de demander les mêmes avantages que les chauffeurs dit "sur la liste de paye"! Ou des différentes façons créatives des compagnies de nous offrir notre paye (avec per diem ou non, plus au mile et moins aux cueillettes-livraisons, moins au mile et plus aux cueillettes-livraisons) rendant quasi impossible toute comparaison entre les différentes compagnies.
Tout ça pour dire qu’il existe une belle structure afin de s’unir et de revendiquer des conditions de travail et de rémunérations améliorés. On appelle ça un syndicat! Le mot qui fait peur... ou fait fuir dès qu’on le prononce dans le monde du transport. Évidemment, on parle dans ce cas d’un travail de longue halène, compagnie par compagnie. Ce n’est pas exactement le propos de cette "requête" en association. Évidemment, j’entends déjà les haut-cris sur tous les défauts des syndicats. Il y a là encore des qualités et des défauts… Dans la vie, ou bedons tu endures ce que ton bon patron t’offre comme conditions (au sens très général), ou bedons tu t’organises pour améliorer ton sort (en solo), ou le sort de tes confrères (en groupe). D’ailleurs, un autre des défauts dans le monde du transport, c’est qu’au lieu de travailler à améliorer son travail, la plupart du temps, un chauffeur changera de compagnie, laissant le problème à celui qui le remplacera! Belle mentalité!
On en arrive donc à un point où, et je l’ai lu sur la page précitée, on pourrait fonctionner dans le transport comme dans la construction. Dans les deux cas, il y a beaucoup de travailleurs, qui sont classés (qui pourraient, dans le cas du transport) en différentes catégories professionnelles (on pourrait avoir: boite fermé, plate-forme, réfrigéré, réservoir solide ou liquide, B-Train, train routier, Québec, Canada, États-Unis, matières dangereuses, différentes cartes de sécurité, etc...) qui amène une rémunération en conséquence, et peu importe qui est l’employeur selon les saisons et les années. Dans le transport comme dans la construction, il n’est pas rare que dans une carrière, un chauffeur aura plusieurs employeurs. Et pour corriger une lacune du monde de la construction, n’oublions pas une bonification salariale ajustée avec l’expérience. Le tout agrémenté des avantages sociaux normaux (fonds de pension, assurances diverses, etc...) qui te suivent toute ta carrière, peu importe les employeurs impliqués. Tant qu’à faire de quoi...
Il faudrait aussi (et c’est ici que je me fais lancer des roches!) qu’il y ait un moyen de vérifier le respect des lois actuelles. Comme la sempiternelle "boite noire". Ce n’est pas parce que les clients, à chaque extrémité, ne sont pas capables de prévoir le temps requis pour effectuer le travail que le chauffeur doit écoper! Déjà, à chaque fois qu’on ne respecte pas la loi "afin d’être là à temps" pour que tout le monde soit content, et je m’inclus là-dedans, on ne se donne pas de chance. Même en respectant les lois, en fait, ce devrait être une condition sine qua non, on devrait être capable de recevoir une rémunération plus que raisonnable.
Pour se faire entendre, pourquoi ne pas faire comme les motocyclistes, avec le CAPM? Le Comité d’Action Politique Motocycliste est composé de quelques membres, ceux qui font le travail de représentation et de revendication, et de milliers de partisans, ceux qui les appuient, moralement et financièrement. Le CAPM s’est faire reconnaitre comme le seul interlocuteur du monde motocycliste pour tout ce qui est des lois et des politiques. Ils sont même représentés à la Table de concertation sur les transports. Pourquoi pas un Comité d’Action Politique des Camionneurs?
Pour conclure, on arrive alors aux fameuses lois du marché. On aura beau faire toutes les démarches que nous voulons, obtenir tous les avantages que nous désirons, il y aura toujours une compagnie quelque part pour nous couper l’herbe sous le pied. C’est déjà le cas dans nos régions, au Québec, au Canada, ou même aux États-Unis (on connait leurs propensions aux revendications et aux syndicats). Alors si les chauffeurs du Québec, à très haut niveau, font de quelquonques gains, nos patrons se feront faire le coup du coupeux d’prix par les autres compagnies. Si ce n’est pas d’ici, comme maintenant, ce sera de nos voisins...
Il y aura toujours quelqu’un pour faire le travail pour moins chers! C’est d’ailleurs un des problèmes, qui se répercute jusqu’à nous les chauffeurs, du merveilleux monde du transport: tous acceptent de faire le travail pour moins cher que le voisin! Souvent même à un cout qui ne couvre même pas leur frais! Pour une poignée de compagnie, de différentes grosseurs, qui tienne leur bout question tarification, il y en a tant qui feront le travail pour moins cher. Belle mentalité!
De notre côté, les chauffeurs, commençons donc par respecter les lois actuelles, ce serait déjà un début, et un commencement de l'ombre d'un chamboulement de la quiétude habituelle.
La lecture des entrées sur ladite page m’indiqua quelques premiers points. Ça se picosse, ça s’astine, ça se gosse, ça se traite de tous les noms... Hmmm, un air de déjà vu, que je n’arrive pas à identifier. Évidemment, on voit vite arriver l’opposition association-syndicat. Et toute la clique d’antisyndicaux s’en donne à cœur-joie. Tiens, comme trop souvent... Comme je n’en vois pas l’utilité (d’une éventuelle nouvelle association), et j’ajouterais que je ne comprends pas vraiment le but (et que, malgré les apparences, je ne clique pas à tout vent gratuitement (en plus, toute la page est publique), je m’abstiens donc de m’inscrire à cette page. Par contre, je garde l’invitation, afin de me souvenir d’y revenir un peu plus tard. Entre autre parce que quelqu’un a écrit: Invitez vos ami-e-s, vous verrez bien une fois que la page aura un nombre suffisant d’adepte (qui n’est pas préciser...).
Quelques semaines plus tard, la vie de camionneur étant ce qu’elle ait (et la famille passant bien avant les Internets, malgré ce qu’en dise ma Caro), je retourne sur la page. En fait, une autre invitation, avec un nom légèrement différent (selon ma mémoire, mais ça fait quand même un bout, alors je n’en suis pas si sur) m’invite à m’y attarder de nouveau. Me revoici donc sur la page, à lire encore une fois les messages. Pour me rendre compte que ladite page était l’ancienne, dont le nom a été modifié (faisant ainsi de ceux qui voulaient une association des membres, tout autant d’ailleurs que ceux qui étaient membres (de la page), mais n’en voulaient pas (de l’association), ou ont déjà participé dans le passé, ce qui leur a laissé de biens mauvais souvenirs), comme si ceux qui discutaient de la chose allaient automatiquement devenir membre... Moi, ça me laisse un goût d’empicettage! Il me semble que de créer une autre page aurait été plus approprié. Mais bon, ça doit être mon petit côté structuré... Je constate donc à ce moment que la page à maintenant plus de 500 adeptes. Tiens, ce devait être ça le chiffre magique!
Je découvre donc aussi, au fil de la lecture des commentaires, que la page origine, plus ou moins directement, de Truck Stop Québec et de l’émission sur XM Radio (dont je n'ai pu trouvé de trace ni sur le site de la radio, ni sur le site de TSQ). Ah, voilà donc ce qui draine les adeptes. Ce qu’on y lit s’explique mieux!
Je finis par comprendre que ce dont il est question est en fait, du moins ce que je peux en comprendre, de la reconnaissance d’un statut professionnel au métier de camionneur. Ah, bon, on commence à se comprendre! Y’était temps... Et pourquoi, après avoir calé toutes les "maudites associations des maudites grosses compagnies sales", personne n’avait, au moment de ma dernière visite, mentionné l’APRAC, un tantinet plus connu sous l'acronyme anglais OBAC? Peut-être parce que c’est canadian? L’OBAC, parce qu’il faut encore le préciser, est le pendant canadian de l’OOIDA américain. En fait, c’est une association de propriétaires-exploitants et de chauffeurs indépendants (ce dont il faudrait obtenir une définition!).
On en arrive donc au vif du sujet. Les camionneurs devraient avoir une reconnaissance professionnelle? Jusque là, j’en suis. Pour ça, il y a l’Office des Professions du Québec, qui pourrait faire avec les camionneurs comme avec les architectes, les infirmières, et qui encore... Non? Trop simple, probablement!
Pourtant, ce que tous demandent, sur la page, c’est une permission de faire n’importe quoi, généralement dans l’illégalité! Pourquoi doit-on respecter les lois? Câlice, vous ne voulez qu’avoir le droit de plus fourrer l’système d’avantage? Là, je débarque! Où voyez-vous dans cela du professionnalisme nécessitant reconnaissance? Comprenons-nous bien, je ne suis pas pour toutes ces entraves à notre travail. Pour une seule raison par contre: parce que je suis bien capable de respecter les lois par moi-même! Pas parce que j’ai besoin qu’on me laisse l’occasion d’en faire plus au-delà des limites légales, quelles qu’elles soient! J’ai déjà dit qu’on doit en tout temps respecter les lois, et que si une loi ne fait pas notre affaire, de lutter à la faire changer. Entretemps, il faut quand même continuer à la respecter, sauf dans le cadre d’une manifestation organisée.
Quelques phrases édifiantes que j’ai trouvé (j’y vais de mémoire, soyez indulgent), avec ma réaction entre parenthèses:
- Les camionneurs sont des libertariens (ben là, avez-vous fait un sondage? J’ose imaginer que, comme dans la société, il y a une proportion de gens de la gauche, de la droite et du centre... et de libertariens, parce que ceux-ci ne veulent surtout pas être associés à la droite. Par définition, un camionneur est un être solitaire, d’où la difficulté des les regrouper en association, quelle qu’elle soit.)
- Ceux qui sortent du CFTC et du CFTR sont des imbéciles qu’on a emplis, qui ne veulent que conduire un gros Pete chromé et faire de la Calif (wow, surement quelqu’un qui n’a jamais fréquenté ces écoles... parce que je ne considère pas que le CFTC (dans mon cas) ne m’a tracé un mauvais portrait du travail de camionneur, qu’ils m’ont fait réaliser qu’un camion, c’est avant tout un outil de travail, que ce travail est difficile, mal reconnu, mal rémunéré, et quoi d’autre? Bref, ce n’est pas parce que je n’ai pas payé 10 000$ pour ma formation que je suis moins bon pour autant. Et comment que j’en ai vu, des chauffeurs sortis d’écoles de conduite moches qui ne servent qu’à te faire obtenir ta classe 1: oh my! Et dire qu’ils ont payé pour leur formation.)
- Les grosses compagnies, c’est d’la marde (les Robert, Guilbault et autres Transforce ont leurs qualités comme leurs défauts, comme toutes les autres. Un premier problème des biens des chauffeurs est de savoir ce qu’ils veulent pour eux-mêmes. Ces compagnies doivent bien combler les désirs de leurs chauffeurs...)
Édifiant... Bien sur, on sait d’où ça vient. Ça ne peut pas aller dans une autre direction...
Bon, il faut croire que personne ne connait encore la reconnaissance professionnelle Routier à 100%. Évidemment non, vu de cette source, car cette reconnaissance découle du magazine concurrant. Maudit manie des magazines spécialisés de devenir beaucoup plus un album de famille (au sens italien du terme) qu'un véritable organe d'information!
Tout ce beau monde devrait tout d’abord prendre conscience que le problème ne vient pas nécessairement de toute la panoplie d’irritants qui font parti de notre beau métier. Le problème de base est bien plus, selon moi (et ça vaut ce que ça vaut!), la non-rémunération de tous ces irritants! Où dit autrement, le problème, c’est tout le bénévolat qui est attendu de la part de nos patrons, qui est considéré comme faisant parti de la paye, ou qui "sera rémunéré si le client paye"!
Notre travail est bien payé, pour la portion où l’on roule à vitesse d’autoroute. Mais pour tout le reste, ça fait dur! Temps d’attente? Temps pour les bris? Temps pour les douanes? Temps pour l’inspection? Temps pour tout le temps passé au bureau avant de vraiment partir? Bé-né-vo-lat! Frais de repas, de téléphone (interurbain et cellulaire), de compensation pour vie familiale difficile? Si vous avez un éclat de rire, vous êtes déjà parmi les chanceux! Heureusement, on a de bon (gros) retour d’impôt (à condition d’avoir un comptable qui connait le merveilleux monde du transport, ce qui n’est pas donné à tous) pour compenser. Si votre patron n’a pas la merveilleuse idée de vous payer moins de salaire pour y ajouter un per diem (là, vous êtes mieux d’avoir un bon comptable!) afin que LUI économise en impôts... Ou qu'il vous pait à "tant par semaine, montant fixe, plus tant de per diem, plus le reste en argent comptant". Impossible d'emprunter avec ce genre de paye. Et bonjour les dégâts si tu dois recevoir des prestations d'assurance-emploi ou de la CSST! La moitié de moins que rien officiel, ça ne donne pas grand beurre sur ton pain! Les seuls chauffeurs qui aimaient cette façon d'être payé sont ceux qui avaient une pension alimentaire à payer... "Votre honneur, mon client fait tellement pitié, il ne gagne presque rien pour quatre-vingt heures de travail par semaine!" Pfff, belle mentalité envers ton enfant!
Je vais me répéter, mais lorsqu’on demande une pelle mécanique pour creuser chez nous, on se doit de payer disons 100$ de l’heure. Et si, parce qu’on n’a pas pensé au camion pour charrier la terre, l’opérateur de pelle doit attendre tout l’avant-midi, il va facturer son temps d’attente au même tarif. Pourquoi est-ce que ça ne fonctionne pas comme ça dans le transport? Le camion n’avance pas parce que le client le retient au quai? Il n’y a qu’à facturer à grand frais! Certaines compagnies le font, et curieusement, celles-là passent régulièrement devant d’autres qui ne le font pas au moment du chargement ou du déchargement.
On s’est toujours laissé dire que la rémunération au mile venait de la possibilité indirecte de nous pousser dans l’cul. Et on a là le défaut de la qualité. C’est cette façon de payer qui fait qu’un chauffeur qui "fourre le système le plus possible" pourra avoir une plus grosse paye qu’un chauffeur qui respecte les lois. Pour moi, ce n’est pas normal! C’est même décourageant. Et on ne parle pas de ceux qui se déclare comme agence de chauffeur à un chauffeur (lire "payé à leur compte"), aux limites de la légalité, afin de s’imaginer qu’ils sont mieux payer, parce qu’ils sont supposés de "payer leurs frais (impôts et autres)" par eux-mêmes. Ceux-là ont souvent en plus le front de demander les mêmes avantages que les chauffeurs dit "sur la liste de paye"! Ou des différentes façons créatives des compagnies de nous offrir notre paye (avec per diem ou non, plus au mile et moins aux cueillettes-livraisons, moins au mile et plus aux cueillettes-livraisons) rendant quasi impossible toute comparaison entre les différentes compagnies.
Tout ça pour dire qu’il existe une belle structure afin de s’unir et de revendiquer des conditions de travail et de rémunérations améliorés. On appelle ça un syndicat! Le mot qui fait peur... ou fait fuir dès qu’on le prononce dans le monde du transport. Évidemment, on parle dans ce cas d’un travail de longue halène, compagnie par compagnie. Ce n’est pas exactement le propos de cette "requête" en association. Évidemment, j’entends déjà les haut-cris sur tous les défauts des syndicats. Il y a là encore des qualités et des défauts… Dans la vie, ou bedons tu endures ce que ton bon patron t’offre comme conditions (au sens très général), ou bedons tu t’organises pour améliorer ton sort (en solo), ou le sort de tes confrères (en groupe). D’ailleurs, un autre des défauts dans le monde du transport, c’est qu’au lieu de travailler à améliorer son travail, la plupart du temps, un chauffeur changera de compagnie, laissant le problème à celui qui le remplacera! Belle mentalité!
On en arrive donc à un point où, et je l’ai lu sur la page précitée, on pourrait fonctionner dans le transport comme dans la construction. Dans les deux cas, il y a beaucoup de travailleurs, qui sont classés (qui pourraient, dans le cas du transport) en différentes catégories professionnelles (on pourrait avoir: boite fermé, plate-forme, réfrigéré, réservoir solide ou liquide, B-Train, train routier, Québec, Canada, États-Unis, matières dangereuses, différentes cartes de sécurité, etc...) qui amène une rémunération en conséquence, et peu importe qui est l’employeur selon les saisons et les années. Dans le transport comme dans la construction, il n’est pas rare que dans une carrière, un chauffeur aura plusieurs employeurs. Et pour corriger une lacune du monde de la construction, n’oublions pas une bonification salariale ajustée avec l’expérience. Le tout agrémenté des avantages sociaux normaux (fonds de pension, assurances diverses, etc...) qui te suivent toute ta carrière, peu importe les employeurs impliqués. Tant qu’à faire de quoi...
Il faudrait aussi (et c’est ici que je me fais lancer des roches!) qu’il y ait un moyen de vérifier le respect des lois actuelles. Comme la sempiternelle "boite noire". Ce n’est pas parce que les clients, à chaque extrémité, ne sont pas capables de prévoir le temps requis pour effectuer le travail que le chauffeur doit écoper! Déjà, à chaque fois qu’on ne respecte pas la loi "afin d’être là à temps" pour que tout le monde soit content, et je m’inclus là-dedans, on ne se donne pas de chance. Même en respectant les lois, en fait, ce devrait être une condition sine qua non, on devrait être capable de recevoir une rémunération plus que raisonnable.
Pour se faire entendre, pourquoi ne pas faire comme les motocyclistes, avec le CAPM? Le Comité d’Action Politique Motocycliste est composé de quelques membres, ceux qui font le travail de représentation et de revendication, et de milliers de partisans, ceux qui les appuient, moralement et financièrement. Le CAPM s’est faire reconnaitre comme le seul interlocuteur du monde motocycliste pour tout ce qui est des lois et des politiques. Ils sont même représentés à la Table de concertation sur les transports. Pourquoi pas un Comité d’Action Politique des Camionneurs?
Pour conclure, on arrive alors aux fameuses lois du marché. On aura beau faire toutes les démarches que nous voulons, obtenir tous les avantages que nous désirons, il y aura toujours une compagnie quelque part pour nous couper l’herbe sous le pied. C’est déjà le cas dans nos régions, au Québec, au Canada, ou même aux États-Unis (on connait leurs propensions aux revendications et aux syndicats). Alors si les chauffeurs du Québec, à très haut niveau, font de quelquonques gains, nos patrons se feront faire le coup du coupeux d’prix par les autres compagnies. Si ce n’est pas d’ici, comme maintenant, ce sera de nos voisins...
Il y aura toujours quelqu’un pour faire le travail pour moins chers! C’est d’ailleurs un des problèmes, qui se répercute jusqu’à nous les chauffeurs, du merveilleux monde du transport: tous acceptent de faire le travail pour moins cher que le voisin! Souvent même à un cout qui ne couvre même pas leur frais! Pour une poignée de compagnie, de différentes grosseurs, qui tienne leur bout question tarification, il y en a tant qui feront le travail pour moins cher. Belle mentalité!
De notre côté, les chauffeurs, commençons donc par respecter les lois actuelles, ce serait déjà un début, et un commencement de l'ombre d'un chamboulement de la quiétude habituelle.
17 mai 2010
Le Vice-Président
Dans une compagnie, il arrive souvent que nous ayons affaire au vice-président. Vous en connaissez assurément, il y en a partout.
Si la semaine va mal, on se confie à lui. Si la semaine va bien, aussi, mais il semble moins intéressé: il est meilleur pour régler les problèmes et les conflits.
Si on veut être au courant à quel point tous les autres confrères sont des incompétents, des impolis qui ne reculeront devant rien pour passer au devant des autres, si on veut savoir comment dénoncer ces gens désagréables qui demandent et reçoivent leur voyage de retour avant même d’être arrivé sur place, il est notre homme.
Si on a une demande technique ou logistique, on lui téléphone, car on a confiance en son bon jugement.
Si on veut savoir où est qui que ce soit dans la compagnie, on lui téléphone, car il est l’ami de tous.
Si on veut savoir qui est compétent, qui travaille vraiment pour les chauffeurs dans le personnel de bureau de la compagnie, en fin observateur, il est notre homme.
Si on peut redéployer la répartition pour économiser un ou des mouvements en échangeant des remorques, il nous dira qu’il avertira qui de droit, et qu’en cas de problème, il s’évertuera à faire comprendre à tout le bureau que "c’était ben mieux de la façon qu’IL a décidé de le faire".
C’est que notre homme a de l’éducation: il a entrepris un DEC en administration des affaires, qu’il a abandonné pour entreprendre un BAC en administration des affaires, malgré le fait qu’il faut un DEC complété afin d’entrer à l’université. C'est ainsi qu'il peut conseiller le grand patron sur la direction à prendre avec son entreprise!
Si on a eu une nouvelle, on se référera à lui afin de vérifier la nouvelle, ainsi que la crédibilité de la source de la nouvelle: il y a tellement de racontars sur la 401, on ne peut se fier à tous et chacun!
Si on veut savoir la différence entre un camion beau et un camion pratique, il pourra nous guider. Pourquoi se contenter de la beauté?
Si on a besoin d’un contact en haut lieu chez Kenworth, il est notre homme.
Parlant de contact en haut lieu, du temps qu’il était champion canadien de ski, il côtoyait les Trudeau et Mulroney de ce monde!
Parlant de ski, il ne compte jamais son temps afin de faire profiter, comme consultant, de ses connaissances en gestion de station de ski la grosse station dans Lanaudière ainsi que la plus grosse des Laurentides, eux qui sont si souvent incapables de résoudre les problèmes à l’interne!
Il a d’ailleurs été longtemps tiraillé car le plus gros gestionnaire de centre de ski au Canada, ne pouvant se passer des ses innombrables capacité de gestion de personnel ou technique en matière de station de ski, lui offrait un poste de gestion de la compagnie (pas juste d’une seule station, pfff) avec salaire dans les six chiffres, (camionnette, maison et déménagement fourni!). Mais tellement comblé par son travail de chauffeur à salaire durement gagné pour plus de quatre-vingt heures de travail sans reconnaissance de la part de ses si ingrats confrères, il a choisi le camionnage! Quel dévouement!
Il a un contact dans la police d’état du Vermont, alors toutes les technicalités des lois américaines, à un coup de fil près, il pourra vous les expliquer.
Il a également de nombreux amis parmi les camionneurs américains. Lorsqu’il en voit un prendre la 401, sitôt la douane de Windsor traversée, il s’informe aussitôt s’il se rend dans le grand Montréal. Lorsque c’est bien le cas, il donne à tout vents son numéro de téléphone, avec invitation à l’appel au besoin. Lui qui connait si bien la grande région de Montréal, il pourra servir de guide… et faire la conversation avec chacun d’eux à chaque semaine!
Si on se cherche un bon petit bistrot français sur la route du nord du Michigan, ou le propriétaire, si heureux de rencontrer un québécois, pourra nous nourrir presque gratuitement, il est notre homme.
Si par malheur, une douloureuse blessure nous afflige, difficilement opérable, il fera des pieds et des mains pour nous trouver un médecin rapidement.
Si on veut savoir quoi faire lorsque, dans une tempête, on a accumulé tellement de neige que la balance nous donne une infraction pour surpoids de près de 10 000 lbs, il est notre homme (apparemment, on plante le répartiteur qui ne voulait pas que la situation soit corrigée).
Il est toujours disponible pour nous aviser lorsqu’il a de beaux et longs voyages.
Curieusement, aucune nouvelle s’il a un court voyage! Probablement afin de ne pas nous affubler de sa tristesse.
Il est érudit: il lit La Presse et Ze Gazette tous les samedis matins, tranquillement en prenant un bon café. Sitôt les journaux terminés, il syntonise toujours le réseau PBS, auquel il voue un culte, ainsi qu’à ses auditeurs, afin de poursuivre l’évolution de son savoir.
Alors qu’il était affecté à la livraison d’eau à la Nouvelle-Orléans, il a pu s’entretenir des manœuvres militaires qui s’effectuaient derrière son dos, à lui et aux autres chauffeurs en attente, car il sait bien ce que font les militaires... son fils en est un, ce qui le rend si fier (ça au moins, c’est normal!).
Alors qu’il était chef national de la sécurité de la haute direction d’une grande banque canadienne à Montréal (pourtant gérer de Toronto depuis des années...), il passait ses temps libres à étudier les systèmes de sécurité des immeubles. Avec ses connaissances, il a pu conseiller l’entreprise qui installait le système de sécurité de notre nouveau garage, eux aussi si ingrats et incompétents. Malgré ses mises en garde, certains points furent négligés, et il y eut par le fait même de nombreux oublis et erreurs lors de la mise en marche du système. Bien fait pour eux, il faut toujours suivre les conseils de son vice-président.
Alors qu’il avait prétendument un problème de bouchon de réservoir de carburant, qui gelait facilement à cause de la présence d’une serrure, il l’a tout simplement cassé avec une grosse pince, au même moment où le grand patron, sorti en courant lors de son retour, allait lui conseiller de le faire. "On a pensé la même chose", lui avait dit le Vice-président!
P.S.: Il n’a pas passé des heures, retardant par le fait même deux autres chauffeurs, à chercher un tuyau que tous savaient qu’il n’existait pas, afin de sauver une réparation de crevaison, ainsi qu’un appel au responsable de la mécanique (dont se faire réveiller la nuit fait parti de la définition de tâche).
P.S. 2: Il n’a pas arraché le tandem de sa remorque en tournant trop court, le tandem reculé au maximum, au client de matelas en Géorgie, ni réparé le tout avec une barre à clou et de la broche, afin de ramener la remorque sur ses roues au garage.
P.S. 3: Il n’a pas non plus passé quatre à six heures par voyage pendant tout l’hiver sous la remorque à déglacer le plancher au petit tournevis, même après s’être fait dire plusieurs fois d’aller au lave-camion par tout le monde.
P.S. 4: Il ne négocie pas les rendez-vous à l’inverse avec le client afin d’être chargé avant ses confrères, simplement par bonté d’âme afin de leur tenir compagnie sur le chemin du retour, eux si ingrats qui ne l’attendrait pas une seule minute.
Attention, il ne faut pas confondre le vice-président et son secrétaire.
Si la semaine va mal, on se confie à lui. Si la semaine va bien, aussi, mais il semble moins intéressé: il est meilleur pour régler les problèmes et les conflits.
Si on veut être au courant à quel point tous les autres confrères sont des incompétents, des impolis qui ne reculeront devant rien pour passer au devant des autres, si on veut savoir comment dénoncer ces gens désagréables qui demandent et reçoivent leur voyage de retour avant même d’être arrivé sur place, il est notre homme.
Si on a une demande technique ou logistique, on lui téléphone, car on a confiance en son bon jugement.
Si on veut savoir où est qui que ce soit dans la compagnie, on lui téléphone, car il est l’ami de tous.
Si on veut savoir qui est compétent, qui travaille vraiment pour les chauffeurs dans le personnel de bureau de la compagnie, en fin observateur, il est notre homme.
Si on peut redéployer la répartition pour économiser un ou des mouvements en échangeant des remorques, il nous dira qu’il avertira qui de droit, et qu’en cas de problème, il s’évertuera à faire comprendre à tout le bureau que "c’était ben mieux de la façon qu’IL a décidé de le faire".
C’est que notre homme a de l’éducation: il a entrepris un DEC en administration des affaires, qu’il a abandonné pour entreprendre un BAC en administration des affaires, malgré le fait qu’il faut un DEC complété afin d’entrer à l’université. C'est ainsi qu'il peut conseiller le grand patron sur la direction à prendre avec son entreprise!
Si on a eu une nouvelle, on se référera à lui afin de vérifier la nouvelle, ainsi que la crédibilité de la source de la nouvelle: il y a tellement de racontars sur la 401, on ne peut se fier à tous et chacun!
Si on veut savoir la différence entre un camion beau et un camion pratique, il pourra nous guider. Pourquoi se contenter de la beauté?
Si on a besoin d’un contact en haut lieu chez Kenworth, il est notre homme.
Parlant de contact en haut lieu, du temps qu’il était champion canadien de ski, il côtoyait les Trudeau et Mulroney de ce monde!
Parlant de ski, il ne compte jamais son temps afin de faire profiter, comme consultant, de ses connaissances en gestion de station de ski la grosse station dans Lanaudière ainsi que la plus grosse des Laurentides, eux qui sont si souvent incapables de résoudre les problèmes à l’interne!
Il a d’ailleurs été longtemps tiraillé car le plus gros gestionnaire de centre de ski au Canada, ne pouvant se passer des ses innombrables capacité de gestion de personnel ou technique en matière de station de ski, lui offrait un poste de gestion de la compagnie (pas juste d’une seule station, pfff) avec salaire dans les six chiffres, (camionnette, maison et déménagement fourni!). Mais tellement comblé par son travail de chauffeur à salaire durement gagné pour plus de quatre-vingt heures de travail sans reconnaissance de la part de ses si ingrats confrères, il a choisi le camionnage! Quel dévouement!
Il a un contact dans la police d’état du Vermont, alors toutes les technicalités des lois américaines, à un coup de fil près, il pourra vous les expliquer.
Il a également de nombreux amis parmi les camionneurs américains. Lorsqu’il en voit un prendre la 401, sitôt la douane de Windsor traversée, il s’informe aussitôt s’il se rend dans le grand Montréal. Lorsque c’est bien le cas, il donne à tout vents son numéro de téléphone, avec invitation à l’appel au besoin. Lui qui connait si bien la grande région de Montréal, il pourra servir de guide… et faire la conversation avec chacun d’eux à chaque semaine!
Si on se cherche un bon petit bistrot français sur la route du nord du Michigan, ou le propriétaire, si heureux de rencontrer un québécois, pourra nous nourrir presque gratuitement, il est notre homme.
Si par malheur, une douloureuse blessure nous afflige, difficilement opérable, il fera des pieds et des mains pour nous trouver un médecin rapidement.
Si on veut savoir quoi faire lorsque, dans une tempête, on a accumulé tellement de neige que la balance nous donne une infraction pour surpoids de près de 10 000 lbs, il est notre homme (apparemment, on plante le répartiteur qui ne voulait pas que la situation soit corrigée).
Il est toujours disponible pour nous aviser lorsqu’il a de beaux et longs voyages.
Curieusement, aucune nouvelle s’il a un court voyage! Probablement afin de ne pas nous affubler de sa tristesse.
Il est érudit: il lit La Presse et Ze Gazette tous les samedis matins, tranquillement en prenant un bon café. Sitôt les journaux terminés, il syntonise toujours le réseau PBS, auquel il voue un culte, ainsi qu’à ses auditeurs, afin de poursuivre l’évolution de son savoir.
Alors qu’il était affecté à la livraison d’eau à la Nouvelle-Orléans, il a pu s’entretenir des manœuvres militaires qui s’effectuaient derrière son dos, à lui et aux autres chauffeurs en attente, car il sait bien ce que font les militaires... son fils en est un, ce qui le rend si fier (ça au moins, c’est normal!).
Alors qu’il était chef national de la sécurité de la haute direction d’une grande banque canadienne à Montréal (pourtant gérer de Toronto depuis des années...), il passait ses temps libres à étudier les systèmes de sécurité des immeubles. Avec ses connaissances, il a pu conseiller l’entreprise qui installait le système de sécurité de notre nouveau garage, eux aussi si ingrats et incompétents. Malgré ses mises en garde, certains points furent négligés, et il y eut par le fait même de nombreux oublis et erreurs lors de la mise en marche du système. Bien fait pour eux, il faut toujours suivre les conseils de son vice-président.
Alors qu’il avait prétendument un problème de bouchon de réservoir de carburant, qui gelait facilement à cause de la présence d’une serrure, il l’a tout simplement cassé avec une grosse pince, au même moment où le grand patron, sorti en courant lors de son retour, allait lui conseiller de le faire. "On a pensé la même chose", lui avait dit le Vice-président!
P.S.: Il n’a pas passé des heures, retardant par le fait même deux autres chauffeurs, à chercher un tuyau que tous savaient qu’il n’existait pas, afin de sauver une réparation de crevaison, ainsi qu’un appel au responsable de la mécanique (dont se faire réveiller la nuit fait parti de la définition de tâche).
P.S. 2: Il n’a pas arraché le tandem de sa remorque en tournant trop court, le tandem reculé au maximum, au client de matelas en Géorgie, ni réparé le tout avec une barre à clou et de la broche, afin de ramener la remorque sur ses roues au garage.
P.S. 3: Il n’a pas non plus passé quatre à six heures par voyage pendant tout l’hiver sous la remorque à déglacer le plancher au petit tournevis, même après s’être fait dire plusieurs fois d’aller au lave-camion par tout le monde.
P.S. 4: Il ne négocie pas les rendez-vous à l’inverse avec le client afin d’être chargé avant ses confrères, simplement par bonté d’âme afin de leur tenir compagnie sur le chemin du retour, eux si ingrats qui ne l’attendrait pas une seule minute.
Attention, il ne faut pas confondre le vice-président et son secrétaire.
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