Pour ceux qui commenceraient l'histoire, le début est ici.
*****
Ce matin, il y avait urgence. Urgence toilette, s’entends. Peut-être l’abus du maïs des Copines dans les derniers jours… Avant de retourner au camion, j’ai ramassé un bon café… ben, pas si bon en fait! La route fût belle jusqu’à l’entrée dans le grand Montréal. Et là, j’avais l’impression que "tout le monde" est en vacances, car la circulation était très légère. Bonne affaire.
J’ai trouvé mon client au pif, à Lachine. Il faut dire que c’était sur la même avenue de notre cour de transit! Une visite à l’intérieur me permit de rencontrer la dame de la réception, qui m’indiqua à quel quai m’accoster. Aussitôt que le camion s’enlèvera dudit quai. Ce qui se fit promptement. Je me suis placé au quai, et à deux chariots, ils m’ont vidé de mes sept palettes de gélatine louche! D’ailleurs, tout semblait douteux dans cet entrepôt… mais le plus effrayant est que ça se retrouve dans notre alimentation!
Une fois vide, à l’autre bout de la rue, à notre cour, afin d’échanger ma remorque vide pour une pleine à destination de Joliette. Un coup d’œil à la facture m’indique que c’est un voyage de carbone arrivant de Ville Platte, en Louisiane, client où je suis allé une fois. Client où la guérite est en plein champs, un peu avant l’usine, et où tout ce que nous avons à faire, soit ouvrir les portes, se fait sur place, alors une fois sur le terrain même de l’usine, le chauffeur n’a pas à sortir du camion. Parce que qui dit usine de carbone dit: salaud en mausus, tout est noir poudreux partout! Le préposé vient chercher la commande à la fenêtre, va charger la marchandise, et ramène les papiers à la fenêtre. Ne reste plus qu’à se rendre à la guérite pour refermer la remorque… et se rendre compte que si la dame en entrant m’a dit de revenir la voir, le gars en sortant se demande bien pourquoi!
Je me suis donc rendu à Joliette, à l’entrepôt, où monsieur Ladouceur était, comme toujours très content de me voir. Quand on dit que le transport est un travail de relations humaines, lui l’a compris. Serge "Morue" était au quai à mon arrivée, et un camion ontarien. Mon tour est venu assez rapidement, et je fus vidé en peu de temps.
Par la suite, comme c’était l’heure du diner, je me suis réparti moi-même et je suis allé porter ma remorque à l’usine. Bien peu d’activité là-bas aujourd’hui, bien peu de remorques vides. Un petit nettoyage de la mienne, puis je la stationne parmi les vides. Une visite au bureau afin de faire signer mon autorisation à en ressortir, puis un téléphone au bureau, afin de confirmer que les vacances débutent très bientôt. Nous convenons d’une date de départ (lire: retour au travail) et d’appel au bureau. Je me présente à la barrière, fait mes salutations à Johanne et me voici à la maison, au moment tant attendu de l’année, soit les vacances estivales.
Ne me cherchez plus, ne me téléphonez plus, je suis "pardu dans malle"!
8 août 2010
Un bout de route - En attendant les vacances - Partie Dix
Je me réveille à London vers sept heures trente. Vers huit heures trente, au moment où je me dis que c’est maintenant le temps de réveiller mon A.P., et après avoir vérifié qu’il n’est pas dans le stationnement, le téléphone sonne. Le A.P. a campé à Comber pour la nuit. Je m’y rendrai donc pour un peu après dix heures, comme je lui avais dit la veille.
Je reprends la route, et je commence à sentir les vacances, parce qu’une fois rendu là-bas, une fois échanger de remorque, et de retour à Montréal (il est presqu’assuré que j’irai livrer le retour de A.P.), la journée de vendredi sera pas mal avancée.
À mon arrivée à Comber, A.P. m’accueille à bras ouvert. Comme ça fait longtemps qu’on ne s’est vu, nous avons bien du placottage à mettre à jour! Un moment donné, nous pensons à échanger nos remorques, puis vient le temps du "p’tit-café avant de partir"… Pardu vient avec nous. Nous avons donc une bonne séance de psychothérapie, de problème de relation de travail (il y en a qui croit qu’ils en ont!) et dans mon cas de dégustation de muffin "rendu ben d’trop p’tit"! Mais comme mon diner m’attendait dans le camion…
De retour au camion, j’ai fait le plein afin de pouvoir revenir vers la maison. Par la suite, un bon diner. Puis, enfin, me voici de retour sur la route, en direction de la maison et des vacances…
Petit arrêt à Woodstock pour une pause-cochonnerie. Par la suite, on reprend la route, avec comme ambition de souper après Toronto, soit à Bowmanville. Toronto fût relativement mouvementée, un vrai bouchon en fait, beaucoup plus qu’en temps de vacances, à mon idée. Après le repas, le bureau m’appelle pour me dire qu’effectivement, j’irai livrer mon voyage demain, mais qu’il n’est pas si sur que j’aurai du travail pour la journée de vendredi. Ce qui, maintenant, me tente plus ou moins… Mais bon, comme je n’ai qu’une parole, j’ai demandé à travailler, alors si il y a besoin, je serai là!
Rendu à Kingston, je me suis arrêté pour une pause. La tentation d’y camper était grande, vu en plus l’heure tardive à laquelle mon client ouvrait, soit neuf heures. Mais je n’ai pas laissé le démon des dodos prendre le dessus sur moi. Je suis donc reparti avec mon petit bonheur. Arrivé à Spencerville, je me suis dit que j’étais déjà bien assez près de Montréal (environ deux heures).
À suivre…
Je reprends la route, et je commence à sentir les vacances, parce qu’une fois rendu là-bas, une fois échanger de remorque, et de retour à Montréal (il est presqu’assuré que j’irai livrer le retour de A.P.), la journée de vendredi sera pas mal avancée.
À mon arrivée à Comber, A.P. m’accueille à bras ouvert. Comme ça fait longtemps qu’on ne s’est vu, nous avons bien du placottage à mettre à jour! Un moment donné, nous pensons à échanger nos remorques, puis vient le temps du "p’tit-café avant de partir"… Pardu vient avec nous. Nous avons donc une bonne séance de psychothérapie, de problème de relation de travail (il y en a qui croit qu’ils en ont!) et dans mon cas de dégustation de muffin "rendu ben d’trop p’tit"! Mais comme mon diner m’attendait dans le camion…
De retour au camion, j’ai fait le plein afin de pouvoir revenir vers la maison. Par la suite, un bon diner. Puis, enfin, me voici de retour sur la route, en direction de la maison et des vacances…
Petit arrêt à Woodstock pour une pause-cochonnerie. Par la suite, on reprend la route, avec comme ambition de souper après Toronto, soit à Bowmanville. Toronto fût relativement mouvementée, un vrai bouchon en fait, beaucoup plus qu’en temps de vacances, à mon idée. Après le repas, le bureau m’appelle pour me dire qu’effectivement, j’irai livrer mon voyage demain, mais qu’il n’est pas si sur que j’aurai du travail pour la journée de vendredi. Ce qui, maintenant, me tente plus ou moins… Mais bon, comme je n’ai qu’une parole, j’ai demandé à travailler, alors si il y a besoin, je serai là!
Rendu à Kingston, je me suis arrêté pour une pause. La tentation d’y camper était grande, vu en plus l’heure tardive à laquelle mon client ouvrait, soit neuf heures. Mais je n’ai pas laissé le démon des dodos prendre le dessus sur moi. Je suis donc reparti avec mon petit bonheur. Arrivé à Spencerville, je me suis dit que j’étais déjà bien assez près de Montréal (environ deux heures).
À suivre…
Un bout de route - En route vers les vacances - Partie Neuf
Nous nous réveillons à cinq heures ce matin. Inutile de dire que nous trouvons tous les trois qu’il est beaucoup trop tôt pour se lever. Avant le soleil, même! En peu de temps, comme nous avions préparé vêtements et nourriture la veille, nous sommes prêts et sur la route. Un matin brumeux. Et malgré l’heure, nous ne sommes pas les seuls zoufs sur la route!
Après avoir constaté que le Tim Hortons se rapprochera bientôt à un village de chez nous, nous faisons un arrêt café au Tim le plus près. Nous faisons le plein de cafés et un berlingot de lait pour Sarah. Déjà, malgré qu’il ne soit même pas six heures, il y a beaucoup d’employées au travail, et une file d’attente pour le service à l’auto.
Nous reprenons la route, direction Montréal. Presque rendu au camion, Sarah demande si nous irons déjeuner, car elle commence à avoir faim. Subtilement, Caro laisse entendre qu’elle n’a pas d’argent. Dans mes oreilles, ça sonne: papa devra payer le déjeuner! Mais plus que la source de l’argent, ce qui m’importe ce matin est de savoir si nous en avons le temps. Un coup d’œil rapide à l’horloge m’apprend que oui, alors nous déjeunerons au Mike’s. J’adore leur pizza-déjeuner. Mais je ne suis pas habitué de manger autant de si tôt matin…
Une fois plus que rassasié, nous reprenons la route, séparément cette fois. Caro et Sarah en auto, moi en camion. Je me rends à notre cour de Montréal-Est, et j’accroche la remorque désignée. Je me rends à Joliette, à l’entrepôt comme la normale pour ce client. La ravissante Jessica regarde ma facture et me dit: "ton voyage se livre directement à l’usine, parce qu’ici, on est un peu encombré!".
Hé ben, pas chanceux, je n’aurai pas besoin d’attendre que les deux camions avant moi ne soient vides! Je me rends donc à l’usine immédiatement. Alors que je suis en train de me faire décharger, je reçois un message de Cynthia. Un numéro de remorque, avec les trois numéros nécessaires pour traverser les douanes. Louche… Lorsque ma remorque est vide, je vais la décrocher dans la section des vides (après l’avoir bien sur balayée!), et en me rendant à l’expédition, je surveille les numéros de remorques. Je trouve celle du message. Oh oh, il y a donc problème. Comme j’ai demandé à rentrer pour vendredi soir, je ne peux pas me rendre à Lebanon, puisque je reviendrais samedi soir ou dimanche matin.
Je contacte donc Cynthia, pour éclaircir la situation. Malentendu de bureau, me dit-elle. Tu vas faire l’échange avec A.P. Ah, là je me sens mieux! Elle me demande de laisser des courroies logistiques dans une de nos remorques (parce que les murs de certaines remorques sont tellement mous qu’en les chargeant, elles se bombent!), en me donnant le numéro. J’ai beau remonter la rangée de vide, comme celle de pleine, vérifier les quais, les sections où "ça ne se pourrait pas, mais des fois que", je suis incapable de trouver ladite remorque. Je rappelle le bureau et je tombe sur le patron lui-même. Je lui explique la situation, et je le sens presque faiblir (première pensée: vol). Par la suite, il cherche sur le tableau ladite remorque… pour finir par me dire qu’effectivement, elle n’est pas là mais en route vers La Tuque! Décidément…
Je peux donc aller accrocher ma remorque. J’en profite pour préparer mon diner dans le réchaud. On ne pourra pas toujours manger au restaurant! Au moment de reprendre la route, un confrère, Pardu, arrive à l’usine à son tour.
Le temps que réchauffe le diner, et me voici de retour d’où je suis parti ce matin. Je m’y arrête donc pour prendre le temps de manger. Très bon macaroni chinois, merci Caro.
Une fois sorti du brouhaha de Montréal… l’échangeur L’Acadie est fermé, et il ne pleut même pas!... je me dis que je devrai bien téléphoner à A.P. afin de fixer un rendez-vous pour ce soir. Comme il fait de la télépathie, le téléphone sonne au même moment. Il est dans l’Iowa! Nous convenons de faire l’échange à London, ON, puisque nous sommes chacun à environ sept heures de là. Sept heures de route, s’entend.
Rendu vers Napanee, ON, je suis un peu fatigué. C’t’idée aussi de se lever aussi tôt! Je réussi à me rendre à Belleville pour souper. Au dernier moment, je prends la sortie du Wal-Mard, soit un peu avant le relais, parce que la circulation n’avance plus. Je pourrai donc souper tranquille et aller attendre un peu plus tard. Comme souvent, le temps de souper et le bouchon s’était volatilisé de lui-même.
Ensuite vient Toronto, qui se passe très bien. C’est beau les vacances, plus personnes n’est en ville pour créer des bouchons! J’arrive à London à vingt-deux heures, et ça commence à être vraiment le temps que je prenne une pause.
Ne reste plus qu’à A.P. à arriver…
À suivre…
Après avoir constaté que le Tim Hortons se rapprochera bientôt à un village de chez nous, nous faisons un arrêt café au Tim le plus près. Nous faisons le plein de cafés et un berlingot de lait pour Sarah. Déjà, malgré qu’il ne soit même pas six heures, il y a beaucoup d’employées au travail, et une file d’attente pour le service à l’auto.
Nous reprenons la route, direction Montréal. Presque rendu au camion, Sarah demande si nous irons déjeuner, car elle commence à avoir faim. Subtilement, Caro laisse entendre qu’elle n’a pas d’argent. Dans mes oreilles, ça sonne: papa devra payer le déjeuner! Mais plus que la source de l’argent, ce qui m’importe ce matin est de savoir si nous en avons le temps. Un coup d’œil rapide à l’horloge m’apprend que oui, alors nous déjeunerons au Mike’s. J’adore leur pizza-déjeuner. Mais je ne suis pas habitué de manger autant de si tôt matin…
Une fois plus que rassasié, nous reprenons la route, séparément cette fois. Caro et Sarah en auto, moi en camion. Je me rends à notre cour de Montréal-Est, et j’accroche la remorque désignée. Je me rends à Joliette, à l’entrepôt comme la normale pour ce client. La ravissante Jessica regarde ma facture et me dit: "ton voyage se livre directement à l’usine, parce qu’ici, on est un peu encombré!".
Hé ben, pas chanceux, je n’aurai pas besoin d’attendre que les deux camions avant moi ne soient vides! Je me rends donc à l’usine immédiatement. Alors que je suis en train de me faire décharger, je reçois un message de Cynthia. Un numéro de remorque, avec les trois numéros nécessaires pour traverser les douanes. Louche… Lorsque ma remorque est vide, je vais la décrocher dans la section des vides (après l’avoir bien sur balayée!), et en me rendant à l’expédition, je surveille les numéros de remorques. Je trouve celle du message. Oh oh, il y a donc problème. Comme j’ai demandé à rentrer pour vendredi soir, je ne peux pas me rendre à Lebanon, puisque je reviendrais samedi soir ou dimanche matin.
Je contacte donc Cynthia, pour éclaircir la situation. Malentendu de bureau, me dit-elle. Tu vas faire l’échange avec A.P. Ah, là je me sens mieux! Elle me demande de laisser des courroies logistiques dans une de nos remorques (parce que les murs de certaines remorques sont tellement mous qu’en les chargeant, elles se bombent!), en me donnant le numéro. J’ai beau remonter la rangée de vide, comme celle de pleine, vérifier les quais, les sections où "ça ne se pourrait pas, mais des fois que", je suis incapable de trouver ladite remorque. Je rappelle le bureau et je tombe sur le patron lui-même. Je lui explique la situation, et je le sens presque faiblir (première pensée: vol). Par la suite, il cherche sur le tableau ladite remorque… pour finir par me dire qu’effectivement, elle n’est pas là mais en route vers La Tuque! Décidément…
Je peux donc aller accrocher ma remorque. J’en profite pour préparer mon diner dans le réchaud. On ne pourra pas toujours manger au restaurant! Au moment de reprendre la route, un confrère, Pardu, arrive à l’usine à son tour.
Le temps que réchauffe le diner, et me voici de retour d’où je suis parti ce matin. Je m’y arrête donc pour prendre le temps de manger. Très bon macaroni chinois, merci Caro.
Une fois sorti du brouhaha de Montréal… l’échangeur L’Acadie est fermé, et il ne pleut même pas!... je me dis que je devrai bien téléphoner à A.P. afin de fixer un rendez-vous pour ce soir. Comme il fait de la télépathie, le téléphone sonne au même moment. Il est dans l’Iowa! Nous convenons de faire l’échange à London, ON, puisque nous sommes chacun à environ sept heures de là. Sept heures de route, s’entend.
Rendu vers Napanee, ON, je suis un peu fatigué. C’t’idée aussi de se lever aussi tôt! Je réussi à me rendre à Belleville pour souper. Au dernier moment, je prends la sortie du Wal-Mard, soit un peu avant le relais, parce que la circulation n’avance plus. Je pourrai donc souper tranquille et aller attendre un peu plus tard. Comme souvent, le temps de souper et le bouchon s’était volatilisé de lui-même.
Ensuite vient Toronto, qui se passe très bien. C’est beau les vacances, plus personnes n’est en ville pour créer des bouchons! J’arrive à London à vingt-deux heures, et ça commence à être vraiment le temps que je prenne une pause.
Ne reste plus qu’à A.P. à arriver…
À suivre…
Un bout de route - En allant vers les vacances - Partie Huit
Petite nuit à Belleville, ON. Pour bien démarrer la journée, je suis allé me chercher un café dans le relais. Je l’ai accompagné d’un muffin en carton. Un peu plus tard, à Cornwall, ON, j’ai pris un vrai déjeuner… et il était même très bon.
Par la suite, mon chargement n’ayant pas été dédouané, je devais aller laisser la remorque dans la cour de l’intermédiaire qui s’occupe de le faire après coup. J’imagine que c’est ainsi que ça se faisait en tout temps avant l’arrivée des télécopieurs. Mais à cette époque, le transport était encore sous énorme régulation, donc c’était un autre monde.
Cette cour est à Dorval, juste à deux pas de la nôtre. En fait, il y en a des dizaines (des centaines?) dans tout le pays. Mais nous utilisons toujours la même, la plus pratique pour nous. Je suis arrivé un peu avant midi. Le temps de passer la barrière, d’y recevoir une barrure (servant à immobiliser la remorque jusqu’à ce que la procédure soit complétée), de faire le tour des places de stationnements disponibles (une dizaine), d’en choisir une parmi les deux disponibles, parce que les autres chauffeurs n’ont pas été foutu de stationner leurs remorques comme du monde, de décrocher ma remorque, d’y poser la barrure, et de m’avancer jusqu’au bureau, il était maintenant midi moins deux. Le bureau doit bien fermer pour le diner, me suis-je dit.
Pendant que je contournais la bâtisse lentement, je me suis fais dépassé par un énarvé, un chauffeur local (probablement payé à l’heure, ce sont eux les plus énarvés… tsé, plus c’est long, plus ils se font une grosse paye, alors ils sont toujours inque su’une gosse, ben évidemment!). Arrivée près du bureau, il était à se reculer à un quai. Bien sur avant moi, il est tellement vite! Comme je lui ai laissé le temps de bien manœuvrer, il a évidemment pu entrer avant moi… et même ressortir! En bougonnant et même en câlissant une claque sur la première remorque disponible. Au moins, il n’a pas choisi ma face pour se défouler!
Je me suis dit : d’après moi, c’est fermé! J’entre quand même… À l’intérieur, ça ressemble à un guichet de banque, avec une ouverture de chaque côté d’une grande fenêtre. D’un côté, une dame avec un papier "fermé pour le diner". De l’autre, un homme et pas d’affiche… Je prends une chance. L’homme me reçoit très gentiment, comme d’habitude. Pas même un soupir du genre "pas encore un cris qui arrive à deux minutes de la pause"… Je me demande donc à ce moment si mon moron s’est rendu jusqu’au guichet, seulement, ou si il a seulement lu l’affiche et est ressorti en criss! Ça y apprendra…
Le préposé me redonne ma carte de sortie. Elle indique midi moins cinq… Ah, on avait l’temps en masse. De retour dehors, mon moineau avait décroché sa remorque, et sortait de la cour. Probablement pour aller diner, ce que j’aurais fait moi-même, avec l’abondance de bons restaurants dans ce secteur. Le client dine? Ça adonne bien, moi aussi…
Une fois libéré de ma remorque, un message au bureau afin de savoir la suite des choses. Mon patron me rappelle et cherche une remorque vide afin de me la faire amener à l’usine près de chez moi, d’où je devrais repartir demain. Après m’avoir demandé d’attendre le retour du diner du bureau, il me recontacte presque aussitôt pour me dire de me rendre directement à la cour de Montréal-Est, d’où je repartirai demain matin. Mal pris, j’aurais beau aller à la maison avec le camion… Je contacte donc Caro afin de savoir si elle peut venir me chercher et me ramener demain matin. Dans l’affirmative, le marché est donc conclu. Si j’ai bien compris, parce que le patron travaille dans sa tête en parlant tout haut, et change des dizaines de fois d’idée en cours de route, j’aurai demain un voyage à livrer de Montréal-Est à Joliette, échanger de remorque avec une déjà chargée, et l’amener quelques part sur la 401, en Ontario, afin de l’échanger avec un chanceux qui la rendra à Lebanon, TN. Si c’est bien le cas, ça va avec moi!
Je me rends donc au relais près de notre cour et me stationne pour la nuit. Caro arrive peu de temps après, et me montre son nouveau métier à tisser, une authentique antiquité à propriétaire unique. Wow!
J'aurai donc une nuit à la maison.
À suivre…
Par la suite, mon chargement n’ayant pas été dédouané, je devais aller laisser la remorque dans la cour de l’intermédiaire qui s’occupe de le faire après coup. J’imagine que c’est ainsi que ça se faisait en tout temps avant l’arrivée des télécopieurs. Mais à cette époque, le transport était encore sous énorme régulation, donc c’était un autre monde.
Cette cour est à Dorval, juste à deux pas de la nôtre. En fait, il y en a des dizaines (des centaines?) dans tout le pays. Mais nous utilisons toujours la même, la plus pratique pour nous. Je suis arrivé un peu avant midi. Le temps de passer la barrière, d’y recevoir une barrure (servant à immobiliser la remorque jusqu’à ce que la procédure soit complétée), de faire le tour des places de stationnements disponibles (une dizaine), d’en choisir une parmi les deux disponibles, parce que les autres chauffeurs n’ont pas été foutu de stationner leurs remorques comme du monde, de décrocher ma remorque, d’y poser la barrure, et de m’avancer jusqu’au bureau, il était maintenant midi moins deux. Le bureau doit bien fermer pour le diner, me suis-je dit.
Pendant que je contournais la bâtisse lentement, je me suis fais dépassé par un énarvé, un chauffeur local (probablement payé à l’heure, ce sont eux les plus énarvés… tsé, plus c’est long, plus ils se font une grosse paye, alors ils sont toujours inque su’une gosse, ben évidemment!). Arrivée près du bureau, il était à se reculer à un quai. Bien sur avant moi, il est tellement vite! Comme je lui ai laissé le temps de bien manœuvrer, il a évidemment pu entrer avant moi… et même ressortir! En bougonnant et même en câlissant une claque sur la première remorque disponible. Au moins, il n’a pas choisi ma face pour se défouler!
Je me suis dit : d’après moi, c’est fermé! J’entre quand même… À l’intérieur, ça ressemble à un guichet de banque, avec une ouverture de chaque côté d’une grande fenêtre. D’un côté, une dame avec un papier "fermé pour le diner". De l’autre, un homme et pas d’affiche… Je prends une chance. L’homme me reçoit très gentiment, comme d’habitude. Pas même un soupir du genre "pas encore un cris qui arrive à deux minutes de la pause"… Je me demande donc à ce moment si mon moron s’est rendu jusqu’au guichet, seulement, ou si il a seulement lu l’affiche et est ressorti en criss! Ça y apprendra…
Le préposé me redonne ma carte de sortie. Elle indique midi moins cinq… Ah, on avait l’temps en masse. De retour dehors, mon moineau avait décroché sa remorque, et sortait de la cour. Probablement pour aller diner, ce que j’aurais fait moi-même, avec l’abondance de bons restaurants dans ce secteur. Le client dine? Ça adonne bien, moi aussi…
Une fois libéré de ma remorque, un message au bureau afin de savoir la suite des choses. Mon patron me rappelle et cherche une remorque vide afin de me la faire amener à l’usine près de chez moi, d’où je devrais repartir demain. Après m’avoir demandé d’attendre le retour du diner du bureau, il me recontacte presque aussitôt pour me dire de me rendre directement à la cour de Montréal-Est, d’où je repartirai demain matin. Mal pris, j’aurais beau aller à la maison avec le camion… Je contacte donc Caro afin de savoir si elle peut venir me chercher et me ramener demain matin. Dans l’affirmative, le marché est donc conclu. Si j’ai bien compris, parce que le patron travaille dans sa tête en parlant tout haut, et change des dizaines de fois d’idée en cours de route, j’aurai demain un voyage à livrer de Montréal-Est à Joliette, échanger de remorque avec une déjà chargée, et l’amener quelques part sur la 401, en Ontario, afin de l’échanger avec un chanceux qui la rendra à Lebanon, TN. Si c’est bien le cas, ça va avec moi!
Je me rends donc au relais près de notre cour et me stationne pour la nuit. Caro arrive peu de temps après, et me montre son nouveau métier à tisser, une authentique antiquité à propriétaire unique. Wow!
J'aurai donc une nuit à la maison.
À suivre…
Un bout de route - En allant vers les vacances - Partie Sept
Le Pétro de Napoléon, comme celui de Gaston, n’offre pas de déjeuner sur le pouce. D’ailleurs pour celui-ci, pas de restaurant. Seul un Quizno’s et une madame qui fait des bonnes pizzas. J’ai donc accompagné mon café du matin d’une pâtisserie au gras trans et aux pommes. Pas méchant, mais pas trop bon pour la santé… tant qu’on n’en abuse pas!
Avant de partir, comme je serai aux douanes après huit heures, j’envoie un message à Lori afin qu’elle vérifie mon PARS pour mon chargement, afin de confirmer que je peux traverser la frontière. Avoir eu une connexion à Charleston, MO, je l’aurais vérifié… ou être arrivé à Luna Pier, MI avant huit heures, l’heure où le bureau reprend vie.
Sur le petit bout de la US-24 qui me reste avant de rejoindre la I-475 à Toledo, OH, je me fais dépasser par un pont. Ben là, en morceaux, quand même… quatre poutres de bétons "longues de même". Les poutres ont tourné dans une petite rue, j’imagine destinées au chantier de l’autoroute.
Peu de temps après ça, la maison a téléphoné. Mes femmes avaient assurément bien dormi, car la bonne humeur régnait dans leurs voies. Moi aussi, j’avais très bien dormi, quoique pas longtemps.
Alors que je traverse Toledo, je commence à me demander si j’aurai des nouvelles à temps. Sinon, je vais m’arrêter à Luna Pier, vu qu’il y a une connexion Internet. En entrant dans le Michigan, un message de Lori me dit que Livingston (le courtier qui a inventé les problèmes de douanes) cherche encore qui est l’acheteur de mon chargement! Le nom de la compagnie sur la facture est Canada inc. On dirait une compagnie à numéro dont on a oublié de donner le numéro! Vérification fait avec Caro, un enfant avec les doigts dans le nez peut retrouver le numéro de téléphone d’une compagnie sur Internet avec l’adresse. Imaginez un adulte avec les mains libres! Bref, sont zoufs!
Pour m’aider à passer le temps, la connexion Internet est à la limite, alors chaque camion qui passe devant la bâtisse (et s’y stationne pour aller faire tout son marché à l’intérieur) me déconnecte pour dix minutes. Bon, au moins, c’est gratuit. Lori me demande de lui faxer à elle les papiers que j’ai en ma possession. En fait, je n’ai pas de facture de douanes, mais bon, ça n’a jamais empêché personne de franchir la douane.
Le temps passe, passe et repasse encore. Peu avant le diner, j’envoie un message afin de savoir "c’est quand qu’on panique". C’est beau l’Internet qui ne marche pas bien, mais ça fait sacrer et ça ne fait pas avancer! Ça devrait être régler pour treize heures, me répond Lori. Bon, on a l’air d’avancer. Je vais donc me chercher un diner de dépanneur (chamouiches, croustilles et liqueur blanche). La jolie blonde au nez qui retrousse me dit : encore ici? Ben oui… mais si je reviens plus tard pour te demander une chambre de motel, là, je vais être un peu moins de bonne humeur!
Vers midi et demi, je prends sur moi de partir. Il me reste quarante-cinq minutes pour me rendre aux douanes, et j’ai du magasinage à faire à la boutique hors-taxes. Je serai donc prêt après treize heures, donc tout devrait s’emboiter.
Une bouteille de tequila plus tard, j’ai message de "rentrer ça in-bound", parce que comme dans la chanson, "y’a pu person qui y répond"! Heureusement que je suis déjà rendu sur place! Après avoir rangé mon achat, je remplis donc le papier de douanes pour "in-bound". Pèse fort, parce qu’il y a trente-six copies! Notez que j’ai attendu quatre heures et quinze minutes, qui s’ajoutent au temps de chargement de cinq heures. Des fois, c’est long des p’tits bouttes.
Lorsque l'on parle d'entrer un voyage "in-bound", c'est que l'on indique aux douanes de la frontière que nous dédouanerons le chargement dans un autre poste de douane "en ville". En temps normal, cette façon de faire n'est plus utilisé, car la remorque est immobilisé (en fait, son contenu devient intouchable) jusqu'à ce que le problème soit réglé, et que le dédouannement soit compléter. Notre compagnie a "posté un bound", alors la Douane (je devrais peut-être dire le Canada) nous fait confiance que nous ne livrerons pas un chargement, ou une partie de chargement, sans avoir terminé la procédure. Parce qu'il pouvait arriver, sans le "bound", qu'une remorque complète soit paralysée parce qu'une seule palette n'avait pas pu être dédouanée!
Ensuite, au péage du pont, sur le pont, en bas du pont, à la guérite, savamment choisi pour attendre… et voilà, le camion devant moi quitte la guérite, et la barrière se referme! Changement de chiffre… C’est ben ma chance!
J’arrête à Comber, ON pour y faire le plein. Je visite Lori afin de recevoir ma carte à Tim, puis je me rends chez Tim pour la dépenser! Café et biscuits. De retour sur la route, Jocelyn, qui remplace Jean-Pierre, déjà en vacances, lui, me téléphone afin de planifier ma dernière semaine, qui est déjà passablement entamée! Je lui dis que je dois impérativement être de retour pour faire dodo chez moi vendredi soir. Au départ, il m’avait gardé un sempiternel Lebanon. C’eût été parfait, sauf en temps de vacances. En temps normal, je n’ai aucun critère de jours de congé ou de délai de voyage. Mais là, c’est le Festi-Force qui commence, alors il faut bien que j’y sois.
Jocelyn, depuis quelques jours, semble fort préoccupé par le respect du registre des heures de conduites et de travail (logbook). Ça, c’est une nouveauté! Avant, il s’en préoccupait, mais après coup… Est-ce un effet de l’entrée en vigueur de CSA 2010 (qui est un peu comme la loi 430 du Québec, mais en pire)? Possible. En tout cas, je suis pour n’importe quoi qui réussira à faire rouler légalement tout le monde, boite noire inclus. Il faudra bien que les clients s’adaptent au nouveau temps de route normaux.
En pitonnant sur la radio, je tombe sur l’émission Promise Land de la CBC (le pendant anglais de Radio-Canada). Cette émission raconte l’aventure d’un immigrant qui a abouti au Canada. Il peut partir de n’importe où, mais il abouti ici. Et le cas de la semaine est un américain déserteur du temps de la guerre de Corée âgé maintenant de soixante ans. Quel récit incroyable. C’est disponible en balado-diffusion, alors je crois que je vais l’ajouter à ma liste…
Caro me disait, alors qu’elle était sur la 20 entre Vaudreuil et Valleyfield, qu’elle était prise dans un bouchon. Un bouchon d’ontarien. C’était en effet un congé férié en Ontario, alors ils sont tous descendus à Montréal. Ben, je les ai tous vu entre Toronto et Belleville! Une file incroyable de voiture sans fin! Normalement, cela arrive le dimanche soir… mais à cause du congé, c’était ce soir, un lundi!
Dans la file, j’ai aperçu un TJB. Il me demande si le bouchon est bien long. Je reconnais la voix de Gilles. Lui, reconnait la voix de Moustache! Ben c’est pire. Alors Moustache, tu es salué!!! J’ai ri dans ma barbe longtemps. Cré Gilles!
Et me voici à Belleville pour la nuit.
À suivre…
P.S. : Monsieur Gravel est passé préparer le terrain pour y mettre notre piscine! On a donc une plage dans notre arrière cour.
P.P.S. : Caro est allé chercher son métier. Oui, un autre! Un vrai bon vieux antique… celui-là, ce sera pour garder! Un gars qui crevait d’faim. La chance de la chiure de mouche, tiens!
Avant de partir, comme je serai aux douanes après huit heures, j’envoie un message à Lori afin qu’elle vérifie mon PARS pour mon chargement, afin de confirmer que je peux traverser la frontière. Avoir eu une connexion à Charleston, MO, je l’aurais vérifié… ou être arrivé à Luna Pier, MI avant huit heures, l’heure où le bureau reprend vie.
Sur le petit bout de la US-24 qui me reste avant de rejoindre la I-475 à Toledo, OH, je me fais dépasser par un pont. Ben là, en morceaux, quand même… quatre poutres de bétons "longues de même". Les poutres ont tourné dans une petite rue, j’imagine destinées au chantier de l’autoroute.
Peu de temps après ça, la maison a téléphoné. Mes femmes avaient assurément bien dormi, car la bonne humeur régnait dans leurs voies. Moi aussi, j’avais très bien dormi, quoique pas longtemps.
Alors que je traverse Toledo, je commence à me demander si j’aurai des nouvelles à temps. Sinon, je vais m’arrêter à Luna Pier, vu qu’il y a une connexion Internet. En entrant dans le Michigan, un message de Lori me dit que Livingston (le courtier qui a inventé les problèmes de douanes) cherche encore qui est l’acheteur de mon chargement! Le nom de la compagnie sur la facture est Canada inc. On dirait une compagnie à numéro dont on a oublié de donner le numéro! Vérification fait avec Caro, un enfant avec les doigts dans le nez peut retrouver le numéro de téléphone d’une compagnie sur Internet avec l’adresse. Imaginez un adulte avec les mains libres! Bref, sont zoufs!
Pour m’aider à passer le temps, la connexion Internet est à la limite, alors chaque camion qui passe devant la bâtisse (et s’y stationne pour aller faire tout son marché à l’intérieur) me déconnecte pour dix minutes. Bon, au moins, c’est gratuit. Lori me demande de lui faxer à elle les papiers que j’ai en ma possession. En fait, je n’ai pas de facture de douanes, mais bon, ça n’a jamais empêché personne de franchir la douane.
Le temps passe, passe et repasse encore. Peu avant le diner, j’envoie un message afin de savoir "c’est quand qu’on panique". C’est beau l’Internet qui ne marche pas bien, mais ça fait sacrer et ça ne fait pas avancer! Ça devrait être régler pour treize heures, me répond Lori. Bon, on a l’air d’avancer. Je vais donc me chercher un diner de dépanneur (chamouiches, croustilles et liqueur blanche). La jolie blonde au nez qui retrousse me dit : encore ici? Ben oui… mais si je reviens plus tard pour te demander une chambre de motel, là, je vais être un peu moins de bonne humeur!
Vers midi et demi, je prends sur moi de partir. Il me reste quarante-cinq minutes pour me rendre aux douanes, et j’ai du magasinage à faire à la boutique hors-taxes. Je serai donc prêt après treize heures, donc tout devrait s’emboiter.
Une bouteille de tequila plus tard, j’ai message de "rentrer ça in-bound", parce que comme dans la chanson, "y’a pu person qui y répond"! Heureusement que je suis déjà rendu sur place! Après avoir rangé mon achat, je remplis donc le papier de douanes pour "in-bound". Pèse fort, parce qu’il y a trente-six copies! Notez que j’ai attendu quatre heures et quinze minutes, qui s’ajoutent au temps de chargement de cinq heures. Des fois, c’est long des p’tits bouttes.
Lorsque l'on parle d'entrer un voyage "in-bound", c'est que l'on indique aux douanes de la frontière que nous dédouanerons le chargement dans un autre poste de douane "en ville". En temps normal, cette façon de faire n'est plus utilisé, car la remorque est immobilisé (en fait, son contenu devient intouchable) jusqu'à ce que le problème soit réglé, et que le dédouannement soit compléter. Notre compagnie a "posté un bound", alors la Douane (je devrais peut-être dire le Canada) nous fait confiance que nous ne livrerons pas un chargement, ou une partie de chargement, sans avoir terminé la procédure. Parce qu'il pouvait arriver, sans le "bound", qu'une remorque complète soit paralysée parce qu'une seule palette n'avait pas pu être dédouanée!
Ensuite, au péage du pont, sur le pont, en bas du pont, à la guérite, savamment choisi pour attendre… et voilà, le camion devant moi quitte la guérite, et la barrière se referme! Changement de chiffre… C’est ben ma chance!
J’arrête à Comber, ON pour y faire le plein. Je visite Lori afin de recevoir ma carte à Tim, puis je me rends chez Tim pour la dépenser! Café et biscuits. De retour sur la route, Jocelyn, qui remplace Jean-Pierre, déjà en vacances, lui, me téléphone afin de planifier ma dernière semaine, qui est déjà passablement entamée! Je lui dis que je dois impérativement être de retour pour faire dodo chez moi vendredi soir. Au départ, il m’avait gardé un sempiternel Lebanon. C’eût été parfait, sauf en temps de vacances. En temps normal, je n’ai aucun critère de jours de congé ou de délai de voyage. Mais là, c’est le Festi-Force qui commence, alors il faut bien que j’y sois.
Jocelyn, depuis quelques jours, semble fort préoccupé par le respect du registre des heures de conduites et de travail (logbook). Ça, c’est une nouveauté! Avant, il s’en préoccupait, mais après coup… Est-ce un effet de l’entrée en vigueur de CSA 2010 (qui est un peu comme la loi 430 du Québec, mais en pire)? Possible. En tout cas, je suis pour n’importe quoi qui réussira à faire rouler légalement tout le monde, boite noire inclus. Il faudra bien que les clients s’adaptent au nouveau temps de route normaux.
En pitonnant sur la radio, je tombe sur l’émission Promise Land de la CBC (le pendant anglais de Radio-Canada). Cette émission raconte l’aventure d’un immigrant qui a abouti au Canada. Il peut partir de n’importe où, mais il abouti ici. Et le cas de la semaine est un américain déserteur du temps de la guerre de Corée âgé maintenant de soixante ans. Quel récit incroyable. C’est disponible en balado-diffusion, alors je crois que je vais l’ajouter à ma liste…
Caro me disait, alors qu’elle était sur la 20 entre Vaudreuil et Valleyfield, qu’elle était prise dans un bouchon. Un bouchon d’ontarien. C’était en effet un congé férié en Ontario, alors ils sont tous descendus à Montréal. Ben, je les ai tous vu entre Toronto et Belleville! Une file incroyable de voiture sans fin! Normalement, cela arrive le dimanche soir… mais à cause du congé, c’était ce soir, un lundi!
Dans la file, j’ai aperçu un TJB. Il me demande si le bouchon est bien long. Je reconnais la voix de Gilles. Lui, reconnait la voix de Moustache! Ben c’est pire. Alors Moustache, tu es salué!!! J’ai ri dans ma barbe longtemps. Cré Gilles!
Et me voici à Belleville pour la nuit.
À suivre…
P.S. : Monsieur Gravel est passé préparer le terrain pour y mettre notre piscine! On a donc une plage dans notre arrière cour.
P.P.S. : Caro est allé chercher son métier. Oui, un autre! Un vrai bon vieux antique… celui-là, ce sera pour garder! Un gars qui crevait d’faim. La chance de la chiure de mouche, tiens!
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