Petite journée normale aujourd’hui. J’ai commencé par me procurer, avec mon café du matin, un sandwich SEC (saucisse, œuf, fromage). Je le trouve un peu petit… et en le payant, un peu dispendieux! Par contre, mausus qu’il était bon! Le biscuit était vraiment un biscuit maison, probablement « batché » sur place par une bonne grand-mère!
Je me suis arrêté à Matthews, MO pour y ajouter un peu de carburant, suffisamment pour me rendre en Ontario.
Retour sur la route… jusqu’à Charleston, MO pour y diner au Quizno’s Sub du Cheers. Problème de connexion Internet, à ma propre surprise. J’ai mangé un California Club. Fouille-moé ce que c’est, mais c’était bon en tabarnouche! Peut-être que le fait que je n’y étais pas allé depuis trop longtemps y est pour quelques choses.
On reprend la route, direction nord. Alors que je me disais que le bouchon que j’avais contourné vers le sud s’en venait, je constatais que je n’avais pas vu les affiches annonçant ledit bouchon. Pour une bonne raison, les travaux sont terminés sur la direction nord! Effectivement, côté sud, c’est l’enfer!
Je me suis fait une petite pause à Effingham, IL. Puis, en direction de Brazil, IN pour un bon souper-spaghetti. Bon, la sauce à la viande était bonne, mais y’a ben inque les américains pour manquer un spaghat!
Par la suite, je constate que ma batterie de cellulaire commence à s’en aller. Ça doit être la troisième fois que je la recharge aujourd’hui!
Et me voici à Napoléon, OH, pour le campement de nuit.
Vraiment, une petite journée…
À suivre…
2 août 2010
Un bout de route - En allant vers les vacances - Partie Cinq
Au petit matin, ben en fait, au beau milieu de l’avant-midi, décalage horaire inclus, je me suis réveillé après un excellent repos. Y’était temps! Comme dit l’adage, le sommeil, c’est comme un compte de banque : tu peux en retirer, mais tu finiras toujours par devoir en remettre. Enfin, quelque chose comme ça!
En remettant mes pantalons, papetière oblige, je trouve un vieux dollar dans la poche, oublié depuis l’hiver dernier! Bon, j’aurais préféré un 100$, mais c’est ben rare que j’en ai en main, encore moins que je l’oublie…
Je vais donc voir au bureau afin de savoir à quoi m’en tenir. Encore le même charivari qu’hier soir. Nous sommes des illustres inconnus pour eux! Et comme ma remorque est déjà dans la cour, c’est encore plus mélangeant! Jeff, le gars qui semble savoir où il s’en va (le mot important est semble!!!) me dit que j’en ai pour un maudit boutte, car il y a encore huit voyages à charger avant le mien. D’après moi, on n’a pas la même définition de l’expression « live load ». Je sais que dans le sud, les gens ne sont pas vite vite, mais là, il y a une marge. Je lui demande de me donner une heure approximative, parce que je pourrais bien décider d’aller visité la Louisiane en attendant.
Je décide de téléphoner à mon meilleur patron, afin de savoir pour qui nous ramassons ce voyage de papier-cul! Patron me donne le nom de la compagnie, ainsi que le SCAT CODE, le code à quatre lettres qui identifie les compagnies de transport dans leur système. Ah, ça leur sonne un genre de cloche. Mais on est encore loin de l’auberge! Le Jeff finit par me dire que ça devrait aller vers neuf ou dix heures dans la soirée. Ouf! Je retourne vers le camion, avec l’intention de diner bientôt. Me reste un bœuf en cube, alors voici mon diner.
À peine ai-je le temps de m’installer dans mon camion, le Jeff est à côté de ma porte. Il me dit de m’avancer avec mon camion, qu’il va m’envoyer « en dedans » pour me faire charger. Ah ben, se seraient-ils démêlés?
Je m’avance donc vers la cabane. Avec mon camion. Jeff m’explique que lorsque la porte 22 sera libéré par le « shunter », je n’aurai qu’à prendre la place, et je serai chargé peu de temps après. Il avise d’ailleurs le « shunter » de ne pas remettre une remorque lorsqu’il aura libéré ma porte. Il me donne ensuite une passe pour retourner dans la cour des remorques. Il me dit aussi qu’en fait, tout ceci aurait dû être fait hier soir, à mon arrivée. Je commence à comprendre qu’en fait, la dame d’hier soir n’a probablement pas pigé que j’étais un « live load ». Je ne lui ai pas dit, mais elle ne me l’a pas demandé non plus! Elle était trop occupé à chercher de quelle crisse de compagnie que je sortais?
J’ai retrouvé ma remorque exactement où je l’avais laissé. Évidemment, personne ne lui avait touché! Une fois accroché, je me suis rendu, selon les indications de Jeff, près de la porte 22. Bon, au pif, parce les portes 26 à 30 étaient bien identifiées vu du camion, mais par la suite, ça se gâtaient un peu. Et comme il y avait autant de remorques stationnées entre les portes que de remorques à quai, c’était ben embêtant. Je me suis stationné de façon à voir les remorques où je pensais que je devais aller.
Une trentaine de minutes plus tard, la remorque fut sortie de son trou. J’ai donc pris la place. Une autre petite demi-heure plus tard, le chargement commençait. Environ trois heures après le signal de départ, j’étais enfin chargé! L’employé qui me chargea sorti dehors pour me faire un genre de signe de départ, pour disparaitre ensuite. Et les papiers? Je n’étais pas au bout de mes peines! Comme il y avait sur toutes les portes humaines des écriteaux « Employés seulement », je me suis dit que la dame de la barrière allait bien gentiment me les imprimer. Ou le bon Jeff du début…
J’arrive donc à la balance/barrière. Je stationne mon camion sur la balance, toujours très étroite, et je me rends au guichet. Il y a dû avoir par le passer de la bagarre, car comme à la banque, on met le ti-papier dans un genre de tiroir, et la dame parle via un intercom. Avec le moteur du camion qui entre, le moteur de mon Tri-Pac, et le problème de son typique d’un intercom, assaisonné du charmant accent du sud de la dame, on n’y comprend rien. Ce n’est pas long non plus qu’il y a trois ou quatre camions derrière moi. Tiens, le criss qui bloque la balance, c’est moi! Bon, la dame ne sait pas trop où devrais être mes papiers, comme si moi, à ma première visite où bien sur personne ne m’a rien dit, je devrais le savoir. Elle téléphone à gauche et à droite, cherche ceci et cela, me demande si j’ai un numéro de commande, quelque chose… Ben, il est là, sur la feuille jaune. Elle pitonne ce numéro dans son ordinateur et, magie, des belles factures sortent de son imprimante!
Je signe ici, là et là, avec la date et toute la patente, redonne la copie à la gentille dame malgré tout, et décâlisse de sur la balance avant de causer une émeute! Comme la dame m’a donné mon poids par essieux, je constate que mon poids est beaucoup trop sur l’avant. Ça va parfaitement avec la disposition des palettes de boites de papiers d’imprimante, un peu trop compacte sur l’avant, mais rien d’impossible à balancer. En quelques minutes, me voici prêt à prendre la route. Un coup de fil au bureau, afin d’aviser que je suis toujours vivant, chargé, et prêt à prendre la route, et me voici sur la route.
Je prends donc la LA-64 pour me rendre à Zachary. Plus loin, la LA-67 m’amène à Clinton. Je fourche ensuite sur la LA-10. À Coleman Town, je bifurque sur la LA-38. Arrive le village au nom rigolo de Chipola! À Kentwood, c’est jour d’encan d’animaux, alors la place est pleine de camion pick-up de fermier avec remorques assorties… et du monde… Je retrouve là l’autoroute.
Aussitôt sur l’I-55, me voici de retour dans le Mississipi. La balance concubine (Mississipi/Louisiane) est ouverte. Le bonhomme vert (en fait, il est bleu marin, et je ne parle pas de son humeur!) est sur le pas de la porte, et veut voir mon registre. Heille, ce coup-là, il est parfait. Ça me confirme en même temps que mon ajustement d’essieux était bon. Je croyais que j’aboutirais ailleurs, mais je suis abouti juste avant la balance. Une chance que j’ai ajusté avant de partir, plutôt que de partir en me disant que j’ajusterais tout ça à la prochaine CAT Scale…
Je suis arrêté pour le souper au Pilot de Jackson, MS. Deux quêteux sont venu me voir, comme tous les autres camions d’ailleurs. Le premier voulait un « lift » vers l’ouest (ou l’est, je ne sais plus). Pas de chance, je vais au nord! Le second m’a dit que je ressemblais à un copain de Willie Nelson (j’avais mis mon chapeau). Il arrive avec la grosse poignée de main franche et tout le tralala. Lui voulait juste du bon gros « cash ». Je réponds par la négative, parce qu’on ne sait jamais à quel profiteur de camionneur (et spécialement si il a une plaque hors États-Unis) on a affaire. Dans ce cas, et surtout dans le Mississipi, je crois que le gars était sincère. Mais si vous saviez, cher ami, que j’en aurais probablement autant besoin que vous! Il m’a dit qu’un des autres camionneurs lui avait dit : dégage, sale nègre! Criss, « only in america »! Devant ma réponse négative, il a même ajouté : je respecte ça! Un peu plus, il me bénissait! Héhé!
Par la suite, je me suis rendu, à ma propre surprise, jusqu'à Osceola, AR pour y camper pour la nuit.
À suivre…
En remettant mes pantalons, papetière oblige, je trouve un vieux dollar dans la poche, oublié depuis l’hiver dernier! Bon, j’aurais préféré un 100$, mais c’est ben rare que j’en ai en main, encore moins que je l’oublie…
Je vais donc voir au bureau afin de savoir à quoi m’en tenir. Encore le même charivari qu’hier soir. Nous sommes des illustres inconnus pour eux! Et comme ma remorque est déjà dans la cour, c’est encore plus mélangeant! Jeff, le gars qui semble savoir où il s’en va (le mot important est semble!!!) me dit que j’en ai pour un maudit boutte, car il y a encore huit voyages à charger avant le mien. D’après moi, on n’a pas la même définition de l’expression « live load ». Je sais que dans le sud, les gens ne sont pas vite vite, mais là, il y a une marge. Je lui demande de me donner une heure approximative, parce que je pourrais bien décider d’aller visité la Louisiane en attendant.
Je décide de téléphoner à mon meilleur patron, afin de savoir pour qui nous ramassons ce voyage de papier-cul! Patron me donne le nom de la compagnie, ainsi que le SCAT CODE, le code à quatre lettres qui identifie les compagnies de transport dans leur système. Ah, ça leur sonne un genre de cloche. Mais on est encore loin de l’auberge! Le Jeff finit par me dire que ça devrait aller vers neuf ou dix heures dans la soirée. Ouf! Je retourne vers le camion, avec l’intention de diner bientôt. Me reste un bœuf en cube, alors voici mon diner.
À peine ai-je le temps de m’installer dans mon camion, le Jeff est à côté de ma porte. Il me dit de m’avancer avec mon camion, qu’il va m’envoyer « en dedans » pour me faire charger. Ah ben, se seraient-ils démêlés?
Je m’avance donc vers la cabane. Avec mon camion. Jeff m’explique que lorsque la porte 22 sera libéré par le « shunter », je n’aurai qu’à prendre la place, et je serai chargé peu de temps après. Il avise d’ailleurs le « shunter » de ne pas remettre une remorque lorsqu’il aura libéré ma porte. Il me donne ensuite une passe pour retourner dans la cour des remorques. Il me dit aussi qu’en fait, tout ceci aurait dû être fait hier soir, à mon arrivée. Je commence à comprendre qu’en fait, la dame d’hier soir n’a probablement pas pigé que j’étais un « live load ». Je ne lui ai pas dit, mais elle ne me l’a pas demandé non plus! Elle était trop occupé à chercher de quelle crisse de compagnie que je sortais?
J’ai retrouvé ma remorque exactement où je l’avais laissé. Évidemment, personne ne lui avait touché! Une fois accroché, je me suis rendu, selon les indications de Jeff, près de la porte 22. Bon, au pif, parce les portes 26 à 30 étaient bien identifiées vu du camion, mais par la suite, ça se gâtaient un peu. Et comme il y avait autant de remorques stationnées entre les portes que de remorques à quai, c’était ben embêtant. Je me suis stationné de façon à voir les remorques où je pensais que je devais aller.
Une trentaine de minutes plus tard, la remorque fut sortie de son trou. J’ai donc pris la place. Une autre petite demi-heure plus tard, le chargement commençait. Environ trois heures après le signal de départ, j’étais enfin chargé! L’employé qui me chargea sorti dehors pour me faire un genre de signe de départ, pour disparaitre ensuite. Et les papiers? Je n’étais pas au bout de mes peines! Comme il y avait sur toutes les portes humaines des écriteaux « Employés seulement », je me suis dit que la dame de la barrière allait bien gentiment me les imprimer. Ou le bon Jeff du début…
J’arrive donc à la balance/barrière. Je stationne mon camion sur la balance, toujours très étroite, et je me rends au guichet. Il y a dû avoir par le passer de la bagarre, car comme à la banque, on met le ti-papier dans un genre de tiroir, et la dame parle via un intercom. Avec le moteur du camion qui entre, le moteur de mon Tri-Pac, et le problème de son typique d’un intercom, assaisonné du charmant accent du sud de la dame, on n’y comprend rien. Ce n’est pas long non plus qu’il y a trois ou quatre camions derrière moi. Tiens, le criss qui bloque la balance, c’est moi! Bon, la dame ne sait pas trop où devrais être mes papiers, comme si moi, à ma première visite où bien sur personne ne m’a rien dit, je devrais le savoir. Elle téléphone à gauche et à droite, cherche ceci et cela, me demande si j’ai un numéro de commande, quelque chose… Ben, il est là, sur la feuille jaune. Elle pitonne ce numéro dans son ordinateur et, magie, des belles factures sortent de son imprimante!
Je signe ici, là et là, avec la date et toute la patente, redonne la copie à la gentille dame malgré tout, et décâlisse de sur la balance avant de causer une émeute! Comme la dame m’a donné mon poids par essieux, je constate que mon poids est beaucoup trop sur l’avant. Ça va parfaitement avec la disposition des palettes de boites de papiers d’imprimante, un peu trop compacte sur l’avant, mais rien d’impossible à balancer. En quelques minutes, me voici prêt à prendre la route. Un coup de fil au bureau, afin d’aviser que je suis toujours vivant, chargé, et prêt à prendre la route, et me voici sur la route.
Je prends donc la LA-64 pour me rendre à Zachary. Plus loin, la LA-67 m’amène à Clinton. Je fourche ensuite sur la LA-10. À Coleman Town, je bifurque sur la LA-38. Arrive le village au nom rigolo de Chipola! À Kentwood, c’est jour d’encan d’animaux, alors la place est pleine de camion pick-up de fermier avec remorques assorties… et du monde… Je retrouve là l’autoroute.
Aussitôt sur l’I-55, me voici de retour dans le Mississipi. La balance concubine (Mississipi/Louisiane) est ouverte. Le bonhomme vert (en fait, il est bleu marin, et je ne parle pas de son humeur!) est sur le pas de la porte, et veut voir mon registre. Heille, ce coup-là, il est parfait. Ça me confirme en même temps que mon ajustement d’essieux était bon. Je croyais que j’aboutirais ailleurs, mais je suis abouti juste avant la balance. Une chance que j’ai ajusté avant de partir, plutôt que de partir en me disant que j’ajusterais tout ça à la prochaine CAT Scale…
Je suis arrêté pour le souper au Pilot de Jackson, MS. Deux quêteux sont venu me voir, comme tous les autres camions d’ailleurs. Le premier voulait un « lift » vers l’ouest (ou l’est, je ne sais plus). Pas de chance, je vais au nord! Le second m’a dit que je ressemblais à un copain de Willie Nelson (j’avais mis mon chapeau). Il arrive avec la grosse poignée de main franche et tout le tralala. Lui voulait juste du bon gros « cash ». Je réponds par la négative, parce qu’on ne sait jamais à quel profiteur de camionneur (et spécialement si il a une plaque hors États-Unis) on a affaire. Dans ce cas, et surtout dans le Mississipi, je crois que le gars était sincère. Mais si vous saviez, cher ami, que j’en aurais probablement autant besoin que vous! Il m’a dit qu’un des autres camionneurs lui avait dit : dégage, sale nègre! Criss, « only in america »! Devant ma réponse négative, il a même ajouté : je respecte ça! Un peu plus, il me bénissait! Héhé!
Par la suite, je me suis rendu, à ma propre surprise, jusqu'à Osceola, AR pour y camper pour la nuit.
À suivre…
Un bout de route - En allant vers les vacances - Partie Quatre
La nuit fut courte. Je l’ai déjà dit, ces voyages pour Lake Charles sont mal répartis. La dernière nuit est donc toujours trop courte, parce que selon l’horaire du retour, en me réveillant, je devrais déjà être en direction nord! Dépendamment des semaines, il manque donc de trois à neuf heures!
Après un petit bout de route, je me suis arrêté chez Cash’s Diner (et relais et casino) afin d’y prendre un petit déjeuner. La nuit fut si courte qu’en fait, j’avais le temps de déjeuner! C’est à cet endroit que j’arrête souvent afin d’y profiter de l’accès Internet du voisin. Cette fois, j’allais en faire profiter Cash lui-même. Je fais toujours exprès pour manger cajun lorsque je vais en Louisiane… sauf cette fois, parce que deux œufs tournés, c’est international! J’arrose généreusement le déjeuner de Tabasco, p’tit jus local, et ça, c’est typiquement cajun!
De retour sur la route, près de Lafayette, je syntonise KBON 101,1, qui se fait une spécialité de jouer la musique cajun. Et lorsque je suis plus tôt, entre cinq et sept heures le matin, la radio publique de Lafayette est 100% musique cajun. On y annonce aussi tous les spectacles… utile si on avait du temps. Peut-être un jour en vacances, sur un bateau-maison!
Juste avant midi, je finis par arriver chez mon client. J’exécute la procédure de présentation, et je retourne dans mon camion attendre mon appel. Parce qu’à plusieurs endroits sur le bord de l’eau, en Louisiane, si on n’a pas la TWIC Card, il faut être escorté à chacun de nos pas à l’intérieur des terrains! J’annonce donc à
Lori que je suis arrivé, puisqu’en plus, il faut laisser nos cellulaires à la guérite. Décidément… Juste avant que le gardien ne m’appelle, je reçois le message de Lori : j’ai un voyage de retour, et l’endroit est ouvert 24 heures. Yé!
Je me présente à la guérite, échange mon cellulaire contre des lunettes de sécurité (y’a quelqu’un qui se fait fourrer, je crois!), avance pour mieux reculer en suivant le ti-monsieur sur le chariot-élévateur. Tiens, comme il a la peau brune, ce n’est pas Monsieur Broussard, un sympathique vieux cajun toujours content de sympathiser avec un francophone. J’ai failli m’étouffer lorsqu’il m’a dit, un jour, qu’il était allé à Montréal, mais qu’il n’avait pas compris les gens parce qu’on y parle trop bien!!! Ouf!
Après avoir reculé la moitié de l’usine, j’arrive à la rampe. En peu de temps, je suis vide. Je retourne, toujours sous escorte (tsé, j’ai tellement l’air d’un terroriste!) à la guérite, et cette fois, j’échange mes lunettes contre… un cellulaire! Et c’est le mien en plus, quelle chance!!! En l’allumant, j’avise Lori que je suis vide. Et je me rends au relais près de l’autoroute afin de voir où je m’en vais. Toujours mieux avant qu’après!
Destination voyage : Zachary, LA. Une usine de papier. C’est un peu au nord de Bâton Rouge, à presque trois heures d’ici. Je mesure ce qu’il me reste de carburant, car il y a longtemps que l’estimation de kilomètres restant est en dessous de zéro! Comme il reste « ça d’épais » de diesel, et que mon relais préféré est à une trentaine de kilomètres à l’est, je me dis que je suis capable de me rendre sur les vapeurs. Mon père disait, en pareil circonstances : il marche à la senteur!
Ayant un peu d’avance sur mon registre, j’ai amplement le temps d’aller souper au King’s, en face du Love’s, à Iowa, LA, où je ferai le plein dans une heure et demi. C’est si agréable d’avoir du temps! Et comme c’est vendredi, j’anticipe le buffet spécial poisson et fruit de mer. Miam! En passant devant, l’affiche indique que le buffet est de 16 heures à 19 heures. Moment de panique… je suis trop tôt. Mais là wo, depuis quand un relais à un buffet qui a une fin???
L’affiche à la porte du restaurant, elle, indique le menu du buffet. En entrant, je salive déjà en constatant que le buffet est bel et bien là. Et comment que je me suis régalé! En plus de la soupe et de la salade, j’ai mangé une espèce de sauce sucrée aux crevettes, du panée aux crevettes, des jalapenos aux crevettes, un genre de boule de pâte au riz, une cuisse de poulet frit, du maïs sauceux pané, des lanières de poissons panées, du filet de poisson dans sa sauce tomates, le tout nappé de pétrole! Succulent, sans pareil, mais beaucoup de panures, on est quand même aux États-Unis.
Arrivé à Egan, LA, je suis tellement brûlé, que j’arrête faire le reste de ma nuit. Qui me connait sait que je ne fais jamais de sieste, et que j’ai en horreur ceux qui pratique la sieste. Une fois n’est pas coutume, et vive les
clients ouverts tard le soir.
Après un repos, je me réveille en me disant que je resterais bien au lit! Mais il faut bien travailler, un moment donné… Je me rends donc à Bâton Rouge pour y prendre la I-110, qui fait le tour de la ville. Je sors évidemment trop vite, alors je visite une partie de la ville que j’aurais pu ne jamais voir.
J’arrive à Zachary, sans toutefois voir le village. Je prends la route du client, difficile à manquer, avec son feu de circulation et son immense affiche annonçant la compagnie. Je prends la petite route, où il n’y a rien d’autre que l’usine, que je ne vois même pas à cause de la forêt. Et il fait une nuit d’encre.
Arrive le bout du chemin, ou la route tourne à droite. Voilà la barrière. Je m’arrête sur le bas côté, juste avant, pour enfiler mes pantalons, obligatoires sur le site. Ensuite, je m’avance à la barrière, tout juste assez large pour y passer en camion. Je me stationne sur la balance, et je me présente au guichet. La dame me remet un ti-papier : comment se rendre à la bonne place! Ah ben, c’est pas la bonne place! J’entre dans la cour pour me retourner et en ressortir, et j’aperçois les trois machins qui servent à vider les remorques de chips… Je suis au mauvais bout de l’usine!
Je retourne à la route, remonte un peu plus au nord, prend la bonne route, arrive au bout et trouve l’inspection des remorques. Je passe le balai et entre voir la dame. Mauvaise nouvelle, mon chargement n’est pas prêt.
Elle m’indique de laisser ma remorque dans la cour et de ressortir pour un beau dodo, et de revérifier demain matin.
Bon, personne n’est surpris, les usines de papier, c’est habituellement long et compliqué.
À suivre…
Après un petit bout de route, je me suis arrêté chez Cash’s Diner (et relais et casino) afin d’y prendre un petit déjeuner. La nuit fut si courte qu’en fait, j’avais le temps de déjeuner! C’est à cet endroit que j’arrête souvent afin d’y profiter de l’accès Internet du voisin. Cette fois, j’allais en faire profiter Cash lui-même. Je fais toujours exprès pour manger cajun lorsque je vais en Louisiane… sauf cette fois, parce que deux œufs tournés, c’est international! J’arrose généreusement le déjeuner de Tabasco, p’tit jus local, et ça, c’est typiquement cajun!
De retour sur la route, près de Lafayette, je syntonise KBON 101,1, qui se fait une spécialité de jouer la musique cajun. Et lorsque je suis plus tôt, entre cinq et sept heures le matin, la radio publique de Lafayette est 100% musique cajun. On y annonce aussi tous les spectacles… utile si on avait du temps. Peut-être un jour en vacances, sur un bateau-maison!
Juste avant midi, je finis par arriver chez mon client. J’exécute la procédure de présentation, et je retourne dans mon camion attendre mon appel. Parce qu’à plusieurs endroits sur le bord de l’eau, en Louisiane, si on n’a pas la TWIC Card, il faut être escorté à chacun de nos pas à l’intérieur des terrains! J’annonce donc à
Lori que je suis arrivé, puisqu’en plus, il faut laisser nos cellulaires à la guérite. Décidément… Juste avant que le gardien ne m’appelle, je reçois le message de Lori : j’ai un voyage de retour, et l’endroit est ouvert 24 heures. Yé!
Je me présente à la guérite, échange mon cellulaire contre des lunettes de sécurité (y’a quelqu’un qui se fait fourrer, je crois!), avance pour mieux reculer en suivant le ti-monsieur sur le chariot-élévateur. Tiens, comme il a la peau brune, ce n’est pas Monsieur Broussard, un sympathique vieux cajun toujours content de sympathiser avec un francophone. J’ai failli m’étouffer lorsqu’il m’a dit, un jour, qu’il était allé à Montréal, mais qu’il n’avait pas compris les gens parce qu’on y parle trop bien!!! Ouf!
Après avoir reculé la moitié de l’usine, j’arrive à la rampe. En peu de temps, je suis vide. Je retourne, toujours sous escorte (tsé, j’ai tellement l’air d’un terroriste!) à la guérite, et cette fois, j’échange mes lunettes contre… un cellulaire! Et c’est le mien en plus, quelle chance!!! En l’allumant, j’avise Lori que je suis vide. Et je me rends au relais près de l’autoroute afin de voir où je m’en vais. Toujours mieux avant qu’après!
Destination voyage : Zachary, LA. Une usine de papier. C’est un peu au nord de Bâton Rouge, à presque trois heures d’ici. Je mesure ce qu’il me reste de carburant, car il y a longtemps que l’estimation de kilomètres restant est en dessous de zéro! Comme il reste « ça d’épais » de diesel, et que mon relais préféré est à une trentaine de kilomètres à l’est, je me dis que je suis capable de me rendre sur les vapeurs. Mon père disait, en pareil circonstances : il marche à la senteur!
Ayant un peu d’avance sur mon registre, j’ai amplement le temps d’aller souper au King’s, en face du Love’s, à Iowa, LA, où je ferai le plein dans une heure et demi. C’est si agréable d’avoir du temps! Et comme c’est vendredi, j’anticipe le buffet spécial poisson et fruit de mer. Miam! En passant devant, l’affiche indique que le buffet est de 16 heures à 19 heures. Moment de panique… je suis trop tôt. Mais là wo, depuis quand un relais à un buffet qui a une fin???
L’affiche à la porte du restaurant, elle, indique le menu du buffet. En entrant, je salive déjà en constatant que le buffet est bel et bien là. Et comment que je me suis régalé! En plus de la soupe et de la salade, j’ai mangé une espèce de sauce sucrée aux crevettes, du panée aux crevettes, des jalapenos aux crevettes, un genre de boule de pâte au riz, une cuisse de poulet frit, du maïs sauceux pané, des lanières de poissons panées, du filet de poisson dans sa sauce tomates, le tout nappé de pétrole! Succulent, sans pareil, mais beaucoup de panures, on est quand même aux États-Unis.
Arrivé à Egan, LA, je suis tellement brûlé, que j’arrête faire le reste de ma nuit. Qui me connait sait que je ne fais jamais de sieste, et que j’ai en horreur ceux qui pratique la sieste. Une fois n’est pas coutume, et vive les
clients ouverts tard le soir.
Après un repos, je me réveille en me disant que je resterais bien au lit! Mais il faut bien travailler, un moment donné… Je me rends donc à Bâton Rouge pour y prendre la I-110, qui fait le tour de la ville. Je sors évidemment trop vite, alors je visite une partie de la ville que j’aurais pu ne jamais voir.
J’arrive à Zachary, sans toutefois voir le village. Je prends la route du client, difficile à manquer, avec son feu de circulation et son immense affiche annonçant la compagnie. Je prends la petite route, où il n’y a rien d’autre que l’usine, que je ne vois même pas à cause de la forêt. Et il fait une nuit d’encre.
Arrive le bout du chemin, ou la route tourne à droite. Voilà la barrière. Je m’arrête sur le bas côté, juste avant, pour enfiler mes pantalons, obligatoires sur le site. Ensuite, je m’avance à la barrière, tout juste assez large pour y passer en camion. Je me stationne sur la balance, et je me présente au guichet. La dame me remet un ti-papier : comment se rendre à la bonne place! Ah ben, c’est pas la bonne place! J’entre dans la cour pour me retourner et en ressortir, et j’aperçois les trois machins qui servent à vider les remorques de chips… Je suis au mauvais bout de l’usine!
Je retourne à la route, remonte un peu plus au nord, prend la bonne route, arrive au bout et trouve l’inspection des remorques. Je passe le balai et entre voir la dame. Mauvaise nouvelle, mon chargement n’est pas prêt.
Elle m’indique de laisser ma remorque dans la cour et de ressortir pour un beau dodo, et de revérifier demain matin.
Bon, personne n’est surpris, les usines de papier, c’est habituellement long et compliqué.
À suivre…
Un bout de route - En allant vers les vacances - Partie Trois
Une autre journée... disons assez roche et roule! L’histoire de notre vie, les camionneurs.
Le départ de Gaston, IN se fit assez tôt, mais à l’heure légale. On ajustera demain, veille de la livraison. Parce que c’est ben certain qu’il me manquera du temps, les voyages pour Lake Charles étant mal réparti (mal dispatché) par le client au départ. En fait, un rouleux de nuit ne se rendras pas compte de la chose, se couchant très tard. Mais moi, un rouleux de tôt matin, je m’en rends compte! Et c’est encore pire pour le retour, car il est calculé comme si vous êtes rechargé au début de votre journée de livraison. Pour faire une histoire courte, vous devez donc finir le voyage (reste souvent deux ou trois heures, même parfois plus), effectuer la livraison, se déplacer vers le client suivant et effectuer le chargement du voyage de retour… et tout ça sur votre temps de la veille… qui était déjà complet!
Je suis donc parti du Pétro avec un café en banque (en tasse?!?), mais pas de chamouiche à déjeuner, parce qu’à Gaston, le monde ne semble pas déjeuner su’l pouce! Un peu de circulation à Indianapolis, mais rien pour téléphoner à sa mère.
Arrive l’Illinois. Passe sur la balance, souvent ouverte, puis arrêt diner à la halte à l’entrée de l’état. Et hop, un autre T-Bône en arrière de la cravate! On repart vers l’ouest, pour ensuite fourcher vers le sud à Effingham.
Pour une rare fois, je n’arrête pas ni au Pétro, ni au Truck-o-Mat, paradis du chrome faisant parti de la famille Iowa80. Rêves garantis et gratuits. Ajouts toujours dispendieux… mais mausus que c’est beau un W900 ben monté! Ou un Pete 379/389, ça peut toujours faire la job, en attendant…
Direction sud, donc… arrive Rend Lake, cet espèce de lac en forme de Lac Kénogami, soit comme une tache qui a chié en tout sens sur la carte, suite à la construction de barrages, au gré des montagnes et des vallées. Dans le cas du lac à Rend, je n’en sais trop rien, mais ça ne me surprendrais pas. Ce secteur de l’I-57 est en rénovation, sur une bonne distance, alors on nous suggère de contourner. Comme l’affiche électronique annonce une heure de retard, je me dis que le détour ne pourra pas être plus long. Je choisis donc de prendre le détour B à la sortie 77. J’ai déjà pris le détour A en direction nord, alors quoi de mieux que de découvrir l’arrière pays, surtout si il y a un lac et des bateaux, via le détour B? Pendant que je pensait à tout ça, je me suis fait dépassé en trombe par deux zoufs en « reefer », dont j’ai mémoriser l’allure des remorques, pour voir…
À Whittington, j’ai donc pris la IL-154 ouest, qui traverse littéralement le lac en plein cœur. Après avoir observé de tous les côtés, je suis retourné à la terre ferme pour découvrir le village de Sesser. Très beau! De là, j’ai pris la IL-148 direction sud. M’attendaient les villages de Christopher, Zeigler, Herrin, Energy et Marion, tous très jolis, très vieux aussi. De Marion, j’ai pris la IL-13 vers l’est qui me ramena à l’autoroute.
Au moment de prendre la rampe, et ce après les innombrables feux de circulations dont la plupart étaient, évidemment, rouges, qui passaient sur l’autoroute? Mes deux zoufs! L’histoire ne dira pas de combien de temps j’aurai été retardé, mais il semble que ça a revenu au même que si j’eus poursuivi sur l’autoroute… mais tellement plus trippant!
Vers quatorze heures, Lori m’apprend que mon voyage de retour est annulé. Il faut savoir que nous sommes envoyés à Lake Charles lorsque le voyage de retour est donné à la compagnie. En d’autres mots, on trouve le voyage de départ lorsqu’il y a un voyage de retour. Ce qui fonctionne… jusqu’à ce que le voyage de retour disparaisse! À ce moment, jeudi après-midi, j’ai quand même confiance en Lori pour trouver autre chose… mais reste que le vendredi après-midi, il ne reste plus beaucoup de temps avant la fin de semaine.
Par la suite, me revient en mémoire mon patron qui me disait, au bureau, que le système de graissage automatique dont mon camion est équipé deviendra un équipement « standard-TJB » tellement c’est fin et ça fait sauver du temps aux mécaniciens. Spécialement pour les chauffeurs comme moi qui ne reviennent pas souvent au garage… Il disait aussi que certaines barres de torsions sont à changer moins souvent parce que toujours bien graissées.
Sur le pont entre l’Illinois et le Missouri, je constate que le niveau d’eau est haut. Vrai qu’on a eu beaucoup de pluie dans les jours précédents en amont. À bien y penser, au pont Ambassador (reliant Windsor et Détroit) aussi le niveau d’eau était passablement haut, de même que dans la rivière Maumee (qui longe la US-24 sur une bonne partie de sa longueur). Ça me fait penser que je n’ai pas entendu parler du niveau de la rivière des Outaouais lors de mon voyage vers Sault-Sainte-Marie.
Arrive Matthews, MO, un haut lieu de camionneurs, avec trois relais, deux lave-camions, un CB Shop et trois garages indépendants de mécanique. Le Missouri ayant aussi un bas taux de taxes sur le carburant, il est peu cher d’y faire le plein. Je jette un œil sur le prix du carburant, pour me confirmer dans mes pensées : au J Volant, 2,879 $; au Love’s, 2,869 $, au BP (une sortie plus loin, Internet inclus), 2,839 $. Plus loin, à Hayti, au Roady’s, 2,799 $. Depuis longtemps que je dis qu’il n’y a pas d’économie dans les J Volants… C’est encore plus vrai depuis que Pilot a acheté les relais du J Volants. Pilot est reconnu pour avoir le prix le plus cher dans tous les relais… et comme les J Volants ont fait faillite parce qu’ils ne vendaient pas suffisamment cher, si Pilot ne veut pas faire pareil, ils devront vendre plus cher… Sans compter l’absence de service!
Depuis que TA a acheté les Pétro aussi, le prix chez Pétro a baissé à un prix plus dans les normes. Surtout qu’on y trouve le meilleur restaurant et le meilleur service sur les autoroutes (pour ce qui est des chaines de relais).
Ensuite, je traverse West Memphis, AR. Un autre haut lieu de camionneurs, l’I-40 étant l’une des autoroutes américaines majeures est-ouest. Avec l’obtention du Love’s d’une trentaine de Pilot, toutes les bannières de relais y sont maintenant représentées. D’ailleurs, là encore, le Love’s vend à un sou du gallon de moins son diesel que le J Volant.
Je poursuis ma route jusqu’à Grenada, MS, ou j’établis mon campement pour la nuit dans une halte routière sans service (lire : pas de toilettes) et sans surveillance (dans le Mississipi, il y a un gardien de sécurité dans les haltes routières… c’est rassurant!). Je suis accueilli par une auto qui fait clignoter ses lumières. Non merci, j’ai tout ce qu’il me faut!
À suivre…
Le départ de Gaston, IN se fit assez tôt, mais à l’heure légale. On ajustera demain, veille de la livraison. Parce que c’est ben certain qu’il me manquera du temps, les voyages pour Lake Charles étant mal réparti (mal dispatché) par le client au départ. En fait, un rouleux de nuit ne se rendras pas compte de la chose, se couchant très tard. Mais moi, un rouleux de tôt matin, je m’en rends compte! Et c’est encore pire pour le retour, car il est calculé comme si vous êtes rechargé au début de votre journée de livraison. Pour faire une histoire courte, vous devez donc finir le voyage (reste souvent deux ou trois heures, même parfois plus), effectuer la livraison, se déplacer vers le client suivant et effectuer le chargement du voyage de retour… et tout ça sur votre temps de la veille… qui était déjà complet!
Je suis donc parti du Pétro avec un café en banque (en tasse?!?), mais pas de chamouiche à déjeuner, parce qu’à Gaston, le monde ne semble pas déjeuner su’l pouce! Un peu de circulation à Indianapolis, mais rien pour téléphoner à sa mère.
Arrive l’Illinois. Passe sur la balance, souvent ouverte, puis arrêt diner à la halte à l’entrée de l’état. Et hop, un autre T-Bône en arrière de la cravate! On repart vers l’ouest, pour ensuite fourcher vers le sud à Effingham.
Pour une rare fois, je n’arrête pas ni au Pétro, ni au Truck-o-Mat, paradis du chrome faisant parti de la famille Iowa80. Rêves garantis et gratuits. Ajouts toujours dispendieux… mais mausus que c’est beau un W900 ben monté! Ou un Pete 379/389, ça peut toujours faire la job, en attendant…
Direction sud, donc… arrive Rend Lake, cet espèce de lac en forme de Lac Kénogami, soit comme une tache qui a chié en tout sens sur la carte, suite à la construction de barrages, au gré des montagnes et des vallées. Dans le cas du lac à Rend, je n’en sais trop rien, mais ça ne me surprendrais pas. Ce secteur de l’I-57 est en rénovation, sur une bonne distance, alors on nous suggère de contourner. Comme l’affiche électronique annonce une heure de retard, je me dis que le détour ne pourra pas être plus long. Je choisis donc de prendre le détour B à la sortie 77. J’ai déjà pris le détour A en direction nord, alors quoi de mieux que de découvrir l’arrière pays, surtout si il y a un lac et des bateaux, via le détour B? Pendant que je pensait à tout ça, je me suis fait dépassé en trombe par deux zoufs en « reefer », dont j’ai mémoriser l’allure des remorques, pour voir…
À Whittington, j’ai donc pris la IL-154 ouest, qui traverse littéralement le lac en plein cœur. Après avoir observé de tous les côtés, je suis retourné à la terre ferme pour découvrir le village de Sesser. Très beau! De là, j’ai pris la IL-148 direction sud. M’attendaient les villages de Christopher, Zeigler, Herrin, Energy et Marion, tous très jolis, très vieux aussi. De Marion, j’ai pris la IL-13 vers l’est qui me ramena à l’autoroute.
Au moment de prendre la rampe, et ce après les innombrables feux de circulations dont la plupart étaient, évidemment, rouges, qui passaient sur l’autoroute? Mes deux zoufs! L’histoire ne dira pas de combien de temps j’aurai été retardé, mais il semble que ça a revenu au même que si j’eus poursuivi sur l’autoroute… mais tellement plus trippant!
Vers quatorze heures, Lori m’apprend que mon voyage de retour est annulé. Il faut savoir que nous sommes envoyés à Lake Charles lorsque le voyage de retour est donné à la compagnie. En d’autres mots, on trouve le voyage de départ lorsqu’il y a un voyage de retour. Ce qui fonctionne… jusqu’à ce que le voyage de retour disparaisse! À ce moment, jeudi après-midi, j’ai quand même confiance en Lori pour trouver autre chose… mais reste que le vendredi après-midi, il ne reste plus beaucoup de temps avant la fin de semaine.
Par la suite, me revient en mémoire mon patron qui me disait, au bureau, que le système de graissage automatique dont mon camion est équipé deviendra un équipement « standard-TJB » tellement c’est fin et ça fait sauver du temps aux mécaniciens. Spécialement pour les chauffeurs comme moi qui ne reviennent pas souvent au garage… Il disait aussi que certaines barres de torsions sont à changer moins souvent parce que toujours bien graissées.
Sur le pont entre l’Illinois et le Missouri, je constate que le niveau d’eau est haut. Vrai qu’on a eu beaucoup de pluie dans les jours précédents en amont. À bien y penser, au pont Ambassador (reliant Windsor et Détroit) aussi le niveau d’eau était passablement haut, de même que dans la rivière Maumee (qui longe la US-24 sur une bonne partie de sa longueur). Ça me fait penser que je n’ai pas entendu parler du niveau de la rivière des Outaouais lors de mon voyage vers Sault-Sainte-Marie.
Arrive Matthews, MO, un haut lieu de camionneurs, avec trois relais, deux lave-camions, un CB Shop et trois garages indépendants de mécanique. Le Missouri ayant aussi un bas taux de taxes sur le carburant, il est peu cher d’y faire le plein. Je jette un œil sur le prix du carburant, pour me confirmer dans mes pensées : au J Volant, 2,879 $; au Love’s, 2,869 $, au BP (une sortie plus loin, Internet inclus), 2,839 $. Plus loin, à Hayti, au Roady’s, 2,799 $. Depuis longtemps que je dis qu’il n’y a pas d’économie dans les J Volants… C’est encore plus vrai depuis que Pilot a acheté les relais du J Volants. Pilot est reconnu pour avoir le prix le plus cher dans tous les relais… et comme les J Volants ont fait faillite parce qu’ils ne vendaient pas suffisamment cher, si Pilot ne veut pas faire pareil, ils devront vendre plus cher… Sans compter l’absence de service!
Depuis que TA a acheté les Pétro aussi, le prix chez Pétro a baissé à un prix plus dans les normes. Surtout qu’on y trouve le meilleur restaurant et le meilleur service sur les autoroutes (pour ce qui est des chaines de relais).
Ensuite, je traverse West Memphis, AR. Un autre haut lieu de camionneurs, l’I-40 étant l’une des autoroutes américaines majeures est-ouest. Avec l’obtention du Love’s d’une trentaine de Pilot, toutes les bannières de relais y sont maintenant représentées. D’ailleurs, là encore, le Love’s vend à un sou du gallon de moins son diesel que le J Volant.
Je poursuis ma route jusqu’à Grenada, MS, ou j’établis mon campement pour la nuit dans une halte routière sans service (lire : pas de toilettes) et sans surveillance (dans le Mississipi, il y a un gardien de sécurité dans les haltes routières… c’est rassurant!). Je suis accueilli par une auto qui fait clignoter ses lumières. Non merci, j’ai tout ce qu’il me faut!
À suivre…
Un bout de route - En allant vers les vacances - Partie Deux
Journée complètement capotée aujourd’hui. Tout d’abord, un réveil tôt à Belleville. Étant stationné du côté du 10 Acres Truck Stop, je n’ai pas voulu aller voir la belle Diane du côté Ultramar… d’autant plus qu’elle avait peut-être déjà fini à cette heure-là. Je me suis dit que je pouvais bien attendre le prochain Tim Horton’s, soit à la dernière halte avant Toronto, pour le p’tit café du matin.
À mon arrivée, j’étais affamé. C’est long, une heure avec e-rien! Évidemment, après un arrêt assis, je me suis présenté au comptoir… où la file faisait un demi-mile de long! Il y avait une dame au premier guichet qui avait fucké le système. La préposée est même revenue avec une délégation de trois personnes afin de régler le problème. Je ne sais pas quel était le problème, mais ça a paralysé une caisse pendant presque tout le temps que je fus là.
Je me suis payé la grosse gâterie, vu que je vais loin et que ce sera long avant le prochain Tim, un Bagel B.E.L.T.! Miam, sauf probablement pour la santé… Par la suite, de retour sur la route, direction Toronto. Malgré les vacances, la ville était passablement bloquée. J’y ai perdu une bonne heure! Et là-dessus, j’ai bien réussi mon tricotage! Une chance…
Pause diner à Dorchester, à cause d’Internet. Un bon bœuf en cube, délicieux, mais disons que par un concours de circonstance, j’en ai un pour chaque diner de la semaine.
Encore un bout de route et me voici à Comber, ON, là où l’on fait le dernier plein avant de traverser aux États-Unis. L’air de rien, faire le plein avant de traverser la frontière représente une économie de 25 à 35 $ par voyage. Et la même économie si on arrive le plus vide possible ici sur le chemin du retour. Dans le camionnage, il n’y a pas de petite économie.
De retour sur la route… trente minutes plus tard, me voici à Windsor, ON, dont incidemment l’usine de GM, fabriquant des transmissions depuis quatre-vingt-dix ans, fermait ses portes définitivement à la fin de la journée de travail. Triste nouvelle… ils les fabriqueront où les transmissions maintenant? En Chine? C’était la dernière usine de GM à Windsor, qui n’en a plus que quatre au Canada. Peut-être finira-t-on tous en Daewoo?
Toujours est-il que, au devant, le ciel était plutôt menaçant. En montant sur le pont Ambassador, je pouvais voir LE gros nuage noir au dessus du Michigan. De chaque côté du pont, je voyais les effets des coups de vent qui précèdent l’orage. Je me suis dis qu’on en mangerait une câlice dans pas long…
Là aussi il y avait foule. Ça a pris un peu plus d’une heure. L’orage a eu le temps d’arriver… et comment qu’il est arrivé! Une fois dédouané et le pont payé, petit bout en ville afin de rejoindre l’autoroute. L’orage était terminé, mais ses traces étaient bien là. De l’eau accumulée partout! Et les véhicules qui se faisaient une joie de la faire lever! Et les piétons, trempe à lavette… P’tite vie!
Arrêt suivant, à Luna Pier, MI, pour y souper. Salade de macaroni et macaroni aux tomates… je me sentais un peu nouilles! Pensez-y! J’y ai eu toute la misère du monde à réussir à brancher Internet. En fait, ce sont les programmes qui étaient planté en ouvrant! Ben beau la technologie.
Par la suite, direction US-24, ou le petit cochon fait ces temps-ci du canot gonflable! Il en surement eu besoin aujourd’hui. Parlant de la US-24, les travaux doivent achever, car la route est là, et même asphaltée! On a tous hâte, j’en suis sur.
Un petit arrêt cochonnerie à Woodburn, IN. Tentative de communication avec la maison. La maison fait dire que ça ne m’intéresse pas! Peu après, arrêt dodo à Gaston, IN.
Au moment d’écrire ces lignes, Alice Cooper joue à la radio. Voici une sélection parmi sa sélection du jour (en reprise! Après ça, on se demande pourquoi la radio perd des auditeurs) :
Last in line, Deo
Crazy train, Ozzy Osborne
Thunderstruck, AC/DC
Magic carpet ride, Steppenwolf
Nothing for a good time, Poison
Demain, je me rends dans le Mississipi, probablement près de Jackson. M’en restera un bon bout pour le matin de la livraison.
À suivre…
À mon arrivée, j’étais affamé. C’est long, une heure avec e-rien! Évidemment, après un arrêt assis, je me suis présenté au comptoir… où la file faisait un demi-mile de long! Il y avait une dame au premier guichet qui avait fucké le système. La préposée est même revenue avec une délégation de trois personnes afin de régler le problème. Je ne sais pas quel était le problème, mais ça a paralysé une caisse pendant presque tout le temps que je fus là.
Je me suis payé la grosse gâterie, vu que je vais loin et que ce sera long avant le prochain Tim, un Bagel B.E.L.T.! Miam, sauf probablement pour la santé… Par la suite, de retour sur la route, direction Toronto. Malgré les vacances, la ville était passablement bloquée. J’y ai perdu une bonne heure! Et là-dessus, j’ai bien réussi mon tricotage! Une chance…
Pause diner à Dorchester, à cause d’Internet. Un bon bœuf en cube, délicieux, mais disons que par un concours de circonstance, j’en ai un pour chaque diner de la semaine.
Encore un bout de route et me voici à Comber, ON, là où l’on fait le dernier plein avant de traverser aux États-Unis. L’air de rien, faire le plein avant de traverser la frontière représente une économie de 25 à 35 $ par voyage. Et la même économie si on arrive le plus vide possible ici sur le chemin du retour. Dans le camionnage, il n’y a pas de petite économie.
De retour sur la route… trente minutes plus tard, me voici à Windsor, ON, dont incidemment l’usine de GM, fabriquant des transmissions depuis quatre-vingt-dix ans, fermait ses portes définitivement à la fin de la journée de travail. Triste nouvelle… ils les fabriqueront où les transmissions maintenant? En Chine? C’était la dernière usine de GM à Windsor, qui n’en a plus que quatre au Canada. Peut-être finira-t-on tous en Daewoo?
Toujours est-il que, au devant, le ciel était plutôt menaçant. En montant sur le pont Ambassador, je pouvais voir LE gros nuage noir au dessus du Michigan. De chaque côté du pont, je voyais les effets des coups de vent qui précèdent l’orage. Je me suis dis qu’on en mangerait une câlice dans pas long…
Là aussi il y avait foule. Ça a pris un peu plus d’une heure. L’orage a eu le temps d’arriver… et comment qu’il est arrivé! Une fois dédouané et le pont payé, petit bout en ville afin de rejoindre l’autoroute. L’orage était terminé, mais ses traces étaient bien là. De l’eau accumulée partout! Et les véhicules qui se faisaient une joie de la faire lever! Et les piétons, trempe à lavette… P’tite vie!
Arrêt suivant, à Luna Pier, MI, pour y souper. Salade de macaroni et macaroni aux tomates… je me sentais un peu nouilles! Pensez-y! J’y ai eu toute la misère du monde à réussir à brancher Internet. En fait, ce sont les programmes qui étaient planté en ouvrant! Ben beau la technologie.
Par la suite, direction US-24, ou le petit cochon fait ces temps-ci du canot gonflable! Il en surement eu besoin aujourd’hui. Parlant de la US-24, les travaux doivent achever, car la route est là, et même asphaltée! On a tous hâte, j’en suis sur.
Un petit arrêt cochonnerie à Woodburn, IN. Tentative de communication avec la maison. La maison fait dire que ça ne m’intéresse pas! Peu après, arrêt dodo à Gaston, IN.
Au moment d’écrire ces lignes, Alice Cooper joue à la radio. Voici une sélection parmi sa sélection du jour (en reprise! Après ça, on se demande pourquoi la radio perd des auditeurs) :
Last in line, Deo
Crazy train, Ozzy Osborne
Thunderstruck, AC/DC
Magic carpet ride, Steppenwolf
Nothing for a good time, Poison
Demain, je me rends dans le Mississipi, probablement près de Jackson. M’en restera un bon bout pour le matin de la livraison.
À suivre…
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